Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur l'Évangile selon Jean.

Réflexions sur l'évangile selon Jean

F.B. Hole

Chapitre 16

Quelques avertissements supplémentaires suivent dans les premiers versets du chapitre; pour éviter que, n’étant pas préparés à la persécution, les disciples ne trébuchent. Nous trouvons un commentaire des versets 2 et 3 dans les passages suivants: Actes 8:3; 9:1-2:1 Timothée 1:13. Saul de Tarse persécutait jusqu’à la mort «ceux qui étaient de la voie»; il le faisait par ignorance, par incrédulité. Certainement il ne connaissait, à ce moment-là, ni le Père ni le Fils.

Jésus s’en va vers celui qui l’a envoyé; les disciples ressentent suffisamment la perte qu’ils vont subir, pour être remplis de tristesse. Ils verraient les événements sous un autre éclairage s’ils cherchaient davantage à savoir où allait le Seigneur, et ce qu’entraînerait sa présence auprès du Père. Son départ va leur être profitable. Ils vont subir une perte, évidemment, mais il y aura aussi un gain qui la compensera. C’est une déclaration étonnante! Cependant le Seigneur continue à insister sur cette vérité. Il dévoile encore les bienfaits qui découleront de la venue du Consolateur, venue qui dépendait du départ de Jésus au ciel. Il parle premièrement de ce que l’arrivée du Saint Esprit signifiera pour eux.

Par sa présence et son activité mêmes, l’Esprit sera sur la terre un témoignage permanent devant le monde. Le verbe «convaincre» (ou confondre) ne signifie pas: «faire naître dans le monde une conviction telle qu’il se convertira», mais plutôt, que la venue du Saint Esprit mettra tellement en évidence ces trois grandes réalités: le péché, la justice et le jugement, qu’elle laissera le monde sans excuse. Le Saint Esprit vient; c’est la conséquence immédiate du départ au ciel de Jésus, celui que le monde incrédule a chassé. La bonté parfaite, personnifiée dans le Fils de Dieu, avait été devant leurs yeux et elle avait été entièrement rejetée. Quel péché que celui-ci, une terrible erreur de jugement! Le péché a été mis en évidence par la présence du Consolateur, venu parce que le Seigneur Jésus s’en était allé.

Mais Jésus a traversé la mort et la résurrection; par son ascension, il est entré dans la gloire du Père. La justice divine est ainsi revendiquée et manifestée. Le sujet ici n’est pas le pardon des péchés et notre justification, comme au chapitre 3 de l’épître aux Romains; c’est l’établissement de la justice aux yeux de tous, dans toutes les sphères touchées et corrompues par le péché. La mort de Christ était l’acte suprême de l’injustice du monde; sa glorification est l’acte suprême de la justice divine et la garantie que la justice finira par s’imposer en tous lieux. C’est ce que dit Paul, en Actes 17:31. Or l’Esprit est venu de la part de Christ glorifié, témoin permanent de ces choses. Mettre simplement le péché en évidence n’aurait pas suffi: son opposé, la justice, qui finira par abolir le péché, doit aussi être manifesté.

La troisième réalité, le jugement, est la conséquence normale de ce qui précède. Si le péché de l’homme est réglé selon la justice divine, le jugement ne peut être évité. Paul discourait devant Félix du «jugement à venir», et le gouverneur romain tremblait, mais le sujet de notre passage est plutôt le fait que le prince de ce monde a été jugé à cause de son attitude envers Christ et par la puissance de la croix. Au chapitre 12, Jésus avait parlé du jugement du monde et du rejet de son prince. Ces faits solennels sont établis par la présence du Saint Esprit. Si le prince, le chef du monde, est jugé, le monde qu’il dirige est, lui aussi, jugé. Satan est encore appelé «le dieu de ce siècle» (2 Corinthiens 4:4), puisque les hommes l’adorent sans le savoir, en se tournant vers toutes leurs idoles. Il est «le prince» en tant qu’auteur et chef des grandes intrigues du monde.

Le fait que le Consolateur soit venu et ait mis cela en évidence, nous est maintenant utile et profitable. Voir le diable sous son vrai jour, le monde tel qu’il est en réalité, voir l’opposition entre le péché et la justice mise en évidence, sont des sujets de la plus haute importance. Le témoignage est, en fait, rendu contre le monde, mais il est aussi donné pour notre profit et notre instruction. S’il avait retenu davantage notre attention et celle de l’Église, au cours de son histoire, nous nous serions gardés beaucoup plus purs du monde que nous ne l’avons fait. Les mots très forts que nous lisons en Jacques 4:4 se comprennent beaucoup plus facilement à la lumière de ces paroles du Seigneur.

Dans les versets 13 à 15, ce ministère de l’Esprit est particulièrement utile. Il semble se classer sous trois titres: «Il vous conduira... Il vous l’annoncera... Il me glorifiera».

