Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 16, verset 1 à 12

11. Exode 16 — La manne

Les rafraîchissements d’Élim, expression de l’amour et de la tendresse de l’Éternel, n’étaient cependant que passagers. Les enfants d’Israël étaient des pèlerins; et comme tels, leur vocation était de voyager, non pas de se reposer. Aussi l’étape suivante de leur marche est-elle aussitôt rapportée.

11.1. Ch. 16:1-3 — Murmures

Le désert de Sin s’étend «entre Élim et Sinaï». Il occupait donc, comme cela a d’ailleurs déjà été indiqué, une place très spéciale dans l’histoire des fils d’Israël. Élim leur rappellerait toujours une de leurs expériences les plus bénies, de même que le trajet jusqu’à Sinaï replacerait devant leur esprit la longue patience et la grâce de Dieu. Sinaï, en revanche, resterait gravé à jamais dans leur mémoire en relation avec la majesté et la sainteté de la loi. Jusqu’à Sinaï, nous avons ce que Dieu était pour les Israélites, dans sa miséricorde et son amour; mais dès ce moment, et par leur propre volonté, le fondement change et devient ce qu’ils étaient, eux, pour Dieu. C’est là la différence entre la grâce et la loi, d’où l’intérêt particulier se rattachant aux étapes des Israélites entre Élim et Sinaï. Mais, sous la grâce comme sous la loi, la chair restait la même, et ne perdait pas une occasion de manifester son caractère corrompu et incurable. De nouveau, toute l’assemblée des fils d’Israël murmura contre Moïse et contre Aaron dans le désert (v. 2). Ils avaient murmuré à Pi-Hahiroth, lorsqu’ils avaient vu l’armée du Pharaon s’approcher; ils étaient retombés dans le même péché à Mara, parce que les eaux étaient amères; et maintenant, ils se plaignaient encore, à cause de leur condition de pèlerins. «Ils oublièrent vite ses œuvres, ils ne s’attendirent point à son conseil. Et ils furent remplis de convoitise dans le désert, et ils tentèrent Dieu dans le lieu désolé» (Ps. 106:13, 14).

Le souvenir de l’Égypte et de la nourriture de l’Égypte occupait leur cœur, et oubliant le dur esclavage auquel tout cela était lié, ils regardaient avec regret en arrière. Combien souvent n’est-ce pas le cas pour les âmes nouvellement délivrées! Dans le désert; la faim doit toujours être ressentie: car la chair ne peut trouver aucune satisfaction à ses propres désirs, aucun plaisir dans les peines et les fatigues qu’il offre. C’est le lieu où la chair doit être mise à l’épreuve. L’Éternel «t’a humilié, et t’a fait avoir faim; et il t’a fait manger la manne que tu n’avais pas connue et que tes pères n’ont pas connue, afin de te faire connaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel» (Deut. 8:3). C’est là qu’est le conflit. La chair languit après ce qui répondra à ses désirs, mais si nous sommes délivrés d’Égypte, nous ne pouvons pas lui céder: la chair doit être tenue pour morte, considérée comme déjà jugée dans la mort de Christ: c’est pourquoi nous sommes débiteurs, non pas à la chair pour vivre selon la chair; car si nous vivons selon la chair, nous mourrons; mais si par l’Esprit nous faisons mourir les actions du corps, nous vivrons (Rom. 8:12, 13).

Mais, comme nous l’avons vu dans le Deutéronome, Dieu a un but en permettant que nous ayons faim; c’est de nous détacher des «pots de chair» de l’Égypte, et de nous attirer à lui, pour nous enseigner que la vraie satisfaction, la vraie nourriture ne peuvent être trouvées qu’en lui et en sa Parole. Le contraste est donc établi entre les aliments de l’Égypte et Christ; et quel bonheur lorsqu’une âme apprend que Christ suffit à tous ses besoins! Dans leur incrédulité, les enfants d’Israël accusaient Moïse de vouloir les faire mourir de faim. Mais leur faim avait pour but de susciter en eux un autre appétit, par lequel seul leur vraie vie pourrait être entretenue. L’Éternel, cependant, répondit à leur requête, bien qu’il envoyât la misère dans leurs âmes. Car comme nous le verrons, il leurs donna les cailles aussi bien que la manne.

