Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 30, versets 22 à 38

32. Exode 30:22-38 — L’huile de l’onction sainte et l’encens composé

Le tabernacle et ses symboles sacrés ont maintenant tous été examinés. Il ne manque plus que deux éléments: l’huile de l’onction sainte et les drogues odoriférantes.

32.1. L’huile sainte

Ch. 30:22-38 — L’huile de l’onction sainte vient en premier lieu. Elle était composée, selon les instructions divines, de myrrhe, de cinnamome, de roseau aromatique et de casse, dans leurs proportions, mélangés avec un hin d’huile d’olive (v. 23, 24). Le psalmiste, parlant du Messie, écrit: «Tous tes vêtements sont myrrhe, aloès, et casse», et dans le verset précédent: «Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons» (Ps. 45:7, 8). Ce passage nous aide à comprendre la signification typique de l’huile de l’onction sainte.

Les drogues, ensuite, parlent des grâces de Christ. Ses vêtements mêmes exhalent ces doux parfums. Mais elles étaient mélangées avec de l’huile, image du Saint Esprit. En joignant ces deux éléments, nous apprenons que les grâces de Christ, le parfum moral de ses perfections, s’exprimaient dans la puissance du Saint Esprit.

L’huile de l’onction sainte était employée pour oindre le tabernacle, l’arche, les saints ustensiles, les sacrificateurs, etc. (v. 26-30). D’abord, le tabernacle était oint. C’est d’une grande importance. Car si nous considérons le tabernacle comme étant la maison de Dieu, la scène de Sa manifestation et le lieu du service sacerdotal et de l’adoration, le fait que tout était oint d’huile sainte enseigne que tout ce qui est lié à la maison de Dieu, à son ordonnance et à son service, tout l’office sacerdotal qui y était effectué doit être accompli dans la puissance du Saint Esprit (voir 1 Pierre 2:5). S’il en est ainsi, le parfum d’agréable odeur de Christ montera vers Dieu. Car certes c’est dans la puissance de l’Esprit que Dieu se révèle et c’est dans la puissance de l’Esprit seulement que l’adoration peut être rendue et le service accompli. Si donc tout ce qui était en rapport avec la maison de Dieu était arrangé selon sa propre Parole, mais que l’huile de l’onction sainte — la puissance du Saint Esprit — manquait, cela ne pouvait lui être agréable. Remarquez aussi l’effet: tout est sanctifié, tout devient «très saint» par l’onction, de sorte que tout ce qui touche un objet sur lequel l’huile a été mise devait également être considéré comme saint (v. 29). C’est là l’effet de l’action de l’Esprit de Dieu. Tout ce sur quoi sa puissance repose est mis à part pour Dieu et tout ce qui vient sous son action est aussi revendiqué comme saint. Toute la sphère de son action est sanctifiée (voir 1 Cor. 7:14).

32.2. Usage de l’huile

Aaron et ses fils étaient également oints. La signification de cet acte a été donnée en rapport avec la consécration des sacrificateurs. Mais il existe une raison particulière pour qu’il en soit parlé en relation avec le tabernacle. C’est pour indiquer et insister sur le fait que la qualification essentielle pour le service sacerdotal est l’onction et la puissance du Saint Esprit. Toutes les autres qualifications peuvent être réunies: le fait d’être nés de nouveau, d’être revêtus et placés sous la valeur du sang; mais s’il n’y a pas l’onction du Saint Esprit, la position sacerdotale ne peut être véritablement occupée. Du Seigneur lui-même il est dit qu’il a été oint de l’Esprit Saint et de puissance (Actes 10:38), et tous ceux qui lui appartiennent doivent l’être également pour pouvoir jouir des privilèges dans lesquels ils ont été introduits. La leçon est nécessaire dans des jours d’activité incessante et de service légal généralisé. Souvenons-nous toujours que, bien qu’enfants de Dieu, nous ne pouvons ni adorer ni servir, si ce n’est par la puissance et l’action présentes du Saint Esprit (voir Jean 4:24; Phil. 3:3).

Suivent deux mises en garde. D’abord: «On n’en versera pas sur la chair de l’homme» (v. 32). En d’autres termes l’Esprit de Dieu ne peut ni reposer ni demeurer dans l’homme naturel. Il va de soi que le don du Saint Esprit ne peut en aucun cas être reçu avant la nouvelle naissance et l’assurance du pardon des péchés. Lorsque nous sommes justifiés par la foi et que nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, nous sommes à la fois oints et scellés (voir Rom. 5:1-5; 2 Cor. 1:21, 22).

