Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre d'Esdras.

Exposé sur le livre d'Esdras

Edward Dennet

Chapitre 3, versets 1 à 5

4. Chapitre 3 — Reconstruction de l’autel et des fondements du temple

4.1. Esdras 3:1-5 — Restauration du culte selon L’Écriture

4.1.1. Unité du peuple: il s’assemble comme un seul homme

À la fin du chapitre 2, nous avons vu que «tout Israël — en fait le résidu seul, mais représentant le peuple tout entier devant Dieu — se trouva dans ses villes». Le début de ce chapitre 3 expose une autre action remarquable de l’Esprit de Dieu. «Et quand arriva le septième mois, les fils d’Israël étant dans leurs villes, le peuple s’assembla comme un seul homme à Jérusalem» (v. 1). Dans le livre des Nombres, nous lisons: «Et au septième mois, le premier jour du mois, vous aurez une sainte convocation; vous ne ferez aucune œuvre de service; ce sera pour vous le jour du son éclatant des trompettes» (ch. 29:1). Cette fête des trompettes préfigurait la restauration d’Israël aux derniers jours. Le peuple s’assembla alors à Jérusalem avec une véritable intelligence spirituelle qui, jointe à leur parfaite unité, montrait qu’eux-mêmes, autant que leurs conducteurs, avaient été enseignés de Dieu et se trouvaient sous la puissance de sa Parole (Actes 2:1). Rares sont les moments, dans l’histoire du peuple de Dieu, où une pareille unité a été réalisée, parce que celle-ci ne saurait être le résultat d’un consensus général, mais uniquement celui d’une soumission de tous à la puissance de l’Esprit par la vérité. Cela n’est arrivé que deux fois dans l’histoire de l’Église (Actes 2 et 4) et ne se reproduira jamais plus sur la terre dans l’ensemble de l’Église, bien qu’on puisse l’observer peut-être dans de petites assemblées de saints. Mais ici, comme à la Pentecôte, la congrégation tout entière ne faisait qu’un. Une volonté unique s’imposait à tous et les réunissait avec une force irrésistible autour d’un même centre. Ils se trouvaient tous d’un commun accord en un seul et même endroit, dans cette ville sur laquelle les pensées et les affections de Dieu étaient alors fixées.

4.1.2. L’autel bâti sur son emplacement

Pendant qu’ils étaient ainsi assemblés, «Jéshua, fils de Jotsadak, et ses frères les sacrificateurs, et Zorobabel, fils de Shealthiel, et ses frères, se levèrent et bâtirent l’autel du Dieu d’Israël, pour y offrir des holocaustes, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, homme de Dieu. Et ils établirent l’autel sur son emplacement; car la terreur des peuples de ces contrées était sur eux; et ils offrirent dessus des holocaustes à l’Éternel, les holocaustes du matin et du soir» (v. 2-3). Le gouverneur, Zorobabel, et le sacrificateur, Jéshua (secondés par leurs «frères» respectifs), étaient unis dans cette œuvre bénie, et les deux ensemble annonçaient en type Celui qui sera sacrificateur sur son trône, le vrai Melchisédec (Zach. 6:9-15).

Un de leurs motifs, en bâtissant l’autel, semble avoir été un besoin profond de la protection de leur Dieu; or la foi discernait que cette protection serait assurée grâce à l’efficacité des sacrifices. Et que pouvait-il y avoir de plus beau que cette manifestation de leur confiance en Dieu? Ils n’étaient qu’un faible résidu, sans aucun moyen de défense apparent, entouré par toutes sortes d’ennemis; mais leur faiblesse même au sein du danger leur avait enseigné cette précieuse leçon que Dieu était leur refuge et leur force. C’est pourquoi leur premier objectif était de bâtir l’autel, et aussitôt que l’odeur agréable des holocaustes s’éleva vers Dieu, tout ce qui était alors donné à connaître de lui fut manifesté en leur faveur.

On remarquera aussi que leurs holocaustes étaient offerts matin et soir. Ce double sacrifice quotidien s’appelait à l’origine «l’holocauste continuel» (Ex. 29:38-46); grâce à lui, Dieu avait pu habiter au milieu de son peuple. Et s’il n’était plus présent parmi eux, s’il ne demeurait plus entre les chérubins qui couvraient le propitiatoire de leurs ailes puisque l’arche avait disparu, l’efficacité de l’holocauste restait toujours la même; et tant que, par la foi, le sacrifice était offert et présenté devant Dieu matin et soir, le peuple était aussi sûrement qu’auparavant sous la protection divine; il était tout aussi en sécurité (et même beaucoup plus) qu’au temps où Jérusalem dans toute sa gloire était entourée de murailles et de remparts. Ils auraient donc pu dire, empruntant les termes d’un de leurs psaumes: «Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver. C’est pourquoi nous ne craindrons point, quand la terre serait transportée de sa place, et que les montagnes seraient remuées et jetées au cœur des mers; quand ses eaux mugiraient, qu’elles écumeraient, et que les montagnes seraient ébranlées à cause de son emportement» (Ps. 46:1-3).

