Ézéchiel

Chapitre 28

Ce sont le prince et le roi de Tyr qui sont jugés pour leur orgueil. Les versets 1-10 nous présentent le chef de la gloire de ce monde comme homme, s’élevant et voulant se faire passer pour un Dieu, s’étant acquis des richesses et de la gloire par sa sagesse. Les versets 11-19 continuent à parler de Tyr, mais ils ont, je n’en doute pas, une beaucoup plus grande portée, et décèlent, tout en le laissant dans l’ombre, la chute et les voies de Satan, par notre péché prince et dieu de ce monde. Le prince de Tyr représente Tyr et l’esprit de Tyr. Ceci est beaucoup plus personnel. Je n’hésite point à croire qu’il ne s’agisse historiquement de Tyr elle-même. Les versets 16-18 le démontrent; mais, je le répète, je suis persuadé que la pensée de l’Esprit va beaucoup plus loin. Le monde et ses rois sont présentés, à cause des avantages dont ils jouissent, comme étant le jardin de Dieu. (Il s’agit du gouvernement extérieur de Dieu, qui jusqu’à présent reconnaissait les diverses nations autour d’Israël). Ceci, cependant, s’appliquait davantage à Tyr, qui avait sa place dans le territoire d’Israël, dans la terre d’Emmanuel, et qui, dans la personne de Hiram, avait été l’alliée de Salomon et avait même assisté à la construction du temple: sa culpabilité était proportionnée. C’est le monde en relation avec Dieu, et si le prince de Tyr représente cet état de choses comme étant le monde, et un monde qui a été extrêmement élevé dans ses capacités par cette position, et qui s’en vante pour se faire Dieu, le roi nous présente la position même dans laquelle, sous ce rapport, le monde a été placé; l’abandon de sa première position lui imprime le caractère d’apostat. C’est ce caractère qui donne lieu à l’exposé de l’apostasie de l’ennemi, renfermée dans ces versets. Il avait été là où croissent les plantes de Dieu1; il avait été revêtu de pierres précieuses; c’est-à-dire de toute la variété des beautés et des perfections dans lesquelles la lumière de Dieu est reflétée et transformée, lorsqu’elle se manifeste dans la création ou en rapport avec elle. Ainsi, ici, le reflet varié de ces perfections a eu lieu dans la créature. Une créature était le moyen de leur manifestation. Ce n’était pas la lumière proprement dite (Dieu est lumière, Christ est lumière ici-bas, et en tant qu’il vit en nous, nous sommes lumière en lui): c’était l’effet de la lumière agissant dans la créature comme un rayon du soleil dans un prisme. C’est un développement de sa beauté, qui n’est pas sa perfection essentielle, mais qui en découle.

1 On peut voir, chapitre 31:8-10, que ceci est une description des rois de la terre, au moins avant Nebucadnetsar qui, le premier, a remplacé par une seule domination donnée de Dieu, les divers rois des nations reconnues de Dieu comme conséquence de Babel, et au centre desquelles se trouvait son peuple, pour faire connaître son gouvernement par son moyen.

Les rapports spéciaux de Tyr avec Israël ajoutaient quelque chose à la position de la ville marchande, et donnaient lieu aussi à l’emploi fait ici de l’histoire de son roi pour servir de type ou figure du chef de ce monde.

Voici les traits du caractère du roi de Tyr, de l’ennemi de Dieu, chef de ce monde. Il est le chérubin oint; il est revêtu de pierres précieuses; il a été en Éden, le paradis de Dieu, sur la montagne de Dieu; il se promenait parmi les pierres de feu; il était parfait dans ses voies, jusqu’à ce que l’iniquité ait été trouvée en lui. Il est jeté loin de la montagne de Dieu à cause de ses iniquités; son cœur s’est élevé à cause de sa beauté, et il s’est corrompu. De plus nous trouvons ce qui est le plus élevé en fait de créature. Il agit dans le gouvernement judiciaire de Dieu selon l’intelligence de Dieu. (C’est là le caractère du chérubin oint). Il est revêtu de la beauté morale dans laquelle le caractère de Dieu éclate comme lumière1. Il s’est trouvé reconnu parmi ces plantes dans lesquelles Dieu étalait sa sagesse et sa puissance en création, pour son bon plaisir comme Créateur. Il avait été aussi là où l’autorité de Dieu s’exerçait, sur la montagne de Dieu. Il se promenait là où les perfections morales de Dieu se révélaient dans leur gloire, gloire devant laquelle le mal ne pourrait subsister — des pierres de feu. Ses voies avaient été parfaites. Mais tous ces avantages étaient l’occasion de sa chute et la caractérisaient; car les privilèges dont nous jouissons caractérisent toujours notre chute. Il s’agit du point d’où nous sommes tombés; car c’est le fait d’avoir manqué à ces privilèges lorsque nous les possédions, qui signale notre état. De plus, ce n’était pas à l’occasion d’une tentation extérieure, comme dans le cas de l’homme, circonstance qui n’a pas détruit sa culpabilité mais en a modifié toutefois le caractère. Ton cœur s’est élevé, est-il dit, à cause de ta beauté. Il s’est élevé en soi et contre Dieu, et il a été jeté, comme profane, de la montagne de Dieu. Son indépendance et sa sécurité ne font qu’augmenter son humiliation, lorsque jeté par terre, sa nudité est manifestée à tous. Sa folie sera apparente à tous. Le jugement de Sidon est ajouté à la fin. Et puis, tout espoir étant ôté d’Israël, lorsque le jugement de la nation sera accompli, Dieu ramènera Israël et le fera demeurer dans son pays, à toujours, en paix.

1 Remarquez que ceci a lieu dans la créature. Dans le cas d’Aaron, type de Christ sacrificateur, cela a lieu dans la perfection absolue de la grâce, qui nous présente à Dieu selon sa perfection dans la lumière; puis cela se retrouve dans la gloire comme fondements de la cité, l’épouse, la femme de l’Agneau (Apoc. 21). Ces pierres présentent le fruit de la lumière parfaite, ce que Dieu est dans sa nature, resplendissant à travers la créature, dans la création — grâce et gloire.