2 Rois

Chapitres 11 à 13

Au chapitre 11, le jugement de Dieu tombe sur la famille1 qui a corrompu Israël et même aussi Juda. La fille de la maison d’Achab, l’usurpatrice du trône de Juda, Athalie est retranchée par le moyen de la fidélité du souverain sacrificateur dont la femme avait conservé un rejeton de David.

1 Pendant qu’Achab, excité par Jésabel, ainsi que sa famille et ses fils, sont les instruments de l’apostasie et de la corruption d’Israël, Dieu envoie le témoignage d’Élie et d’Élisée. C’est, au fond (après Salomon), le sujet des deux livres des Rois. La chute de la maison de David, amenée par son alliance avec Israël ou par l’exemple de ses rois, nous est racontée à la fin du livre, où sont introduits aussi tous les rapports de l’Assyrien avec le peuple de Dieu.

Toutefois, il n’y a pas de vrai zèle pour l’Éternel. Les sacrificateurs gardent pour eux-mêmes l’argent qu’ils avaient consenti à appliquer à la réparation de la maison de Dieu, jusqu’à ce que le roi intervienne pour y mettre ordre.

Marchant sur les traces de Jéroboam, fils de Nébath, la maison de Jéhu ne garantit nullement Israël contre Hazaël. Mais les compassions de l’Éternel suscitent un sauveur. Il y avait encore place, dans son cœur miséricordieux, pour la patience envers son peuple. Élisée, prêt à mourir, met le roi sur le chemin de la délivrance, mais son cœur était incapable d’en saisir toute la portée. Toutefois, sous le règne de Joas, les Syriens sont refoulés dans leur pays, et Jéroboam, tout en marchant dans les voies du fils de Nébath, est capable de ressaisir tout le pays placé autrefois sous la domination de Juda; car Dieu avait pitié d’Israël et avait vu que son affliction était très amère.

Hélas! lorsque ce n’est pas la foi du peuple de Dieu qui est la source de la force, un ennemi détruit fait place à un autre. L’Assyrien paraît bientôt sur la scène. Élisée étant mort, Israël, privé de ce dernier lien avec Dieu, tombe bientôt dans l’anarchie et la ruine. L’Assyrien envahit le pays. Israël, associé au roi de Syrie, tourne contre Juda ses derniers efforts. Triste tableau du peuple de Dieu! L’alliance de la Syrie et d’Israël met en relief l’infidélité du roi de Juda et l’enlace dans les pièges de l’Assyrien.

Élisée déjà mort, rend la vie à un mort que l’on ensevelissait à la hâte, à cause d’une invasion des Moabites. Son histoire est, jusqu’au bout, empreinte du caractère de la puissance de la vie1.

1 Pour comprendre toute cette partie de l’histoire qui nous occupe, il faut lire les prophètes Osée et Amos, et Ésaïe 7 et 8 (comp. Osée 5:13; 8:4; 11:5; Amos 5 v. 27, et aussi v. 25 et 26; Osée 13:10 et 11); mais, pour bien comprendre les voies de Dieu, il faut lire ces prophéties tout entières. Je n’ai cité que les passages qui indiquent la liaison avec l’histoire; mais les prophètes nous donnent le tableau de l’état intérieur du peuple, beaucoup plus même que les livres qui nous apprennent son histoire publique.

Cette résurrection, opérée par le contact des os d’Élisée, présente, il me semble, l’instruction consolante que tout en étant en apparence perdu pour Israël, le vrai prophète est toujours l’instrument et le gardien de toutes ses espérances; et que, lorsque Israël est comme mort et oublié, il lui rendra la vie, après tout, d’une manière aussi inattendue que puissante.