1 Thessaloniciens

Chapitre 5

Ainsi la seconde venue de Jésus dans ce monde n’est plus un objet vague de l’attente du fidèle, une époque de gloire. Au chap. 5, l’apôtre en parle, mais pour distinguer la position des chrétiens de celle des habitants insouciants et incrédules de la terre. Le chrétien vivant, instruit du Seigneur, attend toujours le Maître. Il y a «des temps et des saisons», il n’est pas nécessaire de lui en parler; mais, il le sait, le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit, mais non pour lui: il est du jour, il a part à la gloire qui sera manifestée pour exécuter le jugement sur le monde incrédule. Les croyants sont les fils de la lumière; et cette lumière, qui est le jugement des incrédules, est l’expression de la gloire de Dieu, gloire qui ne supporte pas le mal, et qui, quand elle paraîtra, le chassera de dessus la terre. Le chrétien est du jour qui jugera et détruira le méchant et la méchanceté même sur la terre. Christ est le Soleil de justice, et les fidèles luiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.

Le monde dira: «Paix et sûreté»; il croira en toute sécurité à la durée de sa prospérité et à la réussite de ses desseins, au moment où le jour sera là subitement! (comp. 2 Pierre 3:3). C’est ce que le Seigneur Lui-même a souvent répété; voyez Matt. 24:36-44; Marc 13:33-36; Luc 12:40 et suiv.; 17:26 et suiv.; 21:35, etc.

Il est bien solennel de trouver (Apoc. 3:3) que l’Église professante, qui se dit vivante et dans la vérité, qui n’a pas le caractère de corruption que porte Thyatire, doive être traitée comme le monde — si du moins elle ne se repent pas.

On peut s’étonner, peut-être, que le Seigneur ait dit que, dans un pareil temps de sécurité, les cœurs des hommes se fondront de frayeur dans l’attente des choses qui doivent arriver sur la terre (Luc 21:26). Mais nous voyons déjà ces deux principes de sécurité et de frayeur en présence. Progrès, succès, longue durée d’un nouveau développement de l’humanité, tel est le langage de ceux qui se moquent de la venue du Seigneur. Néanmoins, quelles craintes pour l’avenir possèdent, en même temps, les hommes et pèsent sur les cœurs. Je me suis servi du mot de «principes» en parlant de sécurité et de frayeur, car je ne crois pas que le moment dont parle le passage, auquel j’ai fait allusion, soit encore là; mais l’ombre des événements à venir se projette sur les cœurs. Qu’on est heureux d’appartenir à un autre monde!

Cette différence de position, savoir, que nous sommes du jour et que par conséquent le jour ne peut venir sur nous comme un voleur, l’apôtre l’applique au caractère et à la marche du chrétien. Le chrétien est «du jour», ainsi le jour ne saurait le surprendre comme un voleur. Étant fils de la lumière, il doit marcher comme tel. Il vit dans le jour, quoique tout soit encore nuit et ténèbres autour de lui. On ne dort pas de jour: ceux qui dorment, dorment la nuit; ceux qui s’enivrent, s’enivrent de nuit: ce sont là des œuvres de ténèbres. Le chrétien, fils du jour, doit veiller et être sobre, et se revêtir de tout ce qui fait la perfection et la raison d’être de sa position — savoir de la foi, de l’amour et de l’espérance (vers. 8) — principes qui lui donnent courage et confiance pour aller en avant. Il a la cuirasse de la foi et de l’amour. Il va ainsi droit devant lui contre l’Ennemi; il a pour casque l’espérance de ce salut glorieux dans lequel il sera délivré de tout, en sorte qu’il élève sa tête au milieu des dangers, sans crainte. On voit que l’apôtre rappelle ici les trois grands principes du chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens, pour caractériser le courage et la fermeté du chrétien, comme, au commencement de notre épître, il a montré que ces mêmes principes étaient le ressort de la marche de chaque jour.

La foi et l’amour nous mettent naturellement en rapport avec Dieu, révélé en Jésus comme principe de communion, de sorte que nous marchons avec confiance en Lui; sa présence nous fortifie. Par la foi, il est l’objet glorieux de nos regards; par l’amour, il demeure en nous, et nous réalisons ce qu’il est; l’espérance porte nos yeux particulièrement sur Christ qui vient pour nous faire jouir de la gloire avec Lui.

