Lectures hebdomadaires

Livre de Néhémie

Edward Dennet

Chapitre 1, versets 1 à 3

1. Introduction

En commençant cet exposé sur le livre de Néhémie, l’on peut se permettre quelques brèves remarques en matière d’introduction à son étude. À peine treize années s’étaient écoulées depuis qu’Esdras était monté à Jérusalem, investi de l’autorité royale et poussé par son zèle pieux pour la gloire de l’Éternel en cherchant le bien-être de son peuple, «pour enseigner à Israël les statuts et le jugement», pour chercher, en un mot, à rétablir sur le peuple l’autorité de la Loi. Et maintenant dans sa grâce et sa tendre miséricorde, Dieu préparait un autre vase de bénédiction pour son peuple bien-aimé1. Ce fait illustre d’une manière frappante un principe divin. On aurait pu penser qu’Esdras était suffisant pour ce travail; mais comme on peut si souvent le voir dans l’histoire des voies de Dieu en gouvernement, un serviteur qui convient à un état du peuple peut être tout à fait impropre pour un autre état, et même être une entrave au travail de Dieu s’il continue à occuper sa position ou à revendiquer ses droits à la direction. Combien souvent ce fait a-t-il été vu même dans l’Assemblée! On peut en dire davantage à ce sujet: Le cas peut quelquefois se présenter où un serviteur moins spirituel peut être employé là où quelqu’un de plus spirituel ne serait absolument pas à sa place. Ainsi, une comparaison est faite entre Esdras et Néhémie: même si ce dernier était très dévoué et se tournait habituellement vers Dieu (comme il le faisait) comme la source de toute son énergie, on percevra immédiatement qu’Esdras marchait à un plus haut niveau que son successeur (comparer Esd. 8:21-23 avec Néh. 2:7-9; Esd. 9:3 avec Néh. 13:25). Néanmoins, quoique Esdras fut encore à Jérusalem, c’est Néhémie qui fut envoyé dans cette occasion particulière. Heureux le serviteur qui reçoit son travail des mains du Seigneur et sait se retirer lorsqu’il discerne que sa mission, pour quelque raison que ce soit, est terminée.

1 Note: De fait, Dieu ne s’adresse jamais dans ce livre à Israël comme à son peuple. La sentence Lo-Ammi (Os. 1) n’était pas encore révoquée, quelles que soient son intervention miséricordieuse et ses activités en sa faveur.

Dans le livre de Néhémie, aussi bien que dans celui d’Esdras, nous pouvons observer que Dieu veille toujours sur son peuple et le soutient par les interventions successives de sa grâce. D’abord Il envoie Esdras et ensuite Néhémie pour faire revivre son travail et produire la restauration de son peuple. Mais il en va au temps d’Esdras et de Néhémie comme du temps des Juges, et comme il en a toujours été dans l’histoire de l’Église: chaque réveil successif, quand l’enseignement qui l’avait produit a disparu, laisse le peuple dans un état plus bas, plus mauvais qu’auparavant. La raison est évidente. Le besoin pour un réveil jaillit du fait d’une corruption et de la ruine qui augmentent. Par le réveil, le déclin est pour un temps freiné ou arrêté; mais dès l’instant où la force qui est entrée en conflit avec le mal s’épuise, le torrent corrompu entraîne tout avec une puissance et un volume augmentés. Tel est l’homme; et telle est la grâce patiente de Dieu en dépit de l’infidélité et même de l’apostasie de son peuple, qu’elle continue infatigablement à s’occuper de leurs intérêts et de leur bénédiction.

Quant au caractère du livre lui-même, nous pouvons citer les paroles d’un autre: «Dans Néhémie, nous assistons à la reconstruction des murs de Jérusalem et à la restauration de ce qui peut être appelé la condition civile du peuple; mais dans des circonstances qui prouvent à l’évidence son asservissement aux Gentils». Nous en verrons le détail en poursuivant notre examen de ce livre.

2. Chapitre 1er — Circonstances à l’origine de la mission de Néhémie

Ce livre commence par le bref récit des circonstances dont Dieu se servit pour toucher le cœur de Néhémie au sujet de l’état de son peuple. Le résultat des exercices de son âme devant Dieu fut sa mission à Jérusalem.

Ch. 1:1 — Date et lieu des faits

Néhémie indique d’abord la date et le lieu des faits. «Et au mois de Kislev, la vingtième année, il arriva que, comme j’étais à Suse, la capitale», etc... Le premier verset du chapitre 2 montre que c’était la vingtième année d’Artaxerxès, c’est-à-dire, comme nous l’avons déjà remarqué, treize ans après qu’Esdras soit monté à Jérusalem. Il était monté de Babylone (Esd. 7); mais Néhémie était occupé à la cour, comme personne attachée au service du roi — l’échanson du roi — à Suse1.

1 Note: Shushan ou Suse était à l’origine la capitale d’Elam. Par la suite, elle fut réunie au royaume de Babylone et finalement, lors de la conquête de Babylone par Cyrus, elle devint la possession de la Perse dont elle semble avoir été, du temps de Néhémie, la capitale (Voir Smith — Bible Dictionary).

