Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur l'épître aux Romains.

Épître aux Romains

F.B. Hole

Chapitres 11, 12 et 13

Chapitre 11

Bien que, comme nation, Israël ait été mis de côté pour un temps, le peuple n’a pas été rejeté pour toujours. Aujourd’hui comme au temps où l’apôtre écrivait, nombreux sont ceux qui pensent que le rejet d’Israël est définitif. Mais «qu’ainsi n’advienne»! Car les Juifs sont le peuple que Dieu a préconnu pour un but particulier et, s’ils devaient être rejetés pour toujours, le but de Dieu ne serait pas atteint. L’apôtre avance aussitôt son propre cas comme preuve. Miséricorde lui avait été faite, à lui un Israélite, un échantillon de ce résidu que Dieu appelait alors, et un gage  de la restauration finale de sa nation. Dieu appelle aujourd’hui encore un résidu, de même qu’il s’en était réservé un aux jours d’Élie.

Au temps d’Achab, lorsque Israël vivait pratiquement dans l’apostasie, Dieu s’était réservé plus de sept mille hommes qui lui étaient fidèles de cœur, même si Élie était le seul à rendre en public un témoignage éminent. C’était là le fruit de la grâce de Dieu et la même grâce opère encore. Il y a ainsi «un résidu selon l’élection de la grâce» (v. 5). En tant que nation, les Israélites avaient méprisé la grâce et recherché la justice par l’observation de la loi; ils ne l’avaient pas obtenue et avaient été endurcis (v. 7). Touché par la grâce, le résidu avait été sauvé.

Les versets 8 à 10 nous montrent comment la chute d’Israël et l’endurcissement qui s’en est suivi avaient été anticipés par les prophètes de l’Ancien Testament. Le verset 11 indique une conséquence importante qui découle de cette situation: par là le salut avait été présenté aux nations. Les versets 12 à 15 traitent de la restauration nationale finale des Juifs, et ses effets contrastent d’une manière frappante avec les conséquences de leur mise de côté.

Suite à leur chute, l’évangile de la grâce a été envoyé parmi les nations et le monde des Gentils s’est trouvé grandement enrichi. Il en est résulté «la réconciliation du monde»; c’est-à-dire que le monde, laissé de côté et dans les ténèbres quand Dieu faisait converger toutes ses voies sur Israël, se trouve maintenant dans une position privilégiée, à la lumière de l’évangile. La réconciliation dont il est question ici n’est pas, comme au chapitre 5, quelque chose de vital et d’éternel, conséquence de la mort de Christ; elle est provisionnelle et dispensationnelle, conséquence de la chute d’Israël.

Aujourd’hui, Israël est déchu, abaissé, brisé, et tout ceci a opéré en faveur des Gentils. Quel sera alors le résultat de «leur réception», de «leur plénitude»? — c’est-à-dire de la faveur retrouvée des Juifs devant Dieu? Un nouvel accroissement de bénédiction sur la terre, si grand qu’il est comparé à «la vie d’entre les morts». Cependant, le sujet principal de ce passage est qu’Israël a perdu la place privilégiée qui était la sienne autrefois, les Gentils sont maintenant visités en bénédiction, tandis que parallèlement Dieu préserve encore un résidu tiré d’Israël selon l’élection de sa grâce.

Dans les versets 16 à 24, la pensée est confirmée et développée par une image concernant un olivier et une greffe. Sans doute, le choix de l’olivier est particulièrement approprié pour cette illustration: étant la source de l’huile, cet arbre parle en figure d’abondance, ou de bénédiction, spirituelle. Autrefois, les Israélites occupaient cette place de bénédiction sur la terre en relation avec Abraham, leur ancêtre. Comme nous l’avons vu, ils l’ont perdue, et maintenant les Gentils y ont été introduits; nous lisons en effet: «Afin que la bénédiction d’Abraham parvînt aux nations dans le Christ Jésus» (Gal. 3:14).

Ce transfert est illustré par l’arrachage de quelques-unes des branches naturelles de l’olivier et la greffe de branches d’un olivier sauvage; ces branches, autrefois sauvages, participent ainsi maintenant de l’abondance du bon olivier, en puisant leur nourriture de ses racines. Le procédé de la greffe suggéré est «contre nature», comme l’indique le verset 24. Toutefois la découverte que les opérations de la grâce vont dans le sens contraire des processus de la nature n’a rien de nouveau.

