1 Pierre

Chapitre 4

Depuis le commencement de ce chapitre jusqu’à la fin du verset 7, l’apôtre continue à traiter des principes généraux du gouvernement de Dieu, en exhortant le chrétien à se conduire selon les principes de Christ lui-même, ce qui lui ferait éviter la marche que ce gouvernement condamne, tandis qu’il attendait le jugement du monde par le Christ qu’il servait. Christ glorifié, ainsi que nous l’avons vu à la fin du chapitre précédent, était prêt à juger; et ceux qui s’irritaient contre les chrétiens et étaient menés par leurs passions, sans s’inquiéter de ce jugement qui venait, rendraient compte à ce Juge qu’ils ne voulaient pas reconnaître comme Sauveur.

Les souffrances, dont il est question ici, on le remarquera, sont des souffrances pour la justice (chapitre 2:19; 3:17), en rapport avec le gouvernement et le jugement de Dieu. Le principe était celui-ci: les chrétiens acceptaient et suivaient le Sauveur que le monde et Sa nation rejetaient; ils marchaient sur ses saintes traces dans la justice comme pèlerins et étrangers, en abandonnant la corruption qui régnait dans le monde. En marchant dans la paix et en suivant le bien, ils évitaient jusqu’à un certain point, les attaques des autres; et les yeux de Celui qui veille d’en haut sur toutes choses, reposaient sur les justes. Toutefois, dans les relations de la vie ordinaire (voyez chapitre 2:18) et dans les rapports avec les hommes, il est bien possible qu’on ait à souffrir et à subir de flagrantes injustices. Or le temps du jugement de Dieu n’était pas encore arrivé. Christ est en haut; il avait été rejeté sur la terre, et la part du chrétien était de le suivre. Le temps de la manifestation du gouvernement de Dieu serait lors du jugement que Christ doit exercer. En attendant, sa marche sur la terre a donné le modèle de ce que le Dieu de jugement approuve. (Chapitre 2:21-23; 4:1 et suivants.)

On doit faire du bien, souffrir et prendre patience. C’est là ce qui est agréable à Dieu; c’est là ce que Christ a fait. Il valait mieux, si Dieu le trouvait bon, souffrir pour le bien, que souffrir pour le mal. Christ (chapitre 2:24) a porté nos péchés, a souffert pour nos péchés, le Juste pour les injustes, afin qu’étant morts au péché, nous vivions pour la justice, et qu’il nous amenât à Dieu lui-même. Christ est maintenant en haut; il est prêt à juger. Quand le jugement arrivera, les principes du gouvernement de Dieu seront manifestés et prévaudront.

Le commencement du chapitre 4 demande quelques remarques un peu plus détaillées. La mort du Christ y est appliquée à la mort pratique aux péchés; état qui est mis en contraste avec la vie des gentils.

Christ sur la croix (Pierre fait allusion au verset 18 du chapitre précédent) a souffert pour nous dans la chair. Il est mort de fait quant à sa vie d’homme. Il faut nous armer du même sentiment et ne tolérer aucune activité de vie ou de passions qui soient selon la volonté du vieil homme, mais souffrir quant à la chair, ne cédant jamais à ses désirs. Le péché est l’action, en nous, de la volonté de la chair, de la volonté de l’homme en tant que vivant dans ce monde. Lorsque cette volonté agit, le principe du péché est là, car nous devons obéir. La volonté de Dieu doit être le ressort de notre vie morale; elle doit l’être d’autant plus que maintenant que nous avons la connaissance du bien et du mal — que la volonté de la chair, non subordonnée à Dieu, est en nous — il faut, ou que nous prenions la volonté de Dieu comme notre seul motif, ou que nous agissions selon la volonté de la chair, car celle-ci est toujours présente en nous.