L’esprit va conduire les disciples dans toute la vérité. Dans le verset précédent, le Seigneur a indiqué qu’il a encore beaucoup de choses à leur révéler, mais qu’ils ne sont pas encore en état de les recevoir. Nous trouvons dans la première épître de Jean (2:20, 27) que les croyants peuvent comprendre seulement quand ils ont reçu l’onction de l’Esprit. Après la venue de l’Esprit de vérité, le Seigneur a transmis par son moyen tout ce qu’il avait encore à dire; toute la vérité a été ainsi révélée. L’Esprit a guidé les disciples dans cette révélation. Les apôtres sont sans doute plus particulièrement en vue ici, mais les épîtres ont été écrites pour nous «conduire dans la vérité». Les croyants de toutes les époques, et de la nôtre, ont pu ainsi entrer dans la connaissance de toute la vérité. Est-ce que nous nous sommes consacrés à ces choses, pour qu’elles nous guident?

L’Esprit doit ensuite montrer aux disciples «ce qui va arriver». Le livre de l’Apocalypse et certains passages des épîtres ont été écrits comme résultat de ce ministère envers les apôtres. Aujourd’hui nous pouvons en bénéficier nous-mêmes. Les écrits prophétiques nous font connaître ce qui devait arriver, à la fois dans l’Église et dans le monde. Nous ne sommes donc pas dans l’obscurité, bien que le rejet et l’absence de Christ aient introduit une période de l’histoire du monde caractérisée par «la nuit».

Enfin, la mission du Consolateur est de glorifier Christ qui a été déshonoré par le monde. Il le fait en nous annonçant ce qui appartient à Christ, afin que nous découvrions que tout ce qu’a le Père, est aussi au Fils. Ne mésestimons pas l’extraordinaire portée de cette grande déclaration! Nous avons déjà entendu deux fois que le Père a mis toutes choses entre ses mains (3:35; 13:3). Cela pourrait, cependant, être interprété comme le fait que toute administration lui a été confiée; c’est ce qui s’est produit pour Joseph, en Égypte, avec ce qui appartenait au Pharaon. Il y a, en fait, un enseignement beaucoup plus profond. Tout ce qu’a le Père, est au Fils! C’est Jésus qui le dit, sur la terre, dans son chemin d’humiliation. Ce mot «est» se trouve en dehors du temps: il suggère quelque chose d’éternel. Ce qui était au Père, a toujours été au Fils; c’est encore vrai et cela le sera toujours. Celui qui parle ainsi (v. 15) proclame qu’il est Dieu, Un avec le Père dans l’unité de la Divinité. Le Fils est glorifié, en effet, lorsque cette vérité est reconnue grâce au ministère du Consolateur.

À première vue, la transition entre les versets 15 et 16 n’est pas évidente. Le Seigneur reprend l’idée que son départ sera profitable aux disciples parce qu’il implique la venue du Consolateur. Bientôt ils ne verront plus Jésus, puis «encore un peu de temps» et ils le verront. Mais ce moment où ils le reverront ne peut exister que «parce qu’il s’en va au Père»; car, alors, l’Esprit sera donné. Dans cette déclaration remarquable, le Seigneur emploie deux mots différents. Le premier terme signifie contempler, ou regarder comme un spectateur; le second veut dire percevoir ou discerner. «Un peu de temps» et ils ne le verront plus; ils ne contempleront plus sa marche et ses œuvres. Il s’écoulera encore «un peu de temps» et, ayant reçu le Saint Esprit, ils verront Jésus d’une façon nouvelle; ils le discerneront par la foi, avec l’œil intérieur de leur cœur rempli de l’Esprit. Ils le verront dans une mesure inconnue auparavant. Béni soit Dieu de ce que nous pouvons dire aussi: «Nous voyons Jésus... couronné de gloire et d’honneur» (Hébreux 2:9).

À ce moment-là, la parole du Seigneur était obscure pour les disciples; une explication supplémentaire est donc donnée. Le monde allait atteindre son but, en ce qui concernait Jésus; sa mort était imminente. Le monde se réjouirait d’être débarrassé de lui; pour les disciples il y avait, par contre, la perspective de pleurs et de lamentations. Toutefois, au-delà de la mort, il y avait sa résurrection et son ascension vers le Père. Ceci bouleverserait tout. Les douleurs de l’enfantement illustrent cela et mettent en relief l’idée de la joie qui survient après la tristesse, mais aussi celle de l’apparition d’une vie nouvelle. Or la tristesse des disciples ne faisait que refléter celle du Seigneur; elle était si profonde, et d’une nature telle, qu’elle est appelée: «le travail de son âme» (Ésaïe 53:11). Par contre, Ésaïe 53:10 annonce à l’avance «qu’il verra une semence»; cela aura lieu évidemment dans la résurrection et dans la gloire. Les disciples ne pouvaient pas partager ses souffrances expiatoires; toutefois, dans une faible mesure, ils partageaient sa tristesse, mais probablement d’une manière très égoïste. Ils devaient bientôt partager réellement sa joie.

