Ésaïe

Chapitres 7 à 9:6

Ces développements, la prophétie suivante, comprise dans les chapitres 7, 8 et 9 jusqu’à la fin du verset 7, nous les fournit d’une manière remarquable. Certaines promesses étaient attachées à la famille de David, dans laquelle, ainsi que nous l’avons vu en étudiant Samuel, Dieu avait renouvelé les espérances d’Israël, lorsque les liens par lesquels son peuple lui était uni avaient été brisés par la prise de l’arche, et qu’il avait abandonné son lieu à Silo. Or, la famille de David, dernier appui du peuple dans sa responsabilité, a aussi manqué à sa responsabilité. Achaz a abandonné l’Éternel et a introduit l’autel d’un dieu étranger, dans le temple du vrai Dieu.

 

Chapitre 7

Au chapitre 7, l’Esprit de Dieu dirige le prophète vers le roi et s’adresse à lui. Ésaïe doit aller à sa rencontre avec Shear-Jashub son fils, enfant symbolique, dont le nom signifie le résidu reviendra. Mais l’Éternel veut premièrement encourager le rejeton de David à agir par la foi, et ainsi à glorifier Dieu, comme il avait fait à l’égard du peuple, au chapitre 1: Il lui déclare que les desseins de Retsin et de Pékakh n’aboutiraient à rien, et même il l’engage à demander un signe. Mais Achaz est trop éloigné du Seigneur pour mettre à profit cette invitation, bien qu’il y réponde sous une apparence de piété. Alors l’Éternel fait ici ce qu’il avait fait à l’égard du peuple: il annonce ce qui doit arriver à la famille de David et au peuple placé sous sa dépendance. Voici les deux points de cette déclaration prophétique: le don d’Emmanuel, Fils de la vierge, et la complète désolation de la terre par l’Assyrien. Ce sont là les clefs de toute la prophétie. Toutefois, il y aura un résidu; le verset 16 se rapporte à Shear-Jashub; mais la prophétie va plus loin.

 

Chapitres 8 à 9:7

Au chapitre 8, le second fils prophétique est annoncé par son nom, qui signifie l’apparition prochaine de cet ennemi et ses ravages. Puis, en conséquence du mépris que le peuple a pour les promesses adressées à la famille de David, et de son parti pris à se complaire dans la chair, l’Éternel déclare qu’il va prendre les choses en main. Dès lors se trouve citée toute la suite de l’histoire du peuple, des directions données au résidu, et de l’intervention de Dieu en puissance pour l’établissement de la pleine bénédiction dans la personne du Messie.

Dans le chapitre 7, où il s’agit de la responsabilité de la famille de David, Emmanuel est promis comme signe, mais le succès de l’Assyrien doit être complet, sans revers. Une fois Emmanuel introduit, tout est changé; la terre est à lui. L’Assyrien inonde le pays, comme un fleuve débordé qui s’élève jusqu’au cou, parce que les eaux de Siloé avaient été méprisées. Mais Emmanuel sauvegarde tout. Ainsi l’Esprit prophétique passe aux événements des derniers jours, dont l’histoire de Sankhérib n’était qu’une figure. Il montre les desseins et les confédérations des peuples mis à néant, parce que Emmanuel, Dieu est avec nous. C’est la pleine délivrance d’Israël aux derniers jours (ch. 8:5-10). Et, pour ce qui concerne le résidu, quel chemin doit-il suivre? (ch. 8:11 et suivants). Le voici: il doit ne pas s’inquiéter de la frayeur du peuple, ni crier à des confédérations en se fiant ainsi à la force de la chair, toutes les fois que le peuple le fera; mais plutôt sanctifier l’Éternel des armées lui-même, lui attribuer dans son cœur toute son importance. L’Éternel sera le sanctuaire du résidu au jour de sa détresse.

Mais qui est donc cet Emmanuel, cet Éternel des armées? Nous le savons parfaitement. Ceci introduit donc toute l’histoire de la réjection de Christ, la position du résidu et par conséquent de la nation, et l’intervention finale de la puissance de Dieu. Le passage est trop clair pour exiger de grandes explications. Christ devient une pierre d’achoppement dans sa personne1. Il en résulte comme conséquence, que le témoignage de Dieu est déposé exclusivement entre les mains et dans le cœur de ses disciples, le résidu choisi de Dieu qui cache sa face à Jacob. Mais selon l’Esprit prophétique, ce résidu l’attend et le cherche. Dans cette attente, lui et le résidu sont des signes pour les deux maisons d’Israël (comp. Rom. 11:1, 2). Ceux qui ont rejeté la pierre (la nation), sont dans la rébellion et dans l’angoisse sur la terre d’Emmanuel; ils sont livrés à la désolation. Cependant cette détresse n’est pas semblable à celle qu’amenèrent autrefois les ravages des Assyriens, parce que le Messie a paru, et qu’il a pris en main la cause de son peuple selon les conseils de Dieu. L’Esprit prophétique passe directement, comme c’est souvent le cas, de son apparition comme lumière, aux effets de la délivrance qu’il opérera aux derniers jours (ch. 9:2, 3); car l’Église était un mystère, caché en Dieu, n’étant pas le sujet de la prophétie ou des promesses. Le joug de l’Assyrien étant brisé, tout l’éclat de la gloire de la personne divine du Messie brille dans la bénédiction de son peuple.

1 Le commencement du verset 17 est cité en Héb. 2, avec le verset 18, comme preuve de l’humanité du Seigneur, et pour montrer sa relation avec le résidu.

Ces deux sujets, le Messie et l’Assyrien, forment les bases de toute la prophétie qui concerne Israël, lorsque celui-ci est l’objet reconnu des voies de Dieu. On peut remarquer ici que l’Assyrien parait deux fois; mais la seconde, il est en rapport avec le rassemblement des nations. La première fois, au chapitre 7, il est l’instrument des châtiments d’Israël de la part de l’Éternel, et il accomplit Sa volonté, sans qu’il soit question pour lui d’être brisé. La seconde fois, au chapitre 8, il remplit la terre, mais l’assemblée des nations réunies contre Israël est brisée et anéantie. S’attendre à l’intervention de l’Éternel, sans participer à la frayeur du monde aux derniers jours, ne point chercher dans les confédérations la force que le monde pense y trouver, mais, au contraire, s’appuyer uniquement sur l’Éternel, voilà en principe une instruction précieuse pour ces jours-ci.