1 Jean

Chapitre 4

Or, pour se servir de cette dernière preuve, il fallait prendre des précautions, car bien des faux prophètes prétendaient et même avaient déjà prétendu, au temps de l’apôtre, avoir reçu des communications de l’Esprit de Dieu, et s’étaient insinués au milieu des chrétiens. Il fallait donc mettre ceux-ci sur leurs gardes en leur donnant les marques certaines du véritable Esprit de Dieu. La première de ces marques, c’était la confession de Jésus venu en chair. Ce n’est pas seulement confesser qu’il est venu, mais Le confesser ainsi venu. La seconde marque, c’était que celui qui vraiment connaissait Dieu, écoutait les apôtres. C’est ainsi que les épîtres des apôtres deviennent une pierre de touche pour ceux qui prétendent enseigner l’Assemblée. Toute la Parole sans doute est telle; mais je me borne, ici, à ce qui est dit dans ce passage. L’enseignement des apôtres est formellement une pierre de touche pour tout autre enseignement — et, par l’enseignement des apôtres, j’entends ce qu’ils ont enseigné eux-mêmes immédiatement. Si l’on me dit qu’il faut que d’autres l’expliquent ou le développent pour avoir la vérité et la certitude de la foi, je réponds: «Vous n’êtes pas de Dieu, car celui qui est de Dieu les écoute; et vous ne voulez pas que je les écoute; et, quel que soit votre prétexte, vous m’en empêchez.» La dénégation de Jésus venu en chair est l’esprit de l’Antichrist. Ne pas écouter les apôtres, est la forme provisoire et préparatoire du mal. Les vrais chrétiens avaient vaincu l’esprit d’erreur par l’Esprit de Dieu qui demeurait en eux. (verset 4.)

Les trois critères du vrai christianisme sont maintenant distinctement établis ici, et l’apôtre poursuit ses exhortations en développant la plénitude et l’intimité de nos relations avec un Dieu d’amour, maintenant cette participation à la nature dans laquelle l’amour est de Dieu, et celui qui aime est né de Lui — il participe donc à Sa nature et Le connaît (car c’est par la foi qu’il l’a reçue), comme participant de sa nature. Celui qui n’aime pas, ne connaît pas Dieu. Il faut posséder la nature qui aime, pour savoir ce que c’est que l’amour. Celui donc qui n’aime pas, ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Une telle personne n’a pas un sentiment en rapport avec la nature de Dieu; comment donc le connaîtrait-elle? Pas plus qu’un animal ne peut connaître l’esprit ou l’intelligence d’un homme lorsqu’il ne les a pas.

Faites particulièrement attention, lecteur , à cette immense prérogative qui découle de la doctrine tout entière de l’épître. La vie éternelle qui était auprès du Père, a été manifestée et nous a été communiquée; ainsi, nous participons à la nature divine. Les affections de cette nature agissant en nous, reposent, par la puissance du Saint Esprit, dans la jouissance de la communion de Dieu qui en est la source; nous demeurons en Lui et Lui en nous. La première chose, c’est la constatation de la vérité en nous. Les mouvements de cette nature démontrent qu’Il demeure en nous — que, si nous aimons ainsi, Dieu lui-même habite en nous. Celui qui fait agir cet amour est là. Mais il est infini et le cœur se repose en Lui; nous savons qu’en même temps nous demeurons en Lui et que Lui demeure en nous, parce qu’il nous a donné de son Esprit. Mais ce passage si riche en bénédiction, demande que nous le suivions avec ordre.

Il commence par constater que l’amour est de Dieu. C’est sa nature; Dieu en est la source. Ainsi, celui qui aime est né de Dieu, participe à sa nature. De plus, il connaît Dieu, car il sait ce que c’est que l’amour, et que Dieu en est la plénitude. C’est là la doctrine qui fait tout dépendre de notre participation à la nature divine.

