Lévitique

Chapitres 13 et 14

La lèpre exige un peu plus de détails: elle affectait les personnes, les vêtements et les maisons. La lèpre, c’est le péché agissant dans la chair. L’homme spirituel, le sacrificateur, discerne ce qui en est. Si la chair vive se montre, l’homme est impur, la force de la chair agit. Si l’homme est tout blanc, ce n’est plus que l’effet du péché entièrement confessé, mais qui a cessé d’agir; l’homme est net. Si le mal est encore dans la chair, la lèpre s’étend. Il importe, avant tout, d’en faire confession, et de faire cette confession avec le plein discernement spirituel et sous le jugement de Dieu, qui a mis à découvert ce qui agissait dans la nature de l’homme. L’homme se soumet comme jugé et découvert. Il n’a point part à l’assemblée de Dieu, quoique dans un sens il en fasse partie; il est mis hors du camp.

La lèpre (le péché) se manifeste dans nos circonstances, dans ce qui se rattache à notre position, aussi bien que dans notre conduite personnelle. S’il y avait dans le vêtement d’un Israélite une tache qu’on soupçonnât d’être lépreuse, on mettait l’homme à part pour sept jours; au septième jour, si la tache s’était étendue, on brûlait le vêtement souillé, sinon on le lavait. Si, lorsqu’il avait été lavé, la tache s’était effacée, on arrachait le morceau décoloré; si elle ne s’était pas effacée, ou si la tache s’était étendue sur le vêtement, on brûlait le vêtement entier.

Si nous nous sommes souillés par nos circonstances, et que la souillure ne soit pas dans notre état général lui-même, nous n’avons besoin que de nous laver, et de demeurer là où nous nous trouvons; si une partie de notre vie est essentiellement mauvaise, de sorte qu’il s’y trouve un principe de souillure qui en laisse l’empreinte après l’emploi de la Parole par l’Esprit pour la purifier, tout en étant arrêté dans ses effets sur l’ensemble de la vie, il faut abandonner toute cette partie de la vie extérieure; si, malgré nos efforts spirituels, le mauvais effet de notre position continue encore ou s’empare même davantage de notre vie, en sorte que nous ne puissions y marcher avec Dieu, il est indispensable de quitter entièrement cette position, coûte que coûte; si le lavage a été efficace et que le mal cesse de s’étendre, l’état général n’étant point souillé, il faut, alors, abandonner la chose particulière qui avait souillé.

Quant à la purification, le lépreux est considéré d’abord hors du camp, n’en faisant point partie. Si l’action de son mal était arrêtée au dedans de lui, il était guéri, mais n’était pas encore purifié. Ce type suppose donc que la chair, au lieu d’agir et de caractériser l’état de l’homme, est jugée et arrêtée dans son activité. Ce qui doit être rétabli est la jouissance d’une relation reconnue avec Dieu.

La première partie de la purification se rapporte donc à l’introduction du purifié dans la jouissance d’une relation reconnue avec Dieu. Elle est relative à la position hors du camp et comprend les deux oiseaux qui représentent Christ mort et ressuscité. Christ étant mort et ressuscité, l’homme aspergé de son sang est en état, pour ce qui concerne ses relations avec Dieu et les droits de Celui-ci, d’entrer dans le camp de son peuple; alors il a part à l’efficace des moyens dont on peut user dans le camp, à ce qui se trouve au dedans, afin de se présenter comme accepté devant le tabernacle de Dieu. Il fallait prendre deux oiseaux; il fallait que l’un d’eux fût tué par quelqu’un sur l’ordre du sacrificateur; car, bien que le souverain sacrificateur représentât Israël au grand jour des propitiations, l’office propre du sacrificateur ne commençait jamais qu’au moment où il fallait offrir le sang, ou en faire aspersion. Cependant les deux oiseaux sont identifiés l’un avec l’autre, de sorte qu’on n’entend plus parler de celui qui était égorgé, bien que, dans l’œuvre de la purification, l’efficace du sang soit tout. Le second passereau était trempé dans le sang du premier.