Ch. 1:2, 3 — Situation de Néhémie et des Juifs de Jérusalem

Alors qu’il remplissait ses fonctions, «Hanani, l’un de mes frères, lui et quelques hommes vinrent de Juda; et je les interrogeai sur les Juifs, les réchappés qui étaient restés de la captivité, et au sujet de Jérusalem», écrit-il (v. 2). Néhémie lui-même était donc un exilé; mais quoique faisant partie des captifs, il avait trouvé faveur aux yeux du roi et occupait une place élevée et lucrative. Placés dans de telles circonstances, quelques-uns auraient pu oublier le pays de leurs pères. Rien de tel avec Néhémie; car il était évidemment connu comme quelqu’un qui ne cessait de se souvenir de Sion, comme le montre la visite, rapportée ici, de son frère Hanani et de certains hommes de Juda. Par les questions qu’il pose, nous comprenons que son cœur était occupé de tout le peuple du pays. Il s’enquiert touchant «les Juifs, les réchappés qui étaient restés de la captivité», c’est-à-dire ceux qui avaient été laissés en arrière au moment où tant de personnes avaient été emmenées captives à Babylone; «et au sujet de Jérusalem» — le résidu qui était monté, avec la permission de Cyrus, pour bâtir la maison de Dieu (Esd. 1). Il était ainsi en communion avec le cœur de Dieu, occupé comme il l’était de son peuple et de ses intérêts. Certainement les chrétiens pourraient apprendre plus d’une leçon de ces Juifs pieux. Ils n’eurent jamais la pensée de s’isoler de la nation tout entière, ni de chercher la prospérité, par exemple, d’une seule tribu; mais leurs affections, selon leur mesure, embrassaient tout le cercle des intérêts de Dieu sur la terre. Ils s’oubliaient eux-mêmes pour ainsi dire, pour rechercher le bien-être et la bénédiction de tout le peuple. Si les liens qui les unissaient étaient si intimes et impérissables, combien plus devrait-il en être ainsi de ceux qui ont été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps!

En réponse à sa demande, ses visiteurs lui dirent: «les restants qui sont demeurés de reste de la captivité, là, dans la province, sont dans une grande misère et dans l’opprobre, et la muraille de Jérusalem est en ruine et ses portes sont brûlées par le feu». Triste exposé, à vrai dire, de la situation du peuple élu dans le pays de la promesse! «Un pays» — ainsi que Moïse le décrivit — «de montagnes et de vallées; il boit l’eau de la pluie des cieux, un pays dont l’Éternel, ton Dieu, a soin, sur lequel l’Éternel, ton Dieu, a continuellement les yeux, depuis le commencement de l’année jusqu’à la fin de l’année» (Deut. 11:11-12).

Ah! quelle histoire révèlent les circonstances où se trouvent les enfants de la captivité — une histoire de péché, de rébellion et même d’apostasie. Et quelles étaient leurs circonstances? Ils étaient dans une grande affliction provenant de leur propre état moral, de l’activité et de l’hostilité des ennemis qui les entouraient (voir ch. 4:1-2). Ils étaient aussi dans l’opprobre. C’est une bénédiction quand le peuple de Dieu est dans l’opprobre comme étant son peuple ou pour le nom de son Dieu (comp. 1 Pierre 4:14), mais rien n’est plus attristant que de voir le peuple de Dieu objet d’opprobre de la part du monde ou lui être en scandale du fait de sa marche et de ses voies inconséquentes. La fin du livre d’Esdras nous fait penser que l’opprobre dans leur cas avait ce dernier caractère. Professant être ce qu’ils étaient réellement — le peuple de Dieu — ils le reniaient par leurs alliances avec les païens et leur oubli des droits de leur Dieu.

Que telle soit la raison de leur affliction et de leur triste condition, cela semble découler des faits concernant Jérusalem: «la muraille de Jérusalem est en ruine et ses portes sont brûlées par le feu». Tel était l’état de la ville et Nébucadnetsar avait été, par l’intermédiaire de son armée, l’instrument dont Dieu s’était servi (voir 2 Chr. 36). Il y a toutefois une autre signification. Un mur est le symbole de la séparation; et comme nous l’avons vu, le mur de séparation entre Israël et les païens avait été détruit. La porte était le lieu, et, en même temps, l’emblème du jugement. Par la destruction des portes, nous apprenons que la justice n’était plus rendue avec équité (voir ch. 5)1.

1 Note: Le lecteur peut considérer en contraste, la description de la Jérusalem céleste, au chapitre 21 de l’Apocalypse, avec sa muraille «grande et haute», fermée à tout mal, et ses douze portes symbolisant la perfection dans l’administration du gouvernement en justice.

