Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur la première épître aux Corinthiens.

Commentaire sur la première épître aux Corinthens

F.B. Hole

Chapitre 15, versets 35 à 58

Cependant, malgré leur si faible connaissance de Dieu et de la vérité, les Corinthiens étaient des intellectuels, des raisonneurs. C’est pourquoi l’apôtre anticipe au verset 35 deux questions qui allaient certainement venir sur leurs lèvres: «Comment...?», et «avec quel corps...?». Les réponses à ces questions occupent pratiquement le reste du chapitre. La seconde — la mieux définie peut-être — est traitée d’abord.

L’intellectualisme se manifeste constamment comme étant un grand piège pour les croyants. Ayant commencé par la foi, plusieurs sont enclins à poursuivre par le simple intellect, oubliant le fait que les choses de Dieu sont si profondes qu’elles dépassent entièrement la plus grande intelligence humaine — comme le chapitre 2 nous le montre. Or rien ne déconcerte la pensée humaine plus que la résurrection. Quoi qu’il en soit, nous apprenons ici ce que Dieu pense des raisonneurs: ce ne sont que des insensés.

Cependant, c’était à des croyants que Paul écrivait, même s’ils avaient été contaminés par cet égarement que nous voyons si pleinement développé aujourd’hui. Ayant ainsi clairement mis les Corinthiens en garde contre cet état d’esprit, il aborde la question soulevée.

La nature elle-même nous fournit une analogie frappante à ce sujet, et le Seigneur l’avait déjà utilisée. Quand il avait dit: «À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24), il parlait de sa mort et de sa résurrection.

Ici nous avons la même analogie, mais avec une application différente. Une graine est semée dans la terre et elle réapparaît avec un corps tout à fait différent, son identité étant pourtant préservée. Un gland est enterré, mais un chêne en surgit. Chaque semence possède ce que l’on pourrait appeler son propre corps de résurrection, dans lequel elle réapparaît. La portée de cela quant à notre résurrection est claire. Le corps d’un croyant est mis dans la tombe; et lors de la résurrection il réapparaîtra sous une forme notablement différente, mais c’est la même personne.

La nature nous enseigne encore que cela ne présente aucune difficulté pour Dieu, car sa puissance est infinie. Observez la variété de la création. Il y a différentes sortes de chair — celle des hommes, celle des bêtes, celle des poissons, celle des oiseaux — et à l’intérieur de ces classes, il y a une grande diversité de corps. En outre, il y a des corps célestes, au sujet desquels nous ne connaissons maintenant que très peu de chose, et des corps terrestres, que nous connaissons bien. Il est très probable qu’il n’existe pas deux étoiles qui soient en tous points identiques.

Ceci nous conduit à la merveilleuse déclaration des versets 42 à 44. Le corps qui est semé dans la tombe est caractérisé par la corruption, le déshonneur et la faiblesse; ce n’est qu’un «corps animal», c’est-à-dire un corps qui, par l’âme vivante, avait une vie animale. Mais il est ressuscité en incorruptibilité, en gloire et en puissance; c’est un «corps spirituel». Son identité est préservée, comme en témoignent les mots quatre fois répétés: «Il est semé... il ressuscite». Néanmoins la condition dans laquelle il réapparaît est d’un ordre entièrement différent. Ceci répond à la question: «Avec quel corps viennent-ils?»

La première question du verset 35: «Comment ressuscitent les morts?» obtient une réponse très complète dans les versets 45 à 54. Dans cette question, le sens du mot «comment?» semble être plutôt «dans quelle condition?» que «de quelle manière» ou «par quel moyen?». Sinon, ce chapitre n’apporterait pas de réponse à la question. Quoi qu’il en soit, une explication sur le moyen que Dieu utilisera pour ressusciter les morts nous dépasserait entièrement. La réponse se résume ainsi: nous serons ressuscités à l’image d’un Christ céleste.

