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Genèse ch. 21 à 30
 Genèse ch. 1 à 10 Genèse ch. 11 à 20 Genèse ch. 21 à 30 Genèse ch. 31 à 40 Genèse ch. 41 à 50 1 Thessaloniciens 2 Thessaloniciens Actes des Apôtres

 

 

  • Genèse 21. 1 à 13

Les v. 1, 2 démontrent la fidélité de Dieu accomplissant ses promesses, «au temps fixé», «comme Il avait dit». Le temps fixé (ou assigné, Ps. 102. 13), désigne le moment choisi de Dieu, en rapport avec une préparation dans nos cœurs, afin que nous acceptions ce qu’Il veut nous donner. Notre incrédulité retarde souvent «le temps fixé». «Et l’Eternel visita Sara…» (v. 1): c’est une visitation en grâce, pour accomplir ses promesses. «L’Orient d’en haut nous a visités» (Luc 1. 78). Les v. 3, 4 montrent la fidélité d’Abraham manifestée dans son obéissance: il appelle son fils Isaac (ch. 17 v. 19), et le circoncit «comme Dieu le lui avait commandé» (ch. 17 v. 10-14). Dieu prend peut-être occasion du rire entaché d’incrédulité d’Abraham et de Sara (ch. 17 v. 17; ch. 18 v. 12), pour commander d’appeler ce fils «Isaac»: rire. Mais, selon la pensée divine, ce fils était un sujet de rire de joie pour ses parents, car il représentait, pour eux, l’accomplissement de la promesse. Ismaël rira, aussi, mais du rire moqueur. Et l'attitude d'Ismaël est une figure de la vieille nature qui se manifeste à l'arrivée de la nouvelle nature dans une âme qui se convertit; car il y a inimitié entre les deux (Rom. 8. 7). «Mais, comme alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, il en est de même aussi maintenant» (Gal. 4. 29). Et: «Ce qui est né de la chair est chair; et ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jean 3. 6). Nourrissons la nouvelle nature et non l’ancienne. Sur un autre plan, l’arrivée de l’héritier déclenche le rire jaloux de celui qui n’héritera pas des promesses divines. Le premier fils, Ismaël, est le type de la chair; Isaac représente la promesse. Allégoriquement, il s’agit de deux alliances: la première parle de servitude sous la loi du mont Sina: c’est Agar, la servante; la seconde, de liberté: Sara, la femme libre (Gal. 4. 24-26). Ces types ont un rapport, en premier lieu, avec Israël qui est dans la «servitude» (sous la loi). Lorsque le résidu du peuple, à l’aube du millénium, se convertira, le peuple passera sous l’alliance de «la femme libre». D’un autre côté, la femme libre représente, d’ores et déjà, les vrais croyants: «Or vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de promesse» (Gal. 4. 28). La réaction négative d’Abraham qui semblait attaché à Ismaël et à Agar (v. 12), provoque l’intervention de Dieu pour l’encourager à écouter la voix de Sara, et à les chasser. Ismaël représente, par certain côté, l’homme religieux, sans la vraie foi, et qui a manifesté son inimitié contre Dieu en crucifiant le Seigneur Jésus. Cependant, parce qu'Ismaël est le fils d’Abraham, il deviendra «une nation» (v. 13). Dieu ne renonce jamais à ses plans; et Ismaël, contrairement à Isaac, ne faisait pas partie des plans divins, étant un fruit de la chair: aussi, c’est Isaac, le fils de la promesse, qui était l’héritier des promesses faites à Abraham, son père.

La foi d’Abraham et de Sara avait été mise à rude épreuve durant de nombreuses années: Dieu veut toujours que «la patience ait son œuvre parfaite» (Jac. 1. 4). Mais Dieu ne nous soumet pas à des épreuves qui iraient «au-delà de ce que nous pouvons supporter» (1 Cor. 10. 13). Le fils de la promesse, Isaac, devait être le fruit de la puissance de Dieu, agissant dans l’incapacité d’Abraham et de Sara, tous deux trop âgés. Dieu agit merveilleusement lorsque nous reconnaissons notre incapacité. Le ch. 22 parle d’une mise à l’épreuve «après ces choses» (v. 1), après la formation des chapitres précédents.

«En Isaac te sera appelée une semence» (fin du v. 12), rappelle la promesse déjà faite au ch. 17 v. 19-21, et projette la prophétie divine jusqu’au Seigneur Jésus, la vraie semence, en qui «toutes les nations de la terre se béniront» (ch. 22 v. 18; Gal. 3. 16). Cependant, dans sa souveraineté, Dieu a tiré une «semence» d’Abraham dans ses descendants spirituels, c’est-à-dire dans tous ceux qui ont la foi (Rom. 9. 6-9).

 

  • Genèse 21. 13 à 24

Abraham était attaché à Agar et à Ismaël (v. 12); et, d’abord troublé par la demande de Sara de les chasser, il obéit aussitôt que Dieu l’encourage à écouter la voix de sa femme (v. 14). «Et Abraham se leva de bon matin…» (v. 14; ch. 19 v. 27; ch. 22 v. 3): c’est l’empressement dans l’obéissance de la foi. Dieu permet une épreuve pour Agar et Ismaël, mais Il va prendre soin d’eux, et leur faire découvrir le puits où ils pourront s’abreuver. Dans sa détresse, Agar prend soin de son enfant jusqu’au bout, le mettant à l’ombre d’un arbrisseau (v. 15). Et là, Dieu va la consoler en lui rappelant sa promesse du ch. 16 v. 12, plus précise, ici (v. 18). Ismaël devait devenir une grande nation (v. 18). Ce sera aussi un «âne sauvage», «habitant dans le désert», «à la vue de tous ses frères»: homme indompté ne se pliant pas à la volonté de Dieu et s’opposant à ses semblables (ch. 16 v. 10-12; ch. 25 v. 12-18).

Au ch. 16, Agar s’enfuyait d’elle-même; et Dieu lui dit de revenir et de s’humilier devant sa maîtresse. Mais ici, c’est Dieu Lui-même qui la chasse. Dieu est souverain dans ses voies, mais aussi, entre ces deux ch., Isaac, l’héritier est né, et Ismaël n’a plus sa place dans la maison d’Abraham. «En Isaac te sera appelée une semence» (v. 12). Agar pleure, mais c’est la «voix de l’enfant» que Dieu entend (v. 16, 17). Ismaël, d’une certaine façon, est orphelin, et Dieu est «le secours» et «le Père des orphelins» (Ps. 10. 14; 68. 5). Il prend soin des enfants. De même, le Seigneur a pris des enfants dans ses bras et les a bénis. Mais pour Ismaël, Dieu a une raison supplémentaire de prendre soin de lui: il est le fils d’Abraham. Au ch. 16 v. 13, Agar nomme Dieu «le Dieu qui te révèles» et reconnaît qu’Il la voit. Mais ici, elle n’en dit rien, bien qu’Il renouvelle sa promesse de faire d’Ismaël «une grande nation» (v. 18). Dieu réalise toujours ses promesses, et cela nous encourage.