Chapitre 1, versets 4 à 11

Ch. 1:4 — Tristesse et détresse de Néhémie

Que pouvait-il y avoir de plus lamentable que ce compte rendu fait à Néhémie touchant le résidu de Juda et de Jérusalem? Et l’effet fut grand sur cet Israélite au cœur fidèle. «Et lorsque j’entendis ces paroles, je m’assis et je pleurai; et je menai deuil plusieurs jours, et je jeûnai, et je priai le Dieu des cieux» (v. 4). Il fit sien l’état attristant du peuple. Il le ressentit selon Dieu. Dans leur détresse, il fut en détresse. Mais il savait vers qui se tourner. Il pleura, mena deuil, jeûna et pria. «Quelqu’un parmi vous est-il maltraité? qu’il prie», dit Jacques. Et la tristesse et la détresse de Néhémie telles qu’elles s’exprimèrent dans ses larmes, son deuil et son jeûne, trouvèrent une issue dans la prière, ce qui était le signe assuré d’une puissante action de l’Esprit de Dieu sur son âme.

Ch. 1:5-7 — La prière de Néhémie

Examinons maintenant le caractère de ses supplications. «Je te supplie, ô Éternel, Dieu des cieux, le Dieu grand et terrible, qui gardes l’alliance et la bonté envers ceux qui t’aiment et qui gardent tes commandements! Je te prie, que ton oreille soit attentive et que tes yeux soient ouverts, pour écouter la prière de ton serviteur que je fais aujourd’hui devant toi, jour et nuit, pour les fils d’Israël tes serviteurs et la confession que je fais touchant les péchés des fils d’Israël, que nous avons commis contre toi; moi aussi et la maison de mon père, nous avons péché. Nous avons très-mal agi contre toi, et nous n’avons pas gardé les commandements et les statuts et les ordonnances que tu as commandés à ton serviteur Moïse» (v. 5-7).

Jusqu’ici, il y a essentiellement deux choses: la revendication des droits de Dieu et la confession des péchés. Néhémie reconnaît de la manière la plus nette la fidélité de Dieu, qu’il n’y a eu aucun manquement de Sa part; tandis qu’en même temps, il reconnaît pleinement le caractère des relations de Dieu avec Israël — à savoir, en d’autres termes, que son attitude vis-à-vis d’eux dépendait de leur conduite. «Qui gardes l’alliance et la bonté envers ceux qui t’aiment et qui gardent tes commandements». Ceci, joint à la prière qu’il adresse à Dieu, met en évidence d’une façon très nette le contraste entre la loi et la grâce. Quels que fussent le dévouement et la crainte de Dieu manifestés par Néhémie, on ne peut s’empêcher d’être sensible à la distance exprimée par les termes dont il use: «ô Éternel, Dieu des cieux, le Dieu grand et terrible» — distance rendue nécessaire par la dispensation sous laquelle il vivait. Combien différente est la position dans laquelle le Seigneur a amené ses disciples, conséquence de sa résurrection, comme l’expriment ses paroles: «Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu».

Mais à la place qu’il occupait, Néhémie avait appris, ce qui est rarement réalisé dans une telle mesure même par des chrétiens, à être un intercesseur pour son peuple. «Jour et nuit» il priait pour eux et de là venait qu’il avait la capacité de confesser leurs péchés. Aucun privilège donné à un serviteur ne peut être plus élevé que celui qui fut accordé à Néhémie — le pouvoir de s’identifier avec Israël, de sorte qu’il fut rendu capable de prendre sur lui leurs péchés et de les confesser comme étant les siens. «Moi aussi», dit-il, «et la maison de mon père, nous avons péché».

Beaucoup peuvent se lamenter sur l’état du peuple de Dieu, mais peu nombreux sont ceux qui savent s’identifier avec lui. Ce sont ceux-là seulement qui peuvent vraiment intercéder pour lui dans la présence de Dieu. Et remarquons-le, il ne pouvait jusqu’à présent que prendre le parti de Dieu contre lui-même et contre son peuple. Dieu est toujours fidèle envers ceux qui l’aiment et observent Ses commandements; mais, hélas! ils n’avaient pas gardé ses commandements, ni ses statuts, ni ses ordonnances. Tout ceci est entièrement confessé; mais il se tourne maintenant vers une promesse sur laquelle il peut fonder sa prière et compter sur l’intervention de Dieu en sa faveur.

Ch. 1:8, 9 — Néhémie s’en remet à la grâce et aux promesses de Dieu

Il poursuit: «Souviens-toi, je te prie, de la parole que tu as commandée à ton serviteur Moïse, en disant: Si vous êtes infidèles, je vous disperserai parmi les peuples; et si vous revenez à moi, et que vous gardiez mes commandements et que vous les pratiquiez, quand vos dispersés seraient au bout des cieux, je les rassemblerai de là et je les ramènerai au lieu que j’ai choisi pour y faire demeurer mon nom» (v. 8-9). Cela se rapporte incontestablement à Lévitique 26 et envisage la restauration finale d’Israël. Et c’est en cela que se montre l’intelligence spirituelle de Néhémie, conduit par l’Esprit; car cette restauration, ainsi que le lecteur peut le comprendre s’il relit ce chapitre, sera un travail de pure grâce, fondé sur l’alliance absolue et inconditionnelle de Dieu avec Abraham, Isaac et Jacob (voir Lév. 26:42). Ainsi Néhémie, tout en confessant les péchés de son peuple, s’en remettait en fait à la grâce et aux promesses inconditionnelles de Dieu. De cette manière, il s’élevait au-dessus de la loi et atteignait, dans sa foi, la source de toute bénédiction, le cœur de Dieu lui-même.

