Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur l'épître aux Galates.

Épître aux Galates

William Kelly

Romains 7 et Galates 5

Il y a une chose, je crois, qui a conduit à la confusion sur ce sujet, c’est que plusieurs ont supposé que la doctrine présentée ici était la même qu’en Romains 7. Mais en Rom. 7, après les six premiers versets, le Saint Esprit nous donne l’expérience d’une personne troublée sous la loi. En conséquence nous ne voyons pas du tout que l’Esprit de Dieu y soit introduit. C’est un fait remarquable qui explique la différence entre ces deux portions de l’Écriture, ici et là. En Rom. 7 c’est un homme renouvelé — une âme réellement née de Dieu, —quelqu’un qui hait le péché comme aucun inconverti ne le fait, qui aime la justice parce qu’elle est de Dieu, et a le mal en horreur; et malgré tout, il fait le mal qu’il ne voudrait pas, et ne fait jamais le bien qu’il désire. Il a appris le mal qui est dans le péché, et il voit le bien qui est dans la justice, mais il est totalement impuissant. Quelle en est la cause? Le Saint Esprit le montre: il n’a que la loi devant lui. C’est un homme converti, mais luttant sous la loi, ce qui a pour effet de lui ôter tout ressort. Bien loin de lui donner du courage, et de faire ressortir ce qui est en Christ, la loi ne fait que le prendre sur le fait ici et là, d’un côté faisant pénétrer la sonde, et d’un autre le frappant d’un coup mortel; de sorte qu’il est tout désorienté en découvrant en lui une telle somme de mal, qu’il n’aurait jamais pensé pouvoir exister dans le cœur d’une personne convertie. Nous en connaissons tous quelque chose. Il n’y a pas longtemps que nous suivons Christ, si nous n’avons pas connu quelques luttes amères de ce type. Le résultat en est que tout ce que cette pauvre âme peut dire, c’est: «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort?» (Rom. 7:24). Nous aurions plutôt pensé qu’un chrétien aurait dit: Il y a longtemps que je suis délivré. Mais remarquez bien ceci: l’homme de Romains 7 ne se repose pas avec l’œil fixé sur le Libérateur. Il est converti, mais ne connaît pas la liberté. Il a la foi dans le Sauveur, mais il ne comprend pas l’application de la mort et de la résurrection de Christ à sa condition. Il ne sait pas qu’il n’est plus considéré comme étant dans la chair, mais dans l’Esprit — qu’il a le droit d’en avoir entièrement fini avec sa vieille nature, et de se voir en Christ devant Dieu. Dès l’instant où il arrive à cette découverte, que c’est une méprise d’appliquer la loi à son âme, il rend grâces. Avant cela, il s’écrie sous la pression de son angoisse: «Misérable homme que je suis!», et pourtant, c’est juste à ce moment que se présente cette nouvelle pensée, venant de Dieu: «Qui me délivrera?». J’ai compris, maintenant; je vois qu’il ne s’agit pas de ma propre lutte avec la loi pour vaincre le mal; je vois qu’il y en a un autre, un Libérateur. — En conséquence, l’instant d’après, il peut se tourner vers Dieu avec reconnaissance, et dire: «Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur» (Rom. 7:25). Après cela, il est heureux, parfaitement heureux, malgré la conscience de la présence persistante de la vieille nature au-dedans de lui. Qu’est-ce qui le rend heureux? Il voit qu’il y a deux choses distinctes — la vieille nature qui, si on la laisse agir, sert toujours la loi du péché, — et la nouvelle nature qui cherche toujours la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit. Dorénavant, il est rendu capable d’entrer dans les grandes vérités du chapitre 8: «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus» (8:1); et de plus, il le fait de manière intelligente: «car la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort» (8:2). Il ne se contente pas de l’exprimer de manière vague: «… nous sommes tous affranchis», mais il dit bien précisément: «m’a affranchi». Ce n’est pas une confession de foi générale, mais c’est l’application de la vérité de la manière la plus positive aux besoins personnels de l’âme jusque-là dans la lutte. Il n’y a plus aucune servitude, maintenant qu’il voit Christ ressuscité. Dans quel but est-Il ressuscité? Comme chef de famille, il est ressuscité pour me donner un nom et une position entièrement nouveaux. Il est descendu au fond de l’océan de mes péchés, et Il est ressuscité au-dessus d’eux. Ce qui était de moi, L’a fait descendre; et s’Il est ressuscité, c’est pour me ressusciter aussi avec Lui. La résurrection de Christ n’avait pas pour but de Lui conférer une position, mais de nous donner, de me donner une position. La mort de Christ était pour nous, pour ôter notre péché; la résurrection de Christ était pour introduire une bénédiction inaltérable. L’effet de la première venue de Christ, c’est de faire entrer nos âmes dans cette bénédiction; l’effet de Sa seconde venue sera d’y faire entrer nos corps en perfection, des corps libérés de toute trace de péché; nos corps y entreront comme nos âmes le devraient déjà maintenant. Si nous nous reposons sur Lui, nous ne devons pas avoir le moindre doute. Il ne s’agit pas du tout de savoir si je trouve de la chair en moi; si je n’en trouvais pas, ce serait plutôt une preuve que je ne suis pas un chrétien. «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous» (1 Jean 1:8). Et encore: «Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur et sa parole n’est pas en nous» (1 Jean 1:10). Ce dernier cas est plus grave, parce qu’une déclaration claire et positive de l’Écriture va à l’encontre.