Pour bien comprendre cela, il nous faut considérer le contraste entre les deux Adam, le premier et le dernier. Le premier est devenu «une âme vivante» (v. 45; Gen.2:7). Le dernier est d’un ordre entièrement différent. Bien qu’il soit aussi véritablement homme que le premier (c’est la signification du mot Adam), il est «un esprit vivifiant». L’un, par conséquent, est «naturel» ou «animal»; l’autre est «spirituel». On aurait pu s’attendre à une préséance du spirituel quant au temps, mais le verset 46 nous dit qu’il n’en est pas ainsi. Le premier Adam est devenu une âme vivante par la respiration de vie que Dieu a soufflée dans ses narines. C’est donc qu’il possédait un corps «naturel» ou «animal», «terrestre». Tous ceux qui descendent de lui sont également terrestres; ils sont du même ordre que lui (v. 48).

Le dernier Adam fait un contraste très marqué avec le premier. Bien que véritablement homme, il est Dieu, puisqu’il est un esprit vivifiant; il est «du ciel». Cependant, il n’est pas seulement homme — «le second homme», comme dit le verset 47 — il est «Adam», c’est-à-dire l’ancêtre et le chef d’une race. Et il est «le dernier Adam» parce qu’il n’y en aura pas d’autre après lui. En lui Dieu a atteint en perfection le but qu’il s’était proposé. Qu’il en soit loué! Et nous sommes «les célestes»; nous appartenons à l’ordre dont il est le chef.

Soulignons encore qu’il n’est pas seulement «le dernier Adam» mais aussi «le second homme». Selon cette expression, entre Adam et Christ, aucun homme ne compte. Caïn n’était pas le second homme: il n’était qu’Adam reproduit à la génération suivante. Il en est de même de tous les hommes: ils ne sont qu’Adam reproduit dans leurs diverses générations. Mais Christ n’était nullement la reproduction d’Adam. Lorsqu’il est né d’une vierge par l’action du Saint Esprit, un homme entièrement nouveau est apparu, un homme digne d’être appelé «le second homme». Et devenant à son tour le chef d’une nouvelle race, il se présente comme «le dernier Adam».

Quant à nous, nous avons tous commencé par être enfants de l’Adam terrestre, portant son image. Amenés à Christ, objets de l’opération divine, nous avons été transférés de la lignée terrestre à celle qui est céleste. Toutefois, jusqu’à maintenant, ce transfert n’a pas touché nos corps; nous portons encore l’image «du terrestre» et par conséquent nos corps sont sujets au déclin et à la mort. Dans la résurrection, nous porterons l’image «du céleste». Nous devons être rendus conformes à l’image du Fils de Dieu, non seulement quant à nos caractères moraux, mais quant à nos corps eux-mêmes. Glorieuse pensée! Comment les morts ressuscitent-ils? Dans une condition de perfection et de gloire telle que celle-là.

Mais, bien que nous devions attendre pour que se réalise cet état de perfection, nous n’avons pas à attendre pour être dans la lignée du dernier Adam, pour être liés au second homme. Le verset 48 ne parle pas de ceux qui seront célestes, mais de ceux qui sont célestes. Nous sommes appelés «les célestes». N’est-ce pas merveilleux? Ou bien, cela nous paraît-il trop merveilleux? Serions-nous tentés de reculer devant ce fait parce que ses conséquences sont immenses et que nous ne pouvons faire face à tout ce que cela implique? Oh! gardons-nous d’affaiblir la vérité pour qu’elle s’accorde avec notre pauvre marche pratique. Un comportement de bas niveau, charnel, terrestre et mondain ne convient certainement pas à ceux qui sont célestes.

Au verset 50, l’apôtre en vient à parler du grand moment où le changement du terrestre en céleste atteindra notre corps. Nous allons hériter du royaume dans sa partie céleste et nous trouver nous-mêmes dans une scène d’incorruptibilité absolue. Nous ne pouvons entrer là dans notre condition actuelle — «la chair et le sang» — à laquelle la corruption est attachée.

 «Voici, je vous dis un mystère», ajoute-t-il (v. 51). Ces mots indiquent qu’il va annoncer quelque chose qui n’était pas révélé jusque-là. Qu’il y aurait une résurrection des morts, que le Seigneur allait venir, cela les Corinthiens le savaient. Mais ils ne savaient pas encore que, quand le Seigneur reviendra, il ressuscitera les croyants décédés et les placera dans une condition de glorieuse incorruptibilité, et qu’il transformera les croyants vivants en leur donnant la même condition glorieuse. Les saints de l’Ancien Testament pouvaient concevoir la résurrection comme étant un relèvement de l’état de mort et l’introduction dans une vie glorieuse sur la terre. Ils ne connaissaient pas la résurrection d’entre les morts, dont les croyants jouiront à la venue du Seigneur. Jusqu’à ce que soit mise en lumière la doctrine de l’appel céleste des saints et de l’appel de l’Église hors du monde, le moment n’était pas venu pour la pleine révélation de la vérité de la résurrection. Cette révélation progressive de la doctrine peut être remarquée tout au long du Nouveau Testament.

