2 Rois

Chapitres 21 à 25

Mais, à cette époque, le peuple était profondément corrompu, et l’impulsion donnée de Dieu disparut complètement avec l’homme par lequel elle agissait. Le fils d’Ézéchias est un modèle de méchanceté. Dieu allait transférer la puissance aux Gentils; et, tout en montrant qu’une bénédiction assurée accompagnait la fidélité et la confiance en Lui, il a permis la dégradation à laquelle s’abandonnait la famille de David.

Quand Ézéchias mourut, âgé de 54 ans, son fils n’avait que douze ans. Séduit lui-même, il séduit le peuple, qui n’était que trop enclin à commettre plus d’iniquités que les nations qui ne connaissaient pas Dieu.

Les faits particuliers de la vie de Manassé ne nous sont pas racontés ici. Le Saint Esprit nous ayant donné, dans ce qui précède, les détails du gouvernement public de Dieu en Israël, jusqu’à ce que Dieu ait prononcé: Lo-Rukhama; il nous fait voir ensuite les rapports de Dieu avec Juda, déterminés par la conduite de ses rois, jusqu’à ce que Dieu ait dit: Lo-Ammi. C’est ce que les prophètes avaient déjà annoncé à l’occasion des péchés énormes de Manassé; et la piété de Josias n’a pas pu changer le juste jugement de l’Éternel. Il y a encore eu, pour Juda, quelque prolongation de tranquillité; mais sa repentance, sous Josias, n’avait été qu’extérieure1, et le mal avait repris le dessus aussitôt après sa mort. Amon n’a fait que suivre le mauvais train de Manassé.

1 Voyez Jérémie 3:10. Ce passage nous fait comprendre combien il est rare que le cœur, qui est ce que Dieu juge, corresponde à l’apparence de zèle pour lui et pour sa gloire, lorsque, mû par l’Esprit de Dieu, un homme de foi se met en avant pour contribuer à sa gloire. Voyez aussi, sous le règne d’Ézéchias, en Ésaïe 22, l’état du peuple et le jugement de Dieu.

Remarquez quelle grâce a suscité Ézéchias et Josias, nés tous les deux de pères qui s’étaient abandonnés à l’idolâtrie, et suivis de fils qui s’y sont également livrés. Mais la grâce souveraine de Dieu envers Israël a encore suscité ce témoignage, et montré qu’il était toujours prêt à bénir, si même Israël se refusait à être béni, et choisissait, au contraire, sa propre ruine. Sans Dieu, qu’est-ce que le cœur de l’homme? En tout cela, la patience du gouvernement de Dieu a été pleinement démontrée; car, sous Ézéchias, il existait encore bien des choses que l’œil du roi n’a pas su voir et juger, par défaut de vigilance dans la crainte de l’Éternel.

Ce qui distingue Josias, c’est son exactitude dans l’observation de la loi de Moïse, dont le livre avait été découvert dans le temple. La confiance dans l’Éternel avait caractérisé Ézéchias; et, sous ces rapports, ils sont l’un et l’autre sans égal quant à leur marche.

L’empire d’Assyrie déclinait, et Josias exerce la royauté sur toute l’étendue du pays. La menace faite à Jéroboam est accomplie. Tous les hauts lieux d’Israël sont détruits. Peut-être le cœur de Josias s’est-il élevé. Quoi qu’il en soit, Dieu accomplit sa promesse et l’ôte de devant le mal, dont le terrible accomplissement se hâtait déjà; car, quelque sincère que fût la piété de Josias, la corruption régnait dans tous les cœurs. Comparez (2 Chron. 30:17, etc.) le récit de ce qui est arrivé déjà longtemps avant son règne.

Les rois d’Israël avaient été les funestes exemples d’une marche qui a conduit Juda et tout Israël à sa ruine (voyez 16:1). L’alliance du pieux Josaphat avec Achab fut l’origine de tout cela; car le mal porte des fruits qui se reproduisent longtemps après. Hélas! hélas! qu’est-ce que l’homme, lorsqu’il dévie des voies du Seigneur, du chemin étroit et simple de la volonté et de la parole de Dieu, du chemin de la foi — vrai chemin d’un esprit obéissant?

