Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de Néhémie.

Livre de Néhémie

Edward Dennet

Chapitre 12, verset 44 à chapitre 13, verset 3

13.3   Ch. 12:44-47 — Entretien des sacrificateurs et des lévites

En relation avec les cérémonies de la dédicace, il fallait s’occuper de certaines choses dans la maison de Dieu. Il est dit: «en ce jour-là»; peut-être pas le même jour, mais en ce temps-là, le temps qui a suivi la dédicace de la muraille. Ce qu’ils firent, ce fut de nommer certains hommes «sur les chambres des trésors pour les offrandes élevées, pour les prémices et pour les dîmes, afin d’y recueillir, des champs des villes, les portions assignées par la loi aux sacrificateurs et aux lévites; car Juda se réjouissait à cause des sacrificateurs et des lévites qui se tenaient là» (v. 44). Il y avait évidemment une tendance continuelle à négliger les intérêts de la maison de Dieu, et avec cela les sacrificateurs et les lévites étaient oubliés. Il en fut ainsi lors du premier retour des captifs (Agg. 1), il en est ainsi chaque fois que le déclin se manifeste et il en a été ainsi aussi tout au long de l’histoire de l’Église. Cesser de s’occuper de la maison de Dieu entraîne la négligence de l’entretien des sacrificateurs et des lévites, prescrit par la loi. Chacun ne s’occupait que de ses propres affaires et plus des intérêts du Seigneur. Mais quand leurs cœurs furent touchés par la bonté de Dieu qui leur avait permis de rebâtir la muraille, ils se souvinrent aussitôt des serviteurs de leur Dieu et pourvurent à nouveau à leur entretien (voir chapitre 10:37-39). C’est ainsi que Dieu travaille au sein du bas état de son peuple. Il lui accorde un réveil peut-être sous l’effet puissant d’une vérité particulière. Et eux, sous l’influence de cette impulsion nouvelle reçue, se mettent à corriger d’après la Parole de Dieu les dérèglements qui étaient apparus de tous côtés. Il en fut ainsi dans le cas présent et nous voyons que les chantres et les portiers étaient également disposés à garder «ce que leur Dieu leur avait donné à garder, et ce qu’ils avaient à garder pour la purification, selon le commandement de David et de Salomon, son fils. Car autrefois, aux jours de David et d’Asaph, il y avait des chefs pour diriger les chantres, et les chants de louange et les cantiques d’actions de grâces à Dieu» (v. 45-46). Ils se rappelaient comment étaient les choses au commencement du service dans le temple et désiraient maintenant se conformer au modèle original. C’est un principe constant. C’est seulement en comparant toutes choses avec ce qui était au commencement que nous pouvons découvrir l’étendue de nos égarements et ce n’est qu’en y revenant que nous pouvons être en harmonie avec la pensée de Dieu.

De plus, nous lisons: «Et aux jours de Zorobabel, et aux jours de Néhémie, tout Israël donnait les portions des chantres et des portiers, chaque jour ce qu’il fallait, et on mettait à part pour les lévites, et les lévites mettaient à part pour les fils d’Aaron» (v. 47). Ceci ne peut être guère plus qu’un exposé général des faits (voir ch. 10:37-39 et ch. 13:10). De fait, il y avait des temps pendant les périodes considérées où tout Israël reconnaissait ses obligations envers les serviteurs de la maison de leur Dieu et s’en acquittait. Leurs manquements à cet égard ne sont pas mentionnés ici. Nous devons les glaner dans d’autres parties du livre. Ici, il est seulement rappelé que tout Israël prenait soin des serviteurs de Dieu dans son sanctuaire.

13.4   Ch. 13:1-3 — Séparation d’Israël du peuple mélangé

Enfin, nous apprenons que «ce jour-là, on lut dans le livre de Moïse, aux oreilles du peuple, et il s’y trouva écrit que l’Ammonite et le Moabite n’entreraient pas dans la congrégation de Dieu, à jamais» (Néh. 13:1 et Deut. 23:3-4). Alors, «ils séparèrent d’Israël tout le peuple mélangé» (13:3). Maintes fois, ils s’étaient ainsi séparés (Esd. 10 —Néh. 9:2) mais chaque fois «la semence sainte» se mélangeait à nouveau «avec les peuples des pays» (Esd. 9:2). En vérité, alors comme maintenant, l’alliance avec le monde est le piège le plus redoutable de Satan. D’où la nécessité de veiller toujours et d’appliquer la vérité de la séparation pour Dieu. Mais il y avait une raison spéciale pour introduire ce sujet en relation avec ce que nous trouvons ici. La signification de la muraille, comme cela a été rappelé plus d’une fois, c’est l’exclusion du mal et la séparation du peuple de Dieu d’avec les autres nations, (pour nous la séparation du mal, qu’il soit dans le monde ou dans l’Église) afin d’être mis à part pour Dieu. Ainsi, quand nous lisons que les fils d’Israël s’étaient purifiés du peuple mélangé, nous voyons qu’ils maintenaient simplement la vérité de la muraille: ils se sentaient tenus, en même temps qu’ils en célébraient la dédicace, de mettre en pratique tout ce que son achèvement comportait. Le lecteur ne manquera pas de relever la force du terme «le peuple mélangé». C’était le peuple mélangé qui était tombé dans la convoitise au désert, et était devenu ainsi une entrave et une malédiction pour Israël; et depuis ce jour, soit en Israël soit dans l’Église, de telles personnes ont été la source de la plupart des maux qui ont affligé les saints. C’est parmi le peuple mélangé que Satan a toujours trouvé des instruments prêts pour accomplir son mauvais travail, pour troubler, pour harceler et séduire le peuple de Dieu. Le seul sentier de sûreté est de suivre l’exemple d’Israël qui est devant nous et de nous séparer de ce peuple mélangé.