C’est dans cet esprit que l’apôtre parle quand il dit: «Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère» (la foi comprend l’amour, sait ce que Dieu veut, connait ses pensées à notre égard), «mais à l’acquisition du salut» (vers. 9). — Voilà ce que nous espérons. L’apôtre parle ici du salut en tant que délivrance finale «par notre Seigneur Jésus Christ», et il ajoute naturellement: «qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions (que nous soyons vivants quand il viendra ou morts avant sa venue), nous vivions ensemble avec Lui» (v. 10). La mort ne nous prive pas de cette délivrance et de cette gloire, car Jésus est mort; la mort est devenue le moyen d’obtenir pour nous la délivrance et la gloire aussi; et si nous mourons, nous vivrons également avec Lui. Il est «mort pour nous», à notre place, afin que, quoi qu’il en soit, nous vivions avec Lui. Tout ce qui nous empêchait de vivre avec Lui est hors de notre chemin, a perdu sa force et plus que perdu sa force, est une garantie pour nous, que nous jouirons sans entrave de la pleine vie de Christ en gloire. De sorte que nous pouvons nous exhorter l’un l’autre, et, plus que cela, nous édifier l’un l’autre par ces glorieuses vérités, par lesquelles Dieu répond à tous nos besoins, à toutes nos nécessités. Ici (v. 10) se termine la révélation spéciale, commencée au chapitre 4:13, à l’égard de ceux qui s’endorment avant la venue du Seigneur Jésus.

J’attire ici l’attention de mon lecteur sur la manière dont l’apôtre parle de la venue du Seigneur, dans les divers chapitres qui viennent de nous occuper. On remarquera que l’Esprit ne présente pas ici l’Assemblée comme un tout. Il s’agit de la vie, par conséquent de la vie de chaque chrétien en particulier; et ce point, certes, est bien important.

Dans le premier chapitre, l’attente du Seigneur est présentée en général comme caractérisant le chrétien: les Thessaloniciens sont convertis pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils. C’est l’objet même — la personne du Seigneur — qui nous est présenté ici: le Fils de Dieu Lui-même viendra et satisfera à tous les besoins du cœur. Ce n’est ni son règne, ni le jugement, ni même le repos, mais le Fils de Dieu; et ce Fils de Dieu, c’est Jésus ressuscité d’entre les morts et qui nous délivre de la colère qui vient, car il en vient une. Chaque chrétien attend donc pour soi le Fils de Dieu, il l’attend du ciel.

Dans le second chapitre, c’est l’association avec les saints, la joie dans les saints à la venue de Christ, qui nous sont présentées.

Au chapitre troisième, il s’agit davantage de responsabilité, de responsabilité dans la liberté et dans la joie, mais d’une position devant Dieu en rapport avec notre marche et notre vie ici-bas. L’apparition du Seigneur est la mesure et le moment de l’épreuve de la sainteté. Le témoignage rendu de la part de Dieu à cette vie, en ce qu’il lui accorde sa place naturelle, trouve son accomplissement lorsque Christ est manifesté avec tous ses saints. Ce n’est pas sa venue pour nous chercher, mais sa venue avec nous. Cette distinction est toujours faite. Pour les chrétiens même et pour l’Assemblée, ce qui a trait à la responsabilité se trouve toujours en rapport avec l’apparition du Seigneur; nos joies, en revanche, avec sa venue pour nous prendre à Lui.

Les points traités dans ces trois premiers chapitres sont donc: 1° l’attente générale du Seigneur en personne, de «son Fils des cieux»; 2° l’amour satisfait à sa venue, quant à d’autres; 3° la sainteté ayant sa pleine valeur et son plein développement lors de cette venue.

Dans le quatrième chapitre, ce n’est pas la liaison de la vie avec son plein développement dans notre réunion réalisée avec Christ, mais la victoire sur la mort qui ne met aucune barrière à cette réunion, et en même temps notre espérance affermie et établie dans notre commun départ de ce monde, à la ressemblance de celui de Jésus, pour être toujours avec Lui.

Les exhortations qui terminent l’épître sont courtes; la puissante action de la vie de Dieu dans ces chers disciples de Paul rendait ces exhortations comparativement peu nécessaires, quoiqu’elles soient toujours bonnes. Paul n’avait rien à blâmer chez les Thessaloniciens: heureux état! Ils n’étaient peut-être pas assez enseignés quant à un grand développement de doctrine (l’apôtre espérait les voir pour cela) mais il y avait assez de vie au milieu d’eux, une relation personnelle avec Dieu assez vraie et réelle, pour les édifier sur ce terrain. À celui qui a, il sera donné davantage. L’apôtre pouvait se réjouir avec les frères de Thessalonique, et confirmer leur espérance, et y ajouter, comme révélation venant de Dieu, des détails dont l’Assemblée tire son profit dans tous les siècles.

