2 Chroniques

Chapitres 33 à 35

Manassé, son fils, plongé dans l’iniquité malgré les avertissements des prophètes, fait venir sur lui-même, et, plus tard, sur Israël, la désolation et la ruine. Coupable d’iniquités que Dieu ne pouvait oublier, sa repentance personnelle dans sa captivité lui a valu, par la bonté de Dieu, la restauration personnelle et la paix, et, après son retour à Jérusalem, il agit fidèlement et se montre jaloux de la gloire de Dieu; car le temps du jugement de Juda n’était pas encore arrivé. Son fils Amon le suit dans son iniquité, mais non dans son repentir, et il périt par les mains de ses propres serviteurs.

Nous trouvons dans Josias un cœur tendre, assujetti à la Parole, une conscience qui tient compte des pensées et de la volonté de Dieu. Seulement, à la fin il a trop de confiance dans l’effet de cette marche pour assurer la bénédiction de la part de Dieu, sans la possession d’une foi qui donne l’intelligence de ses voies pour comprendre la position du peuple de Dieu (35:20-25). Dieu, cependant, se sert de cette confiance pour retirer Josias de devant le mal qu’il préparait, de devant les jugements qui devaient tomber sur Juda, et dont la connaissance aurait dû donner plus d’humilité à sa marche. À seize ans, il commence, par la grâce de Dieu, à chercher l’Éternel, et à vingt ans, il avait acquis la force morale nécessaire pour agir avec énergie contre l’idolâtrie, qu’il détruit jusqu’au pays de Nephthali. On voit ici comment la grâce souveraine intervient, car Ézéchias et Josias étaient, tous deux, fils de pères excessivement méchants.

Ayant purgé le pays de l’idolâtrie, Josias commence à réparer le temple, et c’est là que l’on trouve le livre de la loi. La conscience du roi, et son cœur aussi, se soumettent à l’autorité de la Parole de son Dieu. Il cherche le témoignage prophétique de Dieu à l’égard de l’état d’Israël, et Dieu lui révèle par Hulda, le jugement qui allait fondre sur le peuple; mais il lui annonce, en même temps, que ses yeux ne verraient point le mal. Cette communication aurait dû le faire marcher avec moins de précipitation et un cœur plus exercé lorsqu’il s’attaque au Pharaon. Le sentiment qu’un jugement mérité devait fondre sur ce peuple, et que ses péchés étaient irrémédiables (quoique le roi lui-même fût épargné) aurait dû l’empêcher de monter contre le Pharaon quand celui-ci ne l’attaquait pas et même l’avertissait de s’abstenir. Mais il n’écouta pas les paroles de Neco et fut perdu par une hardiesse qui n’était pas selon Dieu.

Sa mort ouvrit les écluses à l’affliction de Juda et de Jérusalem, qui avaient été bénis par son moyen; car ils avaient servi l’Éternel tous les jours de Josias et avaient été bénis; ils avaient, de plus, mené deuil sur sa mort. Jérémie (c’est-à-dire l’Esprit de Dieu par le prophète), en faisant des lamentations au sujet du dernier roi auquel il fut donné de maintenir les relations de Dieu avec son peuple, pleurait sur la ruine et la désolation que le péché devait amener sur le troupeau chéri de l’Éternel, sur la vigne qu’il avait plantée de ceps exquis.

Quelle qu’ait été la fidélité de Josias, elle n’a pas changé le cœur du peuple (comp. Jérémie 3:10). La foi de Josias agissait et dominait cet état de choses; et, ainsi que nous l’avons toujours vu, la bénédiction dépendait de la conduite du roi, bien que le contre-courant tende toujours à la ruine et au rejet du peuple.

Il nous reste à dire deux mots de la Pâque. Tout est mis en ordre selon les ordonnances de Moïse et de David, et cela d’une manière remarquable. Il paraît que l’arche même avait été déplacée (35:3). Mais maintenant l’arche étant rétablie dans son lieu de repos, les Lévites s’occupent diligemment de leur service et même de ce qui était nécessaire pour que les sacrificateurs jouissent de la fête (v. 14). Ils étaient tous à leurs places selon la bénédiction d’Israël dans le repos dont il avait joui sous Salomon. Ceux qui enseignaient Israël ne portaient plus l’arche, mais ils servaient Dieu et son peuple. Les chantres étaient aussi là selon leur ordre; en sorte qu’il n’y avait pas eu de Pâque semblable depuis les jours de Samuel. C’était comme la dernière lueur de la lampe que Dieu avait allumée dans la famille de David au milieu de son peuple; elle s’éteignit bientôt pour laisser le monde dans les ténèbres des Gentils qui ne connaissaient pas Dieu, et ceux qui avaient été son peuple, sous le jugement exprimé dans le mot Lo-Ammi (pas mon peuple); mais ce n’était que pour fournir, plus tard, occasion à la manifestation de sa grâce infinie envers les nations et de sa fidélité immuable envers Israël. C’est de l’année de cette Pâque qu’Ézéchiel date sa prophétie (1:1), quand il dit: «En la trentième année». Pourquoi? Je ne saurais le dire. Cette année était-elle celle du jubilé, ou la Pâque elle-même faisait-elle époque?