Ainsi donc, ce qui distingue un chrétien, ce n’est pas de ne pas avoir de péché en lui, mais d’avoir une nouvelle nature que nul ne possède, sinon celui qui croit en Jésus par le Saint Esprit. En vertu de Christ, Dieu le considère comme quelqu’un qui en a entièrement fini avec le péché, comme cause du jugement de Dieu sur nous. Sous ce rapport, Dieu a entièrement terminé la question, mais non pas dans ses voies quotidiennes envers nous. C’est là qu’intervient la confession de nos manquements: c’est une chose juste et bonne pour le chrétien de juger et de confesser son mal. Le fait d’être entièrement pardonné de toutes nos fautes, n’ôte ni le besoin, ni le devoir, ni le privilège de confesser à Dieu journellement la vérité quant à nous-mêmes. C’est une chose bénie de pouvoir le faire dans la confiance que Dieu s’intéresse à nous — que Dieu aime que nous allions à lui à l’égard de tout. Nous devrions nous fier assez à Son propre amour pour déclarer tous nos manquements et les confesser devant Lui.

La loi disait: Tiens-toi loin. Si même une pauvre bête touchait la montagne, elle devait être lapidée (Héb. 12:20) ou transpercée d’une flèche (Ex. 19:13). Ce que la loi disait à l’un, elle le disait à tous. Elle ne disait pas: Chacun de vous qui êtes croyants, vous pouvez vous approcher. La loi n’établit point de distinction entre croyants et non croyants. Elle ne tolère pas l’infirmité humaine. Les gens sont-ils pécheurs? Si oui, ils sont maudits. Voilà la sentence de la loi. Elle n’a jamais rendu un homme juste, pas plus qu’une loi humaine ne produit l’honnêteté. Depuis le commencement du monde, il en est ainsi: jamais personne n’a été rendu honnête par une loi votée par un parlement. Ce qui amène les personnes à obéir, c’est Christ, qui est entièrement au-dessus de la loi. La juste frayeur de la colère peut réveiller, mais ne donne aucune puissance. Même dans les choses terrestres, il faut un principe au-dessus de la crainte d’aller en prison. S’il n’a que cette crainte pour l’empêcher de voler, l’homme est un fripon. C’est exactement la même chose avec le croyant. Ce qui fait d’un homme un chrétien, c’est aussi ce qui le fait marcher habituellement comme un chrétien: c’est la puissance de l’Esprit de Dieu, révélant Christ. Allez-vous retourner à la loi pour maintenir votre âme en ordre?

Comme principe de marche et d’action, il est tellement mieux d’être rempli de Christ et de marcher par l’Esprit. Car que fait l’Esprit? Il glorifie Christ. C’est toujours là le test déterminant. La puissance d’une chose ne suffit pas à montrer ce qu’elle est vraiment. Si un homme parlait beaucoup de l’Esprit, et qu’en même temps il serve le péché et non pas Christ, qui aurait confiance? Il peut se faire des illusions à lui-même. Un homme peut avoir les prétentions les plus exorbitantes à la puissance du Saint Esprit agissant en lui ou dans le corps de Christ, mais comment puis-je savoir si ce qu’il revendique est réel? Voyons les épîtres de Jean qui nous dit d’éprouver les esprits; le grand critère est justement celui-ci: le Saint Esprit glorifie Christ, c’est immuable. Son objet n’est pas d’agrandir l’Église ou un ministre [serviteur du Seigneur]: c’est ce qui résulte d’un mauvais usage des choses de Dieu. Je ne suis pas en train de nier que la place de l’Église soit très importante, mais elle l’est en tant que vase de l’Esprit de Dieu, à qui elle est assujettie — en tant que scène où le Saint Esprit fait valoir Christ. Si les prétentions humaines sont tolérées, ou si le monde en fait grand cas, on ne se trouve pas en présence de l’Église de Dieu conduite par l’Esprit. Ce peut être l’église de l’homme, ou l’église-monde, mais ce n’est pas l’Église de Dieu. Ce qui caractérise l’Église, c’est la vérité de la présence du Saint Esprit confessée, reconnue et mise en pratique.

Il peut y avoir des manquements, comme il y en a dans le chrétien individuellement: il peut montrer de la colère, de l’orgueil ou de la vanité, mais il le ressentira, une fois ramené à lui-même, quoique le Seigneur puisse quelquefois juger nécessaire de briser un homme entièrement, comme Job, pour lui faire connaître ce qu’il est. La véritable action du Saint Esprit, soit dans l’individu, soit dans le corps, c’est d’exalter Christ. Qu’il s’agisse de manquements individuels, ou de ceux de l’Église, cela revient au même. Dieu ne permettra jamais qu’une assemblée reconnue de Lui persévère dans le mal; Il sait comment châtier une assemblée chrétienne aussi bien qu’un chrétien individuel; Il s’occupe d’eux s’ils sont droits. Nous ne devrions nous inquiéter de rien, mais en toutes choses exposer nos requêtes à Dieu par des prières et des supplications (Phil. 4:7). Inutile de s’agiter ou de se tourmenter pour ceci ou cela. Nous avons souvent tort de nous demander ce que nous pouvons faire en parlant à un tel ou un tel; si nous parlions beaucoup plus à Dieu, et moins à l’homme, les autres n’y perdraient rien, et nous, nous y gagnerions, et Dieu serait beaucoup plus glorifié.

À suivre