29 Mars

Psaume 39

Commentaire

Au chef de musique, à Jeduthun. Psaume de David.

1 ▪ J’ai dit: Je prendrai garde à mes voies, afin que je ne pèche point par ma langue; je garderai ma bouche avec une muselière pendant que le méchant est devant moi.

2 ▪ J’ai été muet, dans le silence; je me suis tu à l’égard du bien; et ma douleur a été excitée.

3 ▪ Mon cœur s’est échauffé au dedans de moi; dans ma méditation le feu s’est allumé, j’ai parlé de ma langue:

4 ▪ Éternel! fais-moi connaître ma fin, et la mesure de mes jours, ce qu’elle est; je saurai combien je suis fragile.

5 ▪ Voici, tu m’as donné des jours comme la largeur d’une main, et ma durée est comme un rien devant toi. Certainement, tout homme qui se tient debout n’est que vanité. Sélah.

6 ▪ Certainement l’homme se promène parmi¹ ce qui n’a que l’apparence; certainement il s’agite en vain; il amasse [des biens], et il ne sait qui les recueillera.

— ¹ litt.: en.

*

7 ▪ Et maintenant, qu’est-ce que j’attends, Seigneur? Mon attente est en toi.

8 ▪ Délivre-moi de toutes mes transgressions; ne me livre pas à l’opprobre de l’insensé.

9 ▪ Je suis resté muet, je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait.

10 ▪ Retire de dessus moi ta plaie: je suis consumé par les coups de ta main.

11 ▪ Quand tu châties un homme, en le corrigeant à cause de l’iniquité, tu consumes¹ comme la teigne sa beauté; certainement, tout homme n’est que vanité. Sélah.

— ¹ litt.: fais fondre.

*

12 ▪ Écoute ma prière, ô Éternel! et prête l’oreille à mon cri; ne sois pas sourd à mes larmes, car je suis un étranger, un hôte, chez toi, comme tous mes pères.

13 ▪ Détourne tes regards de moi, et que je retrouve ma force, avant que je m’en aille et que je ne sois plus.

 

Pour refréner la volonté propre d'un croyant, Dieu doit parfois se servir de la bride et du mors (Ps. 32. 9 ). L'Esprit impose silence à la nature pour faire porter des fruits à la vie nouvelle et la faire parler (v. 1).

 

Nous qui avons tant de peine à nous taire, en particulier quand il nous est fait du tort, pensons à l'exemple parfait de l'Agneau qui n'a pas ouvert sa bouche (v. 9; Ps. 38. 13; És. 53. 7; 1 Pier. 2. 23 ).

 

«Tu m'as donné des jours comme la largeur d'une main...» (v. 5). Brève existence... et cependant si follement gaspillée par tant de personnes en vaine agitation pour amasser des biens terrestres! (v. 6; Eccl. 2. 21 à 23 ). Prêtons attention aux quatre «certainement» des v. 5, 6 et 11. Non seulement l'homme n'est que vanité (v. 5 et 11), mais encore «il se promène parmi ce qui n'a que l'apparence...» Sur la scène de ce monde où le drame humain achève de se jouer, les personnages et le décor seront bientôt mis de côté. «La figure de ce monde passe». Ce qui est vrai, ferme, impérissable, c'est ce qui appartient au domaine invisible et céleste (1 Pier. 1. 4 ). Comprenant qu'il ne peut rien attendre d'un tel monde, le fidèle se pose la question: «qu'est-ce que j'attends, Seigneur?» et donne lui-même la réponse: «Mon attente est en toi» (v. 7).

 

 


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