1 Pierre

Chapitre 5

L’apôtre revient à des détails chrétiens. Il exhorte les anciens, lui qui est ancien; car il paraît que, parmi les Juifs, ce titre était plutôt caractéristique qu’officiel (comparer verset 5); il les exhorte à paître le troupeau de Dieu. L’apôtre se désigne comme quelqu’un qui avait été témoin des souffrances de Christ et qui devait avoir part à la gloire qui sera révélée. C’était la fonction des douze d’être témoins de la vie de Christ (Jean 15), comme celle du Saint Esprit était de rendre témoignage à sa gloire céleste. Pierre se place aux deux bouts de l’histoire du Seigneur, et laisse l’intervalle privé de tout, sauf de l’espérance et du pèlerinage vers un but. Il avait vu les souffrances de Christ; il devait participer à sa gloire lorsqu’il serait révélé. C’est un Christ qui se place lui-même en relation avec les Juifs, et seulement connu par la foi maintenant. Pendant sa vie sur la terre, il a été au milieu des Juifs, quoiqu’il y ait souffert et qu’il y ait été rejeté. Lorsqu’il paraîtra, il sera de nouveau en relation avec la terre et avec ce peuple.

Paul parle autrement, tout en confirmant ces vérités. Il n’a connu le Seigneur qu’après son exaltation; il n’est pas un témoin de ses souffrances, mais il cherche la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances. Son cœur est lié à Christ pendant que Christ est dans le ciel, comme étant uni à Lui, en haut: et quoiqu’il désire l’apparition du Seigneur pour le rétablissement de toutes les choses dont les prophètes avaient parlé, il se réjouit de savoir qu’il ira à sa rencontre avec joie et reviendra avec Lui quand il sera révélé du ciel.

Les anciens devaient paître le troupeau de Dieu avec promptitude, et non comme par contrainte, ni pour un gain, ni comme dominant sur un héritage qui leur appartienne, mais comme les modèles du troupeau. Ils devaient prodiguer de tendres soins au troupeau, pour l’amour de Christ, souverain Pasteur, en vue du bien des âmes. D’ailleurs c’était le troupeau de Dieu qu’ils étaient appelés à paître. Quelle pensée aussi solennelle que douce! Il est impossible qu’un homme ait jamais l’idée de parler de son troupeau, s’il a compris que c’est le troupeau de Dieu, et que Dieu nous permet de le paître.

On peut remarquer que le cœur du bienheureux apôtre est là où le Seigneur l’avait placé. «Pais mes brebis», telle avait été l’expression de la grâce parfaite du Seigneur envers Pierre, lorsqu’il amenait celui-ci à la confession humiliante, mais salutaire, qu’il fallait l’œil de Dieu pour voir que son faible disciple l’aimait. Au moment où il le convainquait de son néant absolu, le Seigneur lui confiait ce qu’il avait de plus cher. Aussi voyons-nous ici que c’est le souci de l’apôtre, le désir de son cœur, que les anciens paissent le troupeau. Ici comme ailleurs, Pierre ne va pas plus loin que l’apparition du Seigneur. C’est à cette époque que les voies de Dieu en gouvernement — dont les Juifs étaient le centre terrestre — seront pleinement manifestées. Alors, la couronne de gloire sera présentée à celui qui aura été fidèle et qui aura satisfait le cœur du souverain Pasteur.

Les jeunes gens devaient se soumettre à ceux qui étaient plus âgés, et tous, les uns aux autres. Tous devaient être revêtus d’humilité; car Dieu résiste aux orgueilleux et fait grâce aux humbles. Ce sont encore les principes de son gouvernement. Sous sa main, ils devaient donc s’humilier; ils seraient exaltés au temps convenable. Faire ainsi, c’était s’en rapporter à Dieu. Lui savait ce qui était nécessaire. Lui, qui les aimait, les élèverait dans un temps convenable. Il s’inquiétait d’eux; ils devaient se reposer sur Lui, lui remettre tous leurs soucis.

D’un autre côté, ils devaient être sobres et vigilants, car l’adversaire cherchait à les dévorer. Ici — quelles que soient ses ruses, quoiqu’il puisse dresser des embûches aux chrétiens — c’est sous le caractère d’un lion rugissant, qui excite des persécutions ouvertes, que l’apôtre le présente. On devait lui résister, tenant ferme dans la foi. Partout, les mêmes afflictions se trouvaient. Toutefois, le Dieu de toute grâce est la confiance des chrétiens. Il nous a appelés à participer à sa gloire éternelle. Le souhait de l’apôtre pour eux est que, après qu’ils auraient souffert pour un temps, le Dieu de grâce rendît ceux auxquels il écrit, parfaits, complets — les affermît, les fortifiât, édifiant leurs cœurs sur le fondement d’une assurance inébranlable. Et à Lui, ajoute-t-il, soient la gloire et la puissance.

On voit que les chrétiens, auxquels Pierre écrivait, souffraient, et que l’apôtre expliquait ces souffrances d’après les principes du gouvernement divin, eu égard spécialement aux relations des chrétiens avec Dieu comme étant sa maison, soit que ces souffrances fussent des souffrances à cause de la justice, ou des souffrances pour le nom du Seigneur. Elles n’étaient que pour un temps. L’espérance du chrétien était ailleurs; la patience chrétienne était agréable à Dieu. C’était leur gloire, s’ils souffraient pour le nom de Christ. Au reste, Dieu jugeait sa maison et veillait sur son peuple.