L’histoire que nous venons de parcourir nous a donné le récit des rapports de l’Assyrien avec le peuple de Dieu. Il était un cèdre du Liban, mais il a été abattu. Le Pharaon a cru, un moment, s’approprier l’empire; il a voulu s’élever pour dominer sur des arbres de la forêt. Juda, sorti autrefois du pays du Pharaon, à bras étendu, par la puissance de Dieu, lui est assujetti. Mais, quelles que fussent les prétentions du Pharaon, tel n’est pas le conseil de Dieu. Si Dieu écrit: «Lo-Ammi», sur son peuple, c’est Babylone qui doit commencer les temps des Gentils1. Le Pharaon retourne dans son pays, et Jehoïakim, impuissant et sans Dieu, passe sous la domination de Nebucadnetsar2. Les détails ne doivent pas nous arrêter. Son fils, aussi méchant que lui, se révolte contre Nebucadnetsar; car Juda, fils du Très-Haut, n’était guère accoutumé à l’esclavage; mais il faut que cette génisse (Osée 10:11) fléchisse aussi le cou sous le joug, et Jehoïakim est emmené captif à Babylone. La royauté et le temple subsistent encore; mais Sédécias, ayant violé le serment qu’il avait fait au nom de l’Éternel3 et se laissant dominer par les princes, persiste dans sa rébellion et est fait prisonnier. Ses fils sont tués devant ses yeux, et lui-même, privé de la vue, est emmené à Babylone. Le temple est brûlé; les murs de Jérusalem sont abattus; le siège du trône de l’Éternel est foulé aux pieds des Gentils. Triste résultat du fait qu’Il a confié sa gloire aux mains des hommes au milieu desquels il avait placé son trône! Triste, trois fois triste conduite de l’homme, de cette génération à laquelle Dieu avait fait un tel honneur! D’un autre côté, Dieu en prendra occasion de manifester cette bonté infinie, qui rétablira en grâce souveraine la chose même que l’homme a jetée sous les pieds des profanes.

1 Comme figure, c’est un principe important; car l’Égypte est l’état de nature duquel l’Église est tirée; Babylone est la corruption et la mondanité dans lesquelles elle tombe.

2 Qu’elle est triste cette partie de l’histoire, où il ne s’agit que de savoir si c’est la puissance de l’Égypte ou celle de Babylone qui doit posséder le pays du peuple de l’Éternel, le pays de promesse, où il n’est plus mis en question de savoir si Israël continuera à le posséder, et où le pays va devenir la proie de l’une ou de l’autre de ces puissances hostiles et incrédules! Hélas! Israël était incrédule avec plus de lumière que les autres, et ceux-ci ne profitaient que de la position et de la force que l’incrédulité d’Israël leur avait données et reconnues.

3 Ceci mettait le comble à son péché! Nous attirons là-dessus l’attention des lecteurs, en méditant la prophétie d’Ézéchiel qui en parle beaucoup. En faisant usage du serment au nom de l’Éternel, dans l’espérance que cela empêcherait la révolte, Nebucadnetsar montre pour ce nom plus de respect que Sédécias, qui méprise un tel serment. Dieu a permis ce dernier témoignage d’iniquité. Sédécias aurait pu rester une vigne étendue, mais ayant «peu de hauteur» (Ézéch. 17:6). Celui qui était au-dessus de tout savait seul comment rendre les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu.

Il faut lire les prophètes Jérémie et Ézéchiel, pour avoir l’histoire complète et l’histoire intérieure de l’esprit du peuple et de celui du roi — l’histoire, à la fois de l’état qui a attiré ce jugement, et de la patience de Dieu, qui, jusqu’au moment même de la prise de la ville, adressait au peuple les appels les plus touchants à la repentance, hélas! en vain. C’est alors que les temps des Gentils commencent.

Le lecteur qui voudra comprendre entièrement les événements de toute cette histoire, la patience merveilleuse de Dieu, et la manière dont il a suscité des rois fidèles, afin de pouvoir bénir, devra lire les prophètes Osée, Amos, Jérémie et certains chapitres d’Ésaïe, qui parlent au peuple au nom de l’Éternel, et lui font voir son véritable état.