Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de Néhémie.

Livre de Néhémie

Edward Dennet

Chapitre 8, versets 1 à 8

9   Chapitre 8 — Lecture de la Parole de Dieu et fête des tabernacles

9.1   Place du chapitre 8

Avant d’entrer dans le sujet de cet intéressant chapitre, il vaut la peine de signaler la place qu’il occupe. Le chapitre 6 traite de l’achèvement de la muraille, le chapitre 7 nous parle des précautions et des moyens mis en œuvre en vue de la sécurité de la ville et du dénombrement du peuple par généalogies. Le chapitre 8 établit l’autorité de la Parole de Dieu. Cet ordre est des plus instructifs; les murs peuvent être bâtis, le peuple rassemblé et bien en ordre, mais rien ne pourrait le maintenir dans la position où il a été établi, si ce n’est l’obéissance à la Parole de Dieu; car l’obéissance donne au Seigneur sa place et au peuple la sienne. Au Seigneur la prééminence, au peuple la soumission. L’obéissance est par conséquent le chemin de la sainteté, puisqu’elle exclut tout ce qui est incompatible avec les droits suprêmes du Seigneur. C’est une leçon pratique de grande importance pour l’Église. Le témoignage du Seigneur rassemble les âmes autour de Christ, sur le terrain de l’unité du corps; mais dès qu’elles sont rassemblées, c’est alors la responsabilité des docteurs et des pasteurs de faire valoir la suprématie du Seigneur, par l’autorité de la Parole écrite, de nourrir le troupeau de Dieu avec une nourriture appropriée, de les édifier sur leur très sainte foi, et de les fortifier ainsi contre les artifices et les ruses de l’ennemi.

9.2   Ch. 8:1, 2 — Autorité de la Parole retrouvée

Nous avons vu que le livre de Néhémie reproduit, au chapitre 7, le chapitre 2 d’Esdras; et le premier verset de ce chapitre 8 correspond exactement à Esdras 3:1 où nous lisons: «Et quand arriva le septième mois, les fils d’Israël étant dans leurs villes, le peuple s’assembla comme un seul homme à Jérusalem». Dans Néhémie, il est dit: «Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux». Et au verset 2, nous trouvons que ce rassemblement avait lieu «le premier jour du septième mois». C’est la date qui, dans les deux cas, explique le pourquoi de ce rassemblement. Le premier jour du septième mois, c’était la fête des trompettes (Lév. 23:24 — Nomb. 29:1). C’est une figure de la restauration d’Israël dans les derniers jours. Cette fête était un appel puissant pour le cœur de tout vrai Israélite qui avait quelque intelligence de sa portée et de sa valeur. Il ne nous est pas dit si dans ce cas l’on a sonné des trompettes. Et le fait même que cela ne nous soit pas rapporté est significatif. «Et ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la loi de Moïse, que l’Éternel avait commandée à Israël» (v. 1). Quand tout est confusion, parce que la Parole de Dieu a été négligée, la première chose à faire c’est de rétablir, non les fêtes, mais l’autorité de la Parole sur la conscience. Au lieu donc de faire retentir les trompettes, il y eut une assemblée solennelle réunie pour lire la loi. Le peuple semblait en avoir oublié même le souvenir. Pour citer les paroles d’un autre: «c’était réellement de la trompette de Dieu qu’il s’agissait, quoique le peuple en fût inconscient, qui les réunissait a la nouvelle lune, qui brillait à nouveau en grâce, quels que puissent être les nuages qui voilaient sa faible lumière». Et c’est très beau de noter qu’Esdras, dont il n’a pas été fait mention auparavant dans ce livre, est celui auquel ils ont recours pour le besoin présent. Esdras était «un scribe versé dans la loi de Moïse qu’avait donnée l’Éternel, le Dieu d’Israël» (Esd. 7:6). Il faisait ses délices et sa nourriture, de cette Parole, qu’il communiquait ensuite aux autres. Mais, dans un temps de relâchement quasi-général, de confusion et de ruine, on ne recherchait pas le docteur de la loi; aussi bien, on ne prit plus garde à Esdras, si même il ne tomba pas dans l’oubli. Cependant, maintenant qu’il y avait en quelque sorte un réveil, produisant le désir d’entendre la Parole de Dieu, on se souvint d’Esdras et on rechercha son service. Heureux le serviteur qui, s’estimant sans valeur, peut se retirer quand on n’a pas besoin de lui et reparaître quand on le recherche à nouveau, désireux d’être n’importe quoi, ou même rien du tout, connu ou inconnu, pourvu qu’il puisse servir le peuple bien-aimé de Dieu!