Or ceci pouvait être transformé d’un côté en mysticisme, en nous faisant porter notre attention sur notre amour pour Dieu et sur l’amour en nous, cela étant la nature de Dieu, comme s’il était dit: l’amour est Dieu, et non Dieu est amour, et en essayant de sonder la nature divine en nous-mêmes, ou, d’un autre côté, en nous faisant douter, parce que nous ne trouvons pas en nous, comme nous le voudrions, les effets de la nature divine. En effet, celui qui n’aime pas (car la chose, comme toujours en Jean, est exprimée d’une manière abstraite) ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. La possession de la nature est nécessaire à l’intelligence de ce que cette nature est et à la connaissance de Celui qui en est la perfection.

Mais, si je cherche à le connaître, et à en avoir ou à en donner la preuve, ce n’est pas sur l’existence de la nature en nous que l’Esprit de Dieu dirige les pensées des croyants comme leur objet. Dieu, dit-il, est amour; et cet amour a été manifesté envers nous, en ce qu’il a donné son Fils unique pour que nous vivions par Lui. La preuve n’est pas la vie en nous, mais que Dieu a donné son Fils, afin que nous vivions, et en outre pour faire propitiation pour nos péchés. Dieu soit béni, nous connaissons cet amour, non dans les pauvres résultats de son action en nous, mais dans sa perfection en Dieu, et cela même dans sa manifestation envers nous, ce qui est complètement en dehors de nous-mêmes. C’est un fait hors de nous qui est la manifestation de cet amour parfait. Nous en jouissons en participant à la nature divine; nous le connaissons par le don infini du Fils de Dieu. C’est là que s’en trouvent l’exercice et la preuve.

L’entière portée de ce principe et toute la force de sa vérité sont constatées et démontrées dans ce qui suit. Il est frappant de voir, dans cette épître qui s’occupe essentiellement de la vie de Christ et de ses fruits en nous, comment le Saint Esprit donne la preuve et montre le caractère parfait de l’amour dans ce qui est complètement en dehors de nous. Peut-il y avoir quelque chose de plus parfait que la manière dont l’amour de Dieu est présenté ici, depuis le moment où il s’occupe de notre état de péché jusqu’à ce que nous soyons devant le tribunal de Dieu. Dieu a pensé à tout: amour envers nous comme pécheurs (versets 9-10); en nous comme saints (verset 12); avec nous comme parfaits dans notre condition en vue du jour du jugement (verset 17). Dans les premiers versets, l’amour de Dieu est manifesté dans le don de Christ; premièrement, pour nous donner la vie — nous étions morts; secondement, pour faire propitiation — nous étions coupables. Cela comprend tout notre état. Dans le second de ces versets, le grand principe de la grâce, ce qu’est l’amour, où et comment il est connu, ce principe est clairement établi dans des mots d’une importance immense quant à la nature même du christianisme. En ceci est l’amour, non en ce que nous ayons aimé Dieu (ce qui était le principe de la loi), mais en ce que Lui nous aima, et qu’il donna son Fils pour faire la propitiation pour nos péchés. C’est ici donc que nous avons appris ce qu’est l’amour. Il était parfait en Dieu lorsque nous ne l’aimions pas; parfait en Lui en ce qu’il l’a exercé envers nous, lorsque nous étions dans nos péchés, et qu’il a envoyé son Fils pour faire la propitiation pour eux. L’apôtre donc affirme positivement que celui qui n’aime pas, ne connaît pas Dieu. La prétention de posséder cet amour est jugée par ce moyen; mais pour connaître l’amour, il ne faut pas le chercher en soi, mais le voir manifesté en Dieu, lorsque nous n’en avions point. Il donne la vie qui aime, et il a fait la propitiation pour nos péchés. Maintenant, pour ce qui regarde la jouissance et les privilèges de cet amour: — si Dieu nous a tant aimés (c’est là le terrain sur lequel il se place), nous devrions nous aimer l’un l’autre.