Rien n’échappe à l’œil de Dieu ni à son oreille: il entend «la voix de l’enfant,  là où il est» (v. 17). Le Seigneur peut nous dire, souvent: «Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté?». Pour nous, nous ne savons pas toujours voir la main de Dieu. En 2 Rois 6. 15-18, Élisée pria Dieu pour qu’Il ouvre les yeux de son jeune homme, et Dieu «lui ouvrit les yeux». Puis il pria pour qu’Il frappe de cécité les Syriens, et «Il les frappa de cécité». Ici, Dieu fait voir à Agar le puits de Beër-Sheba. «Et Dieu fut avec l’enfant» (v. 20). Il est au-dessus de tout et conduit toutes choses.

Au ch. 20, Abraham avait menti à Abimélec en déclarant Sara comme étant sa sœur. Et il s’était fait reprendre sévèrement. Mais ici, l’autorité morale d’Abraham est mise en relief: «Dieu est avec toi en tout ce que tu fais» (v. 22), et c’est Abraham qui reprend Abimélec (v. 25). Les progrès d’Abraham iront jusqu’au sommet du ch. 22. Cependant, il semble qu’une certaine méfiance se manifeste en Abimélec à l’égard d’Abraham, car il se souvient que ce dernier avait usé de dissimulation envers lui; alors, il prend des mesures de sécurité, car Abraham habitait toujours dans le pays des Philistins (v. 34). Abraham ne reviendra à Hébron, le lieu de la communion, qu’au ch. 23 v. 1, à la mort de Sara.

A Beër-Shéba, Abraham et Abimélec «jurèrent, les deux» (v. 31). Dans ce double serment reposant sur la constatation que Dieu était avec Abraham (v. 22), l’esprit prophétique nous projette dans le règne millénial de Christ, lorsque les nations de la terre diront à Israël: «Nous avons ouï dire que Dieu est avec vous» (Zac. 8. 20-23). Et les nations se joindront à Israël pour rechercher l’Eternel.

 

  • Genèse 21. 25 à 34; 22. 1 à 3

Isaac, l’héritier des promesses faites à Abraham étant né, cela donne à celui-ci une autorité d’origine divine, dans une vie de communion avec Dieu: il prend, en figure, possession de la terre qu’héritera sa descendance, en creusant un puits et en plantant un tamarisc (v. 25-33), bien que lui-même ne possédait qu’une tente et un autel. Au ch. 23, il achètera un sépulcre pour y enterrer Sara. Ce tamarisc, symbolisant la prise de possession du pays, montre la foi d’Abraham qui se projette dans l’avenir, lorsque ses descendants possèderont cette terre, et il invoque, là, «le Dieu d’éternité» (v. 33). Nous-mêmes, par la foi, nous possédons déjà les biens célestes que le Seigneur nous a préparés. Cette autorité se retrouve en Jacob, le berger, qui peut bénir le Pharaon devant la puissance duquel il aurait pu trembler (ch. 47 v. 7, 10): «Le moindre est béni par le plus excellent» (Héb. 7. 7). Notre foi nous confère de la part de Dieu, une noblesse de cœur mais elle doit se manifester dans l’humilité, et dans l’amour pour tous les hommes: «L’homme noble se propose des choses nobles, et il se maintiendra par des choses nobles» (Es. 32. 8). Et: «Je me suis toujours proposé l’Eternel devant moi» (Ps. 16. 8).

Ce puits qu’Abraham avait creusé (v. 30), les serviteurs d’Abimélec s’en étaient emparés de force (v. 25); aussi, Abraham reprend Abimélec avec autorité. Au ch. 26, cela se répètera avec Isaac, jusqu’à ce qu’il trouve «l’espace» pour une vie de foi tranquille. Ces puits creusés par Abraham, les Philistins les avaient bouchés avec de la terre (26. 15). L’ennemi veut toujours nous priver, par tous les moyens, de rafraîchir nos âmes de l’eau pure de la Parole. Il s’efforce de la remplacer dans nos vies, par des préoccupations purement terrestres. Ne laissons pas faire l’ennemi. Le Seigneur nous invite: «Buvez, buvez abondamment, bien-aimés!». La Parole est représentée par l’eau qui rafraîchit et qui purifie (Eph. 5. 25, 26). Prenons-y garde pour nous en nourrir aussi: «Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie? Ce sera en y prenant garde selon ta Parole» (Ps. 119. 9). Au ch. 26, Abimélec reconnaît qu’Isaac est «maintenant, le béni de l’Eternel» (v. 23-33), et contracte une alliance avec lui, préfigurant l’alliance que les nations, durant le millénium, contracteront avec Israël.

Aux ch. 20 et 21, Dieu a préparé Abraham. «Après ces choses…» (ch . 22 v. 1), il est prêt pour l’épreuve suprême. Les épreuves peuvent être provoquées par Satan (Job); par les circonstances ordinaires de la vie; ou bien par Dieu Lui-même. Cette dernière est l’épreuve de la foi par excellence (1 Pi. 1. 6, 7), pour la gloire et l’honneur de Dieu. La foi ne peut se manifester dans sa plénitude que lorsque nous avons réglé nos voies devant Dieu. Pour Abraham ayant espéré ce fils de longues années, cette épreuve a dû se traduire par un exercice douloureux. Mais sa foi exercée lui a donné la force d’obéir sans murmure. Notre obéissance est-elle toujours aussi prompte? Lorsque Dieu l’interpelle, il répond: «Me voici». Il est disponible! Il prépare tout pour offrir cet holocauste (v. 3). Sa foi vigoureuse lui faisait entrevoir que «Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure, il le reçut» (Héb. 11. 19). La voix de «l’Ange de l’Eternel», seule, a arrêté sa main d’aller jusqu’au bout de sa détermination. Cette scène nous rappelle le Père qui a donné son Fils unique, son bien-aimé. Abraham et Isaac «allaient les deux ensemble» (v. 6. 8), manifestant ainsi la communion entre eux dans l’épreuve (Jac. 1. 2); mais cela nous parle bien plus de la communion parfaite entre Dieu et son fils, pour l’œuvre de la croix. Dieu n’a jamais éprouvé Lot tenté par le monde auquel il a succombé. C'est plutôt Sodome qui a éprouvé Lot, et il a succombé. Dieu connaissait la foi d’Abraham, et il l’a manifestée. Dans les épreuves, ayons le Dieu des promesses devant nous. C’est sur le mont Morija, que David a offert un holocauste (2 Sam. 24) et que, plus tard, fut construit le temple de Jérusalem (2 Chr. 3.1).

