Job 29:1-25

Job 29:1-25

Monologue de Job (3e partie)
Job rappelle sa prospérité d'autrefois

29 Et Job continua de prononcer son discours sentencieux et dit :

2 « Oh ! si je pouvais être comme aux mois d'autrefois, comme aux jours où °°Dieu me gardait,

3 quand sa clarté1 brillait sur ma tête et que dans les ténèbres je marchais à sa lumière !
1 littéralement : lampe.

4 J'étais ainsi aux jours de mon automne1, quand le conseil secret de °°Dieu [présidait] sur ma tente.
1 l'automne biblique, commencement de l'année civile, marque le moment de la cueillette des fruits ; il correspond à la pleine maturité d'un être humain.

5 Le Tout-Puissant était encore avec moi [et] mes jeunes gens m'entouraient.

6 Je lavais mes pieds1 dans le caillé2 et le rocher versait auprès de moi des ruisseaux d'huile !
1 littéralement : pas. 2 ou : beurre.

7 Quand je sortais [pour aller] à la porte, près de la ville, quand je préparais mon siège sur la place,

8 les jeunes gens me voyaient et se cachaient, et les hommes âgés se levaient [et] se tenaient debout.

9 Les princes s'abstenaient de parler et mettaient la main sur leur bouche.

10 La voix des chefs se taisait1 et leur langue s'attachait à leur palais.
1 littéralement : se cachait.

11 Quand l'oreille m'entendait, alors elle m'appelait bienheureux ; quand l'œil me voyait, alors il me rendait témoignage.

12 Car je délivrais le malheureux qui implorait du secours et l'orphelin que personne ne secourait.

13 La bénédiction de celui qui périssait venait sur moi et je faisais chanter de joie le cœur de la veuve.

14 Je me revêtais de la justice et elle me revêtait1. Ma droiture était pour moi comme un manteau2 et un turban.
1 c.-à-d. : me couvrait comme un vêtement. 2 c'est le large vêtement extérieur des orientaux.

15 J'étais les yeux de l'aveugle et les pieds du boiteux.

16 J'étais un père pour les pauvres et j'examinais la cause de celui qui m'était inconnu.

17 Et je brisais la mâchoire de l'homme inique, et de ses dents j'arrachais la proie.

18 Et je disais : J'expirerai dans mon nid et je multiplierai mes jours comme le sable.

19 Ma racine sera en contact avec les eaux1 et la rosée passera la nuit sur mes branches.
1 littéralement : ouverte vers les eaux.

20 Ma gloire se renouvellera en moi et mon arc reprendra des forces dans ma main.

21 « On m'écoutait, et on attendait, et l'on se taisait pour [avoir] mon conseil.

22 Après mes paroles, on ne répliquait pas et mon discours tombait goutte à goutte sur eux.

23 Et l'on m'attendait comme la pluie et on ouvrait grand la bouche [comme] pour la pluie de la dernière saison1.
1 la dernière saison correspond au printemps.

24 Je leur souriais quand ils n'avaient pas confiance et ils ne troublaient pas la sérénité1 de ma face.
1 littéralement : lumière.

25 Je choisissais pour eux la voie [à suivre], et je m'asseyais à leur tête, et je restais comme un roi au milieu d'une troupe, comme quelqu'un qui console les affligés.

Au début du livre, Dieu nous avait brièvement parlé du premier état de Job. Ces versets en complètent le tableau. Mais cette fois c'est Job qui fait son propre portrait. Tout ce qu'il dit de ses œuvres est certainement exact. Ainsi les accusations de Tsophar (ch. 20 v. 19 jb 20.18-19) et d'Éliphaz (ch. 22 v. 6, 7, 9 jb 22.5-10) étaient de pures calomnies (comp. v. 12, 13).

Qui pourrait encore aujourd'hui, aligner autant de titres à l'approbation de Dieu et à la considération des hommes? Toutefois la complaisance avec laquelle Job décrit sa condition précédente montre qu'il y mettait son cœur et s'en glorifiait. Il n'avait pas encore appris comme l'apôtre «à être content» dans les circonstances où il se trouvait; il supportait beaucoup moins bien d'être «abaissé» ou «dans les privations» que d'être «dans l'abondance» (Phil. 4:11, 12 ph 4.10-13). De plus, nous avons pu remarquer les «je», «moi», «me» qui se succèdent dans ces versets — environ 100 fois. Petits mots qui trahissent la haute opinion que Job nourrit de sa propre personne. Il avait jusque-là caché dans son cœur, sous une modestie apparente, ce sentiment qui maintenant éclate au grand jour. Ce qui va permettre à Dieu de l'en délivrer, mais seulement lorsque Job l'aura confessé.