Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

Livre de l'Exode

Edward Dennet

Chapitre 40

35.5. Construction du tabernacle

Dans le dernier chapitre, nous assistons à la construction effective du tabernacle, et nous voyons l’Éternel venir en prendre possession et y établir sa demeure au milieu d’Israël. Plusieurs points demandent à être relevés. On remarquera d’abord que le tabernacle devait être dressé le jour anniversaire de leur sortie d’Égypte (chap. 12:2), le premier jour du premier mois (chap. 40:2). Leur délivrance de la maison de leur servitude constituait le commencement de leur histoire spirituelle, et l’habitation de l’Éternel au milieu d’eux inaugurait spirituellement une nouvelle période de temps. Les deux choses sont liées dans le christianisme. Lorsqu’une âme est délivrée de la condamnation et jouit de la paix avec Dieu, du pardon des péchés par le sang de Christ, Dieu la scelle par le don de son Esprit venant demeurer en elle. Le début de la vie spirituelle connue et goûtée, et le fait de devenir un temple du Saint Esprit coïncident.

L’ordre selon lequel les saints ustensiles devaient être arrangés diffère à la fois de celui qui est indiqué dans les directives données sur la montagne et de celui de leur construction. Après que le tabernacle a été dressé, l’arche du témoignage est le premier objet à être mis à sa place; c’était elle qui faisait spécialement du tabernacle le sanctuaire de Dieu, parce qu’elle était le trône de Dieu sur la terre. Puis l’arche était couverte avec le voile, c’est-à-dire mise à l’abri des regards. Le saint des saints se trouvait ainsi constitué. Puis la table des pains de proposition était placée dans le lieu saint, le compartiment adjacent au lieu très saint, et les pains y étaient arrangés; le chandelier d’or pur était apporté et ses lampes étaient allumées devant l’Éternel; l’autel d’or sur lequel on faisait fumer l’encens, était mis «devant le voile», devant l’arche du témoignage; enfin, le rideau était placé à l’entrée du tabernacle. Tout ceci constituait le lieu saint. Ensuite, à l’entrée du tabernacle de la tente d’assignation, venait l’autel de l’holocauste sur lequel étaient offerts l’holocauste et l’offrande de gâteau. Puis la cuve était amenée et placée entre la tente et l’autel; on y mettait de l’eau, pour que Moïse, Aaron et ses fils puissent s’y laver les mains et les pieds (v. 30, 31). Après cela, le parvis tout autour du tabernacle et de l’autel était dressé et le rideau à l’entrée du parvis mis à sa place: le tabernacle était alors achevé avec tout ce qu’il comportait. Mais il devait encore être oint de l’huile de l’onction ainsi que tout ce qu’il contenait et consacré avec tous ses ustensiles. Il devait être saint. L’autel de l’holocauste devait également être oint, ainsi que tous ses ustensiles, afin que l’autel fût sanctifié. L’autel devait être une chose très sainte. La cuve et son soubassement étaient aussi oints pour être sanctifiés. Enfin, Aaron et ses fils devaient être consacrés et revêtus, afin de pouvoir exercer la sacrificature devant l’Éternel; «et leur onction leur sera pour exercer une sacrificature perpétuelle en leurs générations» (v. 9-15).

35.6. Comme l’Éternel l’avait commandé

Ainsi qu’il l’avait fait dans le cas de Betsaleël, d’Oholiab, et de leurs collaborateurs, l’Esprit de Dieu met le sceau de son approbation sur la manière dont Moïse s’est acquitté de l’œuvre qui lui avait été confiée. Et quelle est la teneur de l’éloge qu’il décerne? C’est que tout a été fait dans l’obéissance, «comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse». Il est répété huit fois que tout a été accompli selon les instructions qu’il avait reçues (v. 16, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 32). Cela nous rappelle une fois de plus l’importance de l’obéissance aux yeux du Seigneur. Samuel le dira à Saül: «Écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers». Le Seigneur lui-même a déclaré: «Si vous m’aimez, gardez mes commandements» (Jean 14). Malgré tout le dévouement et le zèle possibles, aucun service ne sera acceptable pour Dieu si l’obéissance fait défaut. Et c’est là précisément que tant de chrétiens manquent. À nulle époque on n’a connu un plus grand déploiement d’énergie et d’activité, ni de plus grands rassemblements religieux. Mais lorsque ces manifestations sont soumises au test que nous fournissent ces mots: «comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse», on s’aperçoit que la volonté de l’homme, et non pas celle du Seigneur, est souvent le principal ressort de tout.

