Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur l'épître aux Galates.

Épître aux Galates

William Kelly

Chapitre 2, versets 11 à 21

4. Chapitre 2:11-16 — Le conflit avec Pierre

Pierre cessant de manger avec les Gentils

Puis il va plus loin. Après avoir fait connaître le respect de Pierre, Jacques et Jean à Jérusalem pour lui et pour son œuvre, il fait une autre chose bien plus désastreuse pour ceux qui voulaient imposer la loi aux Gentils. «Quand Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était condamné [ou: devait être blâmé]» (2:11). Pierre était si loin de résister à Paul à Jérusalem, qu’il lui avait même donné la main d’association. Mais quand Pierre fut venu à Antioche, Paul lui résista en face; c’était clairement un fait bien connu. «Car, avant que quelques-uns fussent venus d’auprès de Jacques, il mangeait avec ceux des nations» (2:12), ce qui était une marque de communion avec eux, — encore maintenant et partout, manger ensemble est un signe bien connu de communion ou de quelque chose d’équivalent. Je ne parle pas ici de la participation à la cène du Seigneur, qui est le signe le plus élevé de la communion; mais, dans la vie ordinaire, prendre ensemble un même repas, est un gage de sentiments d’amitié, et il devrait en être spécialement ainsi parmi les chrétiens, car ils sont appelés à marcher en toutes choses avec une sincérité selon Dieu. De là l’importance attachée à un tel acte entre chrétiens, et plus spécialement en présence de la séparation que les Juifs maintenaient par rapport aux Gentils, — sous la loi, cette séparation était un commandement de Dieu. Pierre avait eu l’habitude de manger avec les Gentils, alors que personne agissant d’après des principes juifs n’aurait pu entretenir une pareille pensée; mais après que quelques-uns furent venus d’auprès de Jacques, «il se retira et se sépara lui-même, craignant ceux de la circoncision». Combien l’influence des préjugés est impressionnante, particulièrement l’influence des préjugés liés à la loi! Ébranlé par cela, Pierre renonce à sa liberté, et cesse de manger avec les Gentils: n’était-il pas pourtant le principal des apôtres! Si cet acte pouvait paraître insignifiant à certains, aux yeux de Dieu et de son serviteur, il était grave. Il fut donné à Paul de voir dans cette affaire petite en apparence, l’abandon de la vérité de l’évangile.