 

  • Genèse 22. 4 à 9

Plusieurs aspects se dégagent de ce chapitre: d'abord la foi d’Abraham qui a brillé; puis, à travers le sacrifice d’Isaac, (avec des similitudes et des différences), on voit le sacrifice du Seigneur. Le vrai caractère de la foi, c’est l’obéissance. Dieu avait dit à Abraham: «Offre-le…» (v. 2); «Et Abraham se leva de bon matin…» (v. 3). Il n'y a pas d'excitation, pas d'angoisse: sa foi reflète la paix du cœur, et il agit tranquillement. Abraham voulait offrir son fils en la seule présence de Dieu, sans témoins (v. 5); de même que durant les trois heures de ténèbres, lors de la crucifixion du Seigneur, nul œil n’a vu ce qui se passait entre Dieu et la sainte victime. Abraham et Isaac durent marcher trois jours pour atteindre Morija, avant le sacrifice. Quant au Seigneur, Il pouvait dire en Luc 13. 32: «Je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé». Si Isaac ignorait ce qui l’attendait, le Seigneur connaissait de toute éternité l’œuvre qu’il devrait accomplir (Jean 12. 27). A Gethsémané, Il a accepté la coupe des souffrances de la main du Père; et c’est en vainqueur qu’Il est allé à Golgotha. Le silence d’Isaac, lorsque son père le lie sur l’autel, nous parle de l’acceptation, par Seigneur, des souffrances et de l’abandon de son Dieu, dans son sacrifice pour le péché (Ps. 22. 1; Matt. 27. 46; Marc. 15. 34). Mais ses relations de communion avec son Père restent parfaites, dans son offrande volontaire à Dieu (Héb. 9. 14). Ainsi que dans Sa détermination de faire la volonté de Dieu (Ps. 40. 6-8). Ésaïe 6. 8, dévoile le conseil intime entre le Père et le Fils, dans l’éternité.

La fermeté de la foi d’Abraham se manifeste au v. 5: «… nous irons… nous adorerons… nous reviendrons». A sa foi, il ajoute la vertu (ou l'énergie que produit la foi) (2 Pi. 1. 5). Il était assuré que Dieu ressusciterait son fils; et il nomme ce lieu-là: «Jéhovah-Jiré» (v. 14): l’Eternel y pourvoira; et Il y a pourvu aussitôt (v. 13), Abraham recouvrant son fils comme ressuscité.

Isaac chargé du bois du sacrifice (v. 6), nous rappelle le Seigneur qui «sortit portant sa croix» (Jean 19. 17), tandis que Lui et le Père «allaient les deux ensemble» pour l’œuvre de la rédemption, comme ce qui est dit d’Abraham et Isaac (v. 6; 8). Le Seigneur pouvait dire: «Moi et le Père nous sommes un» (Jean 10. 30), et: «… le Père est en moi et moi en Lui» (v. 38).

Isaac pose une question à son père: «Où est l’agneau pour l’holocauste?» (v. 7). Abraham répond avec la ferme certitude que Dieu y pourvoira Lui-même. Mais la vraie réponse sort de la bouche de Jean le baptiseur: «Voilà l’agneau de Dieu…», en voyant Jésus qui passait devant lui (Jean 1. 29). La fin du v. 3 et le début du v. 9 montrent encore l’obéissance d’Abraham: il va «au lieu que Dieu lui avait dit»; le lieu choisi de Dieu. Le Seigneur savait quel chemin Il devrait suivre (Luc 18. 31-33). «Or il arriva, comme les jours de son assomption s’accomplissaient, qu’il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem» (Luc 9. 51).

A Gethsémané, son angoisse est telle qu’Il supplie son Père de faire passer cette coupe loin de lui. Mais Il se soumet pleinement (Marc 14. 36), sachant que Dieu ne l’épargnera pas, lorsqu’il sera crucifié. Alors, un ange descend du ciel pour le fortifier (Luc 22. 43). Quel mystère!

 

  • Genèse 22. 10 à 14

Abraham montre qu’il est prêt à aller jusqu’au bout de l’obéissance (v. 10). Pour Dieu, qui connaissait à fond le cœur d’Abraham, la preuve pratique est faite: «Je sais que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils…» (v. 12). La disposition à l’obéissance se traduit par la promptitude à répondre à Dieu: «Me voici» (v. 1; 11). L’obéissance des siens a un grand prix pour Dieu (1 Sam. 15. 22).

Déjà au ch. 15 v. 6, Abraham avait été justifié par sa foi. La justification du croyant comporte un côté intérieur: il est justifié par sa foi en l’œuvre de Christ sur la croix. Et un côté extérieur: il doit monter sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 21, 22). C'est ce qu'a fait Abraham. Même si Dieu a arrêté sa main, à ses yeux, Abraham avait réellement offert son fils (Héb. 11. 17). En type, c’est l’œuvre de Dieu offrant son propre Fils: «livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu». «… Les choses que ta main et ton conseil avaient à l’avance déterminé devoir être faites» (Actes 2. 23; 4. 27, 28). Personne n’a retenu la main de Dieu «qui n’a pas épargné son propre Fils» (Rom. 8. 32). Dieu avait tout préparé à l’avance. Durant les trois heures de ténèbres, prophétiquement, le Seigneur avait dit: «Même quand je crie… Il ferme l’accès à ma prière» (Lam. 3. 8).

En Isaac, se résumaient toutes les promesses faites à Abraham; et voilà qu’il lui fallait l’offrir en holocauste! Et il le fait (Es. 53. 6; 10). Outre ce précieux type de l’A.T. qui nous parle de l’œuvre de Christ pour notre salut, Dieu, par ce moyen, a éprouvé la foi d’Abraham. Si Abraham n'avait pas agi sur un principe de foi et d'obéissance, c’eût été simplement un meurtre.

Dieu n’avait en vue que le sacrifice de son Fils sur la croix; seul sacrifice ayant une valeur pour Lui. Mais, à l'inverse d'Isaac, le Seigneur savait, Lui, le Prince de la vie, qu’Il serait abandonné de Dieu, et passerait par la mort. Il était «l’agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde» (1 Pi. 1. 19).

Le bélier qu’Abraham n’avait pas vu jusque là est sacrifié à la place d’Isaac. Le bélier est une figure du dévouement de Christ pour son Dieu, de sa consécration jusqu’à la mort; c’est le sacrifice de prospérité, de communion, entre Dieu et l’adorateur. Mais ici, Abraham l’offre «en holocauste» (v. 13). Si le bélier était «retenu à un buisson par les cornes», le Seigneur, Lui, s’est avancé volontairement, portant sa croix: «Il s’est offert lui-même» (Héb. 9. 14). C’est au moment où «l’Ange de l’Eternel» arrête la main d’Abraham, qu’il reçoit son fils «en résurrection». On peut penser à sa joie! Mais pour le Seigneur, si la mort a été réelle, sa résurrection triomphante aussi. Il est ressuscité «par la gloire du Père» (Rom. 6. 4); par sa propre puissance et par l’Esprit Saint. Comme Abraham l’avait dit par la foi, l’Eternel a pourvu à l’agneau de l’holocauste, pour son serviteur; mais bien plus en donnant le véritable Agneau pour notre salut. Cela doit produire la louange dans nos cœurs.

Cette épreuve à donné à Abraham une connaissance de Dieu, bien plus riche et profonde que celle qu’il avait auparavant. Sa foi ne pouvait qu’en être affermie. C’est souvent le but des épreuves que Dieu permet, pour chacun. En Es. 38. 19, Ézéchias, lors de sa maladie et de sa guérison, apprend à mieux connaître son Dieu, et la louange est produite. Que la louange jaillisse de nos cœurs et de nos bouches, pour toutes les bontés dont Dieu nous enrichit.