Dans l’épître aux Philippiens nous voyons la vie selon l’Esprit dominer toutes les circonstances par des pensées, fruits, chez l’apôtre, d’une longue expérience de la bonté et de la fidélité de Dieu. Il montre la puissance remarquable de cette vie de foi quand l’appui des saints lui manque complètement, et qu’il est en détresse, et sa vie en question, après quatre années d’emprisonnement, aux mains d’un tyran sans miséricorde. C’est alors que Paul peut proclamer qu’on doit toujours se réjouir dans le Seigneur et que Christ est tout pour lui; que pour lui, vivre c’est Christ, la mort un gain. C’est alors qu’il peut tout par Christ qui le fortifie. C’est ce qu’il a appris. Dans notre épître, nous trouvons la fraîcheur de la fontaine près de sa source, l’énergie des premiers jets de la vie dans l’âme des croyants, se présentant à nous dans toute la beauté, la pureté et la vigueur de son premier printemps, sous l’influence du soleil qui s’était levé sur eux et faisait monter en eux cette sève de vie, dont les premières manifestations n’étaient pas encore altérées par le contact avec le monde ou par l’affaiblissement de la vue des choses invisibles.

L’apôtre voulait que les disciples reconnussent ceux qui travaillaient au milieu d’eux, qui les conduisaient dans la grâce et les avertissaient, et qu’ils les estimassent beaucoup à cause de leur œuvre. L’opération de Dieu attire toujours l’âme mue par le Saint Esprit et commande son attention et son respect. C’est sur ce fondement que l’apôtre base son exhortation. Il ne s’agit pas ici d’une charge, même s’il y avait des personnes qui en fussent revêtues, mais de l’œuvre qui attire et attache le cœur. Ils devaient connaître ceux qui travaillaient parmi eux (vers. 12). La spiritualité reconnaît cette opération de Dieu. L’amour, le dévouement, la réponse aux besoins des âmes, la patience en s’occupant d’elles de la part de Dieu, tout ceci se légitimait auprès de l’âme du fidèle, et elle bénissait Dieu de ce qu’il prenait soin de ses enfants. Dieu agissait dans l’ouvrier et dans les cœurs des fidèles; et Dieu en soit béni, c’est un principe qui dure toujours et qui ne s’affaiblit pas!

Le même Esprit produisait la paix entre eux. Cette grâce était très précieuse; et si l’amour apprécie l’œuvre de Dieu dans l’ouvrier, il tiendra compte de tous les frères comme étant dans la présence de Dieu; la volonté propre n’agit pas.

Or ce renoncement à la volonté propre et cette conscience pratique de l’opération et de la présence de Dieu donnent la force pour avertir les désordonnés, pour consoler les craintifs, pour aider les faibles, pour être patient envers tous. L’apôtre exhorte les Thessaloniciens à agir ainsi: la communion de Dieu nous en rend capables et sa Parole nous dirige dans cette œuvre. En aucun cas, ils ne devaient rendre le mal pour le mal, mais poursuivre ce qui est bon entre eux et à l’égard de tous. Toute cette conduite dépend de la communion avec Dieu, de sa présence avec nous qui nous élève au-dessus du mal. Dieu en amour est au-dessus du mal; c’est ce que nous pouvons réaliser en marchant avec Lui.

Telles étaient les exhortations de l’apôtre, destinées à diriger la conduite des Thessaloniciens envers tous. Pour ce qui regardait leur état personnel, la joie, la prière, les actions de grâces en toutes choses devaient les caractériser. À l’égard de l’action publique de l’Esprit au milieu d’eux, les admonitions de l’apôtre étaient brèves pour ces simples et heureux chrétiens. Ils ne devaient pas empêcher l’action de l’Esprit au milieu d’eux (car c’est là la force de l’expression: «éteindre l’Esprit»); ni mépriser ce qu’il pouvait dire, même par la bouche du plus simple, si l’Esprit désirait l’employer; eux-mêmes spirituels, ils pouvaient juger de tout. Ils devaient ainsi, non pas recevoir tout ce qui se présentait, même sous le nom de l’Esprit, mais tout éprouver. Ils devaient retenir ce qui était bon: on ne vacille pas, quand, par la foi, on reçoit la vérité de la Parole. On n’a pas à apprendre toujours la vérité de ce qu’on a appris de Dieu. Quant au mal, ils devaient s’en abstenir sous toutes ses formes. Telles étaient les courtes exhortations de l’apôtre à ces chrétiens qui, de fait, réjouissaient son cœur. En effet, c’est un beau tableau de la marche chrétienne que celui qui nous est présenté sous des traits si vivants dans les communications de l’apôtre.

Il termine son épître en recommandant les Thessaloniciens au Dieu de paix, pour qu’ils fussent conservés sans reproche jusqu’à la venue du Seigneur Jésus.

Après une telle épître, le cœur de l’apôtre en venait facilement au Dieu de paix; car on jouit de la paix dans la présence de Dieu, non seulement de la paix dans la conscience, mais de la paix dans le cœur.

