Deutéronome 9:1-17

Deutéronome 9:1-17

Le pays de Canaan n'est pas donné à Israël à cause de sa justice mais à cause de la méchanceté de ses habitants

9 Écoute, Israël ! Tu passes aujourd'hui le Jourdain pour venir prendre possession de nations plus grandes et plus fortes que toi, de villes grandes et fortifiées jusqu'aux cieux,

2 un peuple grand et de haute stature, les fils des Anakim, que tu connais et dont tu as entendu dire : Qui peut tenir devant les fils d'Anak ?

3 Et sache aujourd'hui que l'Éternel ton Dieu est celui qui passe devant toi, un feu dévorant. Lui les détruira et lui les abattra devant toi, et tu les déposséderas, et tu les feras périr subitement, comme l'Éternel te l'a dit.

4 Ne parle pas dans ton cœur quand l'Éternel ton Dieu les aura chassés de devant toi, en disant : C'est à cause de ma justice que l'Éternel m'a fait entrer pour prendre possession de ce pays. — Mais c'est à cause de la méchanceté de ces nations que l'Éternel les dépossède devant toi.

5 Ce n'est pas à cause de ta justice ni à cause de la droiture de ton cœur que tu entres pour prendre possession de leur pays. Car c'est à cause de la méchanceté de ces nations que l'Éternel ton Dieu les dépossède devant toi, et afin de ratifier la parole que l'Éternel a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob.

6 Et sache que ce n'est pas à cause de ta justice que l'Éternel ton Dieu te donne ce bon pays pour en prendre possession, car tu es un peuple au cou raide.

Rappel de l'affaire du veau d'or

7 Souviens-toi [et] n'oublie pas comment tu as provoqué l'Éternel ton Dieu à la colère, dans le désert. Depuis le jour où tu es sorti du pays d'Égypte jusqu'à votre arrivée dans ce lieu, vous avez été rebelles contre l'Éternel.

8 Et à l'Horeb vous avez provoqué l'Éternel à la colère et l'Éternel s'est mis en colère contre vous au point de [vouloir] vous détruire.

9 Quand je suis monté sur la montagne pour recevoir les tables de pierre, les tables de l'alliance que l'Éternel avait faite avec vous, je suis resté sur la montagne 40 jours et 40 nuits. Je n'ai pas mangé de pain et je n'ai pas bu d'eau.

10 Et l'Éternel m'a donné les 2 tables de pierre, écrites du doigt de Dieu. Et sur elles étaient écrites toutes les paroles1 que l'Éternel vous avait dites sur la montagne, du milieu du feu, le jour de l'assemblée.
1 littéralement : sur elles, selon toutes les paroles.

11 Et il arriva, au bout de 40 jours et de 40 nuits, que l'Éternel m'a donné les 2 tables de pierre, les tables de l'alliance.

12 Et l'Éternel m'a dit : Lève-toi, descends rapidement d'ici, car ton peuple que tu as fait sortir d'Égypte s'est perverti. Ils se sont vite détournés du1 chemin que je leur avais prescrit, ils se sont fait une image en métal fondu.
1 ou : ont vite abandonné le ; ici et ailleurs.

13 Et l'Éternel m'a parlé, en disant : J'ai vu ce peuple et voici, c'est un peuple au cou raide.

14 Laisse-moi, et je les détruirai, et j'effacerai leur nom de dessous les cieux, et je ferai de toi une nation plus forte et plus nombreuse qu'eux.

15 Et je me suis tourné et je suis descendu de la montagne — et la montagne était brûlante de feu — et les 2 tables de l'alliance étaient dans mes 2 mains.

16 Et j'ai vu et voici, vous aviez péché contre l'Éternel votre Dieu. Vous vous étiez fait un veau en métal fondu, vous vous étiez vite détournés du chemin que l'Éternel vous avait prescrit.

17 Et j'ai saisi les 2 tables, et je les ai jetées de mes 2 mains, et je les ai brisées sous vos yeux.

Pour décrire la force des ennemis d'Israël, Moïse emploie les mêmes termes que les hommes incrédules qui avaient fait fondre ainsi le cœur du peuple (ch. 1 v. 28 dt 1.25-28). Car cette puissance était réelle. Et il ne s'agissait pas de la minimiser, mais bien de mettre sa confiance en une puissance plus grande. L'Éternel allait passer devant eux pour abattre et détruire ce pouvoir de l'ennemi.

Contrairement aux critères habituels des hommes — quantité ou qualité — l'intervention de Dieu en faveur d'Israël n'est dictée ni par le nombre (ch. 7 v. 7 dt 7.7-8) ni par les bonnes dispositions naturelles de ce peuple (v. 6). «Sache que ce n'est pas à cause de ta justice — rappelle Moïse — que l'Éternel, ton Dieu, te donne ce bon pays pour en prendre possession.» Pas plus qu'Israël, l'enfant de Dieu, n'a de justice propre à faire valoir. «Il nous sauva, non sur la base d'œuvres accomplies en justice, que nous, nous aurions faites, mais selon sa miséricorde» (Tite 3:5-7 tt 3.3-7). Et pour que le peuple ne soit pas tenté d'attribuer le choix de Dieu à ses mérites personnels, l'épisode humiliant du veau d'or lui est rappelé par son conducteur. Si nous avons à nous souvenir continuellement de la fidélité du Seigneur (ch. 8), n'oublions jamais non plus combien notre cœur est faible (v. 7; Éz. 16:30 ez 16.27-32).