 

  • Genèse 22. 15 à 24

L’obéissance d’Abraham appelle la récompense de Dieu (v. 16). Abraham n’avait pas en vue cette récompense, mais il a obéi par amour pour son Dieu, soutenu par sa foi. N’agissons jamais pour être récompensés, mais pour plaire au Seigneur qui récompensera selon sa sagesse, et à son moment; peut-être la récompense ne sera-t-elle donnée que dans le ciel, mais elle sera pleine et entière, tout étant manifestés au tribunal de Christ: «Quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui l’aiment» (Jac. 1. 12).

Aux v. 16 et 17, Dieu intervient par un serment, donnant ainsi la pleine certitude de la fermeté de sa promesse: «Le serment qu’Il a juré à Abraham» (Luc 1. 68-73), et confirmé en Héb. 6. 13-20. Ce serment divin, commencé au ch. 12 v. 1, 2, se précise en se renforçant au fur et à mesure qu’Abraham apprend à mieux connaître Dieu. Dieu a promis que sa semence serait: «comme la poussière de la terre» (ch. 13 v. 16); «comme les étoiles» (ch. 15 v. 5); «comme le sable qui est sur le bord de la mer» (ch. 22 v. 17). «Et Abraham crut Dieu et cela lui fut compté à justice». Dieu promet aussi la victoire des descendants de cet homme de foi sur ses ennemis futurs, et la bénédiction finale des nations (v. 17, 18; ch. 24 v. 60). Déjà, au ch. 9 v. 26, 27, Japheth devait demeurer «dans les tentes de Sem» pour être béni. Mais quant au peuple de Dieu, «Juda et Israël étaient nombreux comme le sable qui est près de la mer, en multitude» (1 Rois 4. 20). Tous les vrais croyants forment cette semence que l’on ne peut compter. En son temps, Salomon a partiellement réalisé la promesse divine: durant son règne de quarante ans, ce «roi de paix» a dominé sur les nations qui entouraient Israël, et il n’y a eu aucun ennemi déclaré (1 Roi 4. 21). Mais cette promesse divine de domination sur les ennemis et de bénédiction pour les nations se réalisera pleinement durant le règne millénial du Seigneur, manifesté aux yeux de tous les hommes, dans la plénitude de sa glorieuse puissance. La pensée de Dieu, dans ces ch. de l’A.T., c’est de nous entretenir de la gloire de Son Fils.

Au ch. 22 v. 21-24, au travers des douze fils de Nakor, frère d’Abraham qui n’en a eu que deux, la Parole introduit Rebecca, type de l’Église. C’est après la résurrection, en figure d’Isaac (type de Christ ressuscité), et la mort de Sara (figurant Israël), que Rebecca est introduite: elle représente l'Église que Christ ressuscité se prendra pour épouse.

Au v. 19 de Gen. 22, il n’est plus parlé d’Isaac; mais le père et le fils «allaient les deux ensemble», et Abraham avait dit à ses jeunes hommes: «moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons; et nous reviendrons vers vous» (v. 4). Les jeunes hommes ne pouvaient aller au-delà d’un certain point. Mais après que l’œuvre, en figure, a été accomplie, les relations peuvent reprendre et, Abraham leur a peut-être raconté ce qui venait de se produire. Dans l’œuvre de la croix, ce qui s’est passé entre le Dieu saint et le Seigneur qui était «fait péché pour nous», il y a ce qui échappe à notre entendement. Le Fils était seul avec son Dieu, et tout était voilé aux yeux des hommes. Comment y verrions-nous clair là où le Seigneur avait dit prophétiquement: «Il m’a conduit et amené dans les ténèbres…» (Lam. 3. 2)?

 

  • Genèse 23. 1 à 20

Ce chapitre est tout entier consacré à la mort et à l’ensevelissement de Sara. Il est important de noter que cela se passe dans le pays de Canaan, et non chez les Philistins où Abraham avait longtemps séjourné (ch. 21 v. 34). Canaan est le pays que Dieu a promis à Abraham (ch. 17 v. 8). Cet homme de foi a compris que ce pays, «ruisselant de lait et de miel», appartiendra dans l’avenir à sa descendance; mais aussi, sa foi lui donne l’assurance de la résurrection. La résurrection du Seigneur après sa mort, en est le garant. Trois enseignements se dégagent de ce ch.: 1° La manière délicate, humble et pleine de respect d’Abraham envers les fils de Heth: il se prosterne par deux fois devant eux (v. 7; 12). Ils l’ont appelé: «prince de Dieu» (v. 6). Bien que flatteur, ce nom n’enlève rien à l’humilité d’Abraham, et en cela, il est un modèle pour nous. Le Seigneur lui-même n’a jamais revendiqué ses droits. Nous règnerons avec Lui, mais cela ne nous autorise pas à afficher une attitude supérieure vis à vis du monde. Plusieurs passages nous montrent comment un chrétien doit se comporter (1 Thes. 4. 12; Rom. 13. 8; 2 Cor. 8. 20, 21). Et toute la gloire en revient au Seigneur (Matt. 5. 16). 2° L’espérance d’Abraham en la résurrection. 3° Il a foi dans les promesses divines de donner ce pays à sa semence. C’est dans ces circonstances extrêmes que notre foi se montre clairement. Ce tournant douloureux pour Abraham montre son caractère de «prince de Dieu», bien différent de l’esprit du monde. Sa position d’étranger qu’il reconnaît au v. 4, présentait pour lui des difficultés se traduisant par des tractations laborieuses avec les fils de Heth. La mort de Sara, bien douloureuse pour lui, lui fait verser des larmes: c’est la première fois, dans la Parole, que l’on voit un homme pleurer. C’est aussi la première fois qu’il nous est donné l’âge d’une femme. Si Abraham pleure, sa foi lui donne la force de se lever «de devant son mort» (v. 3), car il n’est pas «affligé comme les autres qui n’ont pas d’espérance» (1 Thes. 4. 13). David fera de même (2 Sam. 12. 23). Job, lui-même avait foi en la résurrection: «Je sais que mon rédempteur est vivant» (Job 19. 25-27). Marthe aussi croyait en la résurrection (Jean 11. 24). Les croyants de tous les temps ont cette consolation.

Dieu a voulu que Sara meure à Hébron, en Canaan, haut-lieu de la foi pour les anciens. Et cette caverne deviendra le sépulcre des patriarches hébreux, descendants d’Abraham. Jacob, à son tour, réclamera d’être enterré dans cette caverne, après qu’il ait béni ses fils (Gen. 49. 28-32).

Abraham n’accepte pas que cette caverne lui soit donnée gratuitement: il veut la payer afin qu’elle lui appartienne en propre. Déjà au ch. 14, il avait refusé quoi que ce soit du roi de Sodome. Cependant, si Abraham ne désire que la caverne qui parle de la mort, Dieu permet que lui soient vendus aussi, le champ et les arbres qui s’y trouvent (v. 17), et qui parlent de vie, de résurrection.

Le meilleur des sépulcres des fils de Heth n’intéressait pas Abraham (v. 6): Sara ne devait pas être enterrée n’importe où. Le Seigneur a été enseveli dans «un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis» (Jean 19. 41). Dieu a conduit les choses ainsi pour son Fils mort. Déjà au ch. 22, le «brisement» d’Abraham se révèle, et porte ses fruits, ici, en montrant qu’il est instruit de la sagesse d’en haut. Pour les fils de Heth, enterrer un mort peut aisément se faire dans n’importe quel sépulcre. Mais pour Abraham, Sara doit être enterrée dans un sépulcre qui deviendra la possession de ses descendants, avec le pays tout entier.

