Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 27, versets 9 à 19

25. Exode 27:9-19 — Le parvis du tabernacle

Après les prescriptions concernant l’autel d’airain, nous avons le parvis du tabernacle. C’était, rappelons-le, la cour entourant le tabernacle et délimitée par des tentures de fin coton retors, comme cela nous est rapporté dans ce passage. Le parvis constituait la troisième division, si nous le considérons comme faisant partie du tabernacle proprement dit ou plutôt comme étant en relation avec lui. Celui-ci comprenait, ainsi que cela a été montré auparavant, le lieu très saint, endroit le plus à l’intérieur; puis, en se dirigeant vers l’extérieur, le lieu saint; et enfin, le parvis qui est décrit ici. Il est, lui aussi, une manifestation de Dieu, indiquant que Christ est toujours dans la pensée de l’Esprit, dans chaque partie du sanctuaire; et que, par conséquent, Christ est la seule clé permettant de pénétrer dans ces mystères.

25.1. Dimensions du parvis

Ch. 27:9-19 — Le parvis du tabernacle avait cent coudées de long et cinquante de large (v. 9-13). Il était composé d’abord de vingt piliers de chacun des deux côtés, au nord et au sud (v. 10, 11), puis de dix piliers à chacune des deux extrémités, à l’occident et à l’orient. Les piliers du côté de l’orient, où se trouvait l’entrée, étaient répartis à raison de trois de chaque côté de l’entrée, tandis que quatre soutenaient le rideau de la porte du parvis (v. 12-16). Il y avait donc au total soixante piliers. Ces piliers — ou plus exactement cinquante-six d’entre eux si nous excluons les quatre destinés au rideau de la porte — supportaient les tentures de fin coton retors qui formaient le parvis. Les tentures s’étendaient sur cent coudées de chaque côté; cinquante coudées du côté de l’occident et trente du côté de l’orient (v. 9-15), deux cent quatre-vingts coudées au total. La porte, à l’orient, était composée de bleu, de pourpre, d’écarlate, et de fin coton retors, en ouvrage de brodeur; il était à tous égards semblable au rideau qui était à l’entrée du lieu saint, et avait vingt coudées de long. Les bases des piliers étaient toutes d’airain; les crochets et les baguettes d’attache pour le rideau étaient d’argent (v. 17). Nous verrons que l’enseignement typique de ces choses ressort de leur double présentation symbolique de Christ et du croyant.

25.2. Les tentures du parvis

Le fin coton retors, emblème de la pureté immaculée de Christ comme cela a été indiqué à maintes reprises, peut être considéré encore d’une autre manière. Les dimensions de ces tentures de fin coton retors étaient de deux cent quatre-vingts coudées. Les tapis du tabernacle (chap. 26:1, 2) avaient aussi deux cent quatre-vingts coudées, soit dix tapis, chacun ayant vingt-huit coudées de long. Les dimensions des tentures et des tapis étaient donc égales. Les tapis du tabernacle présentent Christ, Christ dans sa nature et dans son caractère, et Christ dans ses gloires et dans son autorité judiciaire futures; mais il n’était présenté ainsi que pour le regard de Dieu et pour celui du sacrificateur. Il ne pouvait être vu de l’extérieur comme tel, mais seulement de l’intérieur. Quant aux tentures de fin coton retors, elles présentent aussi Christ, toutefois non pas tant à ceux qui étaient à l’intérieur qu’à ceux qui étaient à l’extérieur. Chacun dans le camp pouvait les voir. C’était donc la présentation de Christ au monde, Christ dans la pureté de sa nature. Il pouvait ainsi défier ses adversaires de le convaincre de péché. Pilate dut confesser à maintes reprises qu’il n’y avait point de faute en lui; et les autorités juives qui, dans leur malice, l’épiaient avec des yeux d’aigle, ne purent jamais établir ni même produire une seule preuve de manquement. Pas la moindre tache ne put être discernée sur le fin coton retors de sa sainte vie, vie de justice pratique qui avait sa source dans la pureté de son être.