Le contexte du verset 22 semble indiquer que le Seigneur fait allusion au bonheur qui remplira les disciples quand ils le rencontreront après sa résurrection. Il évoque aussi leur joie lorsqu’ils connaîtront sa gloire, grâce au don du Saint Esprit. C’est encore plus net dans le verset 23. L’expression «en ce jour-là» n’indique pas seulement les quarante jours pendant lesquels les disciples ont vu le Seigneur, avant la Pentecôte, mais plutôt toute la période de son absence et de la présence personnelle de l’Esprit dans l’Église. Ce «jour» n’est pas encore terminé; c’est encore notre privilège de prier par le Saint Esprit, et donc de demander au Père, au nom du Fils.

Le mot «demander» se trouve deux fois dans ce verset. En réalité, le Seigneur utilise deux mots différents. On peut les différencier en utilisant «interroger» ou «s’informer», pour le premier terme, et «demander» ou «supplier», pour le deuxième. Le Seigneur avait répondu à toutes leurs questions et ils étaient venus à lui avec toutes leurs demandes d’information. Maintenant cette période se terminait. Mais il leur a révélé le Père; cette révélation produira son effet en eux, dès que l’Esprit sera donné. Ils recevront de la puissance pour prendre leur place de représentants du Fils, et donc pour demander en son nom. Leurs prières seront exaucées s’ils demandent en étant dirigés par l’Esprit, car elles seront selon la pensée du Père. Des exemples frappants de prières semblables nous sont donnés dans la dernière partie du chapitre 4 des Actes et au chapitre 12. Ceci est aussi illustré par la prière d’Étienne mourant (Actes 7:60). La conversion de l’homme qui, comme un mauvais génie, préside au martyre de ce croyant, est une réponse à la demande exprimée dans la prière: «Seigneur, ne leur impute point ce péché».

La pensée dominante du verset 25 est toujours le changement qui sera introduit par la venue du Consolateur. Elle aura des conséquences sur la façon même dont va être présentée la vérité concernant le Père. Jésus l’a fait connaître en accomplissant ses œuvres. Tous les miracles ou «signes» présentés dans cet évangile, sous la forme de paraboles ou d’allégories, ont été un exposé de la grâce, de la puissance et de la gloire du Père. Dans les épîtres, nous lisons des déclarations claires à son sujet et concernant son propos, sa gloire et son amour; elles ont été données par l’inspiration du Saint Esprit. Tout cela est arrivé le jour dont le Seigneur avait parlé, quand les disciples ont eu la possibilité de demander en toute liberté en son nom, connaissant l’amour du Père.

Les paroles de la dernière partie du verset 26 ne sont pas en contradiction avec le fait que Jésus est notre intercesseur au ciel. Elles soulignent seulement l’amour du Père pour les croyants et la place d’intimité qu’ils ont en sa présence. Le verset 27 montre l’attitude des disciples envers Jésus; elle est faite d’amour et de foi. Avons-nous cette attitude? Nous aussi, nous serons alors placés sous la bénédiction de l’amour du Père. Nous avons besoin de l’intercession pleine de grâce de Christ, car nous sommes faibles et nous avons souvent des défaillances, mais nous sommes cependant dans une place d’amour et de faveur auprès du Père; nous n’avons pas besoin d’intercession pour l’occuper. Même si certaines personnes peuvent penser qu’elle est nécessaire, Dieu en soit béni, ce n’est absolument pas le cas!

Les disciples croyaient que Jésus était venu de Dieu, mais ils avaient toujours du mal à saisir la pensée qu’il était venu d’auprès du Père; ils n’avaient pas encore réalisé, comme le montrent leurs paroles, que leur intelligence était limitée. Tant que l’Esprit n’a pas été donné, ils sont limités dans leur compréhension (voir v. 31), leur puissance et leur courage (voir v. 32). Ces mêmes hommes qui ont ici l’esprit confus et qui, peu après, seront dispersés et s’enfuiront, vont se rassembler le jour de la Pentecôte avec un esprit clair et un cœur courageux comme celui d’un lion. Intelligence et courage: ces deux qualités devraient nous caractériser aujourd’hui. Est-ce qu’il en est ainsi?

Le Seigneur n’a aucun soutien de la part de ses disciples pour l’heure sombre qui est devant lui; il peut cependant avancer dans une parfaite dépendance du Père et avec la certitude de sa présence constante. Jésus affronte donc la haine et l’opposition du monde avec une paix parfaite et il en sort totalement vainqueur. Le Seigneur explique qu’il a communiqué tout cela à ses disciples afin qu’à leur tour ils aient la paix en lui, comme lui-même possède la paix dans le Père. De plus, son triomphe sur le monde est la preuve qu’une puissance victorieuse est aussi à la disposition des disciples. Il vient de parler de la haine et de la persécution du monde. Il se peut que ses séductions et ses sourires soient plus dangereux pour nous. Mais, quoi qu’il en soit, notre sécurité repose sur Christ. C’est seulement en étant nés de Dieu et en croyant que Jésus est le Fils de Dieu que nous sommes victorieux du monde (1 Jean 5:4, 5).

À suivre