Précédemment nous avons trouvé l’amour actif dans le cœur, c’est-à-dire Dieu présent et agissant en nous, envisagés comme participant en même temps de la nature divine. Cette nature est le ressort de la sainteté qui sera manifestée dans toute sa perfection devant Dieu à la venue de Jésus avec tous ses saints. Ici, c’est du Dieu de paix que l’apôtre attend l’accomplissement de cette œuvre. Plus haut, c’était l’activité d’un principe divin en nous, principe qui se lie à la présence de Dieu et à la communion avec Lui; ici, c’est le repos parfait du cœur, dans lequel la sainteté se développe. L’absence de la paix dans le cœur provient de l’activité des passions et de la volonté, augmentée par le sentiment de l’impuissance dans laquelle nous nous trouvons de les satisfaire entièrement, ou même dans une mesure quelconque.

Or en Dieu tout est paix: il peut être actif en amour; il peut se glorifier en créant ce qu’il veut; il peut agir en jugement pour chasser le mal qui est devant ses yeux; mais il se repose toujours en Lui-même, et tant pour le bien que pour le mal, il connaît la fin depuis le commencement et il ne s’inquiète pas. Quand il remplit le cœur, il nous communique ce repos: nous ne pouvons nous reposer en nous-mêmes; nous ne saurions trouver le repos du cœur ni dans l’activité des passions, qu’elles aient un objet ou n’en aient point, ni dans l’énergie déchirante et destructive de notre volonté. Nous trouvons notre repos en Dieu, non pas un repos qui implique la lassitude, mais le repos du cœur, dans la possession de tout ce que nous désirons et de ce qui forme même nos désirs et les satisfait en plein; nous trouvons ce repos dans la possession d’un objet dans lequel la conscience n’a rien à nous reprocher, et ne peut que se taire dans la certitude que c’est le bien suprême duquel le cœur jouit, l’autorité suprême et unique à la volonté de laquelle il se soumet — et cette volonté est amour envers nous. Dieu donne le repos, la paix. Il n’est jamais appelé le Dieu de la joie: il nous donne bien la joie et nous devons nous réjouir; mais la joie suppose quelque chose de surprenant, d’inattendu, d’exceptionnel, quelque chose au moins qui fait contraste avec le mal et en est la conséquence. La paix que nous possédons, qui nous contente, n’a aucun élément de ce genre, rien qui fasse contraste, rien qui trouble: la paix est plus profonde, plus parfaite que la joie; elle est davantage la satisfaction qu’éprouve une nature dans ce qui lui répond parfaitement, dans ce en quoi elle se déploie, sans qu’un contraste soit nécessaire pour rehausser la satisfaction d’un cœur qui n’a pas tout ce qu’il voudrait ou ce dont il sera capable.

Dieu, nous l’avons dit, est ce repos pour Lui-même et en Lui-même; il nous donne, il est pour nous cette paix parfaite. La conscience étant parfaite par l’œuvre de Christ, qui a fait la paix et nous a réconciliés avec Dieu, la nouvelle nature, et partant le cœur, trouve sa parfaite satisfaction en Dieu et la volonté se tait, n’ayant d’ailleurs rien de plus à désirer.

Ce n’est pas seulement que Dieu réponde aux désirs que nous avons; il est la source de nouveaux désirs pour le nouvel homme, par la révélation de Lui-même en amour1. Il est à la fois la source et l’objet infini de la nature, et cela en amour. Sa part à Lui, c’est d’être tel; c’est plus que la création: c’est la réconciliation, qui est plus que la création, parce qu’il y a en elle plus de développement d’amour, c’est-à-dire de Dieu. Par cette œuvre de réconciliation nous connaissons Dieu; elle révèle ce qu’il est essentiellement en Christ.

1 Aussi y a-t-il tout le contraire de l’ennui dans la jouissance céleste de Dieu; car Celui qui est l’objet infini de la jouissance est aussi la source infinie et la puissance infinie de la capacité de jouir, bien que nous jouissions comme des créatures qui ne peuvent que recevoir.

Dans les anges, il se glorifie en création; les anges nous surpassent en force. Dans les chrétiens, il se glorifie dans la réconciliation, afin qu’ils soient les prémices de sa nouvelle création, quand il aura réconcilié toutes choses dans les cieux et sur la terre par Christ. C’est pourquoi il est dit: «Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu»: ils ont la nature du Dieu de paix et son caractère.

C’est dans ces relations avec Dieu que la sanctification pratique se développe, ou plutôt c’est Dieu dans ses relations avec nous, dans la paix de sa communion, qui développe la sanctification, c’est-à-dire notre conformité intérieure d’affection et d’intelligence et par conséquent de conduite extérieure avec Dieu et avec sa volonté. «Le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement»! Qu’il n’y ait rien en nous qui ne cède à cette influence bénigne de la paix, dont on jouit dans la communion de Dieu; qu’aucune puissance ou force en nous ne connaisse autre chose que Lui; qu’en tout, il soit notre tout, de sorte que rien autre que Lui n’ait de place dans notre cœur!