Ch. 1:10 — Le peuple devant Dieu

Puis il ajoute, acquérant de la force en s’attendant à Dieu: «Et ils sont tes serviteurs et ton peuple, que tu as rachetés par ta grande puissance et ta main forte» (v. 10). Il présente ainsi de façon touchante Israël sur le terrain de la rédemption, tout pécheurs et transgresseurs qu’ils étaient devant Dieu; il rappelle à Dieu, qui dans sa bonté permet à son peuple de le faire, quels étaient ses conseils de grâce envers eux.

Ch. 1:11 — Néhémie par rapport au roi

Ayant atteint le seul fondement sur lequel il pouvait se reposer, il présente la requête particulière qu’il avait sur son cœur: «Je te supplie, Seigneur, que ton oreille soit attentive à la prière de ton serviteur, et à la prière de tes serviteurs qui prennent plaisir à craindre ton nom; et fais réussir aujourd’hui ton serviteur, je te prie, et donne-lui de trouver miséricorde devant cet homme. Or j’étais échanson du roi». Il est à remarquer que Néhémie associe d’autres personnes à sa prière. Ainsi aussi faisait toujours l’apôtre Paul. C’est un fait que lorsque nous sommes conduits par l’Esprit de Dieu, nous nous identifions nécessairement avec tous ceux dans les cœurs desquels il travaille aussi, que ce soit dans le service, les actions de grâce ou la prière. Le peuple de Dieu est tellement un que l’isolement en esprit est impossible; et de ce fait, quand Néhémie est courbé devant Dieu dans sa tristesse devant l’état d’Israël et dans ses vœux pour leur délivrance et leur bénédiction, il est assuré que chaque Israélite pieux est uni à lui dans ses supplications. Sa prière est très simple: c’est pour «trouver miséricorde devant cet homme». Car il savait que c’était seulement avec la permission du roi que son désir pourrait s’accomplir. Le gouvernement de la terre ayant été transféré par Dieu lui-même aux Gentils, comme conséquence du péché et de la rébellion de son peuple élu, Dieu maintenant tenant compte de l’autorité qu’il avait lui-même ordonnée, travaillerait seulement à travers et par le moyen du roi des Gentils. Néhémie était donc en communion avec la pensée de Dieu en faisant cette prière. Mais on remarquera aussi que s’il comprenait la position dans laquelle lui-même et son peuple étaient placés, sous la sujétion à l’autorité Gentile, le roi n’était en la présence de Dieu rien que «cet homme». Monarque exerçant une domination presque universelle, il était réduit à rien aux yeux de la foi, n’étant qu’un homme investi d’une brève autorité pour l’accomplissement des conseils de Dieu. La foi donc reconnaît que si le roi était le canal désigné par lequel la permission d’aller à Jérusalem devait être obtenue, tout dépendait non du roi mais de Dieu agissant sur son esprit pour que soit accordé ce que Néhémie désirait.

Puis Néhémie ajoute cette explication: «Car j’étais échanson du roi», pour montrer comment, humainement parlant, il était à la fois entièrement assujetti au roi et dépendant de lui. Ainsi s’achève le chapitre. Néhémie avait répandu son cœur devant le Seigneur, fait connaître sa requête et maintenant il devait attendre, et cela pendant bien des jours, une réponse à ses cris. Une prière peut être entièrement en accord avec la volonté de Dieu et le fruit de la communion avec sa pensée, et néanmoins ne pas recevoir de réponse immédiate. Il faut bien comprendre cela, sinon l’âme pourrait être plongée sans raison dans la détresse et le doute. Une prière est souvent entendue et exaucée, quoique Dieu attende, dans son infinie sagesse, le moment convenable pour donner la réponse. Tel fut le cas pour celle de Néhémie.

Chapitre 2, versets 1 à 8

3. Chapitre 2 — Néhémie commence sa mission

Ch. 2:1a — Cadre du chapitre

Structure du chapitre

Ce chapitre se divise en plusieurs parties. D’abord nous est relatée la manière dont Dieu répondit à la prière de son serviteur, et disposa le cœur du roi à accorder tout ce qui était nécessaire pour le voyage et la mission de Néhémie (v. 1-8). Puis il y a un bref compte rendu de son voyage à Jérusalem, ainsi que de l’effet qu’il produisit dans certains milieux (v. 9-11). Ensuite, Néhémie décrit son inspection nocturne de l’état des murs de la cité, ainsi que son entretien avec les chefs au sujet du but qu’il avait en vue (v. 12-18). Et enfin nous avons l’opposition des ennemis du peuple de Dieu et la réponse de Néhémie (v. 19-20).