Pour nous chrétiens, la mort n’est qu’un passage, mais cela ne nous autorise pas à faire n’importe quoi du corps d’un croyant mort: Son corps a été, durant sa vie, le temple du Saint Esprit, et Dieu le ressuscitera. Des hommes pieux ont enterré le corps d'Étienne (Actes 8. 2). Et Dieu nous dit «Précieuse, aux yeux de l’Eternel, est la mort de ses saints» (Ps. 116. 15). Quand un croyant meurt, son corps retourne à la poussière, mais «son esprit retourne à Dieu qui l’a donné» (Ecc. 12. 7). Et le corps semé corruptible ressuscitera incorruptible (1 Cor. 15. 53-54).

 

  • Genèse 24. 1 à 9

Trois parties, dans ce ch. nous entretiennent:

- du serment du serviteur à Abraham (v. 1-31);
- du témoignage du serviteur à la famille de son maître (v. 32-49);
- de la réalisation de son service (v. 50-67).

Les dispositions de cœur des différentes personnes sont mises en relief. Le ch. 22 parle, en figure, de la mort et de la résurrection du Seigneur. Le ch. 23, de la mise de côté d'Israël (mort de Sara). Enfin, le ch. 24 fait apparaître Rebecca, figure de l’Église préparée pour son Seigneur. Ce ch. montre aussi la piété d’Abraham et du serviteur, lequel est une belle figure du Saint Esprit: il avait le gouvernement de tout le bien d’Abraham (v. 2, 10). Abraham sent sa responsabilité vis à vis de son fils, héritier des promesses de Dieu, et qui ne doit pas épouser une fille des cananéens, ni retourner dans le pays de sa parenté, à Charan. La loi, plus tard, interdira au peuple d’épouser des femmes étrangères (Ex. 34. 11, 16). Sa foi en Dieu donne à Abraham l’assurance de l’intervention favorable divine (v. 7). Comme Isaac devait se marier dans la famille de son père, les chrétiens doivent prendre un conjoint dans la famille de la foi (2 Cor. 6. 14-16), et avec quelqu’un avec qui ils sont en heureuse communion. Sinon il n’y a pas de vie spirituelle heureuse. La Parole ne reconnaît que deux familles sur la terre: les enfants de Dieu et les enfants du diable (1 Jean 3. 10). Dans les Nombres (ch. 27 v. 4, 7), les filles de Tsélophkad étaient attachées à l’héritage familial. Elles durent se marier dans la famille de leur père (ch. 36 v. 6-8). Dans le ch. 24 de Gen., Abraham dit: «mon fils», aux v. 3, 4; 6, 7, 8. On comprend le prix qu’Isaac avait pour son père. Combien plus le Fils de Dieu a-t-il du prix pour le Père!

Abraham fait jurer son serviteur, et celui-ci va s’acquitter fidèlement de sa mission. Sa foi se montre lorsqu’il prie Dieu de faire prospérer son voyage. Laissons, nous aussi, le Seigneur nous conduire dans nos choix. Les croyants, aujourd’hui, n’ont plus à jurer, car le Seigneur nous dit: «Que votre parole soit: oui,  oui; non, non; car ce qui est de plus vient du mal» (Matt. 5. 37).

Dans les conseils de Dieu, la femme est la gloire de l’homme (1 Cor. 11. 7), comme l’Église est la gloire de Christ. La parabole de Matt. 22. 2 dit: «Le roi fit des noces pour son fils». Le Fils de Dieu est: «La plénitude de Celui qui remplit tout en tous» (Eph. 1. 23). Le Seigneur attend son épouse comme Isaac attendait Rebecca (v. 62, 63). Durant le temps de son absence, le Saint Esprit, sur la terre, forme l’Épouse de Christ, et l’amène à travers le désert de ce monde, jusqu’au moment de la rencontre et jusqu’aux noces de l’Agneau. Alors, le Seigneur éprouvera la joie d’avoir son Épouse à ses côtés.

Enfin, Rebecca, prise dans la parenté d’Abraham, devait encore être «retirée de ce présent siècle mauvais» (Gal. 1. 4) — du pays idolâtre où elle vivait — afin de goûter aux bénédictions. Par sa décision de cœur, elle entrera dans la lignée de la foi. Il faut la manifestation de la foi pour entrer où Dieu veut bénir.

Les v. 2 et 10 nous renvoient à ce que le Seigneur dit en Jean 16., parlant du Saint Esprit: «Il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera». Ainsi, le serviteur parlera de son maître et de tout ce qu’il possède (v. 35). Le service actuel du Saint Esprit sur la terre, est d’amener des hommes, d’abord incrédules, à la foi du Sauveur. Ensuite, il vient habiter en eux et les entretient des gloires actuelles et futures du Fils de Dieu, gloires qu’Il s’est acquises dans son abaissement, ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Lorsque l’Épouse sera enlevée dans le ciel, le Saint Esprit quittera la terre. Mais déjà, avec l’Esprit, nous disons: «Viens, Seigneur Jésus» (Apoc. 22. 20).

 

  • Genèse 24. 10 à 22

Si  le serviteur d’Abraham est une figure du Saint Esprit, il est intéressant de le considérer aussi comme un modèle pour nous. Il a un service que lui a donné son maître, et de même nous sommes chacun au service du Seigneur. Que nous puissions avoir les mêmes dispositions de cœur qu’Eliézer! Au v.10, il obéit; au v.12, il est dépendant, il s’attend à Dieu; au v. 14, il demande la direction à Dieu; au v.33 il est diligent dans l’exécution de sa tâche; au v. 37 il a le souci d’obéir dans les moindres détails à la volonté de son maître; puis au v.52, il se prosterne et rend grâce. Le service d’Eliézer a été béni car il a écouté soigneusement ce que son maître lui a dit. La manière dont il retrace tout son chemin (v. 34-49) montre qu’il a une disposition de cœur à obéir fidèlement. Avertissement pour chacun de nous car nous pouvons être prompts à agir comme nous pensons! Nous avons à nous tenir près du Seigneur, l’écouter et le suivre. En Jean. 12 v. 26, nous avons le résumé du service selon Dieu. C’est Dieu qui fait prospérer son voyage.

V. 2 et 10. Le serviteur avait les biens de son maître sous sa main, ainsi que dix chameaux, ce qui montre au passage la prospérité d’Abraham. Il va vers le pays d’Abraham, qui lui avait donné des directions mais il a besoin d’être conduit. Dieu nous donne des directions dans sa Parole. Et nous ne pouvons prétendre faire la volonté de Dieu si c’est en contradiction avec elle. Elle est notre guide pour les petites et les grandes décisions.

V. 12. La première pensée du serviteur est de prier. Nous pouvons souvent faire monter cette prière devant le Seigneur afin que notre journée ne soit pas gaspillée.