Christ est venu pour obéir, il a choisi plutôt de mourir et de souffrir toutes choses, que de ne pas obéir. Il est ainsi mort au péché, qui n’a jamais trouvé entrée dans son cœur. Tenté au dernier point, il préféra la mort à la désobéissance, même lorsque la mort avait et le caractère de la colère contre le péché et le caractère du jugement. Tout amère qu’était la coupe, il l’a bue plutôt que de ne pas accomplir de la manière la plus parfaite la volonté de son Père et de ne pas le glorifier. Éprouvé au plus haut degré, mais restant parfait, la tentation qui l’assaillait toujours du dehors et cherchait une entrée en Lui (car il n’en avait pas au dedans de Lui), était toujours tenue dehors; elle n’a jamais pénétré en Lui, et il ne s’est manifesté aucun mouvement de sa volonté pour elle; elle a fait ressortir l’obéissance, ou la perfection des pensées divines dans l’homme, et, en mourant, en souffrant dans la chair, il en avait complètement fini avec elle, fini avec le péché pour toujours, et il est entré pour toujours dans le repos, après avoir été éprouvé jusqu’au dernier point et avoir été tenté en toutes choses semblablement à nous1, quant à l’épreuve de la foi, quant au combat de la vie spirituelle.

1 Ce n’est pas, comme dans la version autorisée, «toutefois sans péché», tout vrai que cela puisse être, mais cwriV amartiaV «à part le péché». Nous sommes tentés, étant entraînés par nos propres convoitises. Christ a eu sur la route toutes nos difficultés, toutes nos tentations, mais il n’avait en lui-même rien qui pût le conduire mal — bien loin de là sûrement — rien qui répondit à la tentation.

Or, il en est de même pour nous. Si je souffre dans la chair, la volonté de la chair n’est assurément pas en activité; et la chair, dans ce que je souffre, est morte pratiquement, je n’ai plus rien à faire avec les péchés1. Nous sommes donc affranchis du péché; nous en avons fini avec lui, et nous sommes en repos. Si nous sommes contents de souffrir, la volonté n’agit pas, le péché n’est pas là, de fait; car souffrir n’est pas volonté, c’est la grâce agissant selon l’image et les sentiments de Christ dans le nouvel homme; et nous sommes délivrés de l’action du vieil homme: il n’agit pas; nous nous reposons de lui, nous en avons fini avec lui, pour ne plus vivre, pendant le restant de notre vie d’ici-bas, dans la chair, selon les convoitises de l’homme, mais selon la volonté de Dieu que suit le nouvel homme.

1 Pierre s’arrête aux effets; Paul, comme toujours, va jusqu’à la racine (Romains 6).

Il suffit que nous ayons passé le temps déjà écoulé de notre vie en faisant la volonté des gentils (Pierre parle toujours aux chrétiens de la circoncision) et en commettant les excès auxquels ceux-ci s’abandonnaient, s’étonnant en même temps de ce que les chrétiens se refusaient à faire comme eux> et disant du mal d’eux pour cette raison. Mais ils devaient rendre compte à Celui qui est prêt à juger les vivants et les morts.

Les Juifs étaient habitués au jugement des vivants, car ils formaient le centre du gouvernement de Dieu sur la terre. Le jugement des morts, qui nous est plus familier, ne leur avait pas été positivement révélé. Ils étaient toutefois passibles de ce jugement; car c’est dans ce but que les promesses de Dieu leur avaient été présentées de leur vivant, afin qu’ils vécussent selon Dieu en esprit, ou qu’ils fussent jugés comme hommes responsables des choses faites dans la chair. Car l’un ou l’autre de ces résultats devait être produit dans chacun de ceux qui ont entendu les promesses. Ainsi, pour ce qui concerne les Juifs, le jugement des morts devait avoir lieu, en rapport avec les promesses qui leur ont été présentées. Car ce témoignage de Dieu plaçait tous ceux qui l’entendaient sous la responsabilité, de sorte qu’ils devaient être jugés comme des hommes qui avaient à rendre compte à Dieu de leur conduite dans la chair, à moins qu’ils ne sortissent de cette position de vie dans la chair, étant vivifiés par la puissance de la parole qui leur était adressée, appliquée par l’énergie de l’Esprit; de sorte qu’ils échappaient à la chair par la vie spirituelle qu’ils recevaient.

Or la fin de toutes choses était proche. L’apôtre, tout en parlant du grand principe de responsabilité, en rapport avec le témoignage de Dieu, attire l’attention des fidèles sur la pensée solennelle de la fin de toutes ces choses sur lesquelles la chair s’appuyait. Cette fin approchait.

Ici, remarquez-le, Pierre présente non la venue du Seigneur pour recevoir les siens, ni son apparition avec eux, mais ce moment de la sanction solennelle des voies de Dieu, où tout refuge de la chair disparaîtra et où toutes les pensées de l’homme périront pour toujours.

