2 Chroniques

John Nelson Darby

Chapitres 1 à 7

Ce second livre des Chroniques nous expose le règne du fils de David et de la famille de David. Son point de départ n’est pas la foi de David auprès de l’arche, mais le tabernacle que Moïse, serviteur de Dieu, avait dressé, et l’autel d’airain auprès duquel le roi et l’assemblée rendent culte. La royauté est réalisée en rapport avec Israël, le peuple de Dieu, que Moïse avait fait sortir d’Égypte1. C’est le moyen de l’accomplissement des desseins de Dieu à son égard. Ce n’est pas, sans doute, une nouvelle alliance par une nouvelle puissance; mais l’objet de la bénédiction est Israël. Si c’est Boaz et Ruth qui relèvent la famille, c’est à Naomi qu’un fils est né, c’est-à-dire par la grâce souveraine, par un Rédempteur, «en qui est la force»2; celui qui n’avait aucun titre (et Israël n’en avait plus aucun) est introduit dans la jouissance des promesses. Israël, longtemps connu comme celui qui est «agréable» 3 à Dieu, est le peuple qui reçoit dans son sein le fils qui est né. Ils disent: «Un enfant nous est né» (És. 9:6). Auprès de l’autel, qui était devant l’Éternel au tabernacle d’assignation, Salomon reconnaît sa position. Il doit juger le peuple de Dieu. Tout cela aura lieu plus tard en puissance.

1 Mais ce rapport n’est pas avec l’arche à Sion. Salomon se rend, historiquement, là où le peuple se trouve.

2 Tel est le sens du nom de Boaz.

3 Naomi signifie «agréable».

Ce livre nous présente aussi la royauté en rapport avec la terre, et le gouvernement du peuple sur la terre. La gloire et les richesses sont ajoutées à ce que Salomon demande. Il ne s’agit ni d’ennemis, ni de l’énergie de la foi. La position du roi est la suite de la victoire que cette foi a remportée. Il règne et il est établi dans la gloire et dans les richesses. Il commence à bâtir la maison. Hiram reconnaît l’Éternel comme Créateur des cieux et de la terre, et les étrangers qui habitent en Israël sont les esclaves du roi pour exécuter ses travaux. Dans le temple, les chérubins ont leurs faces tournées vers la maison, c’est-à-dire vers le dehors. Les attributs de Dieu ne regardent pas maintenant à l’alliance seule pour la maintenir malgré tout, mais aussi au-dehors pour bénir. C’est le temps du millénium; mais le voile se retrouve ici dans le temple. Quelle que soit la bénédiction du règne du vrai Salomon, Israël et la terre n’ont pas un accès direct et immédiat auprès de Celui qui est caché dans les cieux. C’est là ce qui nous appartient, d’entrer avec hardiesse à travers le voile déchiré, et de n’en trouver, béni soit Dieu, aucun là-haut! Là, il n’y a point de temple. Le Dieu tout-puissant et l’Agneau en sont le temple. La stabilité d’un gouvernement divin est accordée à la terre1, ainsi que la bénédiction d’un Dieu dont la face est tournée vers elle; mais ceux qui sont bénis ne voient pas cette face, ne s’approchent pas d’elle. Il y a aussi un autel propre au Culte, dans ce temps de bénédiction. L’autel et le voile ne sont pas mentionnés dans le livre des Rois, où la structure du temple est la figure des choses invisibles, et où, comme ensemble, il nous est présenté comme étant la demeure et la manifestation de Dieu. Il y avait là une porte d’or qui s’ouvrait à deux battants devant l’oracle, et rien ne nous est dit de l’autel.

1 Cette stabilité consiste en deux choses: Dieu l’établira; puis: En Lui est la force. Ce sont les deux sources de la stabilité du règne de Christ. Tel est le sens des deux colonnes Jakin et Boaz.

Dans les Chroniques, l’ordre est aussi arrangé selon l’état des choses qui nous y est présenté, c’est-à-dire selon l’état de la royauté glorieuse de Christ. Il y a une cour pour les sacrificateurs, et le grand parvis extérieur avec des portes. Tout était arrangé (4:6) pour les relations dont nous parlons.

