2 Chroniques

Chapitres 29 à 32

Si la piété ne se transmet pas de père en fils, la grâce peut agir dans le cœur et diriger les pas d’un homme qui a le plus méchant des pères. C’est ce qui arrive au fils d’Achaz. Ézéchias montre, en cherchant la gloire de son Dieu, une foi et une énergie remarquables. En de meilleurs jours du royaume, la vraie piété et l’œuvre de la justice avaient brillé en Josaphat; Ézéchias montre maintenant une grande énergie de foi; et nous trouverons, en Josias, un respect profond pour les Écritures, pour le livre de la loi.

Je rappelle ici le grand principe dont le lecteur remarquera les effets dans le livre qui nous occupe, savoir le gouvernement de Dieu qui fait porter à chaque acte ses conséquences immédiates, gouvernement qui se rapporte toujours à la conduite du roi. Mais, malgré quelques réveils et quelques restaurations opérées par la grâce, le peuple s’étant complètement corrompu, la royauté, qui seule le ramenait à ses devoirs, n’a pas répondu à la gloire de Dieu; et, enfin, le serment prêté au nom de l’Éternel ayant été violé, la coupe du péché est comble; le jugement d’Israël arrive, et les temps des Gentils commencent.

Ézéchias reconnaît l’état de péché où était Israël, et l’engage à s’en purifier. Un vrai culte, touchant dans son caractère (29:25-29), est rétabli, et le service de la maison de l’Éternel est réglé.

Mais le zèle d’Ézéchias embrasse tout Israël, et il envoie des lettres qui, bien que la plupart s’en moquent, amènent bien des âmes sérieuses au culte de l’Éternel à Jérusalem. Si les choses ne sont pas rétablies dans leur ensemble, il y a néanmoins pour le fidèle de quoi se réjouir dans les voies de Dieu, partout où la foi opère et où un cœur sincère cherche à glorifier Dieu. Dieu pardonne ce qui manquait à la purification exigée pour participer au service du sanctuaire; la demande de bénédiction montant jusqu’à la demeure de sa Sainteté, est exaucée.

Fortifié par cette communion avec l’Éternel, tout le peuple présent va détruire les ashères et les idoles, non seulement en Judée, mais aussi en Éphraïm et Manassé. L’état de désordre en Israël fournit, de la part de Dieu, une occasion pour l’exercice de la fidélité et la manifestation de dévouement chez son peuple. L’abondance et la bénédiction se trouvent en Juda, et la maison de l’Éternel est remplie des preuves de sa bonté, apportées, selon les ordonnances de la loi, par des cœurs reconnaissants; même dans les cités sacerdotales, tout est mis en ordre selon la loi et tout prospère1.

1 Remarquez ici que, lorsque Dieu bénit et qu’il y a de la fidélité, les instruments qu’il emploie à son service ont part à la gloire qui se rattache à la bénédiction. Leurs noms sont inscrits sur le registre des voies de Dieu.

Dieu répond pleinement à la foi du roi; mais l’iniquité des cœurs n’est guère changée, et les voies de Dieu en jugement commencent à se manifester, de manière à faire voir qu’au milieu de ses jugements et au plus fort de la puissance de l’ennemi, la semence fidèle de David sera la ressource infaillible de son peuple. C’est la leçon du chapitre 32. Cet homme est la paix du peuple, lorsque l’Assyrien entre dans le pays. Voyez en És. 8 l’entrée de l’Assyrien dans le pays, déjà appelé la terre d’Emmanuel par la révélation prophétique de la naissance du Fils de la vierge, révélation adressée au roi infidèle, à Achaz. Voyez encore, dans ce même chapitre, la révélation de la détresse affreuse du peuple, la loi étant scellée et confiée au Résidu qui suivrait Christ comme prophète, jusqu’à ce que le peuple reconnût que le Fils lui était né. Voyez aussi, au chapitre 22 du même prophète, le jugement de l’Esprit sur l’état moral du peuple, à l’occasion des événements mentionnés en 2 Chron. 32. Ézéchias lui-même n’a pas rendu à l’Éternel en raison du bienfait qu’il avait reçu, mais son cœur s’est élevé. Toutefois, comme il s’est humilié, il lui a été accordé de voir la paix de Jérusalem pendant sa vie.