Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur l'épître aux Galates.

Épître aux Galates

William Kelly

Chapitre 4, versets 1 à 5

Chapitre 4

1. Rappel du chapitre 3

Nous avons passé en revue l’admirable contraste que le Saint Esprit montre dans la dernière partie du ch. 3 entre les promesses et la loi, et nous avons vu qu’elles sont entièrement distinctes, dans leur date et leurs circonstances, et aussi dans leur principe, leur caractère, et leur but. Toutes deux sont venues de Dieu, mais Dieu les a données dans des buts fort dissemblables. Ses promesses étaient le fruit de Son propre amour — Son propos était de bénir, Sa joie était de bénir, et sans exclusive en faveur des Juifs: les Gentils étaient inclus. Nous avons vu l’accent particulier mis sur ces promesses faites d’abord à Abraham, ensuite à Isaac, et qui établissaient formellement que les Gentils seraient bénis de Dieu. Le Saint Esprit relève le fait remarquable, que là où il y a une promesse sans réserve de bénédiction des Gentils, il n’y a aucune allusion à la postérité [ou: semence] nombreuse d’Abraham si fréquemment mentionnée dans l’Écriture; inversement, quand il est parlé de la postérité nombreuse comme les étoiles ou le sable, les Juifs sont visés. Si nous examinons la chose d’encore plus près, nous verrons que le moment où «la semence» unique nous est présentée, est après que le type de la mort et de la résurrection ait eu son accomplissement en la personne d’Isaac (Gen. 22): cela représente Christ ressuscité amenant les Gentils à la pleine bénédiction de Dieu, indépendamment de la loi. Je suis persuadé que ce point est si peu compris qu’il vaut la peine d’y redonner un coup d’œil en passant, outre ce qu’on a déjà vu. La compréhension qu’ont les chrétiens de la position dans laquelle la résurrection de Christ amène le croyant, est la partie des vérités fondamentales où ils sont en général le plus mal affermis. La mort de Christ met fin à toutes nos questions. Si c’était notre propre mort, ce serait la ruine, en tant que jugement; mais la mort de Christ a justement une efficacité aussi grande, ou plutôt une efficacité infiniment plus grande quand elle s’exerce en grâce. Christ étant entré par la résurrection dans une condition nouvelle où il ne peut y avoir aucune condamnation, le croyant est justement introduit devant Dieu dans ce domaine-là. La puissance de Dieu dans la mort de Christ ôte le mal; la puissance de la résurrection de Christ nous introduit dans le bien dont Il est le centre et la tête. Dans ce ch. 4, l’apôtre aborde un autre sujet. Si la loi et les promesses étaient opposées par nature — non pas contradictoires, mais totalement différentes dans leur portée et leur objet — quel était l’état du croyant de l’Ancien Testament? La réponse est donnée au début du chapitre 4, accompagnée d’un éclairage sur l’ancienne condition des Juifs croyants, et leur nouvelle relation avec Dieu en vertu de la rédemption.

2. Chapitre 4:1-5 — L’héritier en bas âge — La condition sous la loi; délivrance et rédemption

 «Or je dis qu’aussi longtemps que l’héritier est en bas âge, il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit seigneur de tout» (4:1). C’est un principe vrai à l’égard des croyants sous l’ancienne alliance, comme nous pouvons l’appeler. Ils étaient héritiers, sans doute, et avaient droit à la bénédiction; mais l’héritier n’est rien de plus qu’un serviteur ou un esclave tant qu’il est mineur, car telle est la force de l’expression «en bas âge» — c’est le mot employé dans l’antiquité, comme notre terme légal de «minorité», pour désigner quelqu’un qui n’a pas encore un certain âge légal donnant le droit d’agir tout seul pour conclure des contrats ou prendre des engagements. Or telle était la position d’un ancien sous la loi. Il n’était pas arrivé à l’âge mûr; il était réellement héritier, destiné à s’asseoir avec Abraham, Isaac et Jacob. Il n’y avait aucune différence à cet égard. La conversion et la régénération sont les mêmes dans tous les temps et dans toutes les dispensations. Il peut y avoir aujourd’hui plus de plénitude, plus de simplicité et plus de joie; mais quant au fond des choses, même après la chute, avant ou après le déluge, sous la loi, ou sans loi, l’héritier était en vérité seigneur de tout. Il doit avoir part en toute réalité au royaume de Christ, et régner avec Lui; mais si on veut savoir la nature de sa condition tant qu’il est dans ce monde, c’est celle d’un esclave, selon ce passage de Gal. 4. Selon le propos de Dieu, lorsque la gloire viendra, il aura une place glorieuse et bénie; mais tant qu’il est dans ce monde, il était «en bas âge», «sous des tuteurs et des curateurs jusqu’à l’époque fixée par le père» (4:2); la première expression se rapporte, je pense, à la personne, et la seconde, à ses biens. Il est ainsi assujetti «jusqu’à l’époque fixée par le père». «Ainsi aussi nous, lorsque nous étions en bas âge» — cela se rapporte spécialement à ce qu’ils avaient été comme croyants Juifs — «nous étions asservis sous les éléments du monde; mais, quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption» (4:3-5).

