Lectures hebdomadaires
Vous trouverez chaque semaine, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.
Commentaire sur le livre de la Genèse
Chapitre 25
Il faut voir, dans le second mariage d’Abraham, l’intention de Dieu en le mentionnant. Comme nous avons, dans la Genèse, les grands principes de tout ce qui est révélé dans la Parole, nous voyons passer devant nos yeux Sara, figure du peuple juif, moyen d’introduire Christ sur la scène; elle meurt. Ensuite Isaac, figure de Christ ressuscité, reçoit une épouse, figure de l’Épouse céleste, qui remplace Sara. Après l’histoire de l’Église, les descendants d’Abraham reparaîtront pour la bénédiction millénaire, représentés ici par les enfants de Ketura. Ils n’héritent pas avec Isaac; Abraham leur fait de grands dons et les renvoie du côté de l’orient, et donne tout ce qui lui appartient à Isaac. On a discuté pour savoir si Abraham, qui était déjà trop vieux pour être père à cent ans, sans l’intervention de la puissance divine, pouvait encore avoir une famille après la mort de Sara, alors qu’il avait cent trente-sept ans. Il se peut qu’il ait eu Ketura comme concubine durant la vie de Sara; mais la Parole ne le dit pas. Il faut croire ce qu’elle dit et comprendre pourquoi elle le dit.
Vient ensuite la mort d’Abraham, récit qui ne vient pas non plus dans l’ordre chronologique, puisqu’Isaac était âgé de soixante ans lorsque ses fils naquirent. Abraham en avait donc cent soixante et, puisqu’il mourut à cent soixante-quinze ans, il vit donc Jacob et Ésaü jusqu’à l’âge de quinze ans. Mais l’histoire d’Abraham était terminée, au point de vue des voies de Dieu; elle fait place à celle d’Isaac. Ismaël et Isaac ensevelirent leur père dans la caverne de Macpéla où il avait enterré Sara, en attendant le jour de la résurrection. Après la mort d’Abraham, il est dit que «Dieu bénit Isaac, son fils. Et Isaac habitait près du puits de Lakhaï-Roï». Les deux choses vont ensemble: la bénédiction de Dieu et l’habitation près du puits du vivant qui se révèle. C’était la part qu’Isaac avait choisie, pendant qu’Éliézer était allé lui chercher une épouse; elle le trouve dans cette bienheureuse attitude de méditation, en venant de ce puits. Souvenons-nous tous que la bénédiction de Dieu est inséparable de la révélation qu’Il nous a faite de Lui-même en Christ, et d’une marche en conséquence. C’est, avant toutes choses, à ce puits que nous devons puiser. D’autant plus que le chrétien ne possède aucune part dans ce monde; mais Dieu est sa part, et la foi puise en Lui tout ce dont il a besoin, jusqu’au moment où il n’y aura plus besoin de puissance, où nous serons tous introduits, où nous contemplerons le Seigneur dans Sa gloire, en qui nous verrons Dieu éternellement.
La généalogie et la mort d’Ismaël prennent aussi place dans ce chapitre, ainsi que leur pays d’habitation. Ils en prirent possession tout de suite; ils n’ont rien à voir dans les promesses, tandis que les descendants d’Abraham durent attendre le temps assigné par Dieu pour prendre possession de leur pays. Maintenant, nous aurons affaire, dans le reste du livre, avec la famille d’Abraham par les descendants d’Isaac, plus particulièrement avec Jacob. Il ne sera plus question d’autres familles, sinon d’Édom, au chapitre 36.
Au verset 19 commencent les générations d’Isaac. L’héritier était en possession d’une épouse et des biens de son père. Il devait paraître tout naturel qu’une grande famille allait surgir de ce mariage. Mais Dieu veut nous montrer que la nature ne peut servir à Ses desseins que sous l’action de Sa puissance. Comme Sara, Rebecca était stérile, état qui symbolise ce que vaut l’homme pour accomplir la pensée de Dieu. Toute son histoire l’a prouvé; c’est pourquoi, après un long temps de patience, Dieu y a mis fin dans la mort de Christ, pour introduire un homme nouveau par la résurrection de Christ, qui soit capable d’accomplir ce qui est agréable à Dieu. Isaac pria instamment au sujet de sa femme; «et l’Éternel se rendit à ses prières», est-il dit. Dieu veut que nous réalisions la dépendance de Lui-même en toutes choses. Nous savons qu’Il veut nous bénir; c’est Son œuvre accoutumée. Mais pour qu’Il le fasse, nous devons le faire entrer dans nos circonstances par la prière et être guidés, en tout ce que nous faisons, par Sa Parole. Isaac savait que sa postérité serait nombreuse, mais il agit comme si tout dépendait de sa prière, parce que tout dépendait de l’Éternel.
