Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 21, verset 18 au chapitre 22, verset 20

15.5. Dommages causés au prochain

Ch. 21:18-27 — Ce paragraphe traite des offenses contre la personne de son prochain et des peines qui s’y rattachent. Nous ne ferons que deux remarques, laissant au lecteur le soin de se pencher sur les détails. La première, c’est que tous ces préceptes révèlent la tendresse de Dieu dans ses soins pour le corps des siens, et particulièrement de ceux qui occupent une position de subordination. La seconde, c’est que nous trouvons ici le vrai caractère de la loi. La grâce en est absente. C’est œil pour œil, et dent pour dent... Le Seigneur cite expressément ces ordonnances pour montrer le contraste entre celles-ci et la grâce. Il dit: «Vous avez ouï qu’il a été dit: «œil pour œil, et dent pour dent». Mais moi, je vous dis: Ne résistez pas au mal; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre» (Matt. 5:38, 39). Sur le terrain de la loi, une équivalence exacte est requise, ni plus ni moins; mais la grâce n’insiste pas sur ses droits; car nous-mêmes ayant été les objets de la grâce, ayant eu toute notre dette remise, nous devons agir selon le même principe dans nos rapports les uns avec les autres. N’oublions cependant jamais que la grâce elle-même a son fondement inébranlable dans la justice et que, par conséquent, elle règne par la justice (Rom. 5:21), établie sur une base éternelle et immuable.

Ch. 21:28-36 — Ces versets présentent la responsabilité du propriétaire pour les actes de son bétail. Nous nous bornerons à indiquer que le même principe de juste compensation prévaut ici également. La mort du maître de la bête, comme aussi celle du bœuf, étaient requises dans le cas où le maître avait été averti du penchant de l’animal, et où il n’avait pris aucune précaution pour éviter le dommage (v. 29). De quelle manière remarquable cela ne place-t-il pas devant notre esprit la vérité enseignée par le Seigneur, que les cheveux mêmes de notre tête sont tous comptés! Tout est prévu, et chaque relation, avec ses diverses violations, est réglée en harmonie avec le juste gouvernement sous lequel Israël était maintenant placé. Il y a un détail qu’il ne faut pas passer sous silence. Le serviteur, ou la servante, était évalué à trente sicles d’argent. C’est à cela que fait allusion le prophète Zacharie: «Et je leur dis: Si cela est bon à vos yeux, donnez-moi mon salaire: sinon, laissez-le. Et ils pesèrent mon salaire, trente pièces d’argent» (Zach. 11:12). C’est Christ qui est présenté ainsi, lui qui a été livré pour trente pièces d’argent (Matt. 26:15). Telle fut la valeur à laquelle l’homme estima Dieu manifesté en chair, le Fils unique du Père!

15.6. Vol et restitution

Dans le chapitre suivant (chap. 22), nous avons la loi concernant la restitution dans les cas de vol.

Ch. 22:1-15 — Zachée fait sans doute allusion à cette ordonnance de la loi (v. 1), lorsqu’il dit au Seigneur: «Si j’ai fait tort à quelqu’un par une fausse accusation, je lui rends le quadruple» (Luc 19:8). Dans le chapitre précédent nous avons remarqué comment Dieu protégeait la vie et la personne des siens; dans ce chapitre, nous voyons comment il veille sur leurs biens, et tient tous ceux qui méprisent sa loi pour redevables envers lui. Mais la question placée devant notre âme est la suivante: si le fait de voler son prochain est puni de cette manière, que faire du péché qui consiste à frustrer Dieu? Comment ceux qui sont déjà pécheurs pourront-ils faire réparation devant Lui? C’est impossible; et si nous avions été laissés à nous-mêmes, nous serions à jamais restés sous les conséquences de nos fautes. Mais dans les Psaumes, nous entendons quelqu’un dire: «Ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu» (Ps. 69:4). Il a été le sacrifice pour le délit, comme aussi le sacrifice pour le péché et l’holocauste. Il a par conséquent fait une restitution pleine et parfaite (c’est ce que nous pouvons dire si nous croyons) pour toutes nos fautes. Pas une seule transgression ne pourrait être mise à notre charge pour laquelle il n’ait pas, Lui, fait réparation dans sa grâce merveilleuse et sa miséricorde.

