2 Samuel

Chapitres 23 et 24

Au chap. 23, David chante les expériences de sa prospérité. Mais quelle différence! Il déclare, il est vrai, ce que le Christ sera lorsqu’il régnera, et il le fait dans des termes de la plus attrayante beauté, d’une beauté qui ravit le cœur et le transporte dans le règne de Christ, ce «monde habité à venir dont nous parlons». Mais alors se présente cette douloureuse pensée: «Quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu».

Dans le premier de ces deux cantiques, il y a de plus quelque chose d’un profond intérêt. David parle en prophète; et, ainsi qu’il l’a fait en tant d’autres cas, il personnifie le Seigneur Jésus, le Seigneur Jésus en rapport avec Israël. Ce Psaume nous montre donc les souffrances de Christ (représentant d’Israël, et parlant souvent du peuple comme si c’était lui-même, souffrances qui ont valu une délivrance bien autrement excellente) comme cause de la délivrance d’Égypte et de toutes les bénédictions d’Israël, jusqu’à l’établissement de la gloire du Messie dans le siècle à venir. Il entoure l’agonie de Christ de toute l’histoire d’Israël en délivrance et en bénédiction, depuis Pithom et Ramsès (Ex. 1:11), jusqu’à la destruction de l’homme violent à la fin des jours, et jusqu’à la soumission des nations au sceptre du Messie; et il donne une voix à leur détresse en Égypte.

Au chap. 23, l’alliance éternelle que Dieu a établie avec lui est tout son salut et tout son plaisir, quoique dans ce temps-là Dieu ne la fît pas germer. Pour la pleine bénédiction qu’il attendait, il fallait que le jugement s’exécutât; et ces épines d’iniquité seraient «entièrement brûlées sur le lieu même». C’est ce qui arrivera à l’apparition de Christ.

Si Dieu honore et glorifie David, il n’oublie pas non plus ceux dont l’énergie de sa foi l’a entouré. Le Saint Esprit dénombre les vaillants hommes de David et raconte leurs actes de courage et de dévouement, actes qui leur valent une place et un nom quand Dieu enregistre le peuple (Ps. 87). Joab ne s’y trouve pas.

Le chapitre 24 nous conduit sur un terrain qui réclame une mention particulière. La colère de Dieu s’embrase de nouveau contre Israël. Il n’est pas dans l’intention du Saint Esprit de nous indiquer à quelle occasion ceci a eu lieu, mais de nous exposer les voies de Dieu en gouvernement et en grâce. Dans le chapitre précédent, Dieu enregistre les vaillants hommes qui nous préfigurent les compagnons du vrai David en gloire. Ici, c’est Sa grâce pour arrêter Sa colère et introduire Sa bénédiction.

Dieu punit l’orgueil et la rébellion d’Israël en laissant ce peuple aux conséquences de l’impulsion du cœur naturel de David. L’habileté et le bon sens de Joab lui en font distinguer la folie. On la voit facilement lorsqu’il s’agit de la chair d’autrui. Joab sentait qu’il ne valait pas la peine de mépriser Dieu lorsqu’on n’y gagnait rien; car, dans ce sens, la chair craint Dieu. Mais la chose était de la part du Seigneur, et Satan y réussit.

Que vaut, en effet, le bon sens de l’homme, contre la volonté de Dieu en châtiment et la malice de Satan? C’est une chose sérieuse que d’être livré à sa puissance. Neuf mois de péché de la part de David et de patience de la part de Dieu nous montrent la funeste influence de l’ennemi; mais ce n’est qu’une fois le péché accompli, que la conscience de David se réveille. La jouissance du fruit de nos péchés nous détrompe; c’est leur poursuite qui séduit nos âmes. Après avoir réussi à faire accomplir par les enfants de Dieu le mal par lequel il les tente, Satan ne tient plus à leur en cacher le néant et la folie. Heureusement, là où est la vie, la conscience reprend son empire.

Toutefois, le châtiment doit suivre le péché qui a été poursuivi malgré une si longue patience. Mais Dieu, qui atteint la conscience de son serviteur, met en jeu les affections sincères de son âme, pour atteindre le souverain but qu’il s’était proposé. David montre ce fond immanquable de l’âme qui connaît le Seigneur, c’est-à-dire sa confiance en Dieu par-dessus tout, et quoi qu’il en coûte: «Que je tombe dans les mains de l’Éternel!» Quelle douce et précieuse pensée de ce que le Seigneur est pour les siens, et comme il sait inspirer au cœur la certitude qu’il mérite sa confiance! Alors même qu’il châtie, Dieu est plus doux, plus fidèle, plus digne de confiance que tout autre. La peste survient; mais, au milieu du jugement, Dieu se souvient de la miséricorde, et ordonne à l’ange exterminateur de retirer sa main étendue sur Jérusalem. C’est Jérusalem, la ville de sa dilection, qui attire son attention. Dieu la choisit comme le lieu où son autel doit être placé et où sa grâce sera manifestée — comme le lieu désigné pour le propitiatoire. C’est là que cesse sa colère justement embrasée contre Israël, et le péché donne lieu à l’établissement du lieu et de l’œuvre où lui et son peuple doivent se rencontrer selon la grâce qui a ôté le péché. C’est ce qui caractérise la croix de Christ; c’est ce qui arrêtera la plaie en Israël et introduira le règne du vrai Prince de paix. David se met à la brèche pour la délivrance de son peuple, et à ses propres dépens (v. 17), et, selon les conseils de Dieu, il offre le sacrifice d’apaisement.

Les Études sur le premier livre des Chroniques contiendront un examen plus développé de cette dernière partie de l’histoire de David. Mais n’est-il pas frappant que ce livre, après toute l’histoire du gouvernement de Dieu envers David, se termine par le sacrifice expiatoire qui, par grâce, arrête la colère et pose le fondement d’un lieu de rencontre entre Dieu et Israël, et d’un lieu de culte pour le peuple?