Nombres

Chapitre 24

Balaam, voyant enfin que Dieu voulait bénir, se laisse aller à la puissance de Dieu, il ne va plus à la rencontre des enchantements, et l’Esprit de Dieu vient sur lui. La justification du peuple étant maintenant déclarée, l’Esprit de Dieu peut lui rendre témoignage, au lieu de restreindre son témoignage aux pensées et aux intentions de Dieu. Balaam voit Israël d’en haut; ayant la vision du Tout-Puissant, il voit le peuple d’en haut selon les pensées de l’Esprit de Dieu, et comme il existe dans les pensées de Dieu lui-même. Les yeux du prophète sont ouverts. Remarquez ici que ce n’est pas l’anticipation de Canaan, ni Israël dans ses habitations permanentes; Balaam tourne sa face vers le désert, et voit Israël demeurant dans ses tentes. Là, l’Esprit les voit et déclare la beauté et l’ordre du peuple aux yeux de Dieu. L’eau du rafraîchissement de Dieu y était aussi toujours avec lui. Il était comme des jardins auprès d’un fleuve; l’Éternel l’avait planté comme des arbres d’aloès; aussi serait-il grand parmi les nations, une source de puissance et de joie. Il boit aux sources de Dieu et en répand abondamment les eaux autour de lui pour d’autres. Dieu l’avait fait sortir d’Égypte, il était l’ouvrage de Dieu, et la puissance de Dieu irait avec lui contre ses ennemis.

Nous trouvons donc ici, en troisième lieu, la beauté, une fraîcheur dont les sources ne tarissent pas, et la puissance (ce que l’Esprit fait aussi pour l’Église).

En quatrième lieu, l’Esprit nous présente la venue du Christ, l’Etoile de Jacob, qui couronne la gloire du peuple. Seulement, comme elle vient au milieu d’Israël, c’est en jugement. Quant à nous, ce sera pour nous enlever d’ici-bas, afin de nous faire participer à la joie de sa présence, aux noces de l’Agneau.

En résumé, nous voyons la séparation du peuple d’avec le monde; sa justification; son ordre, sa beauté, comme planté de Dieu près des sources éternelles du fleuve de Dieu; puis l’avènement du Christ. La prophétie est de toute beauté. Remarquez aussi que ces prophéties répondant à chaque nouvel effort de maudire, ne sont point des répétitions. Chacun de ces efforts manifeste quelque chose de plus de ce que Dieu préparait dans son cœur en vue de bénir son peuple. Il n’est point sans intérêt de voir comment Balak use de toutes les ressources de l’homme et de la superstition, pour amener la malédiction sur Israël. Il n’avait aucune idée de Dieu, et c’était avec Dieu qu’il avait affaire.

Il est très important pour nous de voir parfois l’Église d’en haut, dans le désert, mais dans la beauté des pensées de Dieu, une perle de grand prix. En bas, au milieu du camp, dans le désert, que de murmures, que de plaintes, que d’indifférences, que de motifs charnels on aurait vus et entendus? D’en haut, pour celui qui voit la vision de Dieu, qui a les yeux ouverts, tout est beau. «Je suis en perplexité à votre sujet», dit l’apôtre, et tout de suite après: «J’ai confiance à votre égard, par le Seigneur». Il nous faut monter jusqu’à Lui pour avoir ses pensées de grâce, à Lui qui voit la beauté de son peuple, de son Assemblée, à travers tout le reste, car elle est belle. Sans cela, ou l’on serait entièrement découragé, ou l’on se contenterait du mal. Cette vision de Dieu nous ôte ces deux pensées en même temps.

On voit le jugement final des navires de Kittim (c’est-à-dire de l’occident, au nord de la Méditerranée), et celui de leur chef, lorsqu’il aura affligé Assur et Héber aussi. Ce sera le jugement terrible de Dieu à la fin de ce siècle.

Un mot encore sur la position de Balaam.

À la fin d’une économie basée sur une connaissance quelconque de Dieu, quand la foi se perd tandis qu’on retient la profession, cette dernière a une renommée dont les hommes se prévalent, comme ils le font maintenant du nom du christianisme. Satan s’en sert; on cherche la puissance auprès de lui; on va à la rencontre des enchantements, parce que, tout en se prévalant du nom de Dieu révélé, on cherche à satisfaire ses propres convoitises, et l’importance du nom de Dieu est attachée à l’œuvre du diable. Cependant Dieu est reconnu jusqu’à un certain point. On le craint, et il peut intervenir; mais le système est diabolique, bien qu’il soit sous le nom du Seigneur, avec une crainte partielle du Seigneur, et une frayeur qui le reconnaît comme un objet de crainte. Le peuple de Dieu est préservé au milieu de ce mal; mais c’est une pensée bien solennelle, et c’est en réalité l’histoire du système chrétien.