Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre des Actes des Apôtres.

Actes des Apôtres

F.B. Hole

Chapitres 3 et 4

Chapitre 3

Les Actes sont bien un livre historique, mais ils ne donnent pas un simple récit chronologique. Une très grande partie du service apostolique ne s’y trouve pas relaté; seuls sont mentionnés quelques incidents qui servent à montrer comment l’Esprit de Dieu opérait pour rendre témoignage de Jésus ressuscité et glorifié, et pour conduire les disciples dans la plénitude de la bénédiction chrétienne. Le livre des Actes couvre la période de transition allant du début de l’Église à Jérusalem au rassemblement complet de ceux d’entre les nations.

Ce chapitre 3 s’ouvre sur la guérison de l’infirme qui, boiteux dès le ventre de sa mère, se tenait à la porte du temple, appelée la Belle. Le chapitre suivant nous apprend que cet homme avait plus de quarante ans: il avait passé par la période complète de mise à l’épreuve. Il n’avait pas été guéri par le Seigneur Jésus qui pourtant avait si souvent enseigné dans le temple quand il était ici-bas, mais il l’a été par la puissance de Son nom, maintenant qu’Il était glorifié dans le ciel. Pierre n’avait ni argent ni or, mais il pouvait invoquer le nom de Jésus Christ le Nazaréen, et à l’instant l’homme connut une guérison triomphante. Combien de chrétiens sérieux se préoccupent aujourd’hui principalement de récolter de l’argent et de l’or pour soutenir l’œuvre du Seigneur, et négligent de faire appel à la puissance du nom du Seigneur! Ne nous sentons-nous pas nous-mêmes repris?

À cause de son infirmité, l’homme boiteux était soumis à certaines restrictions selon la loi; maintenant, la grâce l’ayant délivré de son handicap, il pouvait entrer librement dans le temple, et les apôtres qui avaient été les instruments de sa guérison ne pouvaient pas demeurer cachés, puisqu’il les tenait par la main. Cela donne à Pierre l’occasion de rendre témoignage. D’emblée il s’efface de la scène, avec Jean, afin que Jésus glorifié la remplisse.

La hardiesse de Pierre est remarquable. Il accuse le peuple d’avoir renié «le Saint et le Juste», alors qu’il avait lui-même renié son Seigneur peu de semaines auparavant. Ils avaient eu à choisir entre «le Prince [l’Auteur] de la vie» et «un meurtrier», c’est-à-dire quelqu’un qui ôte la vie. Ils avaient mis à mort le premier, lui préférant le second. Mais Dieu avait ressuscité d’entre les morts Celui qu’ils avaient tué et ainsi ils ont été pris en rébellion flagrante contre Dieu. En outre, cet infirme avait retrouvé «l’entière disposition de tous ses membres» par la puissance de ce nom de Jésus Christ, par la foi. Ils ne pouvaient pas voir la gloire de Jésus dans le ciel, mais ils avaient été les témoins du miracle opéré en Son nom sur la terre. La guérison sur la terre était liée à la gloire dans le ciel.

Le verset 17 montre que Dieu était prêt à traiter leur crime odieux comme un péché par ignorance — comme un homicide involontaire, pour lequel il y a la ressource d’une ville de refuge, et non pas comme un meurtre. C’était une réponse directe à la prière du Seigneur sur la croix: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font». Par leur acte coupable, Dieu avait accompli son propos en relation avec les souffrances de Christ; aussi y avait-il encore une offre de grâce pour eux en tant que nation. Pierre leur fait cette offre, présentée dans les versets 19 à 26 de notre chapitre. Tout dépendait de leur repentance et de leur conversion.

Nous ne pouvons pas affirmer que Pierre ait eu à l’esprit le passage d’Ésaïe 35:6 et 7 lorsqu’il parle «des temps de rafraîchissement», mais il semble bien que ces versets aient été dans la pensée de l’Esprit qui parlait par Pierre. Lorsque «le boiteux sautera comme le cerf», alors «des eaux jailliront dans le désert, et des rivières dans le lieu stérile». Mais tout ce rafraîchissement annoncé par Ésaïe est pour «les rachetés du Seigneur», et pour eux seuls. C’est pourquoi ces temps ne devaient être introduits que par la repentance et une conversion complète; si elles étaient réalisées, Dieu enverrait Jésus Christ pour apporter ces bénédictions.