Pour nous les Gentils, il est important de prendre conscience de ce qui s’est passé, et de la manière dont cela a eu lieu. Israël a perdu son ancienne position à cause de son incrédulité, et nous sommes dans notre nouvelle position par la foi. Aussi prenons garde! Si les Gentils ne persévèrent pas dans la foi, que peuvent-ils attendre sinon d’être arrachés à leur tour? Les branches greffées de l’ancien olivier sauvage ne doivent pas compter être traitées mieux que les branches naturelles de l’arbre. Encore une fois, souvenons-nous qu’ici il ne s’agit pas de la bénédiction spirituelle des croyants individuellement, mais du changement de dispensation dans les voies de Dieu, changement par lequel le peuple rebelle d’Israël est placé sous le déplaisir de Dieu en gouvernement, et les Gentils sont introduits dans une position de faveur en relation avec l’évangile.

Les voies de Dieu à cet égard illustrent les deux côtés de son caractère: bonté et sévérité, comme l’indique clairement le verset 22. La sévérité de Dieu est considérablement dépréciée, sinon niée, dans de nombreux cercles religieux aujourd’hui. Pourtant, elle existe, et ceux qui la rabaissent ou la nient devront en connaître la réalité le moment venu. Les branches naturelles — Israël dans la misère et la dispersion — seront entées à nouveau et les branches orgueilleuses d’entre les Gentils arrachées. Les temps des Gentils touchent à leur fin.

Avec le verset 25, nous quittons la figure de l’olivier et reprenons le sujet principal du chapitre. L’apôtre annonce très clairement que l’endurcissement d’Israël ne durerait que jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée. Les yeux des Juifs seront alors ouverts, et Israël comme un tout sera sauvé. Cela se produira lorsque le Seigneur Jésus reviendra. L’endurcissement n’est que «partiel» puisque tout au long de cette période Dieu a suscité un résidu d’entre les Juifs. Lorsque Jésus viendra, «tout Israël» sera sauvé, c’est-à-dire Israël comme un tout ou en tant que nation. Cela ne signifie pas que chaque Israélite individuellement sera sauvé, car les Écritures montrent que beaucoup d’entre eux adoreront l’Antichrist et périront.

«La plénitude des nations» fait allusion à l’œuvre actuelle de Dieu, qui consiste à appeler un résidu d’entre les nations gentiles aussi. Lorsque cette œuvre sera achevée et que toute la «plénitude» sera atteinte, ce sera la fin. Les conseils de grâce de Dieu envers les nations seront achevés et alors il assurera l’accomplissement de ses conseils à l’égard d’Israël; car jamais Dieu ne se repent ou ne change d’avis concernant ses dons ou son appel. Seulement il accomplira ces conseils non pas sur le terrain du mérite de l’homme, mais sur celui de Sa grâce.

Nous lisons au verset 31: «De même ceux-ci aussi ont été maintenant désobéissants à votre miséricorde, afin qu’eux aussi deviennent des objets de miséricorde». Les Juifs comme nation ont rejeté l’évangile uniquement parce qu’il impliquait la miséricorde, une miséricorde envoyée spécialement aux Gentils (Actes 22:21, 22 en donne un exemple), et finalement, ils seront profondément humiliés et recevront la bénédiction sur le même terrain que les Gentils si méprisés.

En achevant son tableau général des voies dispensationnelles de Dieu, en voyant la miséricorde se déverser à la fin même sur ses propres concitoyens autrefois si endurcis et sûrs d’eux, Paul a l’âme remplie d’adoration. Il la laisse éclater dans la doxologie qui termine le chapitre. Nous pouvons l’appeler la doxologie de la sagesse de Dieu, tout comme à la fin d’Éphésiens 3, nous trouvons la doxologie de son amour et en 1 Timothée 1, celle de sa grâce. L’apôtre glorifie cette sagesse qui caractérise toutes les voies de Dieu, amenant finalement toutes choses à un accomplissement glorieux qui répond à la fois à la gloire de Dieu et à la bénédiction de ses créatures.

Chapitre 12

Ainsi le chapitre 11 se termine presque de la même manière que le chapitre 8. Dans l’un comme dans l’autre, nous trouvons le propos de Dieu et sa grâce manifestée dans l’élection. Il n’est donc pas étonnant que le chapitre 12 commence par un appel fondé sur les compassions de Dieu. Nous abordons ainsi la partie pratique de l’épître. Il n’y a qu’une chose à faire en réponse aux riches compassions que l’évangile nous a apportées: présenter nos corps en sacrifice vivant, agréable à Dieu. Tel est notre service raisonnable ou intelligent, et acceptable devant Dieu.