Personne n’a jamais vu Dieu: si nous nous aimons l’un l’autre, Dieu demeure en nous. Sa présence, Lui-même habitant en nous, s’élève dans l’excellence de sa nature au-dessus de toutes les barrières des circonstances, et nous attache à ceux qui sont siens. C’est Dieu dans la puissance de sa nature, laquelle est la source des pensées et des sentiments, et se répand elle-même au milieu de ceux en qui elle se trouve. On peut concevoir ceci. Comment se fait-il que j’aime des étrangers d’un autre pays, des gens ayant d’autres habitudes que moi, des gens que je n’ai jamais connus, d’une manière plus intime que ma propre famille selon la chair? Comment se fait-il que j’aie avec eux des pensées en commun, des objets infiniment aimés en commun, des affections puissamment engagées, un lien plus fort avec des personnes que je n’ai jamais vues, qu’avec les compagnons autrement chers de mon enfance? C’est parce qu’il y a en eux et en moi une source de pensées et d’affection, qui n’est pas humaine. Dieu y est. Dieu demeure en nous. Quel bonheur! quel lien! Dieu ne se communique-t-il pas lui-même à l’âme? Ne la rend-il pas consciente de sa présence en amour? Certainement oui. Et, s’Il est ainsi en nous la source bénie de nos pensées, peut-il y avoir crainte ou distance, ou incertitude à l’égard de ce qu’il est? Non, aucune. Son amour est parfait en nous. Nous le connaissons comme amour dans nos âmes: c’est le second grand point dans ce passage remarquable, la jouissance de l’amour divin dans nos âmes.

L’apôtre n’a pas encore dit: «Nous savons que nous demeurons en Lui.» Il va le dire maintenant. Mais, si l’amour des frères est en nous, Dieu demeure en nous. Lorsque cet amour est en exercice, il y a la conscience de la présence de Dieu comme amour parfait en nous. L’amour remplit le cœur et ainsi il s’exerce en nous. Or cette conscience est l’effet de la présence de son Esprit, comme source et puissance de vie et de nature en nous. Il nous a donné, non «son Esprit» — preuve qu’il demeure en nous — mais «de son Esprit»; nous participons par sa présence en nous aux affections divines par l’Esprit, et ainsi nous savons, non seulement qu’il demeure en nous, mais la présence de l’Esprit, agissant dans une nature qui est celle de Dieu en nous, nous donne la conscience que nous demeurons en Lui. Car il est l’infinité et la perfection de ce qui est maintenant en nous.

Le cœur se repose en cela et jouit de Lui, et est dérobé à tout ce qui est en dehors de Lui, dans la conscience de l’amour parfait dans lequel on se trouve soi-même (en demeurant en Lui). L’Esprit nous fait demeurer en Dieu et nous donne ainsi la conscience qu’Il demeure en nous. Ainsi, dans la saveur et la conscience de l’amour qui s’y trouve nous pouvons rendre témoignage à ce qui a été manifesté au delà de toutes les limites juives, c’est-à-dire que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde. Nous en verrons plus loin un autre caractère.

En comparant le verset 12 du chapitre 4, avec le verset 18 du chapitre 1 de l’évangile de Jean, nous saisirons mieux la portée de cet enseignement de l’apôtre. La même difficulté, ou, si l’on veut, la même vérité se présente dans les deux cas. Personne ne vit jamais Dieu. Comment cette difficulté est-elle résolue? En Jean 1:18, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. Celui qui est1 dans l’intimité la plus parfaite, dans la proximité et la jouissance les plus absolues de l’amour du Père, le seul objet éternel et suffisant qui connût l’amour du Père, comme Fils unique, Lui l’a révélé aux hommes comme lui-même il l’a connu. Quelle est la réponse à cette même difficulté dans notre épître? «Si nous nous aimons l’un l’autre, Dieu demeure en nous, et son amour est consommé en nous.» Par la communication de la nature divine et par la demeure de Dieu en nous, nous jouissons de Lui intérieurement, comme il a été manifesté et déclaré par son Fils unique. Son amour est parfait en nous, connu dans le cœur, comme il a été déclaré en Jésus. Le Dieu qui a été déclaré par Lui demeure en nous. Quelle pensée que la réponse au fait que personne n’a jamais vu Dieu, est également que le Fils unique l’a déclaré, et qu’il demeure en nous! Quel jour cela jette sur ces paroles: «Ce qui est vrai en lui et en vous!»2 (Chapitre 2:8.) Car c’est en ce que Christ est devenu notre vie que nous pouvons jouir ainsi de Dieu et de sa présence en nous par la puissance du Saint Esprit. Et nous avons vu que le témoignage du verset 14 découle de cela.