On s’est servi à tort de l’expression «rétablissement de toutes choses» pour lui faire dire qu’à la fin Dieu sauverait et restaurerait tout le monde — même le diable. Mais le verset dit: «le rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé..». Il s’agit de choses et non de personnes, et de choses dont Dieu avait parlé par ses prophètes dès le commencement. Dieu accomplira chacune de ses paroles et il établira en Christ tout ce qui a failli entre les mains des hommes. Ce temps ne viendra pas avant que Jésus lui-même soit venu et, puisqu’Il est le prophète dont Moïse avait parlé, toutes choses seront rétablies quand il viendra, et tous ceux qui ne l’écouteront pas seront exterminés du milieu du peuple. Il y aura une période de bénédiction telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde.

Pierre fait donc là, de la part de Dieu, une offre positive: si à ce stade la nation comme telle se repentait et se tournait vers Dieu, Jésus reviendrait et établirait les temps de bénédiction qui avaient été annoncés. Dans le dernier verset de ce chapitre il ajoute encore qu’indépendamment de leur réponse, Dieu avait suscité Jésus et l’avait envoyé pour les bénir, en les détournant de leurs méchancetés. Nous avons tous besoin de ces deux éléments, savoir, premièrement d’avoir nos péchés judiciairement effacés et, secondement, d’être détournés de nos méchancetés, afin que celles-ci perdent leur puissance sur nous. 

Chapitre 4

Nous trouvons dans les premiers versets la réponse à cette offre, réponse donnée par les chefs de la nation. L’offre était basée sur la résurrection du Seigneur Jésus, ce qui la rendait particulièrement offensante pour les sadducéens et pour les sacrificateurs qui étaient de ce parti. Et ils la rejettent de la manière la plus absolue en faisant arrêter les apôtres. Mais l’œuvre de Dieu se poursuit par un nombre croissant de conversions, comme l’indique le verset 4. Et le lendemain lorsque Pierre comparaît devant le sanhédrin, c’est pour lui une nouvelle occasion de rendre témoignage en répondant aux questions qui lui sont posées au sujet de la puissance et du Nom par lesquels il avait agi.

Le Nom et la puissance étaient ceux de Jésus Christ le Nazaréen qu’ils avaient crucifié et que Dieu avait glorifié. En Lui, le verset 22 du psaume 118 avait eu son accomplissement et Pierre va élargir son témoignage en partant du particulier pour aller au général. La puissance du Nom était manifeste devant leurs yeux dans le cas particulier de l’homme boiteux qui avait été guéri; elle était la même pour le salut des hommes en général. La guérison physique de l’homme n’était qu’un signe de la guérison spirituelle que le nom de Jésus apporte. Jésus de Nazareth, le méprisé, est la seule porte du salut.

Les versets 13 à 22 montrent de la manière la plus frappante combien le témoignage de Pierre était justifié. Selon les normes du monde, les apôtres étaient des hommes illettrés et du commun, mais ils avaient été avec Jésus et ils avaient de la hardiesse; et cela impressionne les membres du sanhédrin qui étaient prêts à les condamner. Trois éléments les en empêchent:

  • «Ils n’avaient rien à opposer» (v. 14);
  • Ils doivent confesser: «nous ne pouvons le nier» (v. 16);
  • Ils ne trouvent pas «comment ils pourraient les punir» (v. 21).

Lorsque les hommes veulent discréditer une chose quelconque, ils cherchent en général d’abord à la nier si c’est possible. Sinon, ils trouvent un moyen ou un autre de la critiquer, de la dénaturer au besoin. Enfin, si cela ne réussit pas, ils s’en prennent aux personnes impliquées: ils les noircissent et les punissent. Le sanhédrin a recouru à ces trois moyens bien connus, qui ont cependant tous échoué, parce que ces hommes combattaient contre Dieu. Ils ne peuvent que menacer les apôtres et leur enjoindre de ne plus proclamer le nom de Jésus. Pierre rejette leur ordre: Dieu ne leur avait-il pas commandé de prêcher au nom de Jésus? C’est Lui l’Autorité suprême à qui ils devaient obéir plutôt qu’à eux.