Ainsi, Christ mort ne se retrouve plus; mais, ressuscité, il fait aspersion de son sang, comme sacrificateur, sur le pécheur impur. Le vase d’argile, plein d’eau vive, nous présente l’action du Saint Esprit, selon l’efficace toute-puissante duquel l’œuvre de la mort de Jésus a été accomplie dans le Christ homme. «Par l’Esprit éternel, il s’est offert sans tache à Dieu»; «Dieu a ramené d’entre les morts le grand berger des brebis, en vertu du sang de l’alliance éternelle». Le pécheur était sous l’efficace de l’œuvre de Christ.

Maintenant, avant qu’il puisse offrir lui-même, il y a une œuvre à accomplir sur lui: l’application de la purification. Celui qui devait être nettoyé se lavait; c’est la purification par l’eau qui se retrouve toujours, aussi bien que celle par le sang, et qui s’effectue en vertu de la mort de Christ, envisagée comme son œuvre pour nous, car l’eau sort de son côté percé. En outre, le lépreux lavait ses vêtements et rasait tout son poil, c’est-à-dire qu’il se débarrassait de tout ce à quoi l’impureté aurait pu s’attacher ou qui aurait été susceptible d’en être entaché. Cela fait, il entrait dans le camp. Alors commençait l’œuvre qui avait pour objet de le mettre en communion avec Dieu, dans sa conscience.

Lorsqu’il s’agissait de consacrer ceux qui étaient reconnus quant à leurs personnes, ils étaient d’abord lavés. C’était le cas des sacrificateurs; puis le sacrifice de Christ, présenté sous tous ses aspects, était la mesure de leur relation avec Dieu, dans tous les rapports que cette relation comporte; tandis que, par l’effet de son efficace intérieure sur l’âme, ce même sacrifice formait la base de leur communion. Mais ici, le pécheur étant envisagé dans son péché hors du camp, il fallait commencer par rendre possibles les relations d’un pécheur avec Dieu, en en posant les bases. Or, ces bases se trouvent dans la mort et la résurrection de Jésus, figurées, dans ce type, par les deux oiseaux. Puis, une fois que le pécheur était lavé, œuvre efficace de l’Esprit, ses relations avec Dieu pouvaient exister.

Après cela, il s’agit, pour la conscience, de réaliser toute l’efficace de l’œuvre de Christ. Il ne suffit pas, en effet, que la personne du pécheur soit acceptée; il faut, en outre, que sa conscience soit purifiée et qu’il acquière une connaissance de Dieu basée sur l’appréciation morale de l’œuvre de Christ, envisagée sous toutes ses faces, de même que sur l’œuvre excellente de la puissance du Saint Esprit. C’est là l’objet de la seconde partie de la purification du lépreux et de ce qui s’accomplissait lorsqu’il était rentré dans le camp.

Il est important de bien saisir ces deux aspects de l’œuvre de Christ; savoir, d’un côté, son efficace intrinsèque pour l’acceptation de la personne du pécheur; d’un autre côté, la purification de la conscience, indispensable pour avoir communion avec Dieu selon la valeur et la perfection de l’œuvre de Christ manifestée à la conscience comme moyen de s’approcher de Dieu, et condition morale de cette proximité avec Lui.

Examinons maintenant les actes en vertu desquels les relations du lépreux avec Dieu étaient rétablies. Le premier de ces actes est l’offrande pour le délit. Il faut d’abord que la conscience soit purifiée par le sang de Christ de tout ce dont elle est chargée, et que l’homme soit consacré à Dieu selon l’intelligence de toute la valeur de ce sang, dont il fait l’application à tous ses actes, à toute sa marche, comme à toutes ses pensées, et sur le principe de l’obéissance. C’est la purification morale de l’homme tout entier, selon le principe d’une obéissance intelligente; c’est une justification agissant sur la conscience, et non pas seulement une règle extérieure pour un homme affranchi du péché; c’est la puissance, c’est la lumière qui s’introduisent dans le cœur; c’est une œuvre morale, divine quant à sa source, et en même temps, comme résultat, un état d’âme dont l’homme en qui cette œuvre s’accomplit, ressent l’influence dans la connaissance du bien et du mal, dont le sang de Christ est la parfaite mesure devant Dieu. S’il ne s’agissait que d’une règle à accepter, l’homme y consentirait volontiers; mais comme il est pécheur, qu’il a manqué, il est nécessaire que la conscience intervienne en prenant une connaissance humiliante du péché, et que, pour être purifiée par la précieuse efficace du sang de Christ, elle passe par la douleur que donne le sentiment de tout ce qui est contraire à la perfection de ce sang et qui a exigé qu’il fût répandu.

