Actes des Apôtres

Chapitre 1er

Ce premier chapitre nous fournit le récit de ce qui regarde Jésus ressuscité et les actes des apôtres avant la descente du Saint Esprit. — Les communications du Seigneur, que nous y trouvons, présentent plusieurs points très intéressants. Jésus, homme ressuscité, agit et parle par le Saint Esprit après sa résurrection comme il l’avait fait auparavant: précieux gage de notre propre position, nous rappelant que nous aurons le Saint Esprit après notre résurrection et que son énergie n’étant plus occupée à restreindre et à mortifier la chair, pourra être consacrée tout entière à la joie et à l’adoration éternelles et au service qui nous sera confié de la part de Dieu. Ensuite, le Seigneur ressuscité donne à ses disciples des commandements en rapport avec la position nouvelle qu’il prend. Leur vie et leur service doivent être formés et dirigés en vue de sa résurrection, vérité de laquelle ils avaient des preuves irréfragables. Ils étaient encore sur la terre, mais ils y étaient pèlerins, ayant devant les yeux de leur foi celui qui, ressuscité d’entre les morts, les avait devancés: leurs rapports avec lui se rattachent encore à leur position sur la terre; Jésus leur parle du royaume, et des choses qui regardent le royaume. Jérusalem était le point de départ de leur ministère plus même que du sien; car Jésus avait rassemblé les pauvres du troupeau là où il les avait trouvés, particulièrement en Galilée1; mais maintenant la résurrection ayant fait de Christ, en puissance, le vase des saintetés assurées de David, il appelle de nouveau Israël à reconnaître comme Prince et Sauveur celui qu’il avait rejeté comme Messie arrivant sur la terre. Les épîtres de Pierre se rattachent à ce point de vue de l’Évangile.

1 La mission donnée aux disciples en Luc 24:47-49 a été accomplie dans les Actes. Les discours de Pierre et ceux de Paul en sont la preuve, particulièrement aux chapitres 2 et 13. Cette mission n’est pas celle de Matthieu 28:19 qui ne s’adresse qu’aux Gentils. La mission de l’évangile de Luc est en rapport avec l’ascension du Seigneur à Béthanie, celle de Matthieu est donnée par un Christ ressuscité, en Galilée, où il avait trouvé «les pauvres du troupeau» (cf. Matthieu 4:15).

Cependant pour exercer ce ministère, les disciples devaient attendre l’accomplissement de la promesse du Père, savoir le Saint Esprit duquel ils devaient être baptisés selon le témoignage de Jean: ce qui, leur assurait le Seigneur, arriverait dans peu de jours. La venue du Saint Esprit ainsi promis, faisait en même temps sortir les disciples du champ des idées purement temporelles des Juifs: la promesse du Saint Esprit de la part du Père était autre chose que celle de la restauration du royaume d’Israël par la puissance de l’Éternel, le Dieu de jugement. Ce n’était pas aux disciples de connaître le temps et la saison de cette restauration dont le Père gardait la connaissance par devers lui; mais ils recevraient eux-mêmes la puissance du Saint Esprit qui descendrait sur eux, et ils serviraient à Jésus de témoins (comme ils l’avaient connu et selon la manifestation de lui-même après sa résurrection), à Jérusalem, dans toute la Judée, en Samarie et jusqu’aux bouts de la terre, faisant ainsi de Jérusalem le centre et le point de départ de l’œuvre qu’ils devaient accomplir selon la mission de Luc 24:47. Cependant leur témoignage était fondé sur le fait qu’ils avaient vu leur Maître et leur Seigneur ravi d’avec eux, et reçu dans les nuées du ciel qui le cachaient à leurs yeux. Ils regardaient donc, les yeux fixés en haut, lorsque deux messagers du ciel viennent leur annoncer que ce Jésus qui venait d’être élevé d’avec eux au ciel, devait revenir de la même manière. Il s’agit donc ici de la manifestation de Jésus dans le monde au-dessous du ciel: Jésus reviendra ici-bas pour être vu du monde. Nous n’avons pas ici l’enlèvement de l’Église ni l’association de l’Église avec Lui pendant son absence. Avec la connaissance de Jésus ravi du monde et devant revenir au monde, termes et éléments de tout leur enseignement, les apôtres s’en retournent à Jérusalem pour attendre le Saint Esprit qui leur était promis. Ils ne se rendent pas en Galilée: ils vont être témoins à Jérusalem des droits célestes du Christ rejeté sur la terre par Jérusalem et les Juifs1.

1 Dans ce sens ce n’est pas une continuation de la mission de Christ sur la terre. Cette dernière est continuée par la mission de Matthieu 28 qui a son point de départ en Galilée.

Les versets que nous venons d’examiner montrent clairement la position dans laquelle les disciples étaient placés et la mission qui leur était confiée; mais avant qu’ils reçoivent le Saint Esprit pour l’accomplir, quelques autres circonstances caractéristiques trouvent leur place dans ce même chapitre. Les disciples, conduits par Pierre dans ce chemin, agissent d’après l’intelligence de la Parole, avant que d’être doués de la puissance d’en haut. Ainsi ces deux choses sont distinguées, l’intelligence de la Parole et le don de la puissance d’en haut.

Il paraît que, sans que Pierre ait été directement conduit par le Saint Esprit, l’Esprit a mis son sceau sur ce qui a été fait ici d’après la parole de l’Ancien Testament, comprise par l’apôtre. Nous avons déjà vu que Christ, après sa résurrection, avait ouvert l’intelligence de certains disciples pour comprendre les Écritures. N’ayant pas encore reçu le Saint Esprit, les apôtres agissent d’après un principe judaïque: ils présentent le sort à l’Éternel pour qu’il décide. Cependant le sort n’était pas tout, et il n’était pas tiré sans faire une distinction. L’autorité apostolique découlait du fait de la nomination des apôtres par Jésus lui-même; l’intelligence des Écritures faisait comprendre aux disciples réunis ce qui devait avoir lieu: le but que le Seigneur avait assigné à leur service limitait leur choix au petit cercle de ceux qui possédaient les qualités nécessaires pour atteindre ce but. Ils devaient être capables par leurs antécédents, ainsi que l’avait dit Jésus, d’être ses témoins parce qu’ils avaient été avec lui dès le commencement, et ils devaient être capables maintenant de témoigner aussi que ce même Jésus que les Juifs avaient rejeté et crucifié, était bien réellement ressuscité d’entre les morts. Ici, avant le don du Saint Esprit, l’autorité apostolique est exercée à Jérusalem sur le principe juif. En cela il n’y avait ni recherche, ni exercice de l’esprit humain. La parole: «Qu’un autre prenne sa charge de surveillant», guidait leur conduite quant aux qualifications nécessaires; ce qui les décidait c’était la capacité d’être les témoins de la carrière terrestre, puis de la résurrection et de l’ascension de Jésus. Le sort de l’Éternel désignait l’individu qui devait prendre la place de Judas. Deux hommes, Joseph, appelé Barsabbas, et Matthias, sont choisis comme possédant les qualités exigées, et le sort tombe sur Matthias qui prend place avec les onze apôtres (vers. 26); mais la puissance promise leur manquait encore à tous.