Jérémie

Chapitres 37 à 44

Le chapitre 37 nous présente Sédécias dans le même état de désobéissance; les apparences religieuses sont maintenues, et à l’occasion d’un moment de relâche qui lui procure quelque espoir, le roi fait demander, par le prophète, à l’Éternel, des réponses à ses requêtes, mais les circonstances favorables par lesquelles il semblerait que le méchant peut échapper au jugement, ne changent pas la certitude de sa parole. Jérémie a voulu profiter de l’occasion pour se soustraire au jugement qui devait s’exécuter contre la ville rebelle; mais cela ne sert qu’à manifester la haine du cœur contre le témoignage de Dieu, et, accusant Jérémie de favoriser les ennemis, parce qu’il annonçait le jugement dont ils devaient être l’instrument, les principaux du peuple le font mettre en prison. Sédécias montre quelque conscience en l’en faisant retirer1. En général il y a plus de conscience dans Sédécias, personnellement, que chez quelques autres des derniers rois de Juda (voyez v. 21 et ch. 38:14, 16). Peut-être était-ce la raison qui lui fait accorder les quelques paroles de faveur et de miséricorde contenues au chapitre 34:5. Mais sa faiblesse rendait les mouvements de sa croyance impuissants à le faire marcher dans le chemin de l’obéissance (comp. 38:5-18). C’est de cette faiblesse que ce dernier chapitre nous présente l’histoire. Cependant, au milieu de toute cette scène de misère et d’iniquité, on trouve quelques rares exemples d’hommes justes, et Dieu se souvient d’eux, quelque terrible que soit son jugement; car son jugement est terrible, parce qu’il est juste. Ébed-Mélec, qui a délivré Jérémie, est épargné, chapitre 39:16. Baruc aussi conserve la vie. Sédécias même est soulagé par quelques paroles d’encouragement, comme nous l’avons vu, quoiqu’il ait dû subir les conséquences de ses fautes. Les voies de Dieu sont toujours parfaites, et si ses jugements sont comme un torrent dévastateur, quant à l’homme, cela n’empêche point que tout, jusqu’au plus petit détail, ne soit dirigé par sa main, et le juste échappe. La prison est même une sauvegarde pour Jérémie, et l’Éternel daigne non seulement épargner Ébed-Mélec, mais lui envoyer un témoignage direct de sa faveur, par la bouche de son prophète, afin qu’il comprenne la bonté de Dieu, en qui il s’était confié.

1 Voyez la note au chap. 34.

En outre, les chapitres 39 et suivants présentent l’histoire de la confusion et de l’iniquité qui ont régné au milieu du résidu qui ne fut pas emmené captif à Babylone, afin qu’il fût dispersé, et qu’il n’y eût rien qui ne subît pleinement le jugement que Dieu avait prononcé. Cependant si, à cette dernière heure, ce résidu se fût soumis au joug de Nebucadnetsar, la paix eût régné dans le pays, et ces quelques restes en eussent joui tranquillement. Mais les uns se révoltent, et les autres craignent la conséquence de leur folie; il n’y a aucune idée de confiance dans l’Éternel. Ils consultent Jérémie, mais refusent d’obéir à la parole que l’Éternel leur prononce par sa bouche. Ils se réfugient en Égypte pour échapper à Nebucadnetsar, et ils y vont pour tomber sous l’épée, dont ils n’eussent point été atteints en Judée, s’ils fussent demeurés soumis au roi de Babylone. En Égypte, ils se vouent à l’idolâtrie, pour que la colère de Dieu vienne sur eux, jusqu’au bout. Dieu cependant épargnera aussi un petit résidu de ceux-ci; mais le Pharaon Hophra, leur confiance, sera livré entre les mains de Nebucadnetsar, comme l’avait été Sédécias.