C’est ainsi que l’homme est consacré; le cœur est purifié tout premièrement dans la conscience. Les choses auxquelles il s’est laissé aller, sont en quelque sorte transportées devant ce tribunal intérieur, et il en prend une douloureuse connaissance, selon la valeur du sang précieux de l’Agneau de Dieu, lequel, sans tache et parfait en obéissance, a dû souffrir l’agonie causée par le péché dont, misérables que nous sommes, nous avons besoin d’être purifiés.

Plus tard, le cœur fait des progrès dans la puissance de sa communion, par la connaissance des objets les plus précieux pour la foi. Toutefois, même alors, il arrive de temps en temps que cette œuvre s’opère de nouveau dans la conscience. Cela a lieu lorsqu’il reste encore dans notre nature quelque chose d’insoumis, qui n’a pas été amené captif à l’obéissance de Christ.

On mettait le sang sur l’oreille droite de celui qui venait d’être nettoyé de la lèpre, sur sa main droite et sur son pied droit, pour indiquer que ses pensées, de même que sa conduite et sa marche, étaient purifiées sur le principe de l’obéissance, et cela, selon la valeur et la sainteté du sang de Christ, de la mort absolue au péché, du dévouement absolu pour Dieu. Rien de ce qui était jugé par le sang ne devait entrer désormais dans la pensée ou se rencontrer dans la vie et dans le caractère de celui qui était purifié. Par dessus, on faisait aspersion de l’huile (signe de l’influence sanctifiante du Saint Esprit donné), non pour laver (ceci était figuré par l’eau: l’application de la Parole par le Saint Esprit), mais pour consacrer à Dieu, en connaissance et en puissance, les mouvements et les affections du cœur. L’homme tout entier était ainsi consacré à Dieu, selon l’intelligence et le dévouement pour Dieu que le Saint Esprit communique. Après cela, l’huile était versée sur sa tête, toute sa personne étant ainsi consacrée à l’Éternel. L’œuvre était donc complètement achevée sur celui qui devait être purifié. Après cela on offrait le sacrifice pour le péché, qui avait ici pour objet d’exprimer, non seulement que le sang de Christ purifie la conscience dans le sens pratique, pour ses fautes présentes, mais encore que le péché doit être jugé dans toute sa grandeur devant Dieu, car Christ a non seulement porté nos péchés, mais a été fait péché pour nous. Ayant porté nos péchés, il agit sur nos consciences à l’égard de ces péchés; mais dans son sacrifice, il nous fait voir aussi le péché tel qu’il est en lui-même.

Enfin, l’holocauste et le gâteau étaient offerts. Le pécheur purifié saisissait dans l’holocauste la perfection de la mort de Christ, considérée comme dévouement de lui-même à Dieu jusqu’à la mort, pour satisfaire à tous les droits de sa majesté, et comme œuvre infiniment parfaite en elle-même; car Jésus a pu dire: «À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne». Ce n’était point comme portant les péchés, que Christ était représenté dans l’holocauste, mais au point de vue de son dévouement et de sa gloire dans la position que le péché nous avait faite et, par conséquent, lui avait faite à lui-même, en grâce pour nous, si Dieu devait être pleinement glorifié en lui.

Dans le gâteau l’on trouvait en outre toute la perfection de la grâce de Christ dans sa vie, — l’humanité pure, sans doute, mais l’humanité pétrie dans l’huile, ayant en elle, dans sa nature, toute la force, le goût, et la saveur du Saint Esprit; car c’est sous cet aspect que l’humanité nous est présentée ici, non pas ointe d’huile, c’est-à-dire du Saint Esprit comme puissance, mais pétrie dans l’huile, dans sa substance.

Après cela l’homme qui avait été souillé était pur.

