1 Timothée

John Nelson Darby

Introduction

Les épîtres à Timothée et à Tite ont naturellement une portée et un caractère particuliers, en ce qu’elles sont adressées à des personnes députées par l’apôtre pour agir en son nom, ou pour soigner des assemblées en son absence. Ces épîtres ne s’adressent pas moins directement à nous pour cela, parce que non seulement elles nous instruisent de l’état de l’Assemblée et des soins pastoraux que l’apôtre lui donnait, mais que la conduite dépeinte par l’apôtre, comme celle que Timothée devait engager les fidèles à suivre, est la conduite que ces derniers doivent eux-mêmes toujours observer. Cependant ce serait méconnaître le ministère chrétien, compris dans le sens le plus vrai et le plus excellent, que de confondre les directions données à Timothée et à Tite, avec les paroles adressées directement aux fidèles.

Une grande partie de l’épître qui va nous occuper n’exige pas beaucoup de développements, non parce qu’elle n’a pas d’importance, mais parce qu’elle renferme, soit des directions si simples et si claires que tout éclaircissement à leur sujet est superflu, soit des exhortations pratiques qu’on ne ferait qu’obscurcir ou priver de leur force, en essayant de les développer. D’un autre côté, nous y trouvons quelques principes généraux d’une grande importance pour la position de l’Assemblée en général.

Dieu revêt dans ces épîtres, d’une manière toute particulière, le caractère de Dieu Sauveur à l’égard du monde, principe d’une grande importance pour notre conduite dans le monde et nos communications avec les hommes. Nous représentons dans notre caractère religieux un Dieu d’amour. Dieu ne prenait pas ce caractère dans le judaïsme, quoiqu’il fût le même Dieu; mais là il se faisait connaître comme Législateur. Tous devaient venir dans son temple, selon les déclarations des prophètes, et ce temple leur était ouvert; mais Lui ne prenait pas le caractère d’un Dieu Sauveur pour tous. Dans Tite, nous trouvons la même expression.

On comprend que dans ses communications confidentielles à ses chers enfants dans la foi et compagnons d’œuvre, l’apôtre établît clairement les grands principes sur lesquels reposait l’administration qui lui était confiée: d’abord le fait que tous les hommes sont les objets des voies de Dieu en grâce était la base générale sur laquelle cette administration était fondée; ensuite le caractère de Dieu envers le monde était le caractère d’un Sauveur (comp. 2 Cor. 5). La loi est à sa place; elle l’est même encore, et cette épître nous le montre: elle convainc les hommes injustes1. Mais la souveraine miséricorde est le point de départ de tout ce que l’apôtre avait à dire: cet esprit, cette pensée devaient gouverner le culte même des fidèles. Les détails suivent. Toutefois il y avait sur la terre une Assemblée du Dieu vivant, colonne et appui de la vérité, une Assemblée témoin de cette vérité sur la terre. La personne de Christ et tout ce qui le regarde est le sujet de la confession de cette Assemblée, le fondement de son existence et l’objet de sa foi. Cette foi, aux derniers jours, sera attaquée par l’Ennemi qui, sous prétexte de sainteté, s’élèvera contre le Dieu créateur et conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles. Des directions pour la marche de l’Assemblée composent le reste de l’épître; la conduite qui convient à tous les chrétiens est placée sous les yeux de Timothée, pour lui faire comprendre ce qui convient à l’Assemblée de Dieu. Nous examinerons maintenant de plus près le contenu de cette épître.

1 Non pas ici particulièrement que tout homme soit sous la loi ou que la loi soit une règle de vie pour le peuple de Dieu, mais elle est une règle du bien et du mal pour convaincre toute conscience de péché. Au verset 5, nous trouvons, d’autre part, la fin de la commission de l’Évangile: la participation à la nature divine; l’amour et la sainteté, la conduite répondant à la responsabilité, une bonne conscience et le cœur entièrement dévoué à Dieu, recevant sa Parole et se confiant en Lui.