V. 13-14. Ce n’était pas rien que de demander que la jeune fille dise qu’elle abreuverait les chameaux car c’était un travail important. Cela montre son désir de servir, d’être hospitalière, son dévouement.

V. 14. «Celle que tu as destinée». Expression remarquable! Il s’en remet entièrement à Dieu.

Que penser d’un signe demandé à Dieu? C’est quelque fois, comme Gédéon une faiblesse de la foi (Juges 6. 36-40). Mais la grâce de Dieu a répondu. Ce n’est pas toujours la voie idéale pour la foi. Le croyant possède maintenant le Saint Esprit et la Parole pour discerner ce qu’il doit faire. En Actes 1. 26, nous avons le dernier signe donné dans la Parole car le Saint Esprit n’était pas descendu. Il est descendu au ch. 2 et les disciples pouvaient alors avoir du discernement. Mais Dieu peut faire concourir des circonstances pour voir si ceci ou cela doit se faire ou non. Nous pouvons demander à Dieu de nous montrer Son chemin. En Actes 16. 6-9, Dieu a montré par des empêchements et une vision où Paul devait aller.

V. 45. «Parler en mon cœur»: il priait en lui-même. Nous avons un enseignement pour nous: nous pouvons prier sans être dans notre chambre, où que nous soyons nous pouvons prier en notre cœur. Que nous y soyons habitués! Et dans notre chambre prenons l’habitude de prier à haute voix car on réalise mieux que nous nous adressons à une personne.

Dans cette prière, il a les intérêts de son maître à cœur «Use de grâce envers mon seigneur». Le Seigneur nous encourage beaucoup à prier pour les autres, demander la bénédiction de nos frères et sœurs.

Au v. 15, les choses se hâtent et dans notre vie il peut en être ainsi: il y a des moments d’attente qui peuvent sembler longs puis brusquement tout s’accélère.

V. 17. Le serviteur court et Rebecca va se hâter (v. 20). Il y a des moments où, connaissant la volonté du Seigneur, il ne faut pas tergiverser. Dieu répond toujours à nos prières, Il peut nous dire: oui, non ou attend. Pour Eliézer on peut appliquer ce passage d'Ésaïe 65 v. 24: «Il arrivera que, avant qu’ils crient, je répondrai et pendant qu’ils parlent, j’exaucerai».

«Très belle de visage» (v.16). Ce qui est à rechercher c’est la beauté intérieure, la piété. Moïse était beau à Dieu (Actes 7.20). 1 Pierre 3. 3 à 5 est aussi à méditer par chacun .Un esprit doux et paisible est d’un grand prix devant Dieu. Si Rebecca a eu un beau commencement, il n’en a pas été ainsi à la fin de sa vie.

 

  • Genèse 24. 23 à 27

Le serviteur regarde avec étonnement pour savoir si l’Eternel a fait prospérer son voyage (v. 21). Puis quand il apprend que Rebecca est de la famille d’Abraham (v. 24), il est certain que l’Eternel a répondu et il se prosterne devant Lui (v. 26, 27). Demandons les directions au Seigneur, et quand Il répond, n’oublions pas de lui rendre grâces. En Luc 17. 11 à 19, les dix lépreux sont tous guéris mais un seul est revenu se jeter sur sa face aux pieds du Seigneur en Lui rendant grâces.

Le chrétien n’est pas conduit par les circonstances mais à travers les circonstances. Nous avons l’exemple de l’apôtre Paul à Corinthe où «une porte grande et efficace» lui est ouverte, mais il y a beaucoup d’adversaires (1 Cor. 16.9). Cela ne l’a pas fait quitter Corinthe, il y est resté, s’attendant au Seigneur et une Assemblée a été formée. Dans le cas de Genèse 24, il semble que le cas est plus simple, mais on remarque que le serviteur ne se hâte pas, on voit même de l’étonnement (v. 21).Le Seigneur répond a cette attitude paisible de foi et dans le cœur du serviteur se forme la conviction que le Seigneur a tout dirigé. Il ne perd pas de vue que tout vient du Seigneur, on le voit attendre et prier avant d’agir et rendre grâces à plusieurs reprises.

Arrivé à la maison, il raconte en détail son cheminement. Dieu met l’accent sur l’importance de cette démarche où Isaac va recevoir de Dieu celle qui lui est destinée. De façon générale, nous n’avons pas à raconter en détail ce qui se passe entre le Seigneur et nous.

Aux versets 26, 48 et 52, l’homme se prosterne devant l’Eternel à trois reprises. Au v.51 on ne le voit pas remercier Laban, mais il voit plus haut, il voit la réponse de l’Eternel: c’est un exemple pour nous. «En toutes choses rendez grâces, car telle est la volonté de Dieu dans le Christ Jésus à votre égard» (1 Thess. 5. 17 et 18). Aux versets 27 et 49, on voit la grâce et la vérité, la grâce de Dieu envers Abraham et Isaac.

Peut-on être guidé par les circonstances? Soyons très prudents. Dieu peut nous mettre des obstacles pour nous fermer un chemin, comme aussi il peut ouvrir des portes. Et l’Ennemi peut aussi placer des circonstances favorables ou non. Par exemple, Jonas avait son chemin ouvert pour aller à Tarsis, ce qui était contraire à la volonté de Dieu (Jonas 1.3). Il nous faut donc le discernement de l’Esprit. Restons près du Seigneur pour discerner Sa volonté.

Au v.10, nous avons vu le serviteur s’engager dans la bonne route, après avoir reçu l’ordre de son maître. Au v.23, on le voit poser la question principale toujours selon l’ordre d’Abraham.

Dans ce chapitre on voit souvent la main de l’Eternel: c’est Lui qui agit. Regardons ce que le Seigneur fait et non pas ce que nous disons ou faisons. En 1 Thess. 2. 17 et 18, Paul avait un désir compréhensible et bon pour l’édification mutuelle mais Satan l’en a empêché par deux fois. Il faut la communion avec le Seigneur pour discerner ce qu’il en est dans les circonstances.

Les anneaux d’or, les bracelets étaient des preuves d’attachement, en usage en ce temps là. En Exode 32 v. 3 et 4, ces choses ont été en piège car elles ont servi à faire le veau de fonte. D’autre part elles mettent l’apparence en évidence pour attirer. (Ésaïe 3. 16 à 23). Ce qui a de l’importance, c’est l’homme caché du cœur (1 Pierre 3.3-4). La première chose que voit Laban ce sont les objets d’or — et on verra les fruits de la convoitise dans la suite de sa vie.

Au v.25, la Parole nous engage à l’hospitalité. Au v.27, Dieu a usé de grâce et de vérité envers Abraham car Il a répondu à sa foi par sa fidélité et l’a conduit droit au but. Au v. 27, le serviteur s’efface derrière son seigneur. C’est beau de voir son humilité et son grand respect pour Abraham. Au v.35, il rend témoignage à son seigneur. Cherchons de même à mettre en valeur la gloire du Seigneur. Amenons les âmes à Christ, comme Jean le Baptiseur qui, voyant le Seigneur, a pu dire «Voilà l’Agneau de Dieu» et alors ses deux disciples suivirent Jésus.

