Job 4:1-21

Job 4:1-21

Premier cycle de discussions (chapitres 4 à 14)
Premier discours d'Éliphaz, l'homme d'expérience

4 Et Éliphaz le Thémanite prit la parole et dit :

2 « Si nous essayons de t'adresser une parole, en seras-tu irrité ? Mais qui pourrait se retenir de parler ?

3 Voici, tu as enseigné beaucoup [de gens] et tu as fortifié les mains affaiblies.

4 Tes paroles ont relevé celui qui trébuchait et tu as affermi les genoux qui pliaient.

5 Mais maintenant, [le malheur] est venu sur toi, alors tu es irrité ; il t'atteint, alors tu es troublé.

6 Ta crainte [de Dieu] n'est-elle pas ta confiance et l'intégrité1 de tes voies [n'est-elle pas] ton espérance ?
1 littéralement : perfection.

7 Souviens-toi, je te prie : qui a péri étant innocent ? Et où les hommes droits ont-ils disparu ?

8 Selon ce que j'ai vu, ceux qui labourent l'iniquité et qui sèment la souffrance en font [aussi] la moisson.

9 Ils périssent par le souffle de °°Dieu et sont exterminés par le souffle de sa colère1.
1 ou : de ses narines.

10 Le rugissement du lion et le cri du fauve [sont réduits au silence] et les dents des lionceaux sont brisées.

11 Le lion périt faute de proie et les petits de la lionne sont dispersés.

12 « Et une parole me fut adressée secrètement et mon oreille en a saisi le chuchotement.

13 Au milieu des pensées que font naître les visions de la nuit, quand un sommeil profond tombe sur les hommes,

14 la frayeur vint sur moi, ainsi que le frisson, et elle fit trembler tous1 mes os.
1 littéralement : la multitude de.

15 Et un esprit passa devant mon visage, les cheveux de mon corps1 se dressèrent.
1 littéralement : ma chair.

16 Il se tint debout et je ne reconnus pas son apparence. Une forme était devant mes yeux. J'entendis un léger murmure et une voix :

17 "Un mortel sera-t-il plus juste que °°Dieu, ou un homme sera-t-il plus pur que celui qui l'a fait ?

18 Voici, il ne fait pas confiance à ses serviteurs, et à ses anges, il met l'erreur à leur charge ;

19 combien plus à ceux qui habitent dans des maisons d'argile, dont les fondations sont dans la poussière, [et] qu'on écrase comme une mite !

20 Du matin au soir, ils sont brisés. Ils périssent pour toujours sans qu'on y fasse attention.

21 Leurs cordages1 ne leur sont-ils pas arrachés ? Ils meurent et [cela] sans la sagesse."
1 les cordages qui retiennent une tente ; comparer avec Ésaïe 33:20.

À leur tour les amis de Job prennent la parole. Ces consolateurs, que vont-ils dire de consolant? Ces sages, avec quelle sagesse vont-ils instruire leur ami malheureux et calmer son désespoir? Auront-ils, comme plus tard le divin Docteur, cette langue des savants qui sait «soutenir par une parole celui qui est fatigué?» (És. 50:4 es 50.4-9). Au contraire, leurs discours ne feront qu'exaspérer peu à peu le pauvre Job! Ce n'est pas que leurs arguments soient toujours faux! Nous y trouvons de grandes vérités qui font partie de la Parole inspirée. Certains versets sont même cités dans le Nouveau Testament (par ex. ch. 5 v. 13 jb 5.13 en 1 Cor. 3:19 1cr 3.18-20). Mais Éliphaz, Bildad et Tsophar feront de ces vérités une fausse application au cas de Job. Comme ces trois hommes, nous pouvons connaître beaucoup de vérités... et les citer mal à propos. «Une parole dite en son temps, combien elle est bonne» (Prov. 15:23 pv 15.23).

Éliphaz dans les v. 3 et 4 rend un bon témoignage à Job qui, avant d'être lui-même sous la discipline, avait redressé les mains défaillantes et les genoux chancelants (Hébr. 12:12 hb 12.11-13). Eh bien — lui dit assez brusquement son ami — puisque c'est ton tour d'être atteint par le malheur, mets donc en pratique ce que tu enseignais aux autres (voir Rom. 2:21 rm 2.17-24).