4.1.3. La fête des tabernacles

L’autel ayant été dûment rétabli, ils célébrèrent la fête des tabernacles selon ce qui est écrit (Lév. 23:33-36), «et les holocaustes, jour par jour, selon leur nombre, selon l’ordonnance, le service de chaque jour en son jour» (v. 4). La fête des tabernacles était une figure de la joie millénaire (Lév. 23:40). Israël devait se réjouir devant l’Éternel, son Dieu, pendant sept jours. Aux yeux des hommes qui considéraient leur état misérable, il pouvait paraître dérisoire que ces pauvres réchappés de la captivité célèbrent joyeusement une fête! Mais «la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas», et ainsi, l’avenir devient une réalité présente. En outre, une fois que l’âme se tient devant Dieu dans la pleine acceptation de Christ tel que nous le voyons en type dans l’holocauste, elle a déjà la certitude de posséder en lui toutes les bénédictions promises. Ainsi, les Israélites croyants qui se tenaient autour de l’autel qu’ils avaient bâti au milieu des ruines du temple, et qui voyaient la fumée de l’holocauste s’élever vers le ciel, pouvaient anticiper le moment où toutes les promesses de Dieu faites à Abraham, Isaac et Jacob, seraient accomplies, où «ceux que l’Éternel a délivrés retourneront et viendront à Sion avec des chants de triomphe; et une joie éternelle sera sur leur tête, ils obtiendront l’allégresse et la joie, et le chagrin et le gémissement s’enfuiront» (És. 35:10).

4.1.4. Reprise des sacrifices

Ils offrirent aussi «l’holocauste continuel, et celui des nouvelles lunes et de tous les jours solennels de l’Éternel qui étaient sanctifiés, et les holocaustes de tous ceux qui offraient une offrande volontaire à l’Éternel» (v. 5). On remarquera que le trait saillant de chacun de leurs actes, c’est que tout était fait selon l’ordonnance, selon la parole de Dieu (v. 2, 4). Quelles qu’aient été leurs pratiques, leurs traditions et leurs coutumes à Babylone, toutes ces choses avaient été laissées sur les lieux de leur captivité; et maintenant qu’ils étaient délivrés et ramenés sur leur terre, rien ne pouvait les satisfaire si ce n’est l’autorité de la Parole écrite.

4.1.5. Autorité de la Parole

C’est pourquoi nous pourrions résumer les rites décrits dans ce passage sous le titre de: restauration du culte selon l’Écriture. Tout cela vient d’un principe d’une immense importance, qui a trouvé une illustration dont peuvent se souvenir quelques croyants encore en vie. Il y a une cinquantaine d’années1, il s’est produit un mouvement (auquel il a été fait allusion dans un chapitre précédent) qui, dans ses caractères spirituels, correspond dans une large mesure à cette délivrance de Babylone. Le premier objectif des saints de cette époque était, comme pour le résidu pieux, le rétablissement de l’autel (en conférant à cette expression le sens symbolique de l’adoration) et de l’ordre dans l’assemblée, dans tous ses divers aspects, selon l’Écriture. Coutumes, traditions, rites et cérémonies furent alors examinés à la lumière des pratiques apostoliques, d’après la Parole, et tout ce qui ne supportait pas l’examen fut abandonné. De la même manière, seul un résidu avait été délivré de la servitude, mais ceux qui en faisaient partie possédaient la lumière et la vie dans leurs habitations et dans leurs rassemblements, parce que, «comme un seul homme», ils cherchaient à donner au Seigneur Jésus Christ sa place légitime de prééminence, en tant que Fils sur sa propre maison. En vérité, Dieu a reconnu ce mouvement d’une manière remarquable, et s’en est servi pour rappeler aux croyants l’autorité des Écritures; pour les ramener à la connaissance de la plénitude de sa grâce dans la rédemption, à leur position de sacrificateurs avec les privilèges qui en découlent, à la vérité de la présence du Saint Esprit, et à l’attente du retour du Seigneur. Et si la puissance spirituelle de ce temps-là fut de courte durée, son influence se fait encore sentir. Ce n’est pas trop d’affirmer que l’Église de Dieu tout entière lui est redevable, par la grâce souveraine et le décret de Dieu, de l’exposition et du maintien des vérités complètes du christianisme. Auparavant, entre les mains de ceux qui le défendaient publiquement, le christianisme avait dégénéré pour n’être plus qu’un simple code moral dont le résultat fut le socinianisme2 ainsi qu’une infidélité générale. Ensuite, en dépit de la puissance grandissante du mal et de la multiplication des signes précurseurs de l’apostasie, jamais la vérité de Dieu et de son Fils glorifié à sa droite n’a été laissée sans un témoignage complet. Tout ceci proclame, comme une voix de trompette, que le chemin de l’obéissance à l’Écriture, dans la puissance de l’Esprit, est tout à la fois le chemin du retour à la vérité, le secret de toute bénédiction et le véritable moyen d’enrayer le déclin spirituel.

1 Note de l’Ed.: c'est-à-dire vers 1840.

2 Note de l’Ed.: Hérésie qui se fit jour à la fin du 16ème  siècle, niant la trinité divine et la divinité de Christ.

Les cinq premiers versets de ce chapitre sont un récit touchant qui pourrait bien être étudié parallèlement à celui des premiers jours de l’Église après la Pentecôte (Actes 2-4). Dans les deux cas, on assiste à une manifestation d’énergie spirituelle, individuelle aussi bien que collective. Ainsi, ce n’est pas seulement aux nouvelles lunes et aux jours solennels qu’il nous est dit qu’ils offraient des sacrifices, car il est aussi question des «holocaustes de tous ceux qui offraient une offrande volontaire à l’Éternel» (v. 5). Lorsque l’Esprit de Dieu agit en puissance, il remplit les cœurs de beaucoup jusqu’à ce qu’ils débordent; alors le vase, incapable de contenir tant de bénédiction, déborde de reconnaissance et de louange envers Dieu. Tel est le secret de la piété et de l’adoration.

À suivre