Causes et enjeu du conflit

Considérons ce qu’il y avait là de solennel et pratique. Dans une simple affaire de la vie journalière, il peut y avoir virtuellement un abandon de Christ et de la vérité de l’Évangile, un mensonge contre sa grâce. Il est bon de garder présent à l’esprit que, dans un acte banal, dans une chose d’apparence tout à fait mineure, Dieu veut que nous considérions les choses dans leurs sources, dans leurs rapports avec la vérité et la grâce de Dieu. Nous sommes enclins à faire peu cas de ce qui concerne Dieu, et grand cas de ce qui nous touche nous-mêmes. Mais Dieu, dans sa bonté, veut que nous sentions profondément ce qui concerne Christ et l’évangile, laissant de côté ce qui nous touche nous-mêmes. Pourquoi Paul dut-il reprendre ainsi Pierre publiquement? Était-ce sans raison? N’était-on pas arrivé à une crise dans le cours des événements? Si Pierre agissait comme l’apôtre de la circoncision, Paul parlait de manière privée. Mais dans la mesure où le fondement de la grâce était en cause, ce même Paul devient hardi comme un lion, et résiste à Pierre en face, parce qu’il devait être condamné. Il agit sans compromis, sans timidité, sans prudence humainement parlant, sans considération de son propre caractère ni de celui de Pierre; mais il regarde à la gloire de Christ dans l’évangile. C’était précisément le domaine où Pierre était spécialement responsable envers son Maître du maintien de la vérité, et pourtant c’est là qu’il avait failli. C’est pourquoi l’apôtre Paul se tenait ici sur un terrain solide, et agissait sans crainte. Il résiste en face à Pierre qui, dans cette affaire, ne montre nullement un caractère correspondant au nouveau nom que le Seigneur lui avait donné. Il ressemblait plus à Simon, fils de Jonas, qu’à l’homme-rocher qu’il aurait dû être. Il était retombé dans ses manières naturelles; car l’ardeur de la nature est constamment disposée à la réaction. Ce qui donnait tant de force à la remontrance de l’apôtre, c’est qu’elle se situait après la solennelle conférence à Jérusalem, où Pierre avait pris une part active pour démontrer la liberté que Dieu avait donnée aux Gentils; il y avait aussi montré que Dieu l’avait choisi — du milieu de ceux qui étaient maintenant les frères de Jérusalem — afin que par sa bouche les Gentils entendent la parole de l’Évangile et la croient (Actes 15:7); et il avait conclu sa déclaration par ces paroles remarquables, si blessantes pour l’orgueil d’un Juif et si encourageantes pour les Gentils qui auraient pu être inquiets: «Nous croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu’eux aussi» (Actes 15:11). Il avait enseigné, en face même des Juifs, non pas que les Gentils seraient sauvés à la manière des Juifs, mais que les croyants Juifs seraient sauvés à la manière des Gentils. Rien ne pouvait être plus fort. Il n’avait nullement la pensée de traiter les Gentils comme s’ils n’étaient bénis que d’après un régime de miséricorde contestable et contraire aux règles; car en vérité, s’il y avait quelque différence, c’est aux Gentils que Dieu présentait plus clairement encore le salut. «Nous croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu’eux aussi». Le salut des Gentils devenait le modèle même de ceux qui seraient sauvés parmi les Juifs. Qu’il était douloureux après tout cela, que Pierre s’égare sur cette même question! Et Barnabas lui-même, non le compagnon de Pierre, mais celui de Paul — qui avait le premier discerné la valeur et le dévouement de Paul et qui s’était joint à lui dans tant de travaux parmi les Gentils — qui avait été spécialement nommé avec d’autres pour monter à Jérusalem en vue de régler cette grave question, le voilà lui aussi entraîné par la dissimulation de Pierre et des autres (2:13)! L’apôtre Paul ne fut pas en défaut dans cette occasion, et il discerna vite «qu’ils ne marchaient pas droit, selon la vérité de l’Évangile» (2:14). En quoi avaient-ils montré ce manque de droiture? En cessant de manger avec ceux des nations. Ainsi la vérité de l’Évangile dépendait d’un repas. Le simple fait de manger ou de ne pas manger avec les Gentils trahissait la pensée profonde du cœur en rapport avec la question de la délivrance de la loi.

Chapitre 2:14-16 — Pas de justification par aucune loi

Si on laissait faire, cette affaire était tellement grave, que Paul dit «à Céphas devant tous: Si toi qui es Juif, tu vis comme les nations et non pas comme les Juifs, comment contrains-tu les nations à judaïser?» (2:14). Comment Pierre s’était-il comporté sur le sujet? Il n’avait en aucune manière maintenu la loi comme une règle pour les croyants Juifs. Pourquoi donc cédait-il sur un acte qui impliquait la loi parmi les Gentils? S’il n’en était pas ainsi à Jérusalem, là où Dieu l’avait autrefois rendue obligatoire pour leurs consciences, quel abandon de la vérité que d’insister pratiquement sur la loi à Antioche, surtout de la part de celui qui savait qu’il en avait été délivré! Telle était le grave sujet sur lequel Paul reprit Pierre. Il raisonne ensuite là-dessus: «Nous qui, de nature, sommes Juifs et non point pécheurs d’entre les nations» (remarquez bien la force du «nous» par rapport au «vous», dans cette épître et ailleurs), «sachant... que l’homme n’est pas justifié sur le principe des œuvres de loi, ni autrement que par la foi en Jésus Christ, nous aussi, nous avons cru au christ Jésus, afin que nous fussions justifiés sur le principe de la foi en Christ et non pas sur le principe des œuvres de loi: parce que sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée» (2:15-16). Gardons à l’esprit que quand l’apôtre Paul discute sur la loi, il ne restreint pas ses remarques à la loi juive, mais il raisonne de manière abstraite. Il ne dit pas seulement, ni ne veut dire seulement que vous ne pouvez être justifiés par les œuvres de la loi juive, mais qu’on ne peut l’être par les œuvres d’aucune loi, quelle qu’elle soit. S’il y avait une loi ayant le pouvoir de justifier, ce  devait bien être la loi de Dieu proclamée par Moïse. Mais Paul va plus loin, et insiste sur le fait que «sur le principe des œuvres de loi» vous ne pouvez être justifiés. Le principe de loi est opposé à la justification, au lieu d’en être le moyen. Il souligne le fait, que sur le principe de ces œuvres de loi, nulle chair ne peut être justifiée.