 

  • Genèse 24. 28 à 49

Rébecca court à la maison de sa mère. Il est peu parlé de son père, Bethuel. C’est son frère Laban qui prend l’affaire en main. Il est attiré par l’anneau et les bracelets (v.30). Il y a de la convoitise dans son cœur. Toute sa conduite le démontrera, en particulier avec Jacob.

V. 31. «Entre béni de l’Eternel». Pourtant Laban ne connaissait pas cet étranger. C’était une parole flatteuse. Laban voulait à tout prix que l’homme vienne chez lui et par ses paroles il affirme à tort avoir préparé sa maison. En tout cas ce sera une bénédiction pour Rebecca de partir et de vivre désormais dans un milieu où il y a la crainte de Dieu. Veillons à ne pas prendre le nom de Dieu en vain.

V. 28 et 29. Rebecca s’est déjà hâtée, maintenant elle court raconter à sa mère ce qui se passe. Son but est bon, celui de Laban ne l’est pas: ne nous trompons pas de course! Laban est un professant sans vie. Il a seulement le nom de Dieu sur ses lèvres (v. 50). Matt. 7. 21 nous met en garde: Laban ressemble sans doute à ceux qui disent: «Seigneur, Seigneur…». 2 Tim. 3. 5 parle de «ceux qui ont la forme de la piété». Laban est marqué par la convoitise des yeux. L’Église, comme Rebecca, sort du monde pour aller à la rencontre de l’époux.

L’hospitalité n’est pas un vain mot dans cette maison: le serviteur d’Abraham reçoit de l’eau pour ses pieds, ses gens sont bien traités, ses animaux reçoivent du fourrage. Maintenant le moment est venu de prendre le repas (v. 33). Mais le caractère de ce serviteur se montre: il ne cherche pas d’abord ses aises. Il a un message à délivrer (v. 33) et il ne prendra pas de repos avant de faire part du but de son voyage. En Jean 4. 30-32, 34, les motifs du Seigneur échappent à ses disciples. Sa priorité était d’être aux affaires de son Père. En Marc 6. 31, le soleil était déjà couché, on lui apporte des malades et Il n’a pas le temps de prendre sa nourriture. Il est venu servir avant tout son Père et répondre à la misère de sa créature. On voit son amour: il se préoccupe des foules et pense à les nourrir (v. 36).

Ce serviteur nous rappelle un peu le Seigneur et leur exemple doit nous parler. Discernons la volonté de Dieu et soyons diligents pour être à son service. Sommes-nous prompts à agir quand nous avons saisi les directions de Dieu? L’apôtre Paul a été très diligent pour servir et accomplir la volonté du Seigneur (Gal. 1. 16).

Laban déclare: «Parle». Le serviteur décrit avec beaucoup de détails tout ce qui concerne Abraham (v. 34 et suivants). Tous les biens terrestres étaient des signes de bénédiction dans l’Ancien Testament.

V. 36 à la fin. Toutes choses ont été données au Fils par le Père (Jean 3. 35 et 16:15). Qu’est-ce qui a attiré Rebecca pour suivre le serviteur? Surtout la manière dont le serviteur parle de son maître et du fils de son maître. Être occupés de notre Dieu et du Seigneur nous détachera des joies passagères de ce monde.

C’est le travail du Saint Esprit dans nos cœurs de nous occuper du Père et du Fils (Jean 15. 26, 16. 13, 14). Dans la chrétienté, on parle beaucoup de témoignage, d’expérience personnelle, mais ce qui est important c’est d’être occupés du Seigneur et du Père. Dans les réunions d’édification, on doit présenter le Seigneur avant tout en lisant la Parole. C’est ce que fait ici le serviteur (v. 37 à 41). Le cœur du père est tout occupé du fils unique bien-aimé et en même temps on voit que le cœur d’Abraham était rempli de foi (v.40).

On voit la certitude de la foi: «l’Eternel devant qui je marche». C’est ce que l’Eternel lui avait dit au commencement: «Marche devant ma face, et sois parfait» (ch. 17 v. 1). Énoch et Noé ont aussi marché avec Dieu. Nous sommes invités à marcher constamment avec le Seigneur. Abraham a marché avec Dieu, son serviteur aussi (v. 27 et 48: «l’Eternel m’a conduit»).

Le serviteur cherche à s’effacer et il met Abraham en évidence. Il raconte comment son maître a demandé le secours d’En Haut et quelle a été la réponse de Dieu. Souvent nous manquons de foi. Le serviteur savait que sa prière était selon Dieu  (1 Jean 5. 14). Tout s’est déroulé comme il l’avait demandé à Dieu. Au début de ce chapitre, le serviteur avait fait part de ses inquiétudes (v. 5 et 6) mais ne juge pas utile de rappeler ce qu’avait dit Abraham au sujet d’Isaac.

Rebecca n’a pas su tirer tout le profit pour sa vie d’être venue vivre dans un lieu où l’Eternel était craint et servi. C’est elle qui renvoie Jacob dans le pays qu’elle avait quitté.

 

  • Genèse 24. 50 à 61

Les versets 32 à 49 rendent compte du témoignage du serviteur dont les résultats se voient dans l’attitude de Rebecca (v. 50 et suivants), qui est attirée vers Isaac qui deviendra son époux, et dont le serviteur a parlé. Même Bethuel  et Laban, quelles que soient leur relations habituelles avec l’Eternel, ont été influencés par ce témoignage clair du serviteur. Bethuel et Laban son fils, sont d’accord pour reconnaître que «la chose procède de l’Eternel» (v. 50). La demande du v. 49 trouve sa réponse claire: «Prends-la et t’en va; et qu’elle soit la femme du fils de ton seigneur, comme l’Eternel l’a dit» (v. 51). Même «le cœur d’un roi, dans la main de l’Eternel, est comme des ruisseaux d’eau; Il l’incline à tout ce qui lui plaît» (Prov. 21. 1). Bien qu’ici, Laban et Bethuel parlent de l ‘Eternel, il semble que se soit superficiel, car au ch. 31 v. 30, 34, Laban réclame ses «dieux» que Rachel, sa fille, avait dérobés à l’insu de Jacob. L’ennemi s’acharne à retarder notre avancement spirituel, mais Dieu a toujours le dernier mot. Si, parfois, la réponse divine se fait attendre, ne perdons pas courage et prions. Si Dieu voit cette attente fervente dans nos cœurs, Il y répondra en son temps. Recherchons «la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite» (Rom. 12. 2).

On a vu le serviteur en prière, demandant le secours de Dieu (v. 12-14); on l’a vu se prosterner et rendre grâce parce que dieu avait fait prospérer son voyage (v. 26, 27); ici, il rend grâce et se prosterne après l'accord de Laban et Bethuel (v. 52). Prions et rendons grâce. Devant la réponse favorable de Laban et Bethuel, le serviteur «se prosterne devant l’Eternel», conscient que c’est Lui qui a incliné le cœur des deux hommes. Savons-nous voir l’intervention de Dieu dans les réponses que nous recevons à nos prières?

