Psaumes

Psaume 102:1-16

Psaume 102

Plaintes et espérances du fidèle opprimé

1 Prière de l'affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l'Éternel.

2 Éternel, écoute ma prière, et que mon cri vienne jusqu'à toi!

3 Ne me cache pas ta face! Au jour de ma détresse, incline vers moi ton oreille! Au jour où je crie, hâte-toi, réponds-moi!

4 Car mes jours s'évanouissent comme une fumée, et mes os sont brûlants comme un brasier.

5 Mon cœur est frappé, et est desséché comme l'herbe; car j'ai oublié de manger mon pain.

6 À cause de la voix de mon gémissement, mes os s'attachent à ma chair.

7 Je suis devenu semblable au pélican du désert, je suis comme le hibou des lieux en ruine.

8 Je veille, et je suis comme un passereau solitaire sur un toit.

9 Tout le jour mes ennemis m'outragent; ceux qui sont furieux contre moi jurent par moi.

10 Car j'ai mangé la cendre comme du pain, et j'ai mêlé de pleurs mon breuvage,

11 À cause de ton indignation et de ta colère; car tu m'as élevé haut, et tu m'as jeté en bas.

12 Mes jours sont comme l'ombre qui s'allonge, et moi, je me dessèche comme l'herbe.

13 Mais toi, Éternel, tu sièges pour toujours, et ta mémoire est de génération en génération.

14 Toi, tu te lèveras, tu auras compassion de Sion; car c'est le temps d'user de grâce envers elle, car le temps assigné est venu.

15 Car tes serviteurs prennent plaisir à ses pierres, et ont compassion de sa poussière.

16 Alors les nations craindront le nom de l'Éternel, et tous les rois de la terre [craindront] ta gloire.

Le titre de ce psaume (verset 1er) porte nos regards sur l'Affligé suprême: Jésus dans ses souffrances. «Il est accablé et répand sa plainte». Mais c'est une plainte qui ne contient ni impatience ni murmure; tout y est parfaite soumission. Une plainte qui se répand devant Dieu, non devant les hommes! Qui d'ailleurs aurait pu comprendre le Seigneur, même parmi ses disciples? Les versets 7 et 8 traduisent son entière solitude morale ici-bas. Un homme se sent d'autant plus seul qu'il est différent des autres. Et Christ a été isolé à cause de sa perfection. Ce n'est donc pas seulement à l'heure de la croix, mais durant toute sa vie qu'il a éprouvé cette solitude. Les pleurs ont été son breuvage, sa part quotidienne (verset 10). Et Il n'a pas été outragé seulement dans les quelques circonstances rapportées par les évangiles. Il a été «tout le jour» l'objet de la haine de ses ennemis (verset 9). Il a connu à la croix cette fureur de l'homme contre Lui-même, et, combien plus terrible encore, la colère de Dieu lorsqu'il s'est substitué à nous pour la rencontrer (verset 11). Or ce même moment est devenu pour Dieu «le temps d'user de grâce» (verset 14). Envers la Sion d'Israël, mais aussi au profit de tous ceux qui croient en Lui dès maintenant.