Nous avons ensuite, dans les versets 23 à 27, une belle image de l’Église primitive à Jérusalem. Relâchés par le sanhédrin, les apôtres vont «vers les leurs». Nous voyons par là que l’Église, à l’origine, était une compagnie distincte et séparée du monde, y compris du monde religieux du judaïsme. Ce point mérite une mention toute spéciale à une époque où le monde et l’Église sont tellement mélangés.

L’Église primitive trouve sa ressource dans la prière. Au milieu des circonstances difficiles, elle se tourne vers Dieu et non pas vers les hommes. Elle aurait pu demander un sanhédrin moins dominé par les sadducéens, plus libéral et plus ouvert, mais les croyants ne se sont pas agités pour l’obtenir; ils ont simplement recherché la face de Dieu, le Souverain des hommes.

Dans leur prière, ils sont ramenés à la parole de Dieu. Le psaume 2 répand sa lumière sur leur situation. L’interprétation de ce psaume indique qu’il est pour les derniers jours, mais ils en retirent l’application pour leur époque. L’Église primitive était caractérisée par la soumission à la Parole; elle trouvait dans cette Parole toute la lumière et toutes les directions dont elle avait besoin. C’est là aussi un point très important et instructif.

Ces croyants du commencement étaient encore caractérisés par un souci beaucoup plus grand pour la gloire du nom de Jésus que pour leurs aises et leur confort. Ils demandent non pas que les persécutions et l’opposition cessent, mais qu’ils aient toute hardiesse pour annoncer la Parole et qu’il se fasse des miracles pour la gloire de Son nom. L’Église est le lieu où ce Nom a tout son prix.

En conséquence, il y eut une manifestation exceptionnelle de la puissance de l’Esprit. Ils sont tous remplis du Saint Esprit; le lieu où ils sont assemblés est ébranlé et la prière par laquelle ils demandaient pour eux une hardiesse particulière est aussitôt exaucée. Plus encore, il leur est accordé ce qu’ils n’ont pas demandé: ils sont tous «un cœur et une âme». Cela découle évidemment de ce que le «seul et même Esprit» remplissait chacun d’entre eux. Si aujourd’hui tous les croyants étaient remplis de l’Esprit, ils seraient caractérisés par l’unité de cœur et d’esprit. C’est la seule manière de parvenir à une telle unité.

Le trait suivant, mentionné au verset 33, découle de cela. Il y a une grande puissance dans le témoignage que les apôtres rendent devant le monde. L’Église elle-même ne prêche pas mais, pleine de grâce et de puissance, elle soutient ceux qui annoncent la Parole. Alors comme maintenant la prédication est le fait de ceux que Dieu a appelés à ce service; mais la puissance avec laquelle ils s’en acquittent dépend dans une large mesure de l’état qui caractérise l’Église entière.

Les derniers versets montrent que si un témoigne puissant est rendu à l’extérieur, à l’intérieur on trouve l’amour et la sollicitude. La vie communautaire chrétienne, relevée à la fin du chapitre 2, continue. La distribution se faisait à chacun, «selon que l’un ou l’autre pouvait en avoir besoin». Il était pourvu non pas aux désirs, mais aux besoins de chacun, de sorte que personne ne manquait de rien. Plus tard, Paul a pu dire: «Je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations» (Phil. 4:12), mais les saints à Jérusalem à cette époque n’ont pas fait ces expériences. Le fait d’y avoir échappé, alors que Paul a dû les connaître, a-t-il été un avantage pour eux? La question reste ouverte, bien que nous inclinions à penser qu’ils ont plutôt subi une perte. Quoi qu’il en soit, le geste de Barnabas est très beau; et l’amour et la sollicitude manifestés dans l’Église d’alors devraient exister aujourd’hui, même si la manière exacte de les exprimer peut varier.

À suivre