Il nous a parfaitement introduits dans cette place de bénédiction, en Christ, et par son œuvre. Il n’y a rien entre nous et Dieu que l’exercice de son amour, la jouissance de notre bonheur et l’adoration de nos cœurs. Nous sommes la preuve devant Lui, le témoignage, le fruit de l’accomplissement de tout ce qu’il tient pour étant le plus précieux, de ce qui l’a glorifié parfaitement, de ce en quoi il trouve son bon plaisir; et en même temps, le témoignage et la preuve de la gloire de Celui qui a accompli l’œuvre — c’est-à-dire Christ — et de son œuvre. Nous sommes le fruit de la rédemption accomplie par Lui, et les objets de la satisfaction que Dieu doit éprouver dans l’exercice de son amour.

Dieu en grâce est le Dieu de paix pour nous, car la justice divine trouve ici sa satisfaction, et l’amour, son parfait exercice.

Maintenant l’apôtre demande que, selon ce caractère, Dieu opère en nous, pour faire que tout y réponde à la nature de Celui qui nous a été ainsi révélé. C’est dans ce passage seulement que cette division de la nature de l’homme est donnée: «corps, âme et esprit». Le but de l’apôtre n’est certes pas de faire de la métaphysique, mais d’exprimer l’homme, dans toutes les parties de son être: le vase par lequel il exprime ce qu’il est, les affections naturelles de son âme, la partie la plus élevée de sa nature, savoir son esprit par lequel il est au-dessus des animaux et en relation intelligente avec Dieu. Que Dieu se trouve en tout comme mobile, source et guide!

En général, la Parole se sert des mots, «âme» et «esprit», sans distinction, car l’âme de l’homme a été formée autrement que celle des bêtes, en ce que Dieu a soufflé dans les narines de l’homme l’esprit de vie, et que c’est ainsi que l’homme est devenu âme vivante. Il suffit donc de dire âme, en parlant de l’homme; la partie supérieure de son être est sous-entendue; et en disant esprit, dans ce même sens, le caractère élevé de son âme est exprimé. L’animal a bien ses affections naturelles; il a une âme vivante; il est capable de s’attacher, reconnaît ceux qui lui font du bien, se dévoue à son maître, l’aime, donne même sa vie pour lui, mais il n’a pas ce qui le met en rapport avec Dieu (hélas! ce qui en nous se met aussi en inimitié contre Lui); il ne s’occupe pas des choses en dehors de sa nature, comme maître d’autrui.

L’Esprit donc veut que l’homme réconcilié avec Dieu soit consacré, dans toutes les parties de son être, au Dieu qui l’a mis en relation avec Lui-même par la révélation de son amour et par l’œuvre de sa grâce, et qu’aucune partie de la nature humaine en lui ne soit sous l’influence d’un objet inférieur à la nature divine de laquelle lui, chrétien, est participant, et qu’ainsi il soit conservé sans reproche en la venue de Jésus.

Remarquons ici qu’il n’est nullement au-dessous de la nouvelle nature en nous d’accomplir fidèlement notre devoir dans toutes les diverses relations dans lesquelles Dieu nous a placés: c’est tout le contraire; ce qu’il faut, c’est introduire Dieu dans ces relations, son autorité et l’intelligence que la connaissance de sa volonté communique. C’est pourquoi il est dit: maris, demeurez avec vos femmes, «selon la connaissance» ou l’intelligence, c’est-à-dire, non seulement avec des affections humaines et naturelles (qui à elles seules ne peuvent plus même suffire à se conserver pures et bonnes dans la place qui leur appartient), mais comme devant Dieu et conscients de sa volonté. Il se peut que Dieu, en rapport avec l’œuvre extraordinaire de sa grâce, nous appelle à nous y consacrer entièrement; mais s’il n’en est pas ainsi, la volonté de Dieu s’accomplit dans les relations dans lesquelles il nous a placés, et l’intelligence divine et l’obéissance à Dieu se déploient dans ces relations. Enfin Dieu nous a appelés à cette vie de sainteté avec Lui; il est fidèle, et il l’accomplira. Qu’il nous donne de nous tenir près de Lui pour la réaliser!