Au verset 13 du chapitre 6, l’apôtre avait indiqué que, pour être délivrés de l’esclavage du péché, nous devions nous livrer nous-mêmes à Dieu, et livrer nos membres à Dieu, comme instruments de justice. Nous devions le faire, une fois pour toutes, comme une question réglée. L’exhortation que nous trouvons ici est très semblable. Avons-nous tous connu un moment dans notre vie où, conscients de la grâce infinie de Dieu, submergés peut-être par une telle grâce, nous avons présenté résolument notre corps comme un sacrifice vivant consacré à Dieu? Autrefois chacun de nous considérait son corps comme le moyen d’exprimer sa propre volonté. En fait, chacun de nous disait alors: «Je suis le maître de mon corps: il servira mes plaisirs». Est-ce que maintenant nous avons livré ce corps à Dieu, afin qu’il accomplisse Sa volonté et qu’il soit employé à Son service et à Sa gloire? Nous ne remplirons aucun service réellement intelligent avant de l’avoir fait. Nous ne pouvons pas être intelligents dans l’évangile sans voir qu’un tel pas est la seule réponse qui convienne.

Évidemment, cela entraîne ce qui nous est enjoint au verset 2. La non-conformité à ce monde — ou à ce siècle — nous caractérisera vu que nous serons nécessairement rendus conformes à la volonté de Dieu. Mais Dieu a sa propre manière de produire cela. Nous voyons parfois des chrétiens qui se sont conformés — nous le disons avec tristesse — à ce siècle, leur corps rendant continuellement témoignage à cette conformité. Parfois aussi nous rencontrons des chrétiens réformés, qui cherchent par beaucoup d’efforts laborieux à imiter Christ et à agir comme il le ferait. Ce qui est placé devant nous ici, c’est le chrétien transformé, la transformation commençant par l’entendement pour aboutir au corps, de l’intérieur vers l’extérieur.

Notre verset ne parle pas de ce que Dieu a fait, ou fait actuellement, pour nous. Il nous dit ce que nous devons faire. La responsabilité repose sur nous. Nous ne devons pas être formés selon ce siècle, nous devons être transformés. Ces deux choses, l’une négative, l’autre positive, ont à être opérées jour après jour. Le renouvellement de notre entendement et la transformation qui s’ensuit ne sont pas produits en un instant, une fois pour toutes; ils doivent être entretenus et croître tout au long de la vie.

Puisque nous devons être transformés par le renouvellement de notre entendement, selon les instructions divines qui nous sont adressées, nous pouvons bien demander comment avoir notre entendement renouvelé. La réponse est celle-ci: en le laissant se former selon les pensées de Dieu et en faisant abandon de nos pensées. Et comment cela se produira-t-il? En nourrissant nos âmes de la parole de Dieu qui nous communique les pensées de Dieu. Si nous lisons et étudions la parole de Dieu avec prière et dans la dépendance de l’Esprit de Dieu, nos facultés intellectuelles, comme aussi notre manière de penser, sont renouvelées.

Le vrai chemin de la sainteté chrétienne nous est ainsi révélé ici. Nous ne sommes pas appelés à suivre laborieusement un code de morale ou même à imiter la vie de Christ. Nous sommes mis en contact avec ce qui change toute notre manière de penser, et qui transforme par conséquent toute notre manière de vivre. C’est ainsi que nous pouvons discerner la volonté de Dieu pour nous-mêmes et trouver qu’elle est bonne, agréable et parfaite. Ce qui est bon devant Dieu sera bon pour nous puisque notre entendement aura été rendu conforme au sien.

Le tout premier point où sera manifestée notre conformité aux pensées de Dieu — et donc notre non-conformité aux pensées du monde — est en relation avec l’estime de soi-même. Chacun d’entre nous a naturellement une très haute opinion de lui-même, car nous n’avons pas appris à prendre notre vraie mesure devant Dieu. Plus notre entendement est renouvelé, plus nous nous voyons comme Dieu nous voit et apprenons que pour lui c’est la mesure de notre foi qui compte. La foi introduit Dieu dans notre vie, et ainsi la mesure de foi détermine notre niveau spirituel. Nous avons entendu une fois un chrétien remarquer avec gravité et une certaine tristesse à l’égard d’un autre croyant: «Eh bien, si nous pouvions acheter ce cher frère au prix auquel nous l’estimons, et le revendre au prix auquel il s’estime lui-même, nous ferions un beau bénéfice!» Que Dieu nous aide et nous apprenne à avoir des pensées très sobres quant à nous-mêmes, conscients que la foi constitue l’élément déterminant, et non pas l’intelligence, le statut social, les ressources financières ou les dons naturels.

