Jérémie

Jérémie, le deuxième de ceux que l'on nomme les quatre grands prophètes, est appelé, à juste titre, le prophète qui pleure (comp. Jér. 9:1, 10; 13:17; 14:17; 15:10; 20:14). Aucun autre prophète n'a rencontré autant d'opposition et de haine de la part de son peuple. Mais si, au cours de sa vie, il dut supporter beaucoup de souffrances de la part de ses compatriotes, Jérémie devint, après sa mort, l'objet d'une grande vénération (comp. Matt. 16:14). Quand bien même le prophète condamna à maintes reprises l'injustice des Juifs et leur abandon du Dieu vivant, il aima son peuple jusqu'à la fin (comp. Jér. 17:16; 18:20).

Le contenu et le but principal du message de Jérémie sont des appels sans cesse répétés à la conscience des habitants du royaume de Juda, afin de les amener à reconnaître leur bas état moral et des exhortations à se détourner de leur abandon de l'Éternel et de leur idolâtrie pour revenir à Dieu. En outre, le prophète garde toujours devant les yeux le jugement imminent de la destruction de Jérusalem par Babylone.

Mais Jérémie parle aussi constamment de la miséricorde de Dieu pour son peuple. La captivité à Babylone ne durerait que soixante-dix ans (Jér. 25:11, 12; 29:10). Après cette période, les juifs retourneraient dans leur pays.

Finalement, Jérémie délivre un message de consolation qui, aujourd'hui encore, attend son accomplissement, car celui-ci n'a pas eu lieu à la suite des soixante-dix ans de la captivité. Après le «temps de la détresse pour Jacob» (Jér. 30:4­7), l'Éternel conclura une nouvelle alliance avec son peuple (Jér. 31:31-34), et alors commencera la période glorieuse du royaume millénaire sous le Messie (Jér. 23:5-8; 33:14-18). Cette espérance de la bénédiction future et la puissance de l'Esprit de Dieu fortifièrent et encouragèrent Jérémie dans son triste ministère qui ne fut pas accepté par ses contemporains juifs.

(Extrait de «Vue d'ensemble de l'Ancien Testament» de A. Remmers)