1 Remarquez que ce n’est pas «était». Il n’est jamais dit dans l’Écriture, comme on le croit souvent: il quitta le sein du Père, mais «le Fils unique, qui est dans le sein du Père». Comme il connaît Dieu, il le révèle sur la terre.

2 Cela nous donne également, dans leur plus haut caractère et leur plus haut sujet, la différence entre l’évangile et l’épître.

On trouve aussi la distinction entre: Dieu demeurant en nous, et nous en Dieu, même dans ce que Christ dit de lui-même. Il demeurait toujours dans le Père, et le Père en Lui; mais il dit: «Le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres.» (Jean 14:10.) Par sa parole, les disciples auraient dû croire en tous les deux; mais dans ce qu’ils avaient vu — dans ses œuvres — ils avaient eu plutôt la preuve que le Père demeurait en Lui. Ceux qui l’avaient vu, avaient vu le Père. Mais lorsque le Consolateur serait venu, en ce jour-là, ils connaîtraient que Jésus était dans son Père, — divinement un avec le Père.

L’apôtre ne dit pas que nous sommes en Dieu1, ni que nous sommes dans le Père, mais que nous demeurons en Lui, et que nous le savons, parce qu’il nous a donné de son Esprit. Nous avons déjà fait remarquer (chapitre 3:24) ce que dit l’apôtre: «Par ceci nous savons qu’il (Dieu) demeure en nous, savoir par l’Esprit qu’il nous a donné.» Ici, il ajoute: Nous savons que nous demeurons en Dieu, parce que c’est — non la manifestation comme preuve, mais — la communion avec Dieu lui-même. Nous savons que nous demeurons en Lui, toujours, comme une vérité précieuse, — comme un fait immuable; sensiblement, quand son amour est actif dans le cœur. C’est à cette activité que l’apôtre, par conséquent, en vient immédiatement, en ajoutant: «Et nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde.» (Verset 14.) C’était, pour tous, la preuve de cet amour, dont l’apôtre — ainsi que tous les croyants — jouissait dans son cœur. Il est important de remarquer la manière dont ce passage nous présente, premièrement, le fait que Dieu demeure en nous; en second lieu, l’effet, savoir que (Dieu étant infini), nous demeurons en Lui; et, en troisième lieu, la réalisation de la première vérité dans la réalité de la vie dont on a conscience.

1 La seule expression qui, dans la Parole, ait quelque ressemblance avec cela, se trouve dans: «l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu le Père». Cette expression s’applique ici à une corporation nombreuse et a un tout autre sens.

Nous pouvons remarquer ici que, tandis que la demeure de Dieu en nous est un fait doctrinal et vrai de tout véritable chrétien, notre demeure en Lui, quoique comprise dans ce fait, est en rapport avec notre état. Ainsi nous avons, au chapitre 3:24: «Celui qui garde ses commandements demeure en lui, et lui en cet homme»; et au chapitre 4:16: «Celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu en lui.»

L’amour mutuel est réellement considéré comme la preuve que Dieu est là, et que son amour est accompli en nous — cela établit un contraste entre la manière de sa présence et celle de Christ. (Jean 1:18.) Mais ce que nous connaissons ainsi, c’est que nous demeurons en Lui et Lui en nous. Dans chaque cas, cette connaissance nous vient par l’Esprit. Le verset 15 présente le fait universel; le verset 16 le fait remonter pleinement à sa source. Nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous. Là sa nature est déclarée en elle-même (car nous nous réjouissons en Dieu); Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu, et Dieu en lui. Il n’y en a aucun autre nulle part — si nous participons à Sa nature, nous participons à l’amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu qui en est la plénitude. Mais alors, remarquez qu’en insistant sur ce qu’Il est, l’apôtre insiste soigneusement sur sa personne même. Il demeure en nous.