Autre fait remarquable: ces tentures avaient cinq coudées de haut (v. 18); leur longueur des deux côtés était de cent coudées et, aux deux extrémités, de cinquante et trente coudées. Ces derniers nombres sont tous divisibles par dix et par cinq. Si nous considérons que ces chiffres nous parlent de la responsabilité envers Dieu et de la responsabilité envers l’homme, il s’ensuit que la pureté immaculée de la vie de Christ découlait de ce qu’il répondait en perfection à ces deux responsabilités. Il a aimé Dieu de tout son cœur et son prochain comme lui-même, en fait, plus que lui-même. Ces tentures proclamaient donc à ceux dont les yeux étaient ouverts la venue de Celui qui répondrait parfaitement dans sa vie et dans sa marche à toutes les exigences de Dieu.

25.3. Les piliers, leurs bases, leurs baguettes d’attache

La matière des piliers n’est pas précisée. À première vue, d’après le verset 10, ils sembleraient avoir été d’airain; mais une comparaison avec le chapitre 38:10 fait apparaître que l’airain, très vraisemblablement, ne concerne que les bases. On pourrait penser, par analogie, qu’ils étaient de bois de sittim plaqué d’airain; mais lorsque l’Écriture garde le silence, les suppositions humaines, même si elles sont permises, sont incertaines. Deux précisions cependant: ils avaient des bases d’airain et des chapiteaux d’argent (chap. 38:17). L’airain correspond à la justice divine éprouvant l’homme en responsabilité. L’airain est par conséquent l’élément distinctif de l’extérieur du tabernacle, comme l’or est celui de l’intérieur. La responsabilité de l’homme doit être éprouvée et il doit y être répondu avant qu’il puisse être introduit dans la présence de Dieu.

Christ, en se présentant au monde, tel qu’il est symbolisé par les tentures de fin coton retors, est vu comme ayant répondu à toutes les exigences de la justice divine. C’est là la base de son caractère de Sauveur. L’argent parle de rédemption. Les piliers en étaient couronnés, et les tentures y étaient suspendues. Christ déploie ainsi l’efficacité de son œuvre. C’est sa couronne de gloire, même à la droite de Dieu. Si donc, par les bases d’airain, il sonde le pécheur, il lui déclare en même temps la valeur du sang telle qu’elle est montrée par l’argent. L’airain, éprouvant l’homme, met à découvert ses besoins et aussitôt que le besoin est connu, l’argent est là pour y répondre. Il y avait 56 piliers — sans compter ceux de la porte — auxquels étaient suspendues les tentures. 56 c’est 7 x 8. Sept est le nombre parfait, et huit, le nombre de la résurrection. La justice pratique de Christ, parfaitement déployée dans sa vie terrestre, est scellée pour ainsi dire par sa résurrection. Il a été «déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts» (Rom. 1:4).

25.4. Le rideau pour la porte du parvis

Ce rideau est identique à celui de l’entrée dans le lieu saint. Comme celui-ci, il parle de Christ dans tout ce qu’il est en relation avec la terre, de son caractère céleste, de ses gloires royales comme Fils de l’homme et comme Fils de David, et de sa pureté immaculée. Une fois encore, on n’y trouve pas de chérubin, et cela parce que Christ, ici, est la Porte, le Chemin, en tant que présenté au monde. Il nous est dit que Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde (ce n’était alors pas sa mission), mais afin que le monde fût sauvé par lui (Jean 3:17). Il n’y a maintenant plus de chérubins avec la lame de l’épée qui tourne çà et là pour garder le chemin de l’arbre de vie, car cette lame de l’épée a transpercé la sainte victime qui a été offerte à Dieu sur le Calvaire: Christ a ainsi satisfait, et à jamais, aux exigences de la sainteté de Dieu, de sorte qu’il peut maintenant se présenter au monde dans tous les attraits de sa Personne et de sa grâce, comme étant le chemin, la vérité et la vie.