5. Chapitre 2:17-21 — Résultats du retour à la loi

Puis il se met à raisonner sur ce point, et il demande: «Or si, en cherchant à être justifiés en Christ, nous-mêmes aussi nous avons été trouvés pécheurs, Christ donc est ministre de péché? Qu’ainsi n’advienne!» (2:17). Autrement dit, si vous faites profession d’avoir la foi dans le Seigneur Jésus et que vous retourniez à la loi, l’effet en est nécessairement de vous replacer dans la position de pécheur. Vous avez, en vérité, le péché dans votre nature, et la conséquence en est que, si vous avez en aucune manière à faire avec la loi, vous vous trouvez exactement dans la condition dans laquelle vous étiez laissés comme pécheur. La loi ne donne jamais la délivrance du péché; comme l’apôtre dit ailleurs: «La puissance du péché, c’est la loi» (1 Cor. 15:56). Il en résulte que, si en cherchant à être justifiés par Christ, vous êtes trouvés pécheur, c’est que «Christ est ministre de péché?»; voilà le résultat où la loi mène nécessairement. Elle se saisit du péché. Et par conséquent, si après avoir reçu Christ, la loi ne vous trouve finalement que pécheur, vous faites de Christ, en réalité, un ministre de péché. Telle est la conséquence nécessaire d’introduire la loi à la suite de Christ. L’âme qui a à faire avec la loi, ne réalise jamais sa délivrance du péché; au contraire, la loi, qui se borne à découvrir le mal, et n’élève pas l’âme au-dessus du mal, — la loi laisse l’homme sans puissance, misérable, et condamné.

Position de pécheur ou de saint

Il y a des gens qui parlent d’un pécheur croyant, ou du culte rendu à Dieu par de pauvres pécheurs. Beaucoup de cantiques même, n’amènent jamais l’âme au-delà de cette condition. Mais ce que la parole de Dieu entend quand elle parle de pécheur, c’est une âme dépourvue de paix, une âme qui peut sentir peut-être qu’elle manque de Christ, étant vivifiée par l’Esprit mais sans avoir la connaissance de la rédemption. Ce n’est pas de la vérité que de nier ce que sont les saints aux yeux de Dieu. Si j’ai failli en quelque point, est-ce que prendre la place d’un pauvre pécheur va amoindrir le péché, ou me le faire sentir davantage? Non! Si je suis un saint, béni avec Dieu dans son Fils bien-aimé, uni à Christ, et ayant reçu le Saint Esprit pour demeurer en moi, alors je dis: Quelle honte d’avoir failli, d’avoir succombé, d’avoir déshonoré le Seigneur, et d’avoir été indifférent à Sa gloire! Si je sens ma propre froideur et ma propre indifférence, je dois traiter un tel état comme une indignité, et le haïr comme étant du péché. Tandis que prendre la place d’un pauvre pécheur, c’est en réalité excuser le mal, même si telle n’en est pas l’intention. Laquelle de ces deux attitudes opère avec le plus de puissance sur la conscience? Laquelle humilie le plus l’homme, et exalte le plus Dieu? Plus vous réalisez ce que Dieu vous a donné, et ce qu’Il a fait de vous en Christ, plus vous sentirez le péché et le déshonneur de votre comportement si votre marche ne corresponde pas à cela. Si vous continuez à parler de vous-même simplement comme d’un pécheur, cela pourra apparaître comme de l’humilité à ceux qui sont superficiels, mais cela ne fait que devenir une sorte de palliatif [faux remède, ou cache-misère] pour le mal qui est en vous; le mal n’humilie jamais autant que quand Dieu le sonde chez son enfant par la foi.