Et, ici, est introduit un principe d’une haute importance. On serait disposé, peut-être, à dire que cette demeure de Dieu en nous, et notre demeure en Lui dépendent d’une haute mesure de spiritualité, l’apôtre ayant parlé, en effet, de la joie la plus élevée possible. Or, quoique le degré selon lequel nous réalisons la chose d’une manière intelligente soit, en effet, une affaire de spiritualité, la chose en elle-même est la part de tout chrétien. C’est notre position, parce que Christ est notre vie et parce que le Saint Esprit nous est donné. «Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en Lui et lui en Dieu.» (Verset 15.) Que la grâce de l’Évangile est grande! Que notre position est admirable, parce que c’est en Jésus que nous la possédons! Il est important de tenir ferme ceci, que c’est la portion de tout chrétien, la joie des humbles, le plus fort reproche adressé à la conscience des insouciants.

L’apôtre explique cette haute position par la possession de la nature divine, — la condition essentielle du christianisme. Un chrétien, c’est quelqu’un qui participe à la nature divine, et en qui l’Esprit demeure. Mais la connaissance de notre position ne découle pas de la considération de cette vérité, quoiqu’elle dépende du fait que cette considération est vraie, mais de celle de l’amour même de Dieu, ainsi que nous l’avons déjà vu. «Et,» dit l’apôtre en continuant, «nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous». C’est ici la source de notre connaissance et de notre jouissance de ces privilèges si doux, si merveilleusement élevés, mais si simples, si vrais pour le cœur, quand ils sont connus.

Nous avons connu l’amour que Dieu a envers nous, et nous y avons cru. Précieuse connaissance! En la possédant, nous connaissons Dieu, car c’est ainsi qu’il s’est manifesté lui-même. Ainsi, nous pouvons dire: «Dieu est amour.» Il n’y en a pas d’autre. Lui-même est amour. Il est amour dans toute sa plénitude. Il n’est pas la sainteté, Il est saint; Il n’est pas la justice Il est juste; mais Il est amour1.

1 La justice et la sainteté supposent un rapport avec d’autres êtres; ainsi, reconnaître le mal, le rejeter et le juger. L’amour, quoique exercé envers d’autres, est ce que Dieu est en Lui-même. L’autre nom essentiel de Dieu, c’est «lumière». Il est dit que nous sommes «lumière dans le Seigneur», comme participants de la nature divine; non pas amour, car, bien que de nature divine, il est souverain en grâce. On ne peut donc pas dire que nous sommes amour. (Voyez Éph. 4:5.)

En demeurant donc dans l’amour, je demeure en Lui, ce que je ne pourrais pas s’il ne demeurait pas en moi; et cela il le fait. Ici, l’apôtre dit premièrement, que nous demeurons en Lui, car c’est Dieu lui-même qui est devant nos yeux comme l’amour dans lequel nous demeurons. Ainsi, en pensant à cet amour, je dis que je demeure en Lui, parce que j’en ai la conscience dans mon cœur par l’Esprit. Mais, en même temps, cet amour est en nous un principe actif et énergique; c’est Dieu lui-même qui est là. Ceci est la joie de notre position — la position de tout chrétien.

 

Les versets 14 et 16 nous présentent le double effet de la manifestation de cet amour.

1° Le témoignage que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde. Entièrement en dehors des promesses faites aux Juifs (comme partout dans Jean), cette œuvre est le fruit de ce que Dieu est lui-même. En conséquence, quiconque confesse Jésus comme étant ce Fils, jouit de toute la plénitude des conséquences bénies qui en découlent.