L’espérance de la postérité amena de nouveaux exercices. Le croyant ne peut marcher sans cela; ils sont nécessaires pour être gardé sous la dépendance de Dieu. Quelque chose d’anormal se passait dans le sein de Rebecca, ce qui la remplit de crainte et l’engagea à consulter l’Éternel. Il lui dit que deux nations étaient dans son sein, d’où proviendraient deux peuples, dont l’un serait plus fort que l’autre, et que le plus grand serait asservi au plus petit. Tout est disposé de manière à avoir affaire avec Dieu. Et ici, nous apprenons que non seulement il faut la puissance de Dieu pour accomplir ce qu’Il veut, lorsqu’Il veut se servir de l’homme pour cela, mais tout résulte de Ses conseils, par conséquent, de l’élection. Aussi, sans l’intervention de la puissance de Dieu pour amener Ses élus sur la scène, rien ne se ferait. Des deux fils que Rebecca mit au monde, c’est le plus petit — on peut dire, à vue humaine, le moins intéressant — qui était élu de Dieu pour accomplir les promesses faites à Abraham. En Rom. 9:13, l’apôtre cite un passage du prophète Malachie, 1:3, où l’Éternel dit: «J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Ésaü». Mais il faut bien remarquer que Dieu ne dit pas cela avant la naissance des enfants, dans les versets qui nous occupent, mais près de douze siècles plus tard, lorsque Dieu avait pu apprécier la conduite de chacun de ces deux hommes, Ésaü ayant méprisé son droit d’aînesse, tandis que Jacob, malgré son manque de piété, avait montré qu’il y tenait.
À leur naissance, les deux fils de Rebecca firent déjà connaître leur caractère, ce qui donna à Jacob le nom de supplanteur, car il tenait dans sa main le talon de son frère; mais Dieu avait Ses raisons pour en avoir fait Son élu pour obtenir un grand peuple. Nous voyons au chapitre 32 que Dieu changea son nom en celui d’Israël, «prince de Dieu». Tout est sur le pied de la grâce, de la part de Dieu envers nous; nous ne pourrions jamais rien obtenir sur le pied de nos qualités personnelles. C’est à cause de Son amour que Dieu s’est occupé de nous, à cause de ce qu’Il est, et non à cause de ce que nous sommes. Cette vérité ressort merveilleusement de la généalogie du Seigneur en Matthieu, où quatre femmes sont mentionnées, que l’orgueil des Juifs se serait bien gardé de faire paraître, car elles rappelaient chacune quelque chose d’humiliant: Thamar, fruit du péché de Juda; Rahab, la prostituée, une Cananéenne; Ruth, une Moabite; et la femme d’Urie, ce qui rappelait la grave chute du roi David. Et l’histoire de chacun de nous fera ressortir la même grâce de la part de Dieu.
Ésaü fut l’ancêtre des Édomites, peuple qui fut le plus grand ennemi du peuple de Dieu. Il agit si méchamment envers lui que Dieu ne lui accordera aucune part dans le règne millénaire, ce que l’on voit dans le prophète Abdias, en Jér. 49:7-13 et Ézé. 25:14. Moab et Ammon, qui ont été aussi des grands ennemis du peuple, souvent nommés avec Édom, auront une part sous le règne de Christ, car leur méchanceté n’a pas égalé celle d’Édom.