De même aussi, quant à la manifestation de la gloire, il n’est pas fait mention, dans le livre des Rois, de l’acceptation publique du sacrifice; mais il est seulement mentionné que, lorsque l’arche eut été transportée dans le lieu saint, et que, les sacrificateurs étant sortis, les barres eurent été tirées, en sorte que la demeure de l’Éternel y était définitivement établie, la gloire de l’Éternel remplit la maison. C’est l’habitation de Dieu, figure des demeures célestes qui nous attendent, de la maison de notre Père. D’autre part, ce qui nous est présenté dans le livre des Chroniques, ce sont les rapports de Dieu avec le peuple aux derniers jours, préfigurés dans ce qui est arrivé à Salomon. C’est lorsque les trompettes et les chantres faisaient entendre tous d’un accord leurs voix pour louer l’Éternel de ce que «Sa bonté demeure à toujours» que la maison fut remplie d’une nuée. Ainsi que nous l’avons vu, lorsque tout sera accompli pour Israël, ces mots célébreront l’inlassable miséricorde dont la bénédiction d’Israël sera la preuve en ce jour-là. C’est la délivrance et la bénédiction de ce peuple qui démontrent la vérité de ces paroles.

Nous avons vu qu’il y avait une seconde partie de la grâce: l’acceptation d’Israël comme adorateur après son péché. Il ne s’agissait pas seulement de l’établissement de l’arche sur la montagne de Sion, mais du sacrifice, du pardon et du culte qui en était la conséquence, sur la montagne de Morija, dans l’aire d’Ornan le Jébusien.

Salomon ayant fait sa prière et demandé que les yeux de l’Éternel fussent ouverts, et que son oreille fût attentive aux prières qui lui seraient adressées dans ce lieu (citant la demande de David au Ps. 132, et appuyant sa demande sur la gratuité de Dieu envers lui), le feu descend et consume l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Éternel remplit la maison. Or, maintenant, ce n’est pas seulement que les sacrificateurs ne peuvent pas entrer; mais les enfants d’Israël voient la gloire qui reste sur la maison; ils se prosternent et adorent. C’est l’acceptation publique du sacrifice qui met le peuple en rapport public avec Dieu, et lui fait reconnaître que l’Éternel est bon et que sa bonté demeure à toujours (comp. Lév. 9:24). Seulement, dans ce dernier passage, il ne s’agissait pas de reconnaître l’infatigable bonté de Dieu.

Il y a aussi, dans la scène que nous considérons, un autre élément: c’est l’assemblée publique et joyeuse de tout le peuple, la fête des tabernacles, la grande congrégation (Ps. 22:26), et aussi la dédicace de l’autel.

Ce sont là deux choses qui signalent la participation d’Israël à la bénédiction, savoir l’autel et la fête des tabernacles; le culte, après la chute et la ruine, fondé sur l’acceptation du sacrifice, et la jouissance de l’effet des promesses, le peuple n’étant plus dans la détresse1.

1 Il ne paraît pas cependant qu’ils aient fait des cabanes de branches d’arbres. Depuis Josué, ce n’est qu’aux jours de Néhémie que cela eut lieu. Dans le temps dont nous nous occupons, la joie et la prospérité leur avaient fait un peu négliger la Parole.

On voit encore ici les instruments de musique de l’Éternel, que David avait introduits pour le célébrer, parce que «sa bonté demeure à toujours» quand «David louait par leur moyen» (7:6). Heureuse pensée! Car qui est ce David? (Comp. Ps. 22:23). Israël est heureux et joyeux à cause de toute la bonté de l’Éternel envers David et Salomon, et Israël son peuple (v. 10). Après cela, l’Éternel expose à Salomon les conditions sous lesquelles il le place, ainsi que le peuple, pour jouir de la bénédiction ou pour la retrouver. Il avait choisi cette maison de prière. S’il y avait des châtiments, et que le peuple s’humiliât, il y aurait du répit; les yeux et le cœur de l’Éternel seraient continuellement sur cette maison.

Puis, à l’égard de Salomon et de la postérité de David en général, la bénédiction du peuple entier devait dépendre de leur fidélité. Si la famille de David venait à se détourner de Dieu, Israël serait déraciné du pays, et la maison sanctifiée par le culte de l’Éternel serait un sujet de raillerie parmi tous les peuples, et un témoin du juste jugement de Dieu.