Maintenant la vérité est pleinement révélée. «Nous ne nous endormirons pas tous» — c’est-à-dire nous ne mourrons pas tous — «mais nous serons tous changés», que nous soyons vivants ou morts au moment où le Seigneur reviendra pour les siens. En quoi consistera ce changement? Tout ce qui est mortel ou corruptible en nous sera englouti en vie et en victoire. Nous serons tous changés, remarquez-le, «en un instant, en un clin d’œil» — et non en plusieurs instants différents, comme ce serait le cas si l’Église était destinée à entrer dans sa gloire par des enlèvements partiels.

L’immense changement qui aura lieu sera opéré instantanément par la puissance de Dieu, «à la dernière trompette». Au verset 29, les croyants avaient été considérés comme des soldats entrant dans les rangs par le baptême, pour prendre les places de ceux qui sont tombés. Au verset 52, nous les voyons tous — qu’ils soient encore dans les rangs ou qu’ils en aient été retirés par la mort — placés en un instant, à la dernière trompette, au-delà de la mort et de la corruption. Leur engagement guerrier sera terminé. Ils n’auront plus jamais à entendre le son de la trompette.

En ce qui nous concerne, la déclaration d’Ésaïe 25:8 — citée au verset 54 — s’accomplira lorsque nous serons changés corporellement et placés dans une condition d’immortalité et d’incorruptibilité. Ceci confirme ce que nous avons dit plus haut. L’Ancien Testament a en vue la puissance victorieuse de Dieu en résurrection sur la terre. Notre passage révèle dans toute sa plénitude la portée de ce verset d’Ésaïe, qui était cachée jusqu’aux jours de l’Évangile. Quand les saints porteront l’image de Celui qui est céleste, la mort sera engloutie dans une victoire que personne ne pourra nier. Notre passage, soulignons-le, ne parle pas de l’enlèvement des croyants pour être avec le Seigneur. Pour être enseignés à ce sujet, il nous faut aller à 1 Thessaloniciens 4.

Le sentiment de la grandeur de ce jour de victoire conduit l’apôtre à l’exultation. Il lance un défit triomphant à la mort. En fait la victoire nous appartient déjà. Elle a été obtenue dans la résurrection de Christ, qui a été pleinement établie dans ce chapitre. La résurrection des saints n’est que le résultat nécessaire de cette victoire, et nous pouvons la considérer comme aussi sûre que si elle était déjà accomplie. La victoire est à nous aujourd’hui, Dieu en soit béni!

Avec quelle force s’exprime alors l’exhortation terminale du chapitre! «Ainsi...». Derrière ce mot, il y a tout le poids des cinquante-sept versets qui précèdent. Ayant entretenu des doutes quant à la vérité de la résurrection, les Corinthiens pouvaient bien être devenus chancelants, mal affermis, relâchés et enclins à adopter la devise: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons».

La résurrection est une glorieuse certitude. Christ est ressuscité; et nous, qui sommes du même ordre céleste que lui, nous allons bientôt être unis à lui dans la conformité de sa gloire céleste. Ces choses étant ainsi, une fermeté inébranlable doit nous caractériser. Au lieu de dissiper follement notre temps en mangeant et en buvant, ayons à cœur d’abonder dans l’œuvre du Seigneur, en nous souvenant que rien de ce qui aura été réellement fait pour lui ne sera perdu. Le fruit en sera manifesté au jour de la résurrection.

Vivons-nous dans la lumière de la résurrection? Il se peut que nous soyons à même de réciter correctement un credo, et d’énoncer la grande vérité de la résurrection. Mais si nos âmes ont réellement en vue cet événement glorieux, nous serons des travailleurs diligents et infatigables au service du Seigneur, dans la tâche qu’il lui plaira de nous confier.

À suivre