Effets sur le culte

Prenez un autre exemple tiré des formes de culte bâties sur ce principe. Ils commencent par citer le passage au sujet du méchant qui se détourne de sa méchanceté. Or si tous les dimanches vous recommencez votre vie comme chrétien, et que vous ayez malgré tout besoin de l’absolution du prêtre, cela laisse le champ libre pour le cœur pour agir perfidement envers le Seigneur tout le reste de la semaine, sans parler de ce que c’est renier virtuellement l’efficace de Son œuvre. C’est là une chose bien sérieuse. La préparation pour le sacrement pendant la semaine est une chose du même genre. C’est le méchant qui se détourne de sa méchanceté, qui renouvelle ses vœux et fait des efforts pour se corriger. Déjà au troisième et au quatrième siècles, quand on parlait de la cène du Seigneur, on l’appelait un terrible sacrifice, etc. Tout cela ignore complètement la base même du christianisme, qui est que «par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés» (Héb. 10:14). Et par l’expression: «ceux qui sont sanctifiés», je maintiens que le Saint Esprit englobe tous les chrétiens: il s’agit d’une mise à part pareillement vraie de tous les croyants, qu’ils soient nationaux ou dissidents, ou de ceux qui abandonnant le terrain des dénominations, comprennent mieux, selon moi, ce qu’est la volonté de Dieu quant à son Assemblée.

Chapitre 2:18 — La loi fait retourner à l’état de transgresseur

Ceci contribuera à montrer combien la question de la loi est sérieuse. Là où elle est maintenue et tant qu’elle est maintenue, il n’y a point de délivrance de la condition de pécheur. Le culte chrétien est impossible dans de telles circonstances. Si c’était le cas, Christ deviendrait ministre de péché, parce que cela supposerait qu’Il me laisse sous la servitude du péché, au lieu de m’en délivrer. «Car si ces mêmes choses que j’ai renversées, je les réédifie, je me constitue transgresseur moi-même» (2:18). C’est-à-dire qu’en allant à Christ, j’abandonne virtuellement la loi, et si malgré tout, je retourne ensuite à la loi, alors je me constitue transgresseur moi-même. Il est clair que si je suis dans le vrai maintenant, j’étais entièrement dans le faux auparavant. Qui est-ce qui m’a fait abandonner la loi? C’est Christ. C’est pourquoi, si je retourne à la loi, l’évangile de Christ est le moyen de faire des gens des transgresseurs, et non de les justifier. Ceci n’était jamais entré dans les pensées des Galates. Mais le Saint Esprit fait briller sur eux la lumière de sa propre vérité, et montre les implications de ce qu’ils faisaient. Imposer la loi avait pour résultat, virtuellement, de faire de Christ un ministre de péché, au lieu de délivrer du péché!

Chapitre 2:19-21 — Mort avec Christ — La loi n’est pas annulée et s’est exercée dans la mort de Christ