Mais combien est importante la réalité de la réconciliation d’une âme avec Dieu, si cette réconciliation doit se rattacher à toutes les faces de l’œuvre de Christ et de leur application à cette âme, selon ces types; or, certainement, la réconciliation n’a pas lieu sans cela! Hélas! nos cœurs légers passent peut-être facilement là-dessus! D’un autre côté, la main de Dieu opère des choses merveilleuses avec la douce facilité que donnent la puissance et la grâce parfaites. Cependant, on voit quelquefois dans les âmes (selon la sagesse de Dieu), les peines et les souffrances accompagner cette œuvre de réconciliation, lorsque la conscience prend connaissance, en vue de la réalité des choses devant Dieu, et par Christ, de l’état du cœur, pécheur par nature et éloigné de Dieu.

Telle est la restauration de l’âme de la part de Dieu. Tout y est l’opération de la puissance divine, non seulement en ce qui concerne l’œuvre et la résurrection de Christ, mais aussi quant à l’âme elle-même, car le cas supposé dans ce type est celui d’un homme déjà vitalement purifié. Le sacrificateur l’estimait déjà net; mais le lépreux n’était pas, lui-même, restauré dans sa conscience pour être en communion avec Dieu1. Alors l’Esprit de Dieu repasse l’œuvre de Christ, pour établir cette communion, et développe l’application à l’âme elle-même de cette œuvre, ainsi que les rapports de cette dernière avec l’œuvre et la présence de l’Esprit, soit pour la purification du pécheur, soit pour la consécration de l’homme à Dieu. Que notre Dieu nous rende attentifs à ce point! Heureux sommes-nous que cette œuvre soit son œuvre, bien qu’elle se fasse en nous aussi bien que pour nous!

1 Cette différence est importante. Elle montre comment l’activité du péché peut être arrêtée, comment les désirs et la volonté, et, dans un certain sens, les affections, peuvent être réglés sans que la conscience le soit encore, puisque la communion n’est pas encore rétablie, ni les affections et la précieuse confiance fondée sur cette communion.

Considérons encore la lèpre dans la maison.

Dans le cas du lépreux, toutes les cérémonies prescrites pour sa purification étaient en rapport avec le tabernacle. On était encore au désert; il était donc question de la marche du croyant dans le monde. Mais ici, l’on est supposé se trouver dans le pays de la promesse. Ce type suggère l’idée de la purification non d’une personne, mais d’une assemblée. La souillure paraît-elle dans la maison, on en arrache les pierres et l’enduit; le témoignage extérieur est tout changé, et les individus qui ont corrompu ce témoignage sont ôtés et rejetés parmi les impurs. Si après cela le mal ne se manifeste plus, tout est guéri et la maison subsiste; sinon, la maison est détruite en entier, car le mal est dans l’assemblée elle-même comme un tout, et il est manifeste, comme dans le cas de l’homme lépreux. Mais s’il ne s’étend plus, une fois que la pierre est arrachée, il devient évident que sa source était réellement dans cette pierre là; et il suffit alors, pour purifier la maison, d’ôter cette pierre et de placer un nouvel enduit, réformant la marche extérieure tout entière. La purification consistait en ce que l’assemblée ôtait les méchants qui corrompaient son témoignage public, manifestation extérieure de son état. Il ne s’agissait pas, dans ce cas, de restaurer la conscience: la purification de l’assemblée repose sur l’efficace primitive de l’œuvre de Christ, qui la rend agréable à Dieu.

L’apôtre Paul, dans ses épîtres adressées à des assemblées, dit: Grâce et paix! Lorsqu’il écrit à des individus, il ajoute: Miséricorde. L’épître à Philémon paraît faire exception; mais c’est qu’avec Philémon l’Assemblée était comprise.

Quand les vêtements sont entachés de lèpre, il est question, non pas de purifier la personne, mais de la dégager des circonstances qui la souillent. La maison souillée de lèpre est présentée comme un cas à part, relatif au séjour dans le pays de promesse, et non à la marche dans le désert. Dans l’application, la même distinction se reproduit, je n’en doute pas. L’assemblée est dans le pays de promesse; l’individu marche dans le désert, mais il peut s’y trouver des pierres qui corrompent la maison.