Ainsi ce rideau de la porte était déployé devant les yeux de tous; et tandis que chacune des couleurs parlait de Christ, toutes ensemble proclamaient dans leur harmonie et leur beauté: «Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé». Il est également à remarquer que Christ est le chemin pour entrer dans le lieu saint et dans le lieu très saint, aussi bien que dans le parvis. «Il est la seule porte, a remarqué quelqu’un, donnant accès aux champs variés de gloire qui doivent encore être manifestés, soit sur la terre, soit dans le ciel, soit dans les cieux des cieux».

25.5. Les tentures et leurs dimensions

Il reste à considérer un autre aspect du parvis du tabernacle. Si d’une part il présente Christ, il donne d’autre part, et parce que c’est Christ, le niveau de la responsabilité du croyant. Aucune mesure inférieure ne peut être invoquée ou acceptée; car il nous a laissé un modèle, afin que nous suivions ses traces. Les dimensions, considérées elles aussi sous cet angle, sont significatives. Les tapis du tabernacle avaient, comme cela a été dit, deux cent quatre-vingts coudées. Ils manifestaient Christ devant le regard de Dieu. Mais, «comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde» (1 Jean 4:17). Ce sont donc, pour ainsi dire, les «tapis des privilèges», révélant notre parfaite acceptation devant Dieu. Les tentures de fin coton retors avaient également deux cent quatre-vingts coudées; en tant qu’elles parlent de la justice pratique de la vie de Christ, de sa marche irréprochable, de sa pureté immaculée, elles sont les «tapis de la responsabilité». Dans l’Apocalypse, il est dit que «le fin lin, ce sont les justices des saints» (chap. 19:8). La responsabilité du saint est mesurée par son privilège, par ce qu’il est devant Dieu. On peut y voir une autre pensée. Marcher comme Christ a marché (1 Jean 2:6) constitue notre responsabilité envers Dieu. Mais ces tapis avaient cinq coudées de haut. Cinq, rappelons-le, est le nombre de la responsabilité envers l’homme; et par là, il nous est enseigné que nous sommes responsables envers l’homme aussi bien qu’envers Dieu, responsables de présenter Christ dans notre marche et dans notre conduite.

25.6. Les piliers

Les piliers peuvent aussi parler du croyant. Être dans l’airain, fondés sur la justice divine dont les exigences ont été satisfaites, et avoir sur nos têtes la valeur de la rédemption, représentée par l’argent, sont des faits qui doivent nécessairement précéder une telle manifestation de Christ. Des pieux et des cordages (chap. 27:19; 35:18) étaient là pour assurer la stabilité, et maintenir à leur place les piliers avec les tentures de fin coton retors. L’application de ces images au croyant nous enseigne que la source de sa force n’est pas en lui-même, qu’il a besoin d’une puissance venant de l’extérieur pour pouvoir manifester la justice pratique devant le monde. Et, en fait, une vérité plus étendue nous est présentée; c’est que le croyant, bien que placé sur le terrain de la justice divine et mis au bénéfice de la rédemption, ne pourrait se maintenir dans cette position un seul instant s’il était abandonné à ses propres ressources. Les pieux et les cordages rappellent donc que le croyant est gardé «par la puissance de Dieu par la foi, pour un salut qui est prêt à être révélé au dernier temps» (1 Pierre 1:5). Tout est de Dieu; tout ce que le croyant est, tout ce qu’il a et tout ce dont il jouit, est le don de Sa grâce. Sa position comme aussi sa responsabilité ne peuvent être maintenues que dans la dépendance du Seigneur. Tous ces pieux, de même que les ustensiles du tabernacle pour tout le service, et tous les pieux du parvis, étaient d’airain (v.19). Ainsi, tout en dehors du lieu saint et du lieu très saint était caractérisé par la justice divine, mais la justice divine éprouvant l’homme en responsabilité, parce que c’était le lieu de rencontre entre Dieu et le peuple (voir chap. 29:42). Toutefois, puisque l’homme ne peut, par lui-même, répondre à ces exigences, la justice de Dieu est par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient. C’est pourquoi, sauvé par la grâce, il se tient sur le fondement inébranlable de la justice divine devant Dieu. Car la grâce règne par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur (Rom. 5:21).

À suivre