Remarquons encore comment la venue de Christ et l’attente de cette venue sont introduites ici comme partie intégrante de la vie chrétienne. «Sans reproche, dit l’apôtre, en la venue de notre Seigneur Jésus Christ». La vie qui s’est développée dans l’obéissance et dans la sainteté rencontre le Seigneur à sa venue; il n’est pas question de la mort; la vie que nous avons est trouvée ainsi irréprochable quand il paraît. L’homme, dans toutes les parties de son être, mû par cette vie, se trouve là sans reproche quand Jésus arrive. La mort est vaincue (pas encore détruite); une nouvelle vie est la nôtre. Cette vie et l’homme vivant de cette vie se retrouveront dans la gloire avec leur Chef et leur source. Alors la faiblesse qui se rattache à la condition actuelle de l’homme disparaîtra — ce qui est mortel sera «absorbé par la vie». Nous sommes à Christ; il est notre vie, nous l’attendons pour être avec Lui, et pour qu’il complète tout le conseil de Dieu dans la gloire.

Examinons aussi un peu ce que ce passage nous enseigne sur la sanctification: celle-ci se rattache à une nature, mais elle se rattache aussi à un objet; elle dépend aussi, quant à sa réalisation, de l’opération de quelqu’un d’autre, savoir de Dieu Lui-même, et elle est fondée sur une œuvre parfaite de réconciliation avec Dieu déjà accomplie. Le chrétien, en tant que sa sanctification est fondée sur cette réconciliation accomplie (dans laquelle nous entrons par la réception d’une nouvelle nature), est envisagé, dans les Écritures, comme déjà parfaitement sanctifié en Christ. La sanctification s’effectue par l’opération de l’Esprit Saint qui, en nous communiquant cette nature, nous sépare, en tant que nés de Dieu, entièrement du monde. Il est important de maintenir cette vérité et de nous tenir pour déjà sanctifiés, dans ce sens-là, bien clairement et bien distinctement; autrement la sanctification pratique se détache bientôt, dans nos pensées, de la vérité que le chrétien a reçu une nouvelle nature; la sanctification n’est plus alors que l’amélioration de l’homme naturel; elle devient tout à fait légale; le chrétien rentre après sa réconciliation dans le doute et l’incertitude, parce que, quoique justifié, il n’est pas considéré comme étant prêt pour le ciel; son acceptation dépend de ses progrès, de sorte que la justification ne lui procure pas la paix avec Dieu. L’Écriture dit: «Rendant grâces au Père qui nous a rendus capables de participer au lot des saints dans la lumière». Il y a des progrès à faire; mais dans l’Écriture les progrès ne sont pas liés avec cette capacité. Le brigand était prêt pour le paradis, et il y est allé. Par de telles vues, l’œuvre de la rédemption est affaiblie pour ne pas dire détruite, c’est-à-dire l’appréciation de cette œuvre par la foi dans nos cœurs.

Nous sommes donc sanctifiés (c’est ainsi que l’Écriture parle le plus souvent) par Dieu le Père, par le sang et par l’offrande de Christ, et par l’Esprit, c’est-à-dire mis à part personnellement et pour toujours pour Dieu. À ce point de vue la justification est présentée, dans la Parole, comme conséquence de la sanctification, comme une chose dans laquelle nous entrons par celle-ci. Pris comme pécheurs dans le monde, nous sommes mis à part par le Saint Esprit pour jouir de toute l’efficace de l’œuvre de Christ selon les conseils du Père, étant mis à part par la communication d’une vie nouvelle sans doute, mais placés, par cette mise à part, dans la jouissance de tout ce que Christ nous a acquis. Je le répète, il est très important de tenir ferme cette vérité tant pour la gloire de Dieu que pour notre propre paix; mais l’Esprit de Dieu, dans notre épître, ne parle pas de la sanctification à ce point de vue, mais de la réalisation pratique du développement de cette vie de séparation du monde et du mal. Il parle de ce développement divin, dans l’homme intérieur, qui fait de la sanctification un état réel et intelligent de l’âme, un état de communion pratique avec Dieu selon cette nature et selon la révélation de Dieu avec laquelle cette nature est en relation.

Sous ce rapport nous trouvons bien un principe de vie qui opère en nous, ce qu’on appelle un état subjectif, mais il est impossible de séparer cette opération en nous d’avec un objet: l’homme serait Dieu s’il était indépendant d’un objet; on ne peut pas non plus, par conséquent, séparer cette opération d’une œuvre continuelle de Dieu en nous, œuvre qui nous tient en communion avec cet objet, qui est Dieu Lui-même. En conséquence, c’est par la vérité, par la Parole, que la sanctification s’accomplit en nous, soit au commencement, dans la communication de la vie, soit, en détail, tout le long du chemin. «Sanctifie-les par la vérité; ta parole est la vérité».

