Ésaïe 1:1-17

Ésaïe 1:1-17

Reproches adressés à Juda – Appels et promesses de l'Éternel

1 Vision d'Ésaïe, fils d'Amots, qu'il a eue au sujet de Juda et de Jérusalem, aux jours d'Ozias, de Jotham, d'Achaz et d'Ézéchias, rois de Juda.1
1 date : environ 760-700 av. J.-C.

2 Écoutez, cieux, et prête l'oreille, terre ! Car l'Éternel a parlé : « J'ai nourri et élevé des fils, mais eux se sont révoltés contre moi.

3 Le bœuf connaît son propriétaire et l'âne la mangeoire de son maître. Israël ne connaît rien, mon peuple n'a pas d'intelligence. »

4 Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d'iniquité, à la race1 de gens qui font le mal, aux fils qui se pervertissent ! Ils ont abandonné l'Éternel, ils ont méprisé le Saint d'Israël, ils se sont retirés en arrière.
1 littéralement : semence.

5 Pourquoi seriez-vous encore frappés ? Vous ajouterez des révoltes ! Toute la tête est malade et tout le cœur est souffrant.

6 Depuis la plante des pieds jusqu'à la tête, il n'y a rien en lui qui soit sain : [tout est] blessures, et contusions, et plaies vives ; elles n'ont pas été nettoyées, ni pansées, ni adoucies avec de l'huile.

7 Votre pays est dévasté, vos villes sont brûlées par le feu ; votre terre, des étrangers la dévorent sous vos yeux. Et elle est dévastée, comme détruite par des étrangers.

8 Et la fille de Sion est laissée comme une hutte dans une vigne, comme une cabane dans un champ de concombres, comme une ville assiégée.

9 Si l'Éternel des armées ne nous avait pas laissé un restant bien petit, nous serions comme Sodome, nous ressemblerions à Gomorrhe.

10 Écoutez la parole de l'Éternel, chefs de Sodome ! Prêtez l'oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe !

11 À quoi me sert la multitude de vos sacrifices ? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des bêtes grasses. Et je ne prends pas plaisir au sang des taureaux, et des agneaux, et des boucs.

12 Quand vous venez pour paraître devant ma face, qui a demandé cela de vos mains, de piétiner1 mes parvis ?
1 littéralement : marcher abusivement.

13 Ne continuez pas d'apporter de vaines offrandes ! L'encens m'est une abomination. Quant à la nouvelle lune et le sabbat, la convocation des assemblées, je ne peux pas supporter l'iniquité et la fête solennelle.

14 Vos nouvelles lunes et vos assemblées, mon âme les hait ; elles me sont un fardeau, je suis fatigué de les supporter.

15 Et quand vous étendrez vos mains, je cacherai mes yeux pour ne pas vous voir1 ; même si vous multipliez la prière, je n'écouterai pas. Vos mains sont pleines de sang.
1 littéralement : mes yeux loin de vous.

16 Lavez-vous, purifiez-vous ! Ôtez loin de mes yeux la méchanceté de vos actions ! Cessez de mal faire,

17 apprenez à bien faire ! Recherchez le juste jugement, rendez heureux1 l'opprimé2 ! Faites droit à l'orphelin, défendez la cause de la veuve !
1 ou : dirigez, conduisez. 2 plusieurs manuscrits portent : redressez l'oppresseur.

Comme le montrent les paroles mêmes du Seigneur Jésus, l'Ancien Testament comporte trois grandes parties: la loi de Moïse (le Pentateuque), les Prophètes (comprenant en outre les livres historiques) et les Psaumes avec les livres poétiques (Luc 24:44 lc 24.44-47 et 27 lc 24.25-27). Nous abordons par conséquent avec la prophétie une partie importante de la Bible, bien qu'elle soit trop souvent négligée à cause de ses difficultés. Demandons au Seigneur de nous aider à y découvrir aussi «les choses qui Le regardent».

Un prophète est le porte-parole de l'Éternel auprès de son peuple pour le reprendre, l'avertir, le ramener, le consoler. Au ch. 1er, comme entrée en matière, la première mission d'Ésaïe est celle d'un médecin chargé de donner son avis sur un malade dont l'état est désespéré. Terrible diagnostic que celui des v. 5 et 6! Il est aussi valable pour l'homme d'aujourd'hui que pour l'Israélite d'autrefois. «Toute la tête est malade et tout le cœur est défaillant». L'intelligence s'est corrompue en se détournant de Dieu (Rom. 1:21 rm 1.18-25), les affections pour lui ont totalement manqué. Jusqu’à la plante des pieds — la marche — rien n’est sain. Dans ces conditions, le déploiement de formes religieuses extérieures n'est plus qu'une vraie hypocrisie et même une abomination (v. 13; comp. Prov. 21:27 pv 21.27).