Quant aux rapports de Dieu avec le monde, en gouvernement, la destruction de Jérusalem, quoiqu’elle n’ait pas été «la fin», a été cependant d’une immense importance, parce qu’elle a détruit le siège même de ce gouvernement sur la terre, où le Messie aurait dû régner et où il régnera.

Dieu veille sur toutes choses; il prend soin des siens, il compte les cheveux de leurs têtes; il fait contribuer toutes choses à leur plus grand bien; mais c’est au milieu d’un monde qu’il ne reconnaît plus. Car, non seulement le gouvernement terrestre et direct de Dieu est mis de côté, ce qui a eu lieu du temps de Nebucadnetsar et, en un certain sens, du temps de Saül, mais le Messie qui doit y régner, a été rejeté et a pris la position céleste, en résurrection, qui forme le sujet de cette épître.

La destruction de Jérusalem (qui devait avoir lieu en ce temps-là) a été l’abolition finale des traces mêmes de ce gouvernement, jusqu’à ce que le Seigneur revienne. Les relations d’un peuple terrestre avec Dieu, sur le pied de la responsabilité de l’homme, avaient fini. Le gouvernement général de Dieu prenait la place de celui qui l’avait précédé; gouvernement toujours le même en principe, mais qui, Jésus ayant souffert sur la terre, laissait encore souffrir ses membres ici-bas. Et, jusqu’au jugement, les méchants persécuteront les justes, et il faut que les justes aient patience. À l’égard de la nation, ces relations avec Dieu n’ont subsisté que jusqu’à la destruction de Jérusalem; les espérances incrédules des Juifs, comme nation, ont été judiciairement renversées. L’apôtre parle ici d’une manière générale, et en vue de l’effet de la vérité solennelle de la fin de toutes choses, car Christ est toujours «prêt à juger»: et s’il y a du retard, c’est que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, et qu’il prolonge le temps de la grâce.

En vue de cette fin de tout ce qui se voit, nous devons être sobres et veiller pour prier. Nous devons avoir le cœur ainsi exercé envers Dieu, qui ne change pas, qui ne passera jamais, et qui nous garde à travers toutes les difficultés et les tentations de cette scène passagère jusqu’au jour prochain de la délivrance. Au lieu de nous laisser entraîner par les choses présentes et visibles, nous devons tenir en bride et nous-mêmes, et notre volonté, et nous entretenir avec Dieu.

Ceci conduit l’apôtre à parler de la position intérieure des chrétiens, de leurs relations entre eux et non pas avec le gouvernement général du monde de la part de Dieu. Ils suivent Christ lui-même, parce qu’ils sont chrétiens. La première chose que Pierre leur enjoint, c’est une charité fervente; non seulement un support qui empêcherait que l’irritation de la chair n’éclate, mais une énergie d’amour qui, en imprimant son caractère sur toutes les voies des chrétiens les uns envers les autres, mettrait de côté pratiquement l’action de la chair, et rendrait manifestes la présence et l’action divines.

Or cet amour a couvert une multitude de péchés. Pierre ne parle pas ici du pardon final, mais de la connaissance actuelle que Dieu prend des choses, de ses relations actuelles en gouvernement avec son peuple; car nous avons des relations actuelles avec Dieu. Si l’Assemblée est en désaccord, s’il y a peu d’amour, si les rapports entre les chrétiens ne s’entretiennent qu’avec des cœurs étroits et avec difficulté, le mal qui existe, les torts mutuels subsistent devant Dieu; mais s’il y a l’amour qui ne commet point de tort, ni ne s’en venge, mais les pardonne et n’y trouve qu’une occasion de s’exercer, alors c’est sur l’amour et non pas sur le mal que le regard de Dieu repose. Si même il y a des méfaits — des péchés — l’amour s’en occupe, l’offenseur est ramené et restauré par la charité de l’assemblée; les péchés sont ôtés de devant les yeux de Dieu, ils sont couverts. C’est une citation des Proverbes 10:12: «La haine excite les querelles, mais l’amour couvre toutes les transgressions.» Nous avons le droit de les pardonner — de laver les pieds de notre frère. (Comparer Jacques 5:15 et 1 Jean 5:16.) Non seulement nous pardonnons, mais l’amour maintient l’assemblée devant Dieu selon sa propre nature, de sorte qu’il peut la bénir.