L’homme s’est dégradé, nous le savons. Il s’est assujetti aux convoitises de sa partie animale; mais comment? En s’éloignant de Dieu! Dieu ne sanctifie pas l’homme en dehors de la connaissance de Lui-même, le laissant toujours éloigné de Lui; mais, tout en lui donnant une nouvelle nature capable de connaître Dieu, en donnant à cette nature (qui ne peut même pas vivre sans cela) un objet — Lui-même — Dieu ne rend pas l’homme indépendant, comme l’homme a voulu le devenir. Le nouvel homme est l’homme dépendant; la dépendance est sa perfection. C’est ce que Jésus Christ a montré dans sa vie. Le nouvel homme est un homme dépendant dans ses affections, qui veut l’être, qui s’y complaît, il ne saurait être heureux sans être dépendant et dépendant de l’amour, tout en étant obéissant comme un être dépendant doit l’être.

Ainsi les sanctifiés possèdent une nature sainte dans ses désirs et dans ses goûts; ils participent de la nature divine, de la vie de Christ. Mais ils ne cessent pas d’être des hommes. Ils ont Dieu révélé en Christ pour objet. La sanctification se développe en communion avec Dieu et dans des affections qui se portent sur Christ et qui l’attendent. Mais la nouvelle nature ne peut pas se révéler un objet à elle-même; et elle pourrait encore moins en avoir un en mettant Dieu de côté à son gré; elle est dépendante de Dieu pour la révélation de Lui-même: l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qu’Il nous a donné, et ce même Esprit prend les choses de Christ et nous les communique. Nous croissons ainsi dans la connaissance de Dieu, étant fortifiés puissamment par son Esprit dans l’homme intérieur, pour «comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance», afin que nous soyons remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Ainsi, «nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit». «Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité».

Nous voyons par ces passages, et l’on pourrait les multiplier, que le chrétien est dépendant d’un objet, et qu’il est dépendant de la force d’un autre. L’amour agit pour opérer en nous selon cette nécessité.

Notre mise à part pour Dieu est complète; car elle s’effectue par le don d’une nature qui est purement de Dieu, et en nous plaçant sous une responsabilité absolue, car nous ne sommes plus à nous, mais achetés à prix, sanctifiés par le sang de Christ, selon la volonté de Dieu qui veut nous avoir à Lui; elle nous place en même temps dans une relation, dont le développement, par la connaissance croissante de Dieu qui est l’objet de notre nouvelle nature, est la sanctification pratique qui s’opère en nous par la puissance du Saint Esprit, témoin au-dedans de nous de l’amour de Dieu. Le Saint Esprit attache le cœur à Dieu, en le révélant aussi toujours davantage; il développe en même temps la gloire de Christ et toutes les qualités divines qui se déploient en Lui dans la nature humaine, et forme ainsi notre nature en tant que nous sommes nés de Dieu.

C’est pourquoi, comme nous l’avons vu dans cette épître, l’amour opérant en nous est le moyen de la sanctification (chap. 3:12, 13). C’est l’activité de la nouvelle nature, de la nature divine en nous, et cette activité est liée avec la présence de Dieu, car celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu. Ici, au chapitre 5, les saints sont recommandés à Dieu Lui-même pour qu’il opère cette sanctification en eux, tandis que nous sommes toujours placés devant les objets glorieux de notre foi, pour l’accomplir.

Nous pouvons, ici plus particulièrement, attirer l’attention du lecteur sur ces objets de notre foi; ce sont Dieu Lui-même et la venue du Seigneur: la communion avec Dieu, d’un côté, et de l’autre l’attente de Christ. Il est de toute évidence que la communion avec Dieu est la position pratique de la plus haute sanctification; celui qui sait qu’il verra Jésus, tel qu’il est maintenant, et qu’il Lui sera semblable, se purifie comme Lui est pur. Par notre communion avec le Dieu de paix, nous sommes sanctifiés tout entiers: si Dieu est tout pour nous dans notre vie pratique, nous sommes tout saints (nous ne parlons pas ici d’aucun changement dans la chair qui ne saurait être assujettie à Dieu, ni Lui plaire); et la pensée de Christ et de sa venue nous garde en pratique, en détail, et intelligemment, sans reproche. C’est Dieu Lui-même qui nous garde ainsi et opère en nous pour occuper nos cœurs et nous faire toujours croître.

Mais ce point mérite quelques mots de plus. La fraîcheur de la vie chrétienne, chez les Thessaloniciens, rendait cette vie, pour ainsi dire, plus objective, de sorte que les objets de la foi sont en saillie dans l’épître, et se dessinent nettement devant le cœur. Nous avons déjà dit que ces objets sont Dieu le Père, et le Seigneur Jésus. Quant à la communion d’amour avec les saints qu’il considère comme sa couronne et sa gloire, Paul ne parle que du Seigneur Jésus. Cette perspective a un caractère spécial de récompense, tout en étant une récompense où l’amour domine. Jésus Lui-même avait la joie qui était devant Lui comme appui dans ses souffrances: cette joie lui était personnelle; l’apôtre aussi, pour ce qui regardait son œuvre et son travail, attendait avec Christ le fruit de ce travail. À part le cas de l’apôtre au chap. 2, nous trouvons dans cette épître Dieu Lui-même et Jésus, comme objet placé devant nous, ainsi que la joie de la communion de Dieu (dans la relation de Père), et de Christ, duquel nous partageons la gloire et la position par grâce.