En fait, le plus grand et le plus important d’entre nous n’est qu’une infime partie d’un tout infiniment plus grand. Tel est l’objet des versets 4 et 5; dans ce passage, pour la première fois en ce qui concerne cette épître, il est mentionné que nous ne sommes pas appelés à rester isolés, même si nous avons été sauvés individuellement: nous sommes introduits dans l’unité de l’assemblée de Dieu. Nous sommes un corps en Christ, et chacun un membre de ce seul corps. Le résultat pratique est que nous avons chacun une fonction différente, exactement comme les membres de nos corps naturels, et aucun de nous ne peut les concentrer toutes en lui seul.

Les versets 6 à 15 exposent le fonctionnement sur le plan pratique de ce qui précède. Chacun a son propre don selon la grâce qui lui a été donnée, et est ainsi appelé à reconnaître le rôle qu’il doit jouer dans l’ensemble. Chacun doit aussi veiller à agir de la bonne manière et dans le bon esprit. Par exemple, celui qui prophétise ne doit le faire que selon la proportion de sa foi. Sa connaissance peut aller au-delà de sa foi, mais qu’il prenne garde de ne pas parler au-delà de sa foi. Si nous y veillions tous, cela éviterait une quantité de discours sans profit dans les rassemblements des enfants de Dieu. De même, celui qui donne est appelé à le faire en simplicité. Celui qui exerce la miséricorde, qu’il le fasse joyeusement, afin de ne pas accomplir une bonne action d’une mauvaise manière. Et ainsi de suite. Les détails de ces versets n’appellent pas de remarques, sauf peut-être: «Quant à l’activité, pas paresseux». Il ne s’agit pas ici de l’ardeur avec laquelle nous nous acquittons de notre travail journalier.

Les derniers versets du chapitre donnent des instructions plus générales quant à ce qui convient pour nous selon la pensée de Dieu. L’humilité d’esprit, la franchise et l’honnêteté, un esprit de paix, l’absence de l’esprit presque universel de revanche et de vengeance, l’amour, un amour actif au point de répondre au mal par la bonté et de surmonter ainsi le mal par le bien. Toutes ces choses sont agréables à Dieu, et nous sont agréables dans la mesure où notre entendement est transformé et rendu conforme au sien. «Entasser des charbons de feu» sur la tête de son ennemi est une illustration suggérée sans doute par le psaume 140:10. Le psalmiste a prononcé cette prière en accord avec l’économie dans laquelle il vivait, celle de la loi. Notre verset indique la manière chrétienne de le faire.

Nous pouvons donc dire que ce chapitre 12 nous présente, dans beaucoup de ses détails, la volonté de Dieu pour nous, bonne et agréable et parfaite. La plupart des caractères mentionnés ne sont nullement appréciés par les gens du monde. Ils en estiment certains, mais dans la mesure où ils peuvent en tirer profit; par exemple, ils sauront très bien reconnaître l’honnêteté qui conduit le chrétien à s’acquitter rapidement de ce qu’il doit, ainsi que l’absence de vengeance s’ils réussissent à profiter injustement de lui. Seul le croyant dont l’entendement a été renouvelé peut voir la beauté de tous ces caractères.

Et seul le croyant dont la vie est transformée par l’opération de son esprit renouvelé commencera à les mettre réellement en pratique.

Chapitre 13

Les premières exhortations du chapitre 12 concernaient notre conduite dans le cercle chrétien. Puis, à partir du verset 14, nous avons appris quel comportement il nous convient d’adopter vis-à-vis des gens du monde; à cet égard, il est clairement souligné que nous rencontrerons beaucoup d’hostilité. Au début du chapitre 13, nous trouvons des instructions relatives à notre manière d’agir envers les gouvernements et les autorités de ce monde. Ce point était très important pour les premiers chrétiens qui subissaient fréquemment la persécution de la part des autorités; il l’est encore pour nous qui vivons à une époque où l’autorité est considérée avec bien peu de respect.