Les chrétiens doivent exercer l’hospitalité les uns envers les autres avec toute libéralité. Cet exercice de l’hospitalité est l’expression de l’amour et contribue beaucoup à le maintenir: on n’est plus étranger l’un pour l’autre.

Ensuite, après l’exercice de la grâce, viennent les dons. Tout vient de Dieu. Selon que chacun avait reçu le don, il devait servir, dans ce don, comme dispensateur de la grâce variée de Dieu. C’est Dieu qui donne; le chrétien est serviteur et responsable comme dispensateur de la part de Dieu. Il doit tout attribuer à Dieu, directement à Dieu. S’il parle, il doit le faire comme oracle de Dieu, c’est-à-dire comme parlant de la part de Dieu et non de son propre fonds. Si quelqu’un sert dans les choses temporelles, qu’il le fasse comme avec une force et une capacité qui viennent de Dieu, afin que, soit que quelqu’un parle, soit que quelqu’un serve, Dieu soit glorifié en toutes choses par Jésus Christ. À lui, ajoute l’apôtre, soient gloire et puissance! Amen.

Après ces exhortations, Pierre revient aux souffrances pour le nom de Christ. Les chrétiens ne devaient pas considérer les persécutions ardentes qui venaient sur eux pour les éprouver, comme une chose étrange qui leur arrivait. Au contraire, ils étaient unis à un Christ souffrant et rejeté: ils participaient ainsi à ses souffrances et ils devaient s’en réjouir. Christ allait bientôt paraître, et ces souffrances pour Lui tourneraient à leur suprême joie, lorsque sa gloire serait révélée. Les chrétiens devaient donc se réjouir en ce qu’ils participaient aux souffrances de Christ, pour être remplis d’une abondante joie à la révélation de sa gloire. S’ils étaient dans l’opprobre pour le nom de Christ, ils étaient heureux. L’Esprit de Dieu reposait sur eux. C’était le nom de Christ qui amenait l’opprobre sur eux. Christ était dans la gloire auprès de Dieu; l’Esprit qui venait de cette gloire et de ce Dieu, les remplissait de joie en supportant l’opprobre. C’était Christ qui était blasphémé — Christ qui était glorifié — blasphémé par les ennemis de l’Évangile, tandis que les chrétiens avaient la joie de le glorifier. On remarquera que, dans ce passage, c’est pour Christ lui-même (ainsi qu’il a été dit), que le fidèle souffre; et c’est pourquoi l’apôtre parle de gloire et de joie à l’apparition de Jésus Christ, tandis qu’il n’en fait pas mention aux chapitres 2:20 et 3:17. (Comparez Matthieu 5:10-12.)

Le chrétien ne doit donc jamais souffrir comme malfaiteur; mais s’il souffrait comme chrétien, il ne devait pas en avoir de honte, mais il devait glorifier Dieu pour cela. L’apôtre revient ensuite au gouvernement de Dieu; car ces souffrances des fidèles avaient un autre caractère aussi. Pour la personne qui souffrait, c’était une gloire; elle participait aux souffrances de Christ, et l’Esprit de gloire et de Dieu reposait sur elle; et tout cela tournerait en abondante joie quand la gloire serait révélée. Mais Dieu ne prenait pas plaisir à laisser souffrir son peuple. Il le permettait; et si Christ a dû souffrir pour nous, sans que Lui, qui n’a pas connu le péché, en eût besoin pour lui-même, le peuple de Dieu a souvent besoin d’être exercé par la souffrance pour son propre compte. Dieu se sert pour cela des méchants, ennemis du nom de Christ. — Le livre de Job explique ceci, indépendamment de toute économie. Mais sous chaque forme de ses voies, Dieu exerce ses jugements selon l’ordre qu’il a établi. Il a fait ainsi dans ses relations avec Israël; il le fait de même avec l’Assemblée. Celle-ci a une part céleste; et si elle s’attache à la terre, Dieu permet à l’ennemi de la troubler. Il est possible que la personne qui souffre soit pleine de foi et d’amour, dévouée pour le Seigneur; mais dans la persécution, le cœur sent que le monde n’est pas son repos, qu’il faut qu’il ait sa part ailleurs et sa force ailleurs. Nous ne sommes pas du monde qui nous persécute. Si le fidèle serviteur de Dieu est retranché du monde par la persécution, la foi en est fortifiée, car Dieu est en cela; mais ceux du milieu desquels il est retranché, souffrent et sentent que la main de Dieu est intervenue. Ses voies revêtent la forme de jugement; toujours en amour parfait, mais en discipline.