2° Le chrétien a cru à cet amour pour lui-même, et il en jouit selon sa plénitude. Il n’y a que cette modification de l’expression du glorieux fait de notre portion — c’est que la confession de Jésus, comme Fils de Dieu, est tout premièrement ici la preuve que Dieu demeure en nous, quoique l’autre partie de la vérité dise également que celui qui le confesse demeure aussi en Dieu.

Quand il est question de notre part en communion, comme croyant à cet amour, il est dit que celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu; car c’est là, en effet, que le cœur se trouve. L’autre côté de la vérité est ici également vrai; Dieu demeure en lui aussi. (Verset 16.)

 

J’ai parlé de la conscience de cette demeure en Dieu, car c’est ainsi seulement que cela est connu. Mais il est important de se souvenir que l’apôtre l’enseigne comme une vérité qui s’applique à tout fidèle. Les croyants auraient pu s’excuser de ne pas s’approprier ces déclarations sous prétexte qu’elles étaient trop élevées pour eux; mais ce fait juge leur excuse. Cette communion est négligée. Mais Dieu demeure en quiconque confesse que Jésus est le Fils de Dieu, et lui en Dieu. Quel encouragement pour un chrétien timide! Quel reproche pour un chrétien insouciant!

L’apôtre revient à notre position relative, considérant Dieu comme en dehors de nous, comme Celui devant qui nous devons paraître et avec qui nous avons toujours affaire. C’est là la troisième grande preuve et le troisième caractère de cet amour, caractère dans lequel cet amour est complet, témoignant, comme je l’ai déjà dit, que Dieu a pensé à tout pour nous depuis notre état de péché jusqu’au jour du jugement.

En ceci est consommé l’amour avec nous (afin que nous ayons toute assurance au jour du jugement), savoir que, comme Il est, nous sommes, nous aussi, dans ce monde. (Verset 17.) En effet, qu’est-ce qui pouvait nous donner une assurance plus complète, pour ce jour-là, que d’être comme Jésus lui-même — comme le juge? Lui qui jugera en justice, est notre justice. Nous sommes, en Lui, la justice d’après laquelle il jugera. Nous sommes relativement au jugement tel qu’il est. C’est bien ce qui peut nous donner une paix parfaite. Mais remarquez que ce n’est pas seulement au jour du jugement qu’il en est ainsi (cela nous donne de l’assurance pour le jugement), mais nous le sommes dans ce monde. Il n’est pas dit comme il était, mais dans ce monde, nous sommes comme il est, et nous avons notre place déjà connue et assurée et selon la nature et les conseils de Dieu pour ce jour-là. C’est notre part comme étant identifiés d’une manière vivante avec Lui.

Or, dans l’amour, il n’y a pas de crainte, il y a de la confiance. Si je suis sûr que quelqu’un m’aime, je ne le crains pas. Si je désire seulement être l’objet de son affection, je puis craindre de ne pas l’être, ou même craindre cette personne. Toutefois cette crainte tendrait toujours à détruire mon amour pour elle et à détruire mon amour envers elle, et mon désir d’être l’objet de son affection. Il y a incompatibilité entre ces deux affections — il n’y a pas de crainte dans l’amour. L’amour parfait, donc, bannit la crainte, car la crainte nous tourmente, et le tourment n’est pas la jouissance de l’amour. Celui donc qui craint ne connaît pas l’amour parfait. Et, maintenant, qu’est-ce que l’apôtre entend par «l’amour parfait?» C’est ce que Dieu est, et ce qu’il a pleinement montré en Christ, c’est ce qu’il nous a fait connaître et ce dont il nous fait jouir par sa présence en nous, de sorte que nous demeurons en Lui. La preuve positive de l’entière perfection de cet amour, c’est que nous sommes tels que Christ est. Il est manifesté envers nous, accompli en nous, et rendu parfait avec nous. Mais l’objet dont nous jouissons, c’est Dieu, qui est amour; mais nous jouissons de Lui, parce qu’il est en nous, de sorte que l’amour et la confiance sont dans nos cœurs, et nous avons du repos. Ce que je connais de Dieu, c’est qu’il est amour, et amour envers moi, et rien autre qu’amour envers moi, car c’est Lui-même qui est tel. C’est pourquoi il n’y a pas de crainte1.