Date et situation de Néhémie

Quatre mois ont passé depuis qu’il avait adressé la prière rapportée au chapitre 1. Il est attentif à nous donner les dates. Il avait prié au mois de Kislev (correspondant à notre mois de Novembre) et au mois de Nisan (qui correspond à notre mois de Mars) vint la réponse. Pendant cette période, homme de foi comme il l’était, il avait dû attendre en se tournant journellement vers Dieu. Il ne pouvait prévoir comment la réponse viendrait; mais il savait que Dieu pouvait intervenir quand et comme il le voudrait; dès lors, pour emprunter une expression hébraïque, «en attendant il attendait». C’est de cette manière que Dieu à la fois éprouve et fortifie la foi de Son peuple. Il attend pendant qu’ils attendent. Mais s’il attend, c’est seulement pour amener son peuple à une plus entière dépendance de lui et ainsi préparer plus pleinement leurs cœurs à la bénédiction qu’il va leur accorder. Et quand il intervient, c’est souvent comme dans ce cas, d’une manière calme et invisible à tous, sauf à l’œil de la foi. L’exercice de la foi est nécessaire pour discerner sa présence. Combien paraît naturelle extérieurement la manière dont Artaxerxès est conduit à donner à Néhémie la permission de visiter Jérusalem, etc... seulement il faut se rappeler que Néhémie avait prié pour que Dieu lui donne de «trouver miséricorde devant cet homme».

Ch. 2:1b-8 — Réponse de Dieu à la prière de Néhémie du ch. 1

Examinons la scène. Le début du chapitre nous montre Néhémie occupé aux devoirs de sa charge, comme échanson du roi. «Je pris le vin et le donnai au roi», mais son cœur était occupé d’autres choses, chargé comme il l’était par la tristesse indicible que lui causait la condition de son peuple. Mais le vin et la tristesse sont incompatibles, car le vin, ainsi que nous le dit l’Écriture, rend joyeux le cœur de l’homme. Et c’était une chose intolérable pour le roi que son échanson ait un visage triste en un tel moment. Cela lui ôtait son propre plaisir. Néhémie confesse «Je n’avais pas été triste en sa présence». Le roi donc fut irrité et dit: «Pourquoi as-tu mauvais visage, et pourtant tu n’es pas malade? Cela n’est rien que de la tristesse de cœur». Alors, dit Néhémie, «j’eus extrêmement peur». Il avait bien des raisons de l’être; car dans une telle humeur, en vrai despote oriental, Artaxerxès aurait pu ordonner son exécution immédiate. Mais Dieu conserve à son serviteur effrayé son sang-froid et le conduit à dire, de l’abondance de son cœur, la raison de sa tristesse avec simplicité et vérité. Il répond au roi: «Que le roi vive à toujours! Pourquoi mon visage ne serait-il pas triste, quand la ville, le lieu des sépulcres de mes pères, est dévastée, et que ses portes sont consumées par le feu?» (v. 3). Le roi n’ignorait pas le motif de la tristesse de son échanson, car c’était lui qui avait donné la permission à Esdras de monter construire le Temple et lui avait lui-même donné de l’or et de l’argent pour l’aider dans ce but. Dieu se servit des simples mots de Néhémie pour attirer à nouveau l’attention du roi sur l’état de Jérusalem. Et il dit: «Que demandes-tu?» Certainement, la plupart se seraient hâtés de répondre au roi, concluant assurément que le roi ne manquerait pas, puisqu’il avait daigné poser la question, d’accorder la faveur désirée. Il n’en fut pas ainsi de Néhémie (et cela fait ressortir un trait particulier de son caractère), car il dit: «Et je priai le Dieu des cieux» et ensuite il présente sa requête. Nous n’avons pas à conclure de ce fait qu’il fit attendre le roi. En aucune manière. Mais le point que nous devons noter, c’est qu’avant de répondre à son maître, il se confie en Dieu, il prie le Dieu des cieux. Il reconnaît ainsi qu’il dépend de la sagesse d’en-haut pour prononcer la parole convenable et révèle ainsi ce caractère particulier qu’un autre a appelé: «un cœur qui était habituellement tourné vers Dieu». Nous pouvons bien rechercher la même grâce, car c’est certainement une bénédiction de marcher ainsi en tout temps dans la dépendance de Dieu, de sorte qu’en présence des difficultés, des perplexités et des dangers, nous regardions tout naturellement (si nous pouvons employer ce mot) vers le Seigneur pour la sagesse nécessaire, la direction et le secours. Si tel est le cas, la présence de Dieu nous sera plus réelle que la présence des hommes. Ayant ainsi prié, Néhémie fit sa requête: «Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur est agréable devant toi, qu’il m’envoie en Juda, à la ville des sépulcres de mes pères, et je la bâtirai» (v. 5). Et le roi (la reine était alors assise à son côté) lui ayant demandé combien durerait son voyage, etc... lui accorda aussitôt sa requête.