En second lieu, aucune imitation de cette huile de l’onction ne devait être faite, sous peine de mort (v. 33). Ainsi, c’est un péché terrible que d’imiter l’action de l’Esprit. Ananias et Sapphira le firent lorsqu’ils professèrent consacrer tout le prix de la terre qu’ils avaient vendue au service du Seigneur (Actes 5). Le même châtiment, remarquons-le, était attaché au fait de mettre de cette huile sur un étranger, sur ceux qui n’y avaient aucun droit. Dieu est saint; il veille jalousement sur ses droits souverains et il ne peut que visiter par le châtiment toute atteinte à ceux-ci. Si maintenant il paraît passer sur de tels péchés sans y prendre garde, cela tient au caractère de la dispensation actuelle, une dispensation de grâce; mais les péchés eux-mêmes n’en sont pas moins devant ses yeux.

32.3. L’encens composé

Les drogues odoriférantes étaient aussi mélangées en un parfum, par une directive divine et elles parlent, comme dans le cas précédent, des grâces de Christ, ce parfum moral montant à Dieu. Il ressort du chapitre 25:6 comparé avec le chapitre 35:8, que ces drogues composaient l’encens qui était brûlé sur l’autel d’or. La précision qu’il devait être mis «sur le devant du témoignage dans la tente d’assignation, où je me rencontrerai avec toi» (v. 36) l’indique aussi. Remarquons enfin que, de même que le parfum de l’encens était activé par le feu de l’autel, l’exposition de Christ au jugement de la sainteté de Dieu (le feu) sur la croix, alors qu’il était fait péché, a seulement fait ressortir tout ce qu’il y avait de plus précieux à Ses yeux. Jamais ses perfections n’ont été plus pleinement manifestées que lorsqu’il prouva son obéissance extrême, à la place même du péché. Aussi pouvait-il dire: «À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne». C’était pour la gloire de Dieu qu’il passa à travers le feu du jugement et en le faisant, toutes les «drogues odoriférantes» de ses grâces morales et la perfection de son entier dévouement furent manifestées et montèrent comme un parfum agréable devant Dieu. Pour cette raison — à cause du prix de sa signification typique — l’encens devait être pilé très fin (car plus il était pilé, plus son parfum s’exhalait) et être mis sur le devant du témoignage dans la tente d’assignation, où l’Éternel se rencontrait avec Moïse. Moïse, en tant que médiateur, serait ainsi devant Dieu dans toute l’acceptation de ce saint parfum; Dieu pourrait alors le rencontrer en grâce et lui communiquer ses pensées et sa volonté pour son peuple.

Remarquons également en rapport avec l’encens, un avertissement et un châtiment. Il ne devait point en être fait de semblable. Cet encens était «saint», «consacré à l’Éternel». Par conséquent, quiconque en ferait de semblable pour le flairer serait retranché de ses peuples (v. 38). La contrefaçon humaine des grâces de Christ ainsi que le fait d’y trouver de la satisfaction sont deux choses inacceptables devant Dieu. De même que le Seigneur, nous l’avons vu, proscrit toute imitation de l’action ou de la puissance du Saint Esprit, il met ici en garde contre toute imitation charnelle des vertus morales de Christ. L’homme ne peut faire ni l’un ni l’autre, quelles que soient ses prétentions. La subtilité de nos cœurs est toutefois telle que souvent nous nous trompons nous-mêmes et nous trompons les autres en prenant par exemple les douceurs de la nature, sa grâce et son amabilité pour l’œuvre du Saint Esprit. Il ne peut y avoir aucune ressemblance à Christ si ce n’est comme résultat de l’œuvre du Saint Esprit; et le Saint Esprit, nous l’avons vu, est le don de Dieu. Ce serait donc de l’hypocrisie de la pire espèce de vouloir faire passer quelques qualités naturelles, quelques grâces humaines, résultats de l’éducation ou de la culture, comme ce qui a été produit par le Saint Esprit. Rien ne peut plaire à Dieu et rien ne devrait nous plaire sinon ce qui a été opéré par son Esprit, pour la gloire de Christ.

À suivre