Dieu juge tout selon sa nature. Il veut que tout soit en accord avec sa nature. Nul homme droit et honorable ne voudrait avoir les méchants auprès de lui et toujours devant lui. Dieu ne le voudrait certainement pas. Et c’est dans ce qui est le plus près de Lui, qu’il veut par-dessus tout que toute chose réponde à sa nature et à sa sainteté — à tout ce qu’il est. Je voudrais que, autour de moi, tout fût assez propre pour ne pas me déshonorer: mais dans ma maison, je veux une propreté telle que je la désire personnellement. Ainsi, il faut que le jugement commence par la maison de Dieu: l’apôtre fait allusion ici à Ézéchiel 9:6. C’est un principe solennel. Aucune grâce, aucun privilège ne change la nature de Dieu; et il faut que tout soit conforme à cette nature, ou soit, à la fin, banni de sa présence. La grâce peut nous rendre conformes à la nature de Dieu, et c’est ce qu’elle fait. Elle donne la nature divine, de sorte qu’il y a en nous un principe de conformité absolue avec Dieu. Mais, quant à la conformité pratique en pensée et en acte, il faut que le cœur et la conscience soient exercés, afin que l’intelligence du cœur, les aspirations et les désirs habituels de la volonté soient formés d’après la révélation de Dieu, et dirigés vers Lui continuellement.

Or, si cette conformité manque, de sorte que son absence nuise au témoignage de Dieu, Dieu qui juge son peuple et qui jugera le mal partout, intervient par les châtiments qu’il inflige. Le jugement commence par la maison de Dieu. Les justes sont difficilement sauvés. Il ne s’agit évidemment pas, ici, de la rédemption, ni de la justification, ni de la communication de la vie: ceux à qui Pierre s’adresse possédaient ces choses. Pour l’apôtre, le «salut» est non seulement la jouissance actuelle du salut de l’âme, mais la pleine délivrance des fidèles, qui aura lieu à la venue de Christ en gloire. Il a en vue toutes les tentations, toutes les épreuves, tous les dangers par lesquels le chrétien passe en atteignant le bout de sa carrière. Il faut toute la puissance de Dieu, dirigée par la sagesse divine, guidant et soutenant la foi, pour faire passer le chrétien sain et sauf au travers du désert où Satan met en œuvre tous les ressorts de sa subtilité pour le faire périr. La puissance de Dieu l’accomplira; mais au point de vue humain, les difficultés, sont presque insurmontables. Or, si les justes — selon les voies de Dieu qui doit maintenir son jugement conforme aux principes du bien et du mal dans son gouvernement, et qui ne veut se démentir en aucune manière en agissant envers l’ennemi de nos âmes — si les justes étaient difficilement sauvés, que deviendraient le pécheur et l’impie? Ce n’est pas le moyen d’échapper à ces difficultés que de se joindre à eux. Quand on souffrait comme chrétien, on n’avait qu’une chose à faire, s’abandonner à Celui qui veillait sur le jugement qu’il exécutait. Car, puisque c’était sa main, on souffrait selon sa volonté. Christ a fait ainsi.

Remarquez, ici, qu’il ne s’agit pas seulement du gouvernement de Dieu, mais qu’il y a l’expression: «Comme à un fidèle Créateur». L’Esprit de Dieu se meut ici dans cette sphère. C’est la relation de Dieu avec ce monde, et l’âme le connaît comme Celui qui l’a créée et qui n’abandonne pas les œuvres de ses mains. Nous sommes sur le terrain juif: Dieu, connu dans ses rapports avec la première création. La confiance en Lui est fondée sur Christ; mais Dieu est connu dans ses voies envers ce monde, et envers nous dans notre pèlerinage ici-bas où il gouverne et juge les chrétiens, comme il jugera tout le monde.