Cela place devant nous un aspect très précieux de sa mort. Dans notre chapitre, le coupable devait lui-même restituer. Nous n’aurions jamais pu le faire si un substitut ne s’était pas présenté pour nous. S’il n’y avait eu personne pour rendre à Dieu ce que Lui n’avait pas ravi — mais bien nous — nous serions restés à jamais responsables envers Lui, à jamais redevables, mais sans rien avoir pour payer. Plus donc nous nous souviendrons de cela, plus nous magnifierons la grâce de celui qui, de sa propre volonté, a répondu devant Dieu pour nous, de telle sorte qu’il peut en justice nous acquitter de toute exigence, et qu’il peut tout aussi justement nous introduire dans la lumière et la joie inaltérables de sa propre présence. Béni soit à jamais son saint nom!

Nous passons maintenant à des injonctions d’une autre nature. La première de celles-ci est en rapport avec le désir charnel (v. 16). Ici la culpabilité est principalement celle de l’homme, sans cependant enlever à la femme sa part de responsabilité. L’homme ne peut pas pécher avec légèreté, et agir comme s’il n’avait pas péché, en particulier dans le cas mentionné dans ce passage. Aussi était-il dans l’obligation de payer une dot et de prendre pour femme celle qu’il avait séduite. Le principe général est posé par l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 6:16: «Ne savez-vous pas que celui qui est uni à une prostituée est un seul corps avec elle? «Car les deux, dit-il, seront une seule chair». Pour la même raison, le Seigneur dit que «quiconque répudiera sa femme, non pour cause de fornication, et en épousera une autre, commet adultère; et celui qui épouse une femme répudiée, commet adultère» (Matt. 19:9). Quelle appréciation sur les lois humaines qui méprisent la sagesse de Dieu et en même temps trahissent l’ignorance la plus complète des relations fondamentales entre l’homme et la femme. Si nous sommes tenus d’obéir aux puissances qui sont établies lorsque celles-ci ne sont pas en conflit avec l’autorité de Dieu, leurs lois ne peuvent pas être le guide de la conscience du croyant ou de l’Église.

15.7. Autres péchés punis de mort

«Tu ne laisseras point vivre la magicienne» (v. 18). Ce qui caractérisait essentiellement une magicienne était le commerce avec les esprits, ce que l’on retrouve dans le spiritisme des temps actuels. Aussi dans le Lévitique est-elle nommée une évocatrice d’esprits (chap. 20:27). La femme qui évoquait les esprits à En-Dor est un exemple des personnes de son espèce; car nous lisons que Saül vint chez elle et dit: «Devine pour moi, je te prie, par un esprit, et fais-moi monter celui que je te dirai» (1 Sam. 28:8). C’est précisément ce que les spirites prétendent faire: mettre leurs clients en rapport avec les esprits de ceux qui ne sont plus. Semblables à Saül qui était incapable d’obtenir des communications avec Dieu, ils cherchent à entrer en relation avec l’au-delà par l’intermédiaire d’esprits. C’est, en fait, se détourner de Dieu vers Satan. Tout ce système, tant en Israël qu’aujourd’hui, est satanique. Aussi la magicienne devait-elle être mise à mort. Cela montre l’antagonisme total de sa profession envers Dieu; le spiritisme en vogue maintenant n’est pas moins abominable, ni moins destructeur pour l’âme lorsqu’on s’y adonne.

Nous trouvons ensuite deux péchés punis de mort. Le premier est celui de la chair dans sa forme la plus horrible et la plus révoltante. Le second est l’idolâtrie. Dieu ne pouvait pas admettre que son propre peuple reconnaisse un autre dieu, en dehors de lui. Ce serait un reniement de ses propres droits et de son autorité, et le renversement des fondations mêmes de sa relation avec son peuple. De leur part, ce serait la négation du vrai caractère de Dieu et le rejet de son pouvoir absolu. L’adoration du vrai Dieu et celle de faux dieux ne pouvaient donc pas cœxister. Aussi l’apôtre dit-il: «Les choses que les nations sacrifient, elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu: or je ne veux pas que vous ayez communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des démons» (1 Cor. 10:20, 21). Accepter des faux dieux, c’est rejeter le vrai Dieu. À l’opposé, lorsque les Thessaloniciens se furent convertis, il est dit d’eux qu’ils se sont «tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai...» (1 Thess. 1:9).

À suivre