Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 4, versets 18 à 31

3.9. Retour en Égypte

Moïse va maintenant demander à Jéthro la permission de retourner en Égypte. Dieu avait préparé le chemin, aussi Jéthro donne-t-il son consentement, disant à Moïse: «Va en paix» (v. 18). L’Éternel veille sur son serviteur; il connaît les sentiments de son cœur et anticipe même ses craintes. Il le rassure: «Va, retourne en Égypte; car tous les hommes qui cherchaient ta vie sont morts» (Comparer Matt. 2:20). «Moïse prit sa femme et ses fils, et les fit monter sur un âne, et retourna au pays d’Égypte. Et Moïse prit la verge de Dieu dans sa main» (v. 19, 20). Puis l’Éternel lui donne des instructions et même lui révèle le caractère du jugement final par lequel il contraindrait le Pharaon à laisser aller son peuple. Plus encore, il lui enseigne maintenant la vraie relation dans laquelle il avait introduit Israël par grâce. «Israël est mon fils, mon premier-né»: c’est la première fois que cette révélation est faite; elle détermine le caractère du jugement qui s’abattrait sur l’Égypte. «Et je te dis: Laisse aller mon fils pour qu’il me serve; et si tu refuses de le laisser aller, voici, je tuerai ton fils, ton premier-né» (v. 22, 23; comparer Nomb. 8:14-18).

3.10. Le foyer du serviteur

Une chose manque encore à la qualification de Moïse pour sa mission. Avant de pouvoir devenir le canal de la puissance divine, il doit faire preuve de fidélité dans le cercle de sa propre responsabilité. L’obéissance dans son foyer doit précéder la manifestation de puissance devant le monde. Nous avons là l’explication de l’incident qui suit. «Il arriva, en chemin, dans le caravansérail, que l’Éternel vint contre lui, et chercha à le faire mourir. Et Séphora prit une pierre tranchante et coupa le prépuce de son fils, et le jeta à ses pieds, et dit: Certes tu m’es un époux de sang! Et l’Éternel le laissa. Alors elle dit: Époux de sang! à cause de la circoncision» (v. 24-26). Pour une raison que nous ignorons — peut-être sous l’influence de sa femme — Moïse avait négligé de circoncire son fils; aussi l’Éternel a-t-il une controverse personnelle avec lui, qui doit être réglée avant qu’il puisse se présenter devant le Pharaon avec l’autorité divine. L’Éternel l’humilie, s’occupe de lui, lui rappelle son manquement afin qu’il puisse le juger et revenir dans le sentier de l’obéissance. Pour reprendre les paroles de quelqu’un d’autre: «Dieu allait honorer Moïse; mais dans la maison de celui-ci, il était déshonoré. Comment se fait-il que les fils de Moïse n’aient pas été circoncis? Comment se fait-il que le signe de la mortification de la chair fît défaut chez ceux qui étaient les plus proches de Moïse? Comment se fait-il que la gloire de Dieu fût bafouée dans ce qui aurait dû occuper la première place dans le cœur d’un père? Il semble que sa femme n’était pas étrangère à tout cela... En fait, elle est finalement obligée de faire ce qu’elle détestait par-dessus tout, comme elle le dit elle-même dans le cas de son fils. Mais plus encore, Moïse était compromis, car c’est avec lui que Dieu avait la controverse, et non pas avec sa femme. Moïse était la personne responsable, et Dieu maintient l’ordre qu’il a établi».

La phrase que nous avons soulignée contient un principe extrêmement important et explique sur quelle base Dieu agissait envers son serviteur. Il lui fut toutefois accordé la grâce de s’incliner devant la main qui infligeait le châtiment; et quelle bénédiction, lorsqu’il nous est donné de reconnaître, avec l’apôtre Paul: «Nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin que nous n’eussions pas confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts» (2 Cor. 1:9).

Les deux bases de la qualification de Moïse étaient donc l’autorité divine et l’état personnel; et ces deux éléments ne devraient jamais être séparés. Que ceux qui veulent parler au nom du Seigneur ou être employés par lui à un service quelconque prennent garde de l’oublier: c’est de toute importance. Rien ne saurait se substituer à un mauvais état de l’âme. En fait, le secret de notre faiblesse dans le service réside là. Si notre comportement, ou comme dans le cas de Moïse, si nos foyers, ne sont pas jugés, l’Esprit de Dieu est attristé et, par conséquent, nous ne sommes pas employés pour la bénédiction. Il ne suffit donc pas d’avoir les paroles de Dieu dans la bouche; mais il nous faut marcher sous l’influence de leur puissance dans notre propre âme pour pouvoir parler «en démonstration de l’Esprit et de puissance» (voir 1 Cor. 2:4).

3.11. En la montagne de Dieu

Tout est prêt maintenant et ainsi le chapitre se termine sur une scène magnifique, une scène qui doit avoir réjoui le cœur de Moïse et l’avoir, avec la bénédiction de Dieu, fortifié pour le rôle difficile qu’il va avoir à remplir. Mais d’abord l’Éternel envoie Aaron à la rencontre de Moïse, au désert en la montagne de Dieu. «Et Moïse raconta à Aaron toutes les paroles de l’Éternel qui l’avait envoyé, et tous les signes qu’il lui avait commandés» (v. 27, 28). Le lieu de leur rencontre est très significatif. C’est en la montagne de Dieu (3:1), c’est-à-dire en Horeb, que l’Éternel était apparu à Moïse; c’est là maintenant qu’Aaron rencontre Moïse et c’est là aussi que Moïse recevra plus tard les deux tables de pierre avec les dix commandements écrits du doigt de Dieu. Mais laissons ce sujet pour le moment et remarquons — car nous avons là une leçon très pratique — qu’il est toujours extrêmement précieux pour des membres d’une même famille de pouvoir se retrouver en la montagne de Dieu. Comme pour Moïse et Aaron, «les paroles de l’Éternel» seront alors le sujet de la conversation, et la rencontre sera accompagnée de bénédiction. D’un autre côté, si nous descendons à un niveau inférieur, comme cela arrive trop souvent, nous serons davantage occupés de nous-mêmes, de ce que nous faisons, et cela ne tournera ni à la gloire de Dieu ni à notre profit.

Remarquons aussi que c’est de la montagne de Dieu qu’ils partent pour leur mission. Bienheureux les serviteurs qui passent directement de la présence de Dieu à leurs travaux. Arrivés en Égypte, «ils allèrent, et assemblèrent tous les anciens des fils d’Israël; et Aaron dit toutes les paroles que l’Éternel avait dites à Moïse et fit les signes devant les yeux du peuple. Et le peuple crut; et ils apprirent que l’Éternel avait visité les fils d’Israël, et qu’il avait vu leur affliction; et ils s’inclinèrent et se prosternèrent» (v. 29-31). La parole de l’Éternel trouvait ainsi son accomplissement. Moïse avait dit: «Ils ne me croiront pas, et n’écouteront pas ma voix». Mais, selon la parole de l’Éternel, le peuple crut; et, en entendant comment il les avait visités et avait vu leur affliction, touchés par sa grâce, ils s’inclinèrent et se prosternèrent. Il est vrai que plus tard, lorsque les difficultés augmentèrent, ils murmurèrent dans leur incrédulité; mais cela n’enlève rien à la beauté de la scène placée devant nous, où nous voyons la parole de l’Éternel dans toute sa fraîcheur et toute sa puissance toucher le cœur des anciens et les amener à s’incliner et à adorer dans sa présence.

À suivre