9.3   Ch. 8:2, 3 — Le peuple rassemblé pour écouter la Parole

9.3.1   Empressement à écouter

Dans les versets 2 et 3, nous avons le récit de ce rassemblement de tout le peuple pour écouter la Parole de Dieu. La congrégation était composée d’hommes, de femmes et de ceux «qui avaient de l’intelligence pour entendre», ce qui veut dire, pensons-nous: tous les enfants en âge de comprendre ce qui était lu. Il n’y avait donc pas de groupes séparés, pas d’enseignement séparé pour les hommes, les femmes et les enfants, mais tous étaient ensemble comme formant la congrégation du Seigneur. Devant ce rassemblement, Esdras lut le livre de la loi «depuis l’aube jusqu’à midi», probablement pas moins de six heures, et «tout le peuple prêtait l’oreille au livre de la loi» (v. 3). En temps ordinaire, autrefois comme de nos jours, il serait impossible de tenir le peuple en éveil si longtemps, à écouter la simple lecture des Écritures; mais quand il y a un vrai travail de l’Esprit de Dieu après un temps de relâchement général, les saints retournent toujours à nouveau, avec avidité, à la Bible et ne sont jamais fatigués de lire ou d’écouter les vérités qui ont été le moyen de réveiller leurs âmes. L’amour pour la Parole de Dieu, avec le désir intense de rechercher ses trésors cachés est toujours la caractéristique d’un vrai réveil. C’est ce fait qui explique l’empressement du peuple dans ce chapitre, le premier jour du septième mois, à écouter la lecture du livre de la loi.

9.4   Ch. 8:4-8 — Détails de cette journée remarquable

9.4.1   Esdras. Conditions de la lecture de la Parole

Les versets 2 et 3 nous donnent un exposé général. Dans les versets suivants 4-8, nous avons les détails de cette remarquable journée. D’abord, nous apprenons qu’«Esdras, le scribe se tenait sur une estrade de bois qu’on avait faite pour l’occasion» (v. 4). L’objectif était, comme aux jours actuels, qu’il puisse être vu et entendu par toute la congrégation. Six hommes se tenaient à sa droite et sept à sa gauche et l’Esprit de Dieu a permis que leurs noms soient mentionnés, car c’était un jour mémorable et le privilège qui leur était accordé de se tenir aux côtés d’Esdras était grand. Puis «Esdras ouvrit le livre aux yeux de tout le peuple, car il était élevé au-dessus de tout le peuple; et quand il l’ouvrit, tout le peuple se tint debout» (v. 5). Ce n’était pas une simple forme, car le livre qu’Esdras ouvrait était la voix du Dieu Vivant s’adressant au peuple; ils en étaient conscients et le reconnaissaient en se tenant debout avec révérence. Les paroles qu’il contenait avaient été prononcées premièrement par le Seigneur au Sinaï «du milieu du feu» (Deut. 5:5). Israël avait tremblé devant le Dieu Saint qui leur parlait, et «ceux qui l’entendaient prièrent que la Parole ne leur fût plus adressée» (Héb. 12:19). Ceux qui se tenaient maintenant devant Esdras ne pouvaient manquer de se rappeler tout cela. Ils se tinrent donc debout dans la présence de leur Dieu.