14   Chapitre 13:4-31 — Événements de la fin

Il est impossible maintenant de fixer chronologiquement la place des événements décrits dans ce chapitre. Il est seulement dit: «Avant cela», Eliashib était allié à Tobija et il avait une grande intimité avec lui. Cela se passait pendant que Néhémie n’était pas à Jérusalem (v. 6). «Avant cela», pourrait signifier, avant que l’on se sépare du peuple mélangé (v. 3). Il est probable que la dédicace de la muraille ait été retardée du fait de l’absence du gouverneur; s’il en est ainsi, les événements décrits ici se sont déroulés avant les activités liées à la dédicace de la muraille. Ceci cependant est sans conséquence, car, comme nous l’avons souligné auparavant, ce que nous avons à rechercher c’est l’ordre moral plutôt que l’ordre historique. Si c’est sous cet aspect que ce récit est rapporté, il n’offre pas de difficultés; quel était en effet l’objectif de la mission de Néhémie à Jérusalem? C’était de reconstruire les murs de la sainte cité (ch. 3 et 6). Et grâce à la bonne main de Dieu qui était sur lui, il fut rendu capable d’achever le travail pour lequel il avait été appelé. La muraille avait été bâtie et ensemble, lui et le peuple avaient célébré cet événement avec une grande joie; sous l’influence du moment, ils avaient remis en ordre la maison de Dieu et reconnu qu’ils étaient un peuple mis à part pour l’Éternel.

14.1   Faillite de ce qui est confié à l’homme

Et qu’arriva-t-il après? La faillite dans tout ce qu’ils avaient entrepris de faire après s’être engagés par une alliance solennelle sous peine de malédiction (voir ch. 10). C’est pourquoi, la leçon que nous enseigne le récit de Néhémie se reflète dans toutes les dispensations: tout ce que Dieu confie à l’homme sur le principe de la responsabilité aboutit à la faillite. Et même, il y a plus affligeant que cela; car nous apprenons que la faillite est amenée par l’homme dans le moment même où la grâce de Dieu apporte la bénédiction. Et ce n’est pas seulement la fin de chaque dispensation successive qui est marquée par la faillite, c’est aussi le commencement. Adam, par exemple, désobéit aussitôt qu’il est placé dans sa position de domination et de bénédiction. De même, Noé pèche dès qu’il peut récolter les fruits de sa première vigne sur la terre renouvelée. Israël apostasie avant même que les tables de la loi ne pénètrent dans le camp, et David encourt le blâme d’avoir versé le sang innocent peu après l’établissement du royaume. Il n’en va pas autrement dans l’histoire de l’Église. À la fin du chapitre 4 des Actes, nous voyons la parfaite réponse à la prière du Seigneur, «afin que tous soient un» (Jean 17:21), car «la multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme» (v. 32). Puis, au chapitre 5, nous avons le péché d’Ananias et de Sapphira et au chapitre 6, les murmures d’une classe de disciples contre une autre. Il en va de même des différents services individuels. Prenons par exemple le cas de l’apôtre Paul. Longtemps avant d’avoir fini sa course, il est témoin de la chute publique de l’Église. «Tous ceux qui sont en Asie... se sont détournés de moi» (2 Tim. 1:15).

Ces exemples donnent l’explication de l’ordre moral significatif que l’on trouve dans le récit de Néhémie. À peine les échos de la joie exprimée par Jérusalem d’être à nouveau entourée de murailles se sont-ils éteints (12:43), que déjà réapparaissent tous les maux qui avaient jusqu’alors affligé le peuple et qui avaient été la cause de leurs longues années de bannissement. Le livre se termine par le récit de la lutte de Néhémie contre les transgresseurs en Israël et de ses efforts énergiques pour maintenir la souveraineté de l’Éternel dans la sainte ville.

À suivre