Rien de plus net. Tout est précisé avec une finesse et une force divines. Ce qui est en vue, c’est la bénédiction d’un saint de l’Ancien Testament, ou celle de quelqu’un ayant connu Christ «durant les jours de sa chair» (Héb. 5:7), parce qu’il n’y avait point de différence de fond entre ces deux cas: Pierre, Jacques et Jean, étaient tous alors «en bas âge». Certes Christ était alors présent en personne avec eux, et la porte était grande ouverte à la bénédiction; leurs yeux voyaient, leurs oreilles entendaient ce que les prophètes et les rois avaient désiré voir (Luc 10:24). Néanmoins, ils étaient encore «en bas âge»; ils n’étaient pas délivrés de la loi, et restaient assujettis à ses injonctions et ses ordonnances; la terreur en était le résultat, ce qui les maintenait dans l’incertitude et les ténèbres, au moins dans une mesure; et il fallait qu’il en soit ainsi. Un homme sous la loi n’avait pas le droit d’être totalement heureux. Si j’ai en quelque manière à faire avec la loi, je dois en sentir son effet: si j’ai la conscience d’avoir manqué sous la loi, je dois sentir dans mon esprit le poids de sa condamnation. Il en était ainsi des saints sous l’ancienne alliance. Ils étaient dans la servitude, parce qu’ils étaient sous des tuteurs et des curateurs. «Mais, quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption» (4:4-5). Il était indispensable que Christ soit homme, et Juif. S’il n’avait pas été homme, il ne pouvait y avoir de base pour rencontrer les enfants d’Adam, quelles que soient les conditions; s’il n’avait pas été Juif, que serait-il advenu de la loi et des promesses? Mais étant homme et Juif, quelque chose d’infiniment plus grand est introduit maintenant: la rédemption. Il vint comme un homme, sous la loi, mais dans le but de racheter ceux qui étaient sous la loi (4:4). Dieu avait trouvé bon de mettre le Juif dans une place spéciale, ayant en vue des buts particuliers; or le résultat de cette épreuve fut que les Juifs amenèrent un plus grand déshonneur sur le nom de Dieu que même les «pécheurs d’entre les nations» (2:15). Si jamais il y eut un peuple enclin à s’autodétruire, et à abandonner ce qu’ils tenaient de la miséricorde divine, ce fut bien Israël. S’il y avait une idole parmi les nations, ils en prenaient le modèle; le roi Achaz alla même jusqu’à commander que toutes les offrandes soient offertes sur l’autel qu’il avait imaginé d’après le modèle de l’autel païen qu’il avait vu à Damas, une insulte à l’autel de Dieu. Le grand crime pour lequel Israël a été déporté à la fin, c’est d’avoir dressé les veaux d’or. À Jérusalem, dans le temple, les Juifs renouvelèrent le péché d’autrefois, pour lequel Dieu les avait frappés au désert. Ils furent infidèles à Dieu, mais s’attachèrent à l’idolâtrie comme à un héritage trop précieux pour qu’on l’abandonne. Les Juifs avaient été appelés pour être un témoignage spécial pour Dieu contre le culte des images, et voilà qu’ils ne se contentèrent pas de suivre leurs propres idoles, mais ils adoptèrent celles de leurs voisins païens d’alentour — alors Dieu les balaya. C’est ce dont nous parlent les livres des Rois et des Chroniques: le péché de Jéroboam par lequel il a fait pécher Israël. Ce fut le point spécial dont Dieu se souvenait. Toutes sortes de nouvelles dynasties se succédèrent les unes aux autres en Israël; mais quoi qu’il arrive, même pour un règne d’un mois, on y trouvait toujours la répétition du même péché: le péché de Jéroboam, et Dieu s’en souvenait, c’était la plus insultante de toutes les idolâtries: le veau d’or. C’était un péché délibéré devant Sa face: «C’est ici ton dieu, ô Israël! qui t’a fait monter du pays d’Égypte» (Exode 32:4).

Nous venons de voir ce qu’il en a été d’Israël; en lisant ensuite la prophétie de Jérémie, on voit Dieu reprocher à Juda de permettre à Israël infidèle de se justifier au vu de ce que faisait Juda, qui était encore plus coupable.

Mais ne limitons pas à Israël cette histoire du mal; lisons la Bible comme une leçon au sujet du cœur, la leçon sur ce qu’est l’homme devant Dieu. Quand nous entendons parler d’Israël et de Juda, appliquons-le à nous-mêmes. Dieu me montre là ce que je suis; voilà la sorte de matériau dont est constitué mon cœur; voilà ce que fait la nature humaine quand Dieu la met à l’épreuve. L’idolâtrie y domine; et calamité sur calamité s’abattent sur Son peuple. Ils furent transportés en captivité à Babylone, et plus tard un résidu en fut ramené pour recevoir le Fils de Dieu. Quand Il vint du ciel, ce fut dans la plénitude de la grâce. Le péché était entré par la femme, et voici le Sauveur. La loi avait introduit ce qui faisait s’écrouler les espérances du pécheur, mais Christ vint, «né de femme, né sous la loi» (4:4) pour racheter ceux qui étaient sous la loi. La simple observation de la loi n’aurait pu racheter personne, et il était essentiel pour la défense des droits et du caractère de Dieu, que le Seigneur montre qu’Il était un homme parfait sous la loi, parfait comme Fils de l’homme, parfait comme Israélite, parfait comme Fils de Dieu au-dessus de la loi — parfait en toutes choses. Mais, quelle que puisse être Sa gloire, et quel que soit son abaissement, il n’y avait qu’un but: la rédemption, racheter par Lui ceux qui étaient sous la loi. Dieu attendait de pouvoir les introduire là où Il voulait son peuple. Dieu ne prenait pas plaisir à voir des enfants tremblants. Il attendait le moment béni où la mort de Christ donnerait à Son peuple un droit selon la justice à la délivrance de cette condition, pour l’introduire dans un nouvel état de choses, les chaînes de la loi étant brisées pour toujours par la mort de Jésus, le Fils de Dieu. C’est ce qui eut lieu. Il racheta donc ceux qui étaient sous la loi.

À suivre