Il n’y a que les deux épîtres aux Thessaloniciens où nous trouvions l’expression: «l’Assemblée en Dieu le Père»1. La sphère de la communion des Thessaloniciens est ainsi constatée et fondée sur la relation dans laquelle ils se trouvaient avec Dieu Lui-même, sous le caractère de Père (1 Thess. 1:3, 9 et 10; 3:13; 4:15, 16; et ici, 5:23). Il est important de remarquer que le christianisme est d’autant plus objectif qu’il est plus vigoureux et plus vivant. Au reste cela revient simplement à dire que Dieu et le Seigneur Jésus ont une plus grande place dans nos pensées et qu’on se perd réellement davantage en eux. Cette épître aux Thessaloniciens est l’instruction que la Parole nous donne sur ce point; et nous avons là un moyen de juger bien des faussetés dans nos cœurs et de donner une grande simplicité à notre christianisme.

1 Peut-être aussi en rapport avec leur récente délivrance de l’idolâtrie, pour servir le seul vrai Dieu, le Père et le Seigneur Jésus-Christ.

L’apôtre termine son épître en demandant les prières des frères, en les saluant avec la confiance de l’affection, et en les conjurant de faire lire son épître à tous les saints frères (vers. 25 et suiv.). Son cœur n’oubliait aucun d’eux et voulait être en relation avec tous, selon cette affection spirituelle et ce lien personnel. Apôtre lui-même envers tous, il voulait qu’ils reconnussent ceux qui travaillaient au milieu d’eux, mais il maintenait en même temps sa propre relation. Le cœur de Paul était un cœur qui, d’une part, embrassait tous les conseils révélés de Dieu et, d’autre part, ne perdait pas de vue le plus petit de ses saints.

Il reste une circonstance intéressante à remarquer dans la manière dont l’apôtre s’y prend pour instruire les Thessaloniciens. Dans le premier chapitre, il prend les vérités qui étaient précieuses pour leur cœur, mais à l’égard desquelles leur intelligence était restée un peu dans le vague, en sorte qu’ils étaient tombés dans une erreur: il prend, dis-je, ces vérités, et avant d’aborder l’erreur et les méprises qu’ils avaient faites, il les emploie dans ses instructions pratiques, avec la clarté avec laquelle il les possédait, les appliquant à des relations connues et senties, afin d’établir fermement les Thessaloniciens dans la vérité positive, et de les mettre au clair à l’égard de l’emploi même de cette vérité. Ils attendaient des cieux son Fils: voilà ce qu’ils possédaient déjà bien clairement dans leurs cœurs; mais l’apôtre leur fait voir qu’ils seraient dans la présence de Dieu quand Jésus viendrait avec tous ses saints: c’était là un pas très important dans l’éclaircissement du sujet, sans que l’apôtre eût encore touché positivement l’erreur. Le cœur s’orientait dans la vérité, dans l’application pratique de la lumière divine à ce qu’il possédait déjà; il comprenait ce que c’était que d’être devant Dieu le Père. Se trouver là était une source de joie, un bonheur bien plus intime et réel que la manifestation d’une gloire terrestre et limitée. Ensuite, ils se trouveraient devant Dieu, quand Jésus viendrait avec tous ses saints: simple vérité démontrée par le fait même que Jésus ne pouvait avoir auprès de lui quelques-uns seulement de son Assemblée. Le cœur embrassait cette vérité sans effort, mais en faisant ainsi, il était établi, et l’intelligence aussi, dans la vérité tout entière à l’égard des relations des Thessaloniciens avec Christ et avec les siens. La joie même de la rencontre de l’apôtre avec eux tous (qu’ils fussent morts ou vivants), à la venue de Jésus, plaçait l’âme sur un tout autre terrain que celui d’une bénédiction qui leur serait apportée par l’arrivée de Jésus sur la terre où ils se trouvaient.

Ainsi éclairés, affermis, établis dans la vraie portée de la vérité qu’ils possédaient déjà, par un développement qui se rattachait à leurs meilleures affections et à leurs connaissances spirituelles les plus intimes, affections et connaissances fondées sur leur communion avec Dieu, les Thessaloniciens étaient préparés, avec certaines bases positives de vérité, pour aborder l’erreur et pour écarter avec facilité ce qui ne s’accordait pas avec ce qu’ils savaient apprécier maintenant à sa juste valeur, comme faisant partie de leurs possessions spirituelles. La révélation spéciale que l’apôtre ajoutait mettait tout au clair quant aux détails. Cette manière de procéder est très instructive.