1 Il est frappant de voir que l’apôtre ne dit pas: Nous devons l’aimer, parce que Lui nous a aimés le premier; mais «nous l’aimons». Nous ne pouvons pas connaître l’amour pour nous et en jouir sans aimer. Le sentiment de l’amour envers nous, c’est toujours l’amour. Il ne peut être connu et apprécié, s’il n’est pas là. Le sentiment que j’ai de l’amour dans un autre, c’est l’amour pour lui. Nous devons aimer les frères, parce que ce n’est pas leur amour pour nous qui est la source de l’amour, quoiqu’il puisse l’entretenir de cette manière. Mais nous aimons Dieu, parce qu’il nous a aimés le premier.

Si l’on entre pratiquement dans l’historique de ces affections, pour parler ainsi; si l’on veut séparer ce qui est uni dans la jouissance, parce que la nature divine en nous, qui est amour, jouit de l’amour dans sa perfection en Dieu (son amour répandu dans le cœur par sa présence); si l’on veut spécifier la relation dans laquelle nos cœurs se trouvent avec Dieu, à cet égard, voici ce que nous lisons: «Nous l’aimons, parce que lui nous a aimés le premier.» C’est la grâce; et il faut que ce soit la grâce, car c’est Dieu qui doit être glorifié.

Maintenant, il vaut la peine de faire attention à l’ordre de ce passage remarquable. Versets 7-10: Nous possédons la nature de Dieu, nous aimons, par conséquent; nous sommes nés de Lui et nous le connaissons. Mais la manifestation de l’amour envers nous dans le Christ Jésus est la preuve de cet amour; c’est ainsi que nous connaissons l’amour. Versets 11-16: Nous jouissons de l’amour en y demeurant. C’est la vie présente dans l’amour de Dieu, par la présence de son Esprit en nous; c’est la jouissance de cet amour, par la communion, en ce que Dieu demeure en nous, et qu’ainsi nous demeurons en Lui. Verset 17: Son amour est consommé avec nous; c’est la perfection de cet amour considéré dans la place qu’il nous a donnée en vue du jugement; — nous sommes, dans ce monde, tels que Christ est. Versets 18-19: L’amour est ainsi pleinement consommé avec nous. L’amour pour les pécheurs, la communion, la perfection devant Dieu, nous donnent les éléments moraux et caractéristiques de cet amour, — ce qu’il est dans nos relations avec Dieu.

Dans le premier passage, versets 7-10, où il est question de la manifestation de cet amour, l’apôtre ne va pas au delà du fait que celui qui aime est né de Dieu. La nature de Dieu (qui est amour) étant en nous, celui qui aime connaît Dieu, car il est né de Lui — il a sa nature, et sait ce qu’elle est.

C’est ce que Dieu a été pour le pécheur, qui démontre sa nature d’amour. Ensuite, ce que nous avons appris comme pécheurs, nous en jouissons comme saints. L’amour parfait de Dieu est répandu dans le cœur, et nous demeurons en Lui. Comme étant déjà avec Jésus dans ce monde, et tels qu’il est, la crainte n’a pas de place en celui pour qui l’amour de Dieu est une demeure et un lieu de repos.

Verset 20: La réalité de notre amour pour Dieu, fruit de son amour pour nous, est mise à l’épreuve. Si nous disons que nous aimons Dieu et que nous n’aimions pas les frères, nous sommes menteurs, car si la nature divine, si rapprochée de nous (près de nous dans les frères), et la valeur de Christ pour eux, ne réveillent pas nos affections spirituelles, comment le fera Celui qui est loin? Aussi, c’est ici son commandement: Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère. On trouve ici aussi l’obéissance. (Comparer Jean 14:31.)