1 Corinthiens

Chapitre 2

C’est dans cet esprit que Paul était venu au commencement au milieu des Corinthiens; il n’avait voulu connaître que Christ1, et Christ dans son état d’humiliation et d’abaissement, objet du mépris des hommes insensés. La parole de l’apôtre n’avait pas l’attrait charnel d’une éloquence factice, mais elle était l’expression de la présence et de l’action de l’Esprit, et de la puissance qui accompagnait cette présence. La foi des Corinthiens reposait ainsi, non sur les belles paroles de l’homme qu’un autre plus éloquent ou plus subtil pouvait éclipser, mais sur la puissance de Dieu, fondement solide pour nos faibles âmes; le nom de Dieu en soit béni!

1 Remarquez que Paul ne dit pas dans ce passage qu’il n’a voulu connaître que la croix de Christ, comme quelques personnes — et même des chrétiens — l’appliquent à faux. Paul n’a voulu connaître que Christ, en contraste avec la philosophie qui régnait au milieu de ces païens, et Christ sous la forme d’humiliation la plus grande, pour renverser l’orgueil de l’homme. Dans ce qui suit, Paul nous informe que, parmi ceux qui étaient initiés dans le christianisme, il enseignait la sagesse, mais la sagesse de Dieu, révélée par Celui qui sonde les choses profondes de Dieu lui-même. L’emploi de ce passage, auquel je fais allusion, est un très fâcheux abus des paroles de l’apôtre, un abus qu’on en fait souvent, en citant du reste ce passage incorrectement.

Cependant, une fois l’âme enseignée et établie dans la doctrine du salut en Christ, il y avait une sagesse dont l’apôtre parlait; non la sagesse de ce présent siècle, ni des princes de ce siècle qui périssent et toute leur sagesse avec eux, mais la sagesse de Dieu en mystère, un conseil secret de Dieu (révélé maintenant par l’Esprit), établi dans son propos arrêté pour notre gloire avant que le monde fût, conseil qu’avec toute leur sagesse, aucun des princes de ce monde n’a connu. S’ils l’eussent connu, ils n’auraient pas crucifié Celui dans la personne duquel tout devait être accompli, le Seigneur de gloire (v. 8).

L’apôtre ne touche pas le sujet du mystère, parce qu’il devait nourrir les Corinthiens comme des enfants; il ne le mentionne que pour le mettre en contraste avec la fausse sagesse du monde. Mais la manière dont cette sagesse est communiquée, est importante. Ce qui n’était jamais monté au cœur de l’homme1, Dieu l’a révélé par son Esprit, car l’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu (v. 9, 10). Il n’y a que l’esprit d’un homme, qui est en lui, qui sache les choses que cet homme n’aura pas communiquées: ainsi personne ne connaît les choses de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu; or c’est l’Esprit de Dieu que l’apôtre et les autres vases de révélation avaient reçu afin qu’ils connussent les choses gratuitement données de Dieu (v. 11, 12). Cela nous présente la connaissance des choses elles-mêmes dans les vases de révélation. Ensuite ces instruments de Dieu devaient communiquer les choses, et ils le faisaient, non en paroles que l’art de l’homme enseignait, mais en paroles que l’Esprit — que Dieu lui-même — enseignait, communiquant des choses spirituelles par un moyen2 spirituel. La communication était par l’Esprit, aussi bien que la chose communiquée. Il manquait encore une chose pour que d’autres possédassent cette révélation, savoir la réception de ces communications. Cette réception exige aussi l’action de l’Esprit. L’homme naturel ne les reçoit pas, elles se discernent spirituellement.

1 On cite souvent ce passage, afin de prouver que les choses sont trop grandes pour qu’on puisse les connaître mais c’est une citation d’Ésaïe que fait l’apôtre, pour montrer que ce qui ne pouvait être connu alors (quand le mal était là, et que l’homme était traité selon ce qu’il était), est révélé actuellement, maintenant que l’homme est dans la gloire dans la personne de Christ, et que l’Esprit Saint est descendu pour démontrer que Christ est là. Le christianisme n’est pas le judaïsme.

2 Je n’ai aucun doute que ce ne soit le sens du passage. Le moyen était de la même nature que la chose pour laquelle on l’employait (v. 13).

La source, le moyen de communication, la réception, tout était donc de l’Esprit. L’homme spirituel juge tout; il n’est jugé de personne. La puissance de l’Esprit dans l’homme spirituel rend le jugement de celui-ci clair et juste, mais lui donne des motifs et une marche inintelligibles pour celui qui n’a pas l’Esprit. Tout simple qu’il soit, rien de plus important que cet enseignement.