11.2. Ch. 16:4-12 — La grâce et ses réponses

Avant de parler de la manne, nous désirons attirer l’attention sur deux ou trois points. Le premier est la grâce avec laquelle Dieu répond aux désirs du peuple. En Nombres 11, il répond aussi à leur désir, dans des circonstances analogues; mais «la colère de l’Éternel s’embrasa contre le peuple, et... l’Éternel frappa le peuple d’un fort grand coup» (v. 33). Ici, il n’y pas trace de jugement — seulement la grâce, pleine de patience et de support. La différence provient, si nous pouvons l’énoncer ainsi, de la dispensation. Dans les Nombres, les Israélites étaient sous la loi, et Dieu agit envers eux en conséquence. Ici ils sont sous la grâce, et celle-ci règne malgré leur péché. Deuxièmement, leurs murmures furent l’occasion de la manifestation de la gloire de l’Éternel (v. 10). Ainsi, la manifestation de ce qu’est l’homme fait jaillir du cœur de Dieu la révélation de ce qu’il est Lui. Ce fut le cas dans le jardin d’Eden, et cela se retrouve tout au long de ses voies avec l’homme. Ce principe apparaît en perfection à la croix, où l’homme se manifesta dans toute l’horrible corruption de sa mauvaise nature, et où Dieu fut pleinement révélé. La lumière luit dans les ténèbres, même si les ténèbres ne la comprennent pas et, en fait, la gloire du Seigneur brille d’un éclat d’autant plus grand que sont profondes les ténèbres de l’iniquité de l’homme, iniquité qui devient l’occasion du déploiement de cette gloire. Remarquons encore que murmurer contre Moïse et Aaron, c’était murmurer contre l’Éternel (v. 8). Tout péché est, en fait, contre Dieu (voir Ps. 51:4; Luc 15:18-21). C’est pour cela que l’Éternel dit: «J’ai entendu les murmures des fils d’Israël» (v. 12). Nous ne nous souvenons pas assez que toutes nos plaintes, nos expressions d’incrédulité, nos murmures, sont en fait contre Dieu et parviennent aussitôt à ses oreilles.

11.3. Convoitise

Combien souvent nos paroles coupables ne mourraient-elles pas sur nos lèvres si cette pensée occupait notre esprit! Si le Seigneur était présent à nos yeux, nous n’oserions pas exprimer ce que souvent, dans l’emportement de notre incrédulité, nous nous permettons de dire. Et pourtant, nous sommes réellement devant Lui; ses yeux sont sur nous, et il entend chacune de nos paroles (voir par exemple Jean 20:26, 27). Remarquons enfin la différence entre les cailles et la manne. Aucun enseignement particulier ne se rattache aux cailles, tandis que nous verrons que la manne est un type très frappant du Seigneur Jésus. Les cailles furent donc données pour satisfaire les désirs du peuple, mais elles n’apportaient aucune bénédiction. À propos de celles de Nombres 11, le psalmiste dira: «Il leur donna ce qu’ils avaient demandé, mais il envoya la consomption dans leurs âmes». Dieu peut écouter le cri de son peuple, même le cri d’incrédulité, et il peut leur accorder leurs désirs, mais comme discipline plutôt que comme bénédiction présente. Ainsi, plus d’un croyant, oubliant sa vraie part en Christ, a désiré les choses de ce monde, les «pots de chair» de l’Égypte; il lui a été accordé de parvenir à son but, mais la conséquence en a été le dénuement, et un dénuement tel que son âme n’a été restaurée que par les épreuves disciplinaires envoyées par la main d’amour du Seigneur. Si, de cœur, nous retournons en Égypte, et qu’il nous est accordé de satisfaire nos désirs, cela ne nous conduira qu’aux larmes dans des jours à venir. Comme par exemple l’apôtre Paul l’écrit à Timothée: «Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition; car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent: ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi et se transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs» (1 Tim. 6:9, 10). Ce n’est là qu’un exemple de retour en Égypte, mais le principe s’applique à tout objet que la chair peut désirer.

À suivre