9.4.2   Esdras bénit

«Et Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu», c’est-à-dire qu’il rendit grâces (ou: sa prière fut une action de grâces) à l’Éternel. Nous trouvons l’emploi de ce mot «bénir» dans le Nouveau Testament en particulier en rapport avec la fête de Pâque et avec la Cène du Seigneur. Ainsi dans l’évangile de Matthieu, il est écrit: «Jésus ayant pris le pain et ayant béni» (Matt. 26:26), tandis que dans Luc nous lisons: «ayant pris un pain, et ayant rendu grâces» (Luc 22:19). Ainsi il est clair que le mot «bénir» employé dans ce sens a la signification de «rendre grâces» (voir aussi 1 Cor. 14:16). Il est nécessaire de souligner ceci et d’y insister, car plus d’une des prétentions du clergé est fondée sur une mauvaise interprétation du mot «bénir». Ils essaient ainsi de prouver que le pain et le vin dans la Cène du Seigneur doivent premièrement recevoir la bénédiction du prêtre, être consacrés. On maintient par exemple que ce que Paul a dit: «la coupe de bénédiction que nous bénissons» (1 Cor. 10:16) signifie: «la coupe que nous, les prêtres, bénissons». À la lumière des Écritures, le caractère profane d’une telle assertion se révèle rapidement. Le clergé tord avec légèreté le simple enseignement de la Parole de Dieu. Et les saints sont ainsi privés de leurs privilèges, et privés également de la proximité et de la bénédiction dans lesquelles ils ont été amenés sur le terrain de la rédemption (voir Jean 20:17; Héb. 10:19-22).

9.4.3   Attitude du peuple

À la fin de la prière ou de l’action de grâce d’Esdras, «tout le peuple répondit Amen, amen! en élevant les mains, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant l’Éternel, le visage contre terre». C’est une scène saisissante car le Seigneur travaillait dans les cœurs de son peuple avec puissance; ainsi leur attitude même exprimait leur sainte révérence. Ils se tenaient debout tandis qu’Esdras priait, ils répondaient «Amen, amen», ils élevaient les mains et se prosternaient, le visage contre terre. Dans un état de pauvreté, de déclin spirituels, on peut souvent remarquer que le peuple de Dieu prend des attitudes de relâchement corporel pendant l’adoration ou la prière; mais dès qu il y a une manifestation de la puissance de l’Esprit de Dieu, tout change; et ceux qui sont le plus sous son influence adoptent immédiatement une attitude qui montre la conscience qu’ils ont de ce qui convient devant Dieu — à genoux ou debout.

9.4.4   Lecture. On fait comprendre la Parole

Tout ce que nous venons de voir préparait le peuple à l’activité prévue pour ce jour: la lecture de la loi, dont nous parlent les deux versets suivants: «Et Jéshua et Bani... et les lévites faisaient comprendre la loi au peuple; et le peuple se tenait à sa place. Et ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et ils en donnaient le sens et le faisaient comprendre lorqu’on lisait» (v. 7-8). Il faut se souvenir que le peuple avait séjourné longtemps à Babylone et que plusieurs d’entre eux, sous l’influence de leur entourage, avaient adopté les habitudes, la façon de vivre et même la langue des Babyloniens. Le langage sacré, celui de leurs pères, était ainsi tombé en désuétude, et il avait été, dans bien des cas, oublié. En outre, il y avait une autre source de confusion. Quelques Juifs avaient épousé «des femmes asdodiennes, ammonites et moabites; et leurs fils parlaient à moitié l’asdodien et ne savaient pas parler le juif, mais selon la langue de l’un ou de l’autre peuple» (Néh. 13:23-24). Il était donc devenu nécessaire de bien faire comprendre la loi au peuple, de la lire distinctement ou avec une interprétation, d’en donner le sens et de leur faire saisir ce qui était lu. Tout cela est très instructif et de deux manières: premièrement, nous apprenons que la conformité au monde conduit à l’oubli et à l’ignorance de la Parole de Dieu; en second lieu, la vraie fonction de celui qui enseigne est de donner le sens des Écritures, d’expliquer leur signification et d’en faire comprendre la portée aux auditeurs. Il faut que la Parole soit aussi appliquée à l’état et aux besoins du peuple, mais même sur ce point, comme dans le cas qui nous occupe ici, c’est l’Esprit Saint qui dirigera pour le choix des portions convenables.

À suivre