Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 25, versets 1 à 9

17. Exode 25:1-9 — Le tabernacle

Avec ce chapitre, nous abordons un nouveau sujet qui s’étend jusqu’à la fin du chapitre 30, celui du tabernacle. Cette portion se trouve de nouveau divisée en trois parties. D’abord, dans les directives concernant la construction du tabernacle et de ses ustensiles, les objets qui manifestent Dieu sont décrits. Cette partie va jusqu’au chapitre 27:19. Puis les vêtements et la consécration des sacrificateurs nous sont présentés dans les chapitres 28 et 29. Enfin les ustensiles nécessaires pour pouvoir s’approcher de Dieu sont détaillés dans le chapitre 30. Il est à remarquer que certains des ustensiles qui évoquent tel ou tel aspect de la gloire de Dieu servent aussi à s’approcher. Mais si nous nous souvenons de l’intention première de chacun d’eux, il n’y aura pas de confusion, et leur disposition sera facilement comprise. Nous aurons l’occasion, en passant en revue les différentes parties du tabernacle, d’indiquer la signification de chacune d’elles avec plus de précision. Pour l’instant, la division proposée aidera le lecteur à pénétrer avec plus d’intelligence dans l’étude de cette section de l’Exode.

17.1. Le tabernacle: une habitation pour Dieu

Ch. 25:1-9 — Il y a trois côtés à relever dans ces directives. Le premier, c’est leur but: faire un sanctuaire. «Ils feront pour moi un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux». La pensée primitive qui se rattache au tabernacle est donc qu’il était l’habitation de Dieu. Comme cela a été relevé au chapitre 15:2, Dieu n’avait jamais habité sur la terre avec les siens avant la traversée de la mer Rouge, avant qu’en figure, la rédemption ait été accomplie. Dieu visitait Adam dans le jardin; il apparaissait aux patriarches et communiquait avec eux; mais la construction d’un sanctuaire dans lequel il habiterait ne se trouve pas mentionnée avant qu’il eût racheté son peuple hors d’Égypte. Le tabernacle était donc une preuve de la rédemption, et le signe que Dieu avait amené un peuple racheté en relation avec lui-même, lui étant le centre autour duquel ils étaient rassemblés. Telle est la pensée de Dieu dans la rédemption. Il ne veut pas seulement sauver les siens selon ses propres intentions, mais il désire aussi, selon les vœux de son amour immense, les avoir dans une place de proximité, rassemblés autour de lui — lui leur Dieu, et eux son peuple. Nous savons combien imparfaitement les désirs de son cœur ont été satisfaits à cause des manquements du peuple placé sous la responsabilité.

Cependant Dieu avait son sanctuaire au milieu d’eux, tant dans le désert que sous la royauté. Dans la dispensation chrétienne, les siens eux-mêmes constituent sa maison; dans le millénium, il aura un autre sanctuaire matériel à Jérusalem; et enfin, dans l’état éternel, la sainte cité, nouvelle Jérusalem, descendra du ciel d’auprès de Dieu et formera sur la nouvelle terre l’habitation de Dieu avec les hommes (Apoc. 21:2, 3). Alors l’admirable propos de Dieu sera manifesté dans toute sa perfection. Et comme les choses vieilles avec toutes les afflictions qui y sont liées à cause du péché de l’homme seront passées, rien ne viendra ternir la jouissance pleine, parfaite et bénie de l’amour de Dieu pour les siens, amour auquel répondra celui des rachetés pour leur Dieu. Leur adoration et leur service en constitueront l’éternelle et parfaite manifestation. Mais tout cela se trouve en type dans ce sanctuaire qu’Israël fut appelé à faire afin que Dieu puisse habiter au milieu d’eux. 

17.2. Le tabernacle: manifestation de la gloire de Dieu

Le tabernacle peut cependant être considéré à un autre point de vue. La maison dans laquelle Dieu habitait devait nécessairement être la scène de la révélation de sa gloire. Aussi, comme nous le verrons en considérant les détails de ce sanctuaire, chacune des parties qui la composent présente une manifestation de Dieu lui-même. Comme un autre l’a écrit: «Le tabernacle nous présente les gloires variées de Christ comme médiateur; pourtant nous n’avons pas l’unité de l’Église envisagée comme son corps. Mais il nous présente toutes les manières dont les voies et les perfections de Dieu ont leur manifestation par Christ, soit dans la création tout entière, soit dans la gloire des siens, soit dans sa propre personne. En un mot, nous y voyons la scène de la manifestation de la gloire de Dieu, sa maison, son domaine, dans lesquels il déploie son Être (pour autant que son Être peut être vu), les richesses de sa grâce et de sa gloire; enfin nous y trouvons sa relation en Christ avec nous, pauvres et faibles créatures qui nous approchons de Lui; mais il y a encore un voile qui cache sa présence, et il est vu comme Dieu, non pas comme Père»1. C’est la raison pour laquelle l’homme spirituel se plaît à rechercher l’enseignement typique de tous les éléments de ce sanctuaire, y découvrant les diverses mesures et manières selon lesquelles Dieu s’est révélé, et apprenant qu’elles ne peuvent être comprises que lorsque la clé de leur secret est trouvée dans la personne de Christ. Si nous nous souvenons de cela, nous serons d’une part préservés de tout écart de l’imagination, et d’autre part, nos méditations seront marquées par un intérêt tout nouveau, Christ lui-même étant toujours devant l’âme.