Néhémie, réalisant l’occasion — que Dieu lui avait fournie — et fortifié par sa foi, devient plus hardi et s’aventure à demander des lettres royales «pour les gouverneurs de l’autre côté du fleuve, pour qu’ils me fassent passer jusqu’à ce que j’arrive en Juda, et une lettre pour Asaph, gardien de la forêt du roi, afin qu’il me donne du bois pour faire la charpente des portes du château fort attenant à la maison, et pour la muraille de la ville, et pour la maison dans laquelle je dois entrer» (v. 7-8). Tels étaient ses objectifs, précis et définis: la restauration de la forteresse, nécessaire pour la protection du temple, la réparation des murs de la cité, et la construction d’une maison qui convienne à l’exercice de ses fonctions. «Et», lisons-nous, «le roi me les donna, selon que la bonne main de mon Dieu était sur moi» (v. 8). Il avait répandu le désir de son cœur devant Dieu (désir que Dieu lui-même avait produit), il avait regardé vers lui pour recevoir la direction et l’énergie en présence du roi, et Dieu maintenant montrait qu’il était intervenu en faveur de son serviteur en inclinant le roi à accorder tout ce qui était nécessaire pour l’exécution du travail. Néhémie le reconnaît: «Selon que la bonne main de mon Dieu était sur moi».

Il est bon pour nous de noter ce principe dans les voies de Dieu envers son peuple. S’il place dans nos cœurs un désir pour quelque service que ce soit — un service à sa gloire — il ouvrira certainement devant nous le chemin pour l’accomplir. Si c’est réellement de son œuvre que nos esprits sont occupés, il nous rendra capables de la faire, par le moyen et au moment de son choix. La porte peut paraître fermée et barrée; mais si nous nous attendons à celui «qui ouvre et nul ne fermera», nous découvrirons qu’elle s’ouvrira à nous soudainement, de sorte que nous puissions entrer sans empêchement ni obstacle.

Il ne pouvait y avoir de position plus difficile que celle de Néhémie; mais le Seigneur qui avait touché son cœur à cause de l’affliction de son peuple enleva tous les obstacles et le libéra pour son travail d’amour à Jérusalem. «Attends-toi à l’Éternel; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme: oui, attends-toi à l’Éternel» (Ps. 27:14).

Chapitre 2, versets 9 à 20

Ch. 2:9-11 — Néhémie commence sa mission. L’ennemi se montre

Néhémie ne perdit pas de temps pour l’exécution de son dessein. Il savait comment saisir l’occasion; car il ajoute: «Je vins auprès des gouverneurs de l’autre côté du fleuve, et je leur donnai les lettres du roi» (v. 9). Mais il n’était pas parti seul, des chefs de l’armée et des cavaliers l’escortaient. Il y a par conséquent une grande différence entre son voyage à Jérusalem et celui d’Esdras. Esdras n’avait demandé au roi aucune escorte militaire, car il avait exprimé au roi sa confiance en Dieu (Esd. 8:22), et Dieu avait abondamment justifié sa confiance en le préservant, lui et ses compagnons, «de la main de l’ennemi et de toute embûche sur le chemin». Néhémie n’était pas doué de la même foi simple, et quoiqu’il fût dévoué et pieux, il voyageait avec la pompe et l’apparat propres à l’un des gouverneurs du roi; ce qui rendait plus assuré le respect du monde et des serviteurs du roi.

Mais dès son arrivée, les signes de l’opposition à sa mission se font sentir — opposition qui augmente et qu’il trouve devant lui à chaque pas; car, de fait, c’était l’opposition de Satan au travail de Dieu. D’abord cela paraissait très peu de chose: Ainsi, «quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, l’apprirent, ils furent très mécontents de ce qu’un homme fût venu pour chercher le bien des fils d’Israël» (v. 10). Et pourquoi étaient-ils mécontents? La nationalité de Sanballat est incertaine, il était probablement un Moabite et son serviteur, un Ammonite, desquels il est écrit: «l’Ammonite et le Moabite n’entreront pas dans la congrégation de l’Éternel» (Deut. 23:3-6). Ils étaient par conséquent les ennemis implacables d’Israël et comme tels, pour Satan, des instruments appropriés et naturellement opposés à tout effort destiné à améliorer l’état du peuple qu’ils méprisaient. Et certes l’objectif de Satan est atteint dans la dépravation du peuple de Dieu. Aussi longtemps qu’il vit dans l’oubli de sa vraie position et de son caractère, s’associant au monde et adoptant ses manières et ses coutumes, Satan fera profession d’être un ami. Mais dès qu’un homme de Dieu paraît sur la scène et cherche à rappeler les droits de Dieu et sa vérité, Satan se réveille pour une opposition active, sans qu’elle soit d’ailleurs avouée. Dans le cas qui est placé devant nous, ses serviteurs sont seulement «mécontents», mécontents bien sûr, que la paix, la paix entre Israël et ses ennemis soit troublée. Car les fidèles, au milieu du peuple de Dieu, comme Elie autrefois, sont toujours considérés comme ceux qui troublent Israël, parce qu’ils se tiennent pour Dieu au milieu du mal. De là vient que Sanballat et Tobija étaient «très mécontents» de la venue de Néhémie; et, comme nous le verrons, si violente était leur haine, qu’ils ne ménagèrent pas leur peine pour entraver Néhémie dans son travail et même pour comploter sa mort. Jusqu’ici toutefois, seul le fait de leur mécontentement est noté, mais l’Esprit de Dieu nous montre la ruse de Satan et sa méthode pour agir.