L’attitude du chrétien peut être résumée en un mot: la soumission. Nous devons éviter de «résister à l’autorité», c’est-à-dire de nous y opposer. Le motif invoqué doit être pesé avec soin: les «autorités» sont une institution divine, et nous y opposer, c’est nous opposer au Dieu qu’elles sont censées représenter, et nous attirer le jugement. Dans ce passage (v. 1-7), les autorités sont considérées dans leur caractère propre selon la pensée divine, plutôt que telles qu’elles se manifestent souvent dans la pratique.

Nous pourrions ainsi d’emblée nous récrier et évoquer la lamentable parodie d’autorité que l’on rencontre si fréquemment. Mais souvenons-nous que, lors de la rédaction de ces versets, Néron venait de monter sur le trône impérial à Rome, et que l’homme qui écrivait ces paroles allait bientôt connaître de cruelles souffrances de la part des autorités religieuses à Jérusalem. Lisons Actes 23:5 et 26:25 et, dans ces exemples, relevons combien Paul mettait réellement en pratique ce qu’il nous enseigne dans ce passage. Une seule chose nous dispense de la soumission demandée ici: les occasions où la soumission aux autorités nous entraînerait à désobéir à Dieu. Nous devons alors obéir à l’Autorité suprême. Comme Pierre a dit: «Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Actes 5:29).

Si nos pensées se limitent au gouvernement tel qu’il existe dans le monde aujourd’hui, nous ne manquerons pas d’être troublés. De tous côtés, nous assistons à des renversements, le pouvoir passant en d’autres mains. Sous la devise de la «Liberté», des actes tyranniques et des atrocités pires que celles des despotes d’autrefois sont commis. Mais si nous tournons nos regards vers Dieu et sa Parole, tout devient simple. Nous ne sommes pas placés dans le monde pour former ou pour changer des gouvernements, mais pour chercher les intérêts de notre Seigneur, rendant aux autorités, quelles qu’elles puissent être, tout l’honneur et toute la soumission qui leur sont dus. Les instructions s’appliquent entre autres au tribut et au péage, comme l’indique le verset 7. Nous devons payer tout ce qui est dû, tel que les taxes, les droits, l’impôt sur le revenu. Ce que les autorités font de notre argent lorsqu’elles l’ont reçu n’est plus notre affaire, mais la leur. Dans la grâce de Dieu, nous sommes déchargés de cette lourde responsabilité.

Au verset 8, la pensée de rendre ce qui est dû ne se limite pas aux gouvernements, elle s’étend à tous les hommes. Le chrétien ne doit contracter aucune dette, sauf celle de l’amour. Jamais il ne pourra s’acquitter pleinement de celle-ci. Aimé d’un amour infini, il est appelé à manifester l’amour dans un monde malveillant. Par là, il accomplit la loi, sans lui être assujetti, comme nous l’avons vu si clairement au chapitre 6.

Tout ce qui précède est confirmé et renforcé par ce que nous trouvons dans les derniers versets de ce chapitre. Cette soumission et cet amour devraient nous caractériser parce que nous sommes laissés dans le monde pendant qu’il est encore dans la nuit, afin de manifester les grâces du Seigneur Jésus Christ en attendant le jour. Il est très facile pour nous de l’oublier, de devenir insensibles et de nous assoupir comme le monde. D’où cet appel à nous réveiller. L’heure de notre salut final approche!

Nous sommes réellement dans les ténèbres. Ne le sentons-nous pas? Mais nous sommes exhortés à rejeter les œuvres des ténèbres, comme de vieux linges sales, et à revêtir «les armes de la lumière». Étant du jour, nous devons être baignés de la lumière du jour. Le croyant doit briller et rayonner au milieu des ténèbres, et la lumière même dont nous sommes revêtus apparaîtra comme une armure. Le chrétien qui brille est protégé par sa lumière. En un mot, nous sommes appelés à revêtir le caractère du Seigneur lui-même, plutôt que de satisfaire les convoitises de la chair.

Avec quelle puissance ces paroles devraient s’imposer à nos cœurs! Et avec quelle urgence! Si la nuit était fort avancée, et le jour approché lorsque Paul écrivait, combien plus en est-il ainsi aujourd’hui. Il est effectivement grand temps de nous réveiller du sommeil et de revêtir les armes de la lumière. Seulement, souvenons-nous toujours que, tant au verset 12 qu’au verset 14, se revêtir ne signifie pas prendre sur soi quelque chose de totalement extérieur à nous-mêmes, mais plutôt mettre quelque chose qui vient de l’intérieur, un peu comme un oiseau se revêt de ses plumes. Nous avons vu le principe lorsque nous avons considéré le verset 2 du chapitre 12.

À suivre