Mais il n’en est pas ainsi. «Car moi, par la loi, je suis mort à la loi afin que je vive à Dieu» (2:19). Il montre ici comment il se faisait qu’il était mort à la loi. C’était par le moyen de la loi. Ce n’était pas seulement une chose opérée en dehors de sa propre âme. Il avait éprouvé le problème intérieurement, de la manière la plus complète. Il avait été sous la loi: quand Dieu l’avait vivifié, et que sa conscience avait été réveillée sous l’effet de la lumière divine, il avait réalisé ce à quoi il n’avait jamais songé auparavant — sa propre et complète impuissance. «Car moi, par la loi, je suis mort à la loi». Il avait vraiment senti sa position comme pécheur, reconnaissant que la loi a le pouvoir de tuer (Rom. 7:9), et non pas de faire vivre (Gal. 3:21). Mais il s’agissait alors et maintenant de grâce, et non du jugement qui est pour bientôt. Dès lors, dit l’apôtre, si je suis mort par la loi, je suis mort à la loi, et je suis complètement hors de son atteinte. Je suis mort, et n’ai plus besoin de mourir par elle; je suis mort à la loi, afin que je vive à Dieu. Je suis crucifié avec Christ, et néanmoins je vis, mais «je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi» (2:20). Ainsi, dans l’âme de l’apôtre, nous voyons la loi maintenue dans toute sa force, et pourtant lui-même affranchi en Christ, et en dehors de la loi en grâce. Nous avons la même chose en Christ à la fin de Romains 3. «Annulons-nous donc la loi par la foi? Qu’ainsi n’advienne! au contraire, nous établissons la loi» (Rom. 3:31). Comment est-elle maintenue? La mort de Christ a été la confirmation divine la plus forte que la loi ait jamais eue. C’était la loi se saisissant de la Caution, et la faisant payer en totalité dans la personne de Christ; de sorte que l’autorité de la loi, comme la foi le sait, a été parfaitement maintenue en Christ. Elle a été payée pleinement, et infiniment plus encore, dans la mort de Christ. Mais si vous appliquez ce passage de l’Écriture pour prouver que la loi doit être imposée aux chrétiens comme règle de vie, c’est de l’ignorance et c’est faux. La loi est la règle de mort, non pas de vie: l’expérience de Paul l’a prouvé. «Moi, par la loi, je suis mort à la loi, afin que je vive à Dieu» (2:19). Comment vivait-il à Dieu? Ce n’était pas dans cette vieille vie, à laquelle seule la loi s’applique, car il dit qu’il était crucifié avec Christ, qui avait souffert à sa place. Mais Christ est ressuscité aussi bien qu’il est mort, et il est ressuscité, afin que Paul vive — que moi je vive — à Dieu: non plus moi, il est vrai, «mais Christ vit en moi» — c’est une vie entièrement nouvelle (2:20). La loi exerce ses effets sur l’ancienne vie, et n’a aucune autorité au-delà. Du moment que je crois, je vis; et la vie, c’est Christ, et elle est fondée sur la croix. Et en outre, il dit: «Et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi» (2:20). Sans doute j’ai ma vie naturelle ici-bas, mais la vie dans laquelle je vis maintenant dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu. Le croyant vit en regardant non pas à la loi, mais à Christ. Rien ne met plus définitivement de côté la loi, sous quelle que forme que ce soit. Le croyant est introduit dans un état d’existence entièrement nouveau — une vie nourrie par le «Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi» (2:20). C’est Christ, non seulement comme caractérisant la nouvelle créature, mais comme une personne vivante, qui aime et est placée devant l’âme. C’est pourquoi il peut dire: «Je n’annule pas la grâce de Dieu» (2:21). Ceux qui l’annulaient étaient ceux qui maintenaient la loi comme moyen de justice, sous quelle que forme que ce soit. «Car si la justice est par la loi, Christ est donc mort pour rien» (2:21). L’effet de la loi, même sur le croyant, c’est qu’il ne s’élève jamais par sa propre confession au-dessus des sentiments et des expériences d’un pécheur. Il reste toujours dans cette condition où il s’écrie: «Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort?» (Rom. 7:24). Lorsqu’au contraire il entre dans la place glorieuse qu’il a en Christ, il peut dire: «La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort» (Rom. 8:2). Il devrait dire: Oh! que je suis heureux! Christ m’a délivré! «Il n’y a... aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus» (Rom. 8:1). Telle est la place, la vraie place, la place assurée du chrétien. En vérité, dans un tel cas, Christ n’est pas mort pour rien.

À suivre