Ch. 2:12-18 — Inspection nocturne de la cité

Ensuite, nous trouvons dans le passage suivant le récit de l’inspection par Néhémie de l’état de Jérusalem. Trois jours s’étant écoulés: «Je me levai de nuit, moi et le peu d’hommes qui étaient avec moi — et je n’avais informé personne de ce que mon Dieu m’avait mis au cœur de faire pour Jérusalem» (v. 12). Le fardeau de sa mission pesait sur son cœur de sorte qu’il ne pouvait trouver de repos. Cette simple déclaration nous révèle les caractères d’un vrai serviteur. Il reconnaît la source de son inspiration pour son travail. C’est Dieu qui en avait placé la pensée dans son cœur. Une telle assurance est le secret de toute force et de toute persévérance dans le service. Ainsi l’Éternel dit à Josué: «Ne t’ai-je pas commandé: Fortifie-toi et sois ferme? Ne te laisse point terrifier, et ne sois point effrayé; car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras» (Jos. 1:9).

Puis, comme nous l’avons déjà remarqué, Néhémie ne put trouver de repos tant qu’il n’eut pas commencé ses travaux. Le travail de Dieu ne tolère aucun délai. Ce principe est impliqué dans le commandement du Seigneur à ses disciples: «Ne saluez personne en chemin» (Luc 10:4). Quand il les envoya, ils devaient exécuter leur mission sans retard. Il en fut ainsi pour Néhémie. Il sentit qu’il devait sortir et saisir la première occasion d’apprendre à connaître le caractère et l’étendue du travail que Dieu lui avait mis au cœur de faire à Jérusalem. De plus, il nous dit qu’il ne communiqua son secret à personne. S’il l’avait fait, il aurait pu y avoir des obstacles de toutes parts. Quand le Seigneur ordonne clairement un service à l’un de ses serviteurs, rien n’est plus dangereux que de consulter des tiers.

La foi repose sur Celui qui ordonne le travail et qui donnera la force et la sagesse pour l’accomplir.

Conférer avec d’autres amène souvent bien des questions, telles que: Est-ce possible? Est-ce sage? ou: est-ce le moment? La foi est alors en danger de s’affaiblir ou même de s’éteindre sous l’influence de la prudence et du sens commun qui produisent des doutes. Quand le temps arrive pour exécuter la mission, des aides peuvent être bienvenues, mais, jusqu’à ce que tout soit bien disposé selon les directions de la foi, le secret doit être gardé entre l’âme et Dieu1

1 Note de l’éditeur: Une exhortation à la prudence peut être ici opportune. S’il y a des cas où il n’y a pas lieu de prendre conseil «de la chair ni du sang» (Gal. 1:16), — l’apôtre Paul ne le fit pas lors de sa conversion — il y a aussi des cas où nous pouvons nous tromper en pensant avoir un appel du Seigneur pour quelque champ de travail ou quelque entreprise. S’engager dans un chemin d’indépendance est une erreur, et bien des chrétiens auraient été épargnés d’expériences pénibles et humiliantes s’ils avaient prêté l’oreille aux conseils de leurs frères.

Dans les versets 13 à 15, la tournée d’inspection que fit Néhémie nous est décrite ainsi que l’état dans lequel il trouva les murs et les portes de la cité, état qui correspondait exactement avec ce qu’on lui avait rapporté à Suse (comparer v. 13 avec 1:3). Personne ne se doutait alors des intentions de Néhémie, car il ajoute: «Or les chefs ne savaient pas où j’étais allé, ni ce que je faisais; et jusque-là, je n’avais rien communiqué aux Juifs, ni aux sacrificateurs, ni aux nobles, ni aux chefs, ni aux autres qui s’occupaient de l’œuvre» (v. 16). Il avait fait son inspection en silence — seul avec Dieu —(quoique accompagné de quelques hommes de sa suite); il trouvait des forces dans sa communion avec Dieu — pendant cette nuit solennelle et bien remplie — et si son cœur avait été touché par la désolation de la cité sainte, ce n’était qu’un faible reflet de la pitié et de la compassion de l’Éternel pour le lieu qu’il avait lui-même choisi et où, du temps des rois, il avait lui-même habité sur le propitiatoire entre les deux chérubins.

Tout étant préparé, nous voyons maintenant que Néhémie met les chefs dans la confidence. Il ne pouvait permettre à personne de donner des conseils quant au travail car il avait reçu sa mission du Seigneur. Mais maintenant qu’il était seulement question de son exécution, l’aide et la communion avec d’autres étaient les bienvenues. Tel est toujours le chemin de l’homme de foi. Il ne peut pas changer ou modifier ce qui lui a été proposé, mais il se réjouit de ce que d’autres s’y associent s’ils sont d’accord pour aider, dans la dépendance du Seigneur, à l’œuvre qu’il a en vue.