Les deux enfants grandirent. Ésaü était un habile chasseur, un homme des champs, tandis que Jacob était un homme de maison, qui vivait beaucoup avec sa mère, ce qui lui imprima le caractère de la maison de son père, surtout de Laban son frère, habile à s’approprier des biens. «Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande; mais Rebecca aimait Jacob» (v. 28). Dès qu’Isaac n’est plus présenté comme type de Christ, il n’est pas très intéressant. Pour une vie de cent quatre-vingt ans (chap. 35:28), il est dit peu de choses de lui. Son histoire est toute dans le chapitre suivant. Son amour pour Ésaü était intéressé: Il aimait le gibier; en voilà la cause. Une telle disposition était une cause de faiblesse. Il n’a pas eu d’influence sur son préféré pour l’empêcher de prendre pour femme des Héthiennes, qui furent une amertume d’esprit pour lui et pour Rebecca (chap. 26:34). Il aurait dû imiter son père à cet égard. Il faut suivre l’exemple des parents pieux, demeurer sous leur influence, pour éviter la dégénérescence morale telle qu’elle se fait sentir actuellement, où la moralité, la piété, la crainte de Dieu baissent avec chaque génération, et dont, hélas, les chrétiens ne sont pas épargnés. Il y a un moyen de réagir contre cette déchéance; c’est de s’attacher à ce qui est immuable, à la vivante et permanente Parole de Dieu, la lire, la croire, la mettre en pratique; et ainsi, nous pourrons lutter contre l’influence délétère de ce présent siècle.
Dans les versets 29 à 34, nous voyons le premier marché que conclut Jacob le supplanteur. Ésaü arrivait des champs très fatigué, et trouva Jacob qui cuisait un potage de lentilles. Pressé par la faim, il lui dit: «Laisse-moi, je te prie, avaler… de ce roux-là, car je suis las». Jacob voulut profiter de l’occasion pour s’approprier le droit d’aînesse. Il savait, sans doute, ce qui avait été dit de lui avant sa naissance; mais Dieu n’avait pas besoin de sa ruse pour l’accomplir. S’il y avait eu de la piété chez Jacob, il se serait attendu à l’Éternel pour l’accomplir et, en bon frère, il aurait apaisé la faim de son aîné. En Ésaü, nous voyons aussi les preuves de son impiété. Lorsque Jacob lui dit: «Vends-moi aujourd’hui ton droit d’aînesse», il répondit: «Voici, je m’en vais mourir; et de quoi me sert le droit d’aînesse?». Jacob exigea qu’il lui jure, et il le lui jura. «Et il mangea et but, et se leva, et s’en alla: et Ésaü méprisa son droit d’aînesse», dit la Parole au verset 34. Il n’estima les bénédictions de Dieu que pour l’avantage présent qu’il pouvait obtenir. Il est appelé un «profane». Nous sommes exhortés à ne pas lui ressembler, à ne pas être «profane comme Ésaü, qui pour un seul mets vendit son droit de premier-né; car vous savez que, aussi, plus tard, désirant hériter de la bénédiction, il fut rejeté (car il ne trouva pas lieu à la repentance), quoiqu’il l’eût recherchée avec larmes» (Héb. 12:16-17). Profaner les choses spirituelles, c’est leur préférer un avantage présent. C’est très sérieux, car cela nous arrive à chaque instant: Voici l’heure de la réunion, ou le moment de lire la Parole, de prier, de faire une bonne œuvre pour le Seigneur, etc. Mais on n’ira pas à la réunion ce soir; on lira demain… parce qu’il y a ceci ou cela à faire, s’accorder peut-être quelque petite satisfaction ou avancer son travail… toutes des choses qui périssent et contre lesquelles on a échangé une bénédiction éternelle. On dira: J’irai à la réunion une autre fois, ou telle autre chose qui était placée devant nous. Admettons que cela se puisse; mais ce que l’on aurait acquis, ce jour ou ce moment-là, est perdu pour l’éternité. Jamais ce jour ne reparaîtra. Il en viendra peut-être un autre, mais pas celui-là. L’aiguille de l’horloge du temps ne reviendra pas en arrière pour rendre le temps perdu. On pourra jouir d’une bénédiction semblable, une autre fois; mais celle qui est perdue manquera durant l’éternité. On aura beau la rechercher avec larmes, comme Ésaü au chapitre 27:38, son père ne put se repentir et agir envers lui comme il l’avait fait pour Jacob; il n’avait qu’une bénédiction. Il lui donna autre chose, mais des choses qui ne durèrent pas puisque, comme nous l’avons vu, Édom n’aurait point de part aux bénédictions millénaires, car telle était la part des bénédictions qu’il avait méprisées. Veillons donc de n’être pas profanes. Tout ce que l’on obtient de Christ, qui est le centre des bénédictions célestes, demeurera notre part éternellement, parce que la connaissance que nous faisons de Sa personne se manifeste dans la vie pratique, par une conformité à Lui-même, moralement, pour se manifester glorieusement lorsque nous Le verrons dans Sa gloire. Tout le reste disparaîtra. Tout ce que nous aurons préféré à Christ sera la proie du feu.