Remarquons encore — nous l’avons déjà mentionné plus d’une fois — que cette parole d’approbation est donnée à Moïse par l’Esprit, en relation avec ce qu’il a fait pour la maison de Dieu. L’Église est maintenant la maison de Dieu, l’habitation de Dieu par l’Esprit (Éph. 2:22). S’il était donc absolument indispensable que Moïse exécute scrupuleusement les instructions qu’il avait reçues au sujet du tabernacle, il est tout aussi important que la parole de Dieu soit notre seul guide dans tout ce qui touche à l’Église. C’est ainsi que dans le message que le Seigneur ressuscité envoie à l’assemblée qui est à Philadelphie, le fait qu’ils ont gardé sa Parole est un motif spécial de son approbation (Apoc. 3:8). Il ne peut y avoir un éloge plus grand. «Et Moïse acheva l’œuvre»; il acheva tout dans l’obéissance à la parole de l’Éternel.

35.7. La gloire remplit le tabernacle

Enfin, l’Éternel prend possession du sanctuaire qui a été fait afin qu’il demeure au milieu de son peuple. La liaison est très remarquable. «Moïse acheva l’œuvre. Et la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Éternel remplit le tabernacle; et Moïse ne pouvait entrer dans la tente d’assignation; car la nuée demeura dessus, et la gloire de l’Éternel remplissait le tabernacle» (v. 34, 35). L’Éternel ne donnait pas seulement publiquement son approbation sur l’œuvre qui avait été accomplie, mais il prenait aussi possession de sa maison à la vue de tout Israël; car la nuée, symbole de sa présence, couvrit la tente d’assignation extérieurement, et sa gloire remplit le tabernacle à l’intérieur. Il en fut de même d’une manière encore plus frappante, lorsque le temple fut achevé. «Il arriva, lorsque les trompettes et les chantres furent comme un seul homme pour faire entendre une même voix en louant et en célébrant l’Éternel, et qu’ils élevèrent la voix avec des trompettes, et des cymbales, et des instruments de musique, en louant l’Éternel de ce qu’il est bon, parce que sa bonté demeure à toujours, il arriva que la maison, la maison de l’Éternel, fut remplie d’une nuée; et les sacrificateurs ne pouvaient pas s’y tenir pour faire le service, à cause de la nuée, car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de Dieu» (2 Chron. 5:13, 14). Ces deux scènes nous parlent certainement en type de ce qui aura lieu à la Pentecôte, selon le récit que nous en donne le livre des Actes: «Et comme le jour de la Pentecôte s’accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu; et elles se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint, et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer» (Actes 2:1-4). Les deux choses ici vont ensemble. La maison de Dieu est formée et remplie par la descente du Saint Esprit. Toutefois, dans les deux cas, Dieu prenait possession de la maison préparée pour lui; car dès ce moment tous les croyants qui ensemble constituaient l’habitation de Dieu par l’Esprit, devenaient aussi individuellement son temple, parce que le Saint Esprit habitait en eux. Nous avons déjà donné la signification de l’habitation de Dieu sur la terre (chap. 25:8); et nous avions relevé alors que sa maison dans toutes les dispensations parle de l’état éternel, lorsque l’habitation de Dieu sera avec les hommes, et que sa gloire remplira toute la scène (Apoc. 21).

35.8. Un peuple conduit par la nuée

En outre, la nuée de la présence de l’Éternel devient le guide de son peuple à travers le désert. «La nuée de l’Éternel était sur le tabernacle le jour, et un feu y était la nuit, aux yeux de toute la maison d’Israël, dans toutes leurs traites» (v. 38; voir aussi Nomb. 9). Il leur suffisait donc de garder les yeux fixés sur la nuée; car «quand la nuée se levait de dessus le tabernacle, les fils d’Israël partaient, dans toutes leurs traites; et si la nuée ne se levait pas, ils ne partaient pas, jusqu’au jour où elle se levait» (v. 36, 37). L’Éternel prenait ainsi son peuple en charge. Il les avait visités dans leur affliction en Égypte; il les avait fait monter de ce pays à main forte et à bras étendu; il les avait fait traverser la mer Rouge et les avait introduits dans le désert. Mais lui-même les conduirait «dans un chemin droit, pour aller dans une ville habitable» (Ps. 107:7). Nous pouvons bien nous exclamer: «Bienheureux le peuple pour qui il en est ainsi! Bienheureux le peuple qui a l’Éternel pour son Dieu!» (Ps. 144:15). Car assurément rien ne manquait maintenant à la bénédiction d’Israël. L’Éternel était au milieu d’eux. La nuée de sa présence reposait sur le tabernacle et sa gloire le remplissait. Certes la période de bénédiction sans mélange, l’accomplissement du désir de Dieu d’être entouré de son peuple racheté a été de courte durée. D’autres livres nous rapportent combien rapidement cette scène si belle et lumineuse a été gâtée; mais le fait même que l’Exode se termine ainsi parle prophétiquement du temps où «l’habitation de Dieu [sera] avec les hommes, et il habitera avec eux; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux; et la mort ne sera plus; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées» (Apoc. 21:3, 4).

Fin