C’est pourquoi Néhémie dit aux chefs et au reste du peuple: «Vous voyez la misère dans laquelle nous sommes, que Jérusalem est dévastée et que ses portes sont brûlées par le feu. Venez et bâtissons la muraille de Jérusalem, afin que nous ne soyons plus dans l’opprobre. Et je leur racontai comment la main de mon Dieu avait été bonne sur moi, et aussi les paroles du roi qu’il m’avait dites. Et ils dirent: Levons-nous et bâtissons. Et ils fortifièrent leurs mains pour bien faire» (v. 17-18).

De ces paroles adressées aux chefs, il ressort aussi que le cœur de Néhémie était profondément attristé et chargé à la vue de l’état de son peuple et de la cité. C’était la description d’un tel état qui l’avait, au départ, plongé dans le deuil, c’était en entendant ces nouvelles qu’il s’était prosterné en terre dans la présence de Dieu (1:3-4); et les paroles mêmes qu’avait employées Hanani semblent être restées gravées de façon indélébile sur son cœur, car il les emploie de nouveau, soit au v. 13, soit en parlant au peuple. Pour lui, dans son zèle pour le Seigneur et pour Jérusalem, il était intolérable que le peuple élu soit dans un tel état d’opprobre aux yeux des païens qui l’entouraient; et son désir était de reconstruire le mur de séparation et de rétablir la justice et le juste jugement au milieu d’eux en relevant les portes. Pourquoi le sanglier de la forêt continuerait-il de dévaster la vigne que Dieu, dans sa miséricorde, avait une fois encore plantée, et pourquoi les bêtes sauvages des champs la dévoreraient-elles? (Ps. 80).

Puis, après les avoir exhortés à construire, il leur raconte comment la main de Dieu avait été bonne sur lui, et comment le roi lui avait donné la permission (car par le décret de Dieu agissant en gouvernement judiciaire, ils étaient assujettis à l’autorité du roi) d’accomplir le travail que Dieu lui avait mis à cœur de faire. Dieu opéra par les paroles de son serviteur et produisit dans le cœur de Son peuple une réponse immédiate, et ils dirent: «Levons-nous et bâtissons». Quand nous sommes dans la pensée de Dieu quant à notre service, il ne manque pas d’envoyer les aides nécessaires. «Ton peuple sera un peuple de franche volonté, au jour de ta puissance» (Ps. 110:3). Ces mots contiennent un principe valable pour toutes les dispensations, car il est toujours vrai que, quand Dieu agit en puissance pour l’accomplissement de quelque dessein que ce soit, il prépare des serviteurs bien disposés pour exécuter ses plans. Ainsi, dans l’occasion présente, «ils fortifièrent leurs mains pour bien faire», car ils avaient été amenés à sentir que ce travail était de Dieu.

Ch. 2:19, 20 — Opposition des ennemis, réponse de Néhémie

Cette action de l’Esprit de Dieu souleva à nouveau l’opposition de l’ennemi. Toutes les fois que Dieu travaille, Satan s’oppose à son travail. Il en est ainsi dans le cas présent: car «quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, et Guéshem, l’Arabe, l’apprirent, ils se moquèrent de nous et nous méprisèrent, et ils dirent: Qu’est-ce que vous faites là? Voulez-vous vous révolter contre le roi?» En plus du Moabite et de l’Ammonite, il y avait maintenant un Arabe, toutes les formes de la chair, pour ainsi dire, convoitant contre l’Esprit, attisées par la force et les subtilités de Satan. On peut observer que l’opposition revêt maintenant un autre caractère. Au début, Sanballat et Tobija étaient très mécontents de l’intervention de Néhémie; ils avaient l’air d’être tristes de ce que Néhémie vienne troubler la paix qui avait régné entre Israël et les païens, mais maintenant, ils se moquent et les méprisent. Une arme est aussi valable qu’une autre dans la main de l’ennemi. Voyant que leur mécontentement ne changeait pas les intentions de Néhémie, ils essaient alors la moquerie et le mépris. En même temps, ils tentent, si possible, de les effrayer en les accusant de rébellion contre le roi. Nous avons certainement besoin de connaître les artifices et les moyens de Satan, car il sait comment agir sur tous les ressorts possibles de la nature humaine. Néhémie, fortifié par le sentiment de la protection de Dieu et sachant qu’il était dans le chemin de l’obéissance, était à l’abri de tous ces artifices. «Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer, et nous, ses serviteurs, nous nous lèverons et nous bâtirons; mais vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir à Jérusalem» (v. 20). «Résistez au diable, et il s’enfuira de vous» (Jacq. 4:7). Et Néhémie lui résista par une confession hardie dunom de son Dieu et par la confiance qu’il avait en ses soins protecteurs, par la reconnaissance des droits de Dieu sur ses serviteurs, et par le refus catégorique de la prétention de l’ennemi à avoir quelque droit ou intérêt que ce soit à la sainte ville. Il n’y a rien de tel que la hardiesse face à l’adversaire, mais cela ne peut venir que d’un courage donné de Dieu, produit par l’assurance que, si Dieu est pour nous, rien ne peut être contre nous (Rom. 8:31).

À suivre