Job 15:1-35

Job 15:1-35

Deuxième cycle de discussions (chapitres 15 à 21)
Deuxième discours d'Éliphaz : Dieu ne punit les hommes qu'à cause de leurs fautes

15 Et Éliphaz le Thémanite prit la parole et dit :

2 « Le sage répondra-t-il avec une connaissance [qui n'est que] du vent, et gonflera-t-il sa poitrine1 du vent d'est,
1 littéralement : son ventre.

3 contestant avec des paroles qui sont sans intérêt et avec des mots qui ne servent à rien ?

4 Certes tu détruis la crainte [de Dieu] et tu restreins la méditation devant °Dieu.

5 Car ton iniquité enseigne ta bouche1 et tu as choisi le langage des [hommes] rusés.
1 selon quelques-uns : ta bouche fait connaître ton iniquité.

6 Ta bouche te condamne et non pas moi, et tes lèvres témoignent contre toi.

7 « Es-tu né le premier des hommes et as-tu été mis au monde avant les collines ?

8 As-tu entendu [ce qui se dit] dans le conseil secret de °°Dieu et as-tu accaparé pour toi la sagesse ?

9 Que sais-tu que nous ne sachions pas ? Que comprends-tu qui ne soit pas également avec nous ?

10 Parmi nous il y a aussi des hommes à cheveux blancs et des hommes âgés plus riches de jours que ton père.

11 « Est-ce trop peu pour toi que les consolations de °Dieu et la parole douce qui se fait entendre à toi ?

12 Pourquoi ton cœur t'emporte-t-il et pourquoi tes yeux clignent-ils

13 lorsque tu tournes ton esprit contre °Dieu et que tu fais sortir des discours de ta bouche ?

14 Qu'est-ce que l'homme pour qu'il soit pur, et celui qui est né d'une femme pour qu'il soit juste ?

15 Voici, Dieu1 ne fait pas confiance à ses saints et les cieux ne sont pas purs à ses yeux ;
1 littéralement : il.

16 combien moins [l'être] abominable et dépravé, l'homme qui boit l'iniquité comme de l'eau !

17 « Je t'enseignerai, écoute-moi ! Et ce que j'ai vu, alors je te le raconterai,

18 ce que les sages ont déclaré et n'ont pas caché, après l'avoir reçu de leurs pères.

19 À eux, eux seuls, la terre fut donnée et aucun étranger n'était passé au milieu d'eux.

20 « Tous ses jours, le méchant est tourmenté et peu d'années sont réservées à l'homme violent.

21 La voix des choses effrayantes [sonne] à ses oreilles. Au milieu de la prospérité, le dévastateur arrive sur lui.

22 Il ne croit pas revenir des ténèbres et l'épée le guette.

23 Il erre çà et là pour du pain — où en trouver ? Il sait que près de lui1, un jour de ténèbres est préparé.
1 littéralement : dans sa main.

24 La détresse et l'angoisse le terrifient, elles l'assaillent comme un roi prêt pour le combat.

25 Car il a étendu sa main contre °Dieu et il a défié le Tout-Puissant.

26 Il court contre lui, le cou [tendu], sous le dos épais de ses boucliers.

27 Car il a couvert son visage avec sa graisse et a rendu gras ses flancs.

28 Et il habitera des villes en ruine, des maisons où personne n'habite, qui vont devenir des monceaux de pierres.

29 Il ne deviendra pas riche, et sa fortune ne subsistera pas, et sa prospérité ne s'étalera plus sur la terre.

30 Il ne s'échappera pas des ténèbres. La flamme dessèchera ses jeunes pousses et il s'en ira par le souffle de sa bouche1.
1 c.-à-d. : la bouche du Tout-Puissant ; voir verset 25.

31 « Qu'il ne compte pas sur la vanité ! Il sera déçu, car la vanité sera sa récompense.

32 Cela s'accomplira avant son jour1 et son rameau ne verdira pas.
1 c.-à-d. : le jour de sa mort.

33 Comme une vigne, il laisse tomber ses grappes vertes et, comme un olivier, il rejette ses fleurs.

34 Car la famille1 des impurs sera stérile et le feu dévorera les tentes [où entrent] les pots-de-vin.
1 littéralement : la communauté.

35 Il conçoit la souffrance et donne naissance au malheur, et son cœur1 prépare la tromperie. »
1 littéralement : ventre.

Un nouveau débat s'est ouvert. Chaque interlocuteur reprendra la parole dans le même ordre que la première fois. Coup après coup, les trois compagnons enfonceront leur accusation dans la conscience de Job, comme on enfonce un clou: Tu es un hypocrite, un homme rusé. Si tu n'étais pas coupable tu ne te défendrais pas avec autant de paroles. Qui s'excuse s'accuse — dit le proverbe (v. 5 et 6).

Les trois amis de Job sont des moralistes, chacun ayant sa théorie et sa méthode. Éliphaz s'appuie sur l'expérience humaine: ce qu'il sait (v. 9), ce qu'il a vu (v. 17). Bildad en revanche se réfère volontiers aux anciennes traditions (par ex. ch. 8 v. 8 jb 8.5-10). Quant à Tsophar, nous l'avons remarqué, ses arguments sont inspirés du plus pur légalisme. Mais aucun des trois ne se fonde sur ce que Dieu a dit. N'ayant que ces bases incertaines, ne nous étonnons pas s'ils errent, «ne connaissant pas les Écritures...» (Matth. 22:29 mt 22.23-33). La parole de Dieu est la seule source à laquelle nous puissions nous fier pour nous-mêmes et pour aider ceux qui sont placés sur notre chemin. Un jeune, un enfant même, qui la connaît, a plus d'intelligence qu'un vieillard à cheveux blancs (v. 10) dont la sagesse ne s'appuie que sur sa propre expérience (Ps. 119:99, 100 ps 119.98-100).