1 Études sur la Parole de Dieu, par J.N. Darby.

 17.3. Le tabernacle: image du ciel

Le tabernacle présente encore un troisième aspect. Il est une image du ciel. Il y avait le parvis, le lieu saint et le lieu très saint. Le sacrificateur traversait ainsi en figure le premier et le deuxième ciel avant d’entrer dans le troisième, scène de la présence particulière de Dieu. L’apôtre Paul révèle qu’il a été «ravi jusqu’au troisième ciel». Dans l’épître aux Hébreux, il y a une allusion à cette signification donnée au tabernacle: «Ayant donc un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu» (Héb. 4:14). Dans ce passage Christ est vu comme ayant traversé, tel le souverain sacrificateur au grand jour des expiations, le parvis et le lieu saint pour entrer dans le lieu très saint (tous trois étant des symboles du ciel), dans la présence de Dieu.

À cet égard, on peut mentionner, et c’est là le deuxième point, que le tabernacle fut fait d’après le modèle montré à Moïse sur la montagne (v. 9, 40, etc.), et que, par conséquent, il était le type de choses célestes. Cet enseignement est développé dans l’épître aux Hébreux. Là il nous est parlé de Christ comme «ministre des lieux saints et du vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l’homme» (8:2); et plus loin, il est dit: «Il était donc nécessaire que les images des choses qui sont dans les cieux fussent purifiées par de telles choses (le sang des sacrifices d’animaux), mais que les choses célestes elles-mêmes le fussent par de meilleurs sacrifices que ceux-là. Car le Christ n’est pas entré dans des lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu» (9:23, 24).

17.4. Le tabernacle: lieu de rencontre entre Dieu et les siens

Il est donc clair que le tabernacle était la scène du ministère sacerdotal; car puisqu’il était le lieu de l’habitation de Dieu, c’était aussi la place où le pécheur s’approchait de Dieu (plutôt où un peuple amené en relation avec lui s’approchait de Dieu), dans la personne du sacrificateur. En réalité, le souverain sacrificateur n’entrait qu’une seule fois l’an dans le lieu très saint (voir Lév. 16); mais c’était la conséquence de la chute de la sacrificature, et l’intention originale ne s’en trouvait aucunement affectée. Tout cela, y compris le voile et le fait que tous, sauf les sacrificateurs, étaient exclus du lieu saint, ne contribue qu’à nous enseigner, même par voie de contraste, les privilèges plus grands et plus bénis dont jouissent les croyants de la dispensation présente. Le voile étant déchiré, ils ont une pleine liberté pour entrer en tout temps dans le lieu très saint, parce qu’ils ont été rendus parfaits à perpétuité, n’ayant plus aucune conscience de péchés, par la seule offrande de Christ (Héb. 10); et ils s’approchent non pas de l’Éternel, mais de leur Dieu et Père, dans le Christ Jésus.

17.5. Les offrandes

Le dernier point mentionné est l’invitation adressée au peuple d’apporter en offrandes les matériaux dont serait composé le tabernacle. C’est une magnifique manifestation de grâce de la part de Dieu que d’associer ainsi les siens à lui-même dans son désir d’avoir un sanctuaire pour habiter au milieu d’eux. Ainsi les offrandes ne devaient venir que de ceux qui avaient un esprit libéral. C’est de toute beauté! Dieu produit d’abord le vouloir, et ensuite il attribue aux Israélites l’offrande qu’ils apportaient. Il comptait sur la communion du peuple, cherchant une réponse au désir formel de son cœur. Comme nous le verrons plus loin dans ce livre, les Israélites répondirent, et de manière si abondante qu’il fallut proclamer de ne plus apporter d’offrandes. Nous avons aussi un bel exemple de cela en David, quant au temple: «Il a juré à l’Éternel, et fait un vœu au Puissant de Jacob: Si j’entre dans la demeure de ma maison, si je monte sur le lit où je couche, si je permets à mes yeux de dormir, à mes paupières de sommeiller, jusqu’à ce que j’aie un lieu pour l’Éternel, des demeures pour le Puissant de Jacob!» (Ps. 132:2-5). Même si ce fut dans une mesure moindre que plus tard au temps du roi d’Israël, les offrandes nécessaires furent apportées en abondance par des cœurs bien disposés. Inclinés par la grâce de Dieu, ils eurent ainsi le privilège d’offrir des matériaux qui, assemblés selon les directives reçues, constitueraient l’habitation de l’Éternel. Et ces matériaux, considérés séparément, serviraient de symbole et de manifestation de quelque rayon de sa gloire.

La signification symbolique de toutes ces offrandes sera indiquée en rapport avec la place qu’ils occupent dans le tabernacle. Pour l’instant, il suffira de dire qu’ils parlent tous de Christ.

À suivre