Bien qu’on voit dans le serviteur, le type de la fidélité dans le service, il est aussi une image du Saint Esprit venu sur la terre pour chercher et former l’Église, future épouse de Christ, et la conduire à travers le désert de ce monde jusqu’au moment de la rencontre. Et, durant ce «voyage», il nous apprend à connaître notre Seigneur et à l’aimer (1 Pier. 1. 8), et à nous réjouir «d’une joie ineffable et glorieuse», car c’est à travers ce qu’il nous en dit que le Seigneur nous est révélé (Jean 16. 12-14); et le seigneur nous déclare «bienheureux» (Jean 20. 29); de même que le serviteur a dû parler d’Isaac à Rebecca. Au v. 53, le serviteur «sortit des objets d’argent et des objets d’or, et des vêtements, et les donna à Rebecca», tandis qu’elle est encore dans son pays idolâtre: pour nous, c’est déjà dans ce monde-ci que le Saint Esprit nous donne toutes les bénédictions se rattachant à Christ et nous en jouissons par la foi. Le Saint Esprit est «les arrhes de notre héritage» (Eph. 1. 14).

Rebecca prouve sa foi dans sa décision: «J’irai». Dès lors, le serviteur a hâte de revenir vers son seigneur, avec Rebecca (v. 55, 56), qui seule compte, à ses yeux (v. 61 fin). Le Saint Esprit a hâte de remonter au ciel avec l’Église (Apoc. 22. 17). Que notre comportement n’attriste pas le Saint Esprit, en retardant son action. Nous devons «hâter… le jour de Dieu» (2 Pi. 3. 12). «Écoute, fille! et vois, et incline ton oreille; et oublie ton peuple et la maison de ton père; et le roi désirera ta beauté, car il est ton seigneur: adore-le» (Ps. 45. 10, 11). Le Seigneur a-t-il la première place dans nos cœurs? Ce que l’on voit et entend dans ce monde peut nous retenir (Ecc. 1. 8). Ce monde offre des choses agréables, mais il y a aussi «les tanières des lions et les montagnes des léopards» (Cant. 4. 8). Faisons comme Paul (Gal. 1. 15-17; Phil. 3. 13, 14). C’est après que sa famille l’ait bénie, que Rebecca se lève et part. Cette bénédiction prophétique nous projette au temps du millénium où, par la puissance du Seigneur, Israël «possèdera la porte de ses ennemis». Balaam bénira le peuple malgré lui (Nom. 23 & 24). Le Saint Esprit, le Consolateur, rend témoignage de Christ en nous (Jean 15. 26). Sachant quel est le but du  «voyage», de l’Épouse (l’Eglise), avons-nous hâte de rencontrer l’Époux que Dieu lui destine?

 

  • Genèse 24. 62 à 67; 25. 1 à 6

Le long voyage pour Rebecca et le serviteur s’achève. Rebecca a sûrement hâte de voir l’époux que Dieu lui destine, et Isaac vient à sa rencontre. De même l’Église touche à la fin de son pèlerinage sur la terre, et le Seigneur viendra la chercher. Le Saint Esprit nous parle, dans le chemin, des gloires du Seigneur, renouvelant et fortifiant nos affections pour Lui, afin de nous faire désirer le voir et être avec Lui.

Isaac vient du «puits du vivant qui se révèle»: C’est comme s’il venait de la présence de Dieu pour chercher son épouse. Cette rencontre a lieu «à l’approche du soir» (v. 63). De même, le Seigneur enlèvera son Assemblée alors que la lumière morale sera très faible, assimilant ce moment au soir du monde incrédule, alors que ce sera le matin sans nuages pour les croyants. Ces pensées touchent-elles nos cœurs?

Isaac méditant «à l’approche du soir» est un exemple pour nous: le soir du monde est proche: est-ce que nous méditons sur ce que nous lisons dans la Parole? Le puits de Lakaï-roï est une source rafraîchissante auprès de laquelle il habitait (v. 62; ch. 25 v. 11). La Parole est, pour nous, l’eau rafraîchissante: lisons-la fidèlement (Ps. 119. 97-99). Isaac «leva ses yeux, et regarda, et voici des chameaux qui venaient». Cette caravane importante (dix chameaux — v. 10), est la première chose que voit Isaac. Il semble qu’il ne distingue Rebecca que lorsqu’elle descend de sa monture et qu’elle a pris son voile. Dans le grand train de l’Église cheminant sur la terre, il faut l’œil du Seigneur pour discerner ceux qui lui appartiennent réellement, formant la vraie Église qui sera son Épouse. Le voile dont Rebecca se couvre parle de soumission (1 Cor. 11. 10; 15). Il montre également que, désormais, Rebecca réserve sa beauté pour Isaac. Le Seigneur est seul à voir la beauté de son Assemblée (Eph. 5. 27). Dans le millénium, le Seigneur verra aussi la beauté d’Israël selon son cœur (Cant. 4. 1-3). Comme le serviteur instruit Rebecca jusqu’au moment de la rencontre avec Isaac (v. 65), le Saint Esprit nous parlera de Christ, étoile du matin levée dans nos cœurs, jusqu’au moment de l’enlèvement de l’Église. A la question de Rebecca, le serviteur répond: «c’est MON seigneur». Jusque là, son seigneur, c’était Abraham. Mais, maintenant qu’il a amené Rebecca à Isaac, il a conscience que, désormais, Abraham, le dépositaire des promesses de Dieu, doit s’effacer devant Isaac, l’héritier des promesses. Maintenant, le serviteur reconnaît en Isaac, «son» seigneur. D’ailleurs, Abraham avait tout donné à Isaac (v. 36; ch. 25 v. 5), comme Dieu a tout donné à son Fils (Matt. 11. 27; Jean 3. 35). Il est «l’héritier de toutes choses» (Héb. 1. 1, 2).

Abraham, contre la pensée de Dieu, prit une autre femme et des concubines et en eut des enfants qu’il éloigna d’Isaac, en leur faisant des dons: ils représentent peut-être les nations qui seront bénies durant le millénium.

Isaac et Rebecca forment un couple qui est un modèle pour les couples chrétiens: Isaac aime Rebecca, et Rebecca, en se voilant, montre la soumission à son époux (Eph. 5. 22, 23, 25). La mort de Sara (type d'Israël), laisse la place à Rebecca qui représente l’Église dans laquelle Christ se consolera en l’épousant. Dans le couple d’Isaac et de Rebecca, il y a place pour la prière (ch. 25 v. 21); et Rebecca «alla consulter l’Eternel» (v. 22). Isaac pria durant 20 ans (comp. v. 20 & 26). Prions, nous aussi sans nous lasser. Cependant, par la suite, Isaac et Rebecca eurent, vis à vis de leurs enfants, un comportement à proscrire absolument (v. 27, 28).

 

  • Genèse 25. 7 à 22

Abraham chemina cent ans avec Dieu, entre son appel (Gen. 12. 4), et sa mort (ch. 25 v. 8). Pèlerin et adorateur dans la terre de la promesse, il n’y possédait que sa tente et son autel. Sa vie a été une vie croissante avec Dieu, malgré quelques défaillances; il est un exemple pour nous: pèlerins comme lui, emparons-nous par la foi des promesses se rattachant à notre vraie patrie, le ciel. Héb. 11. 8-10, 13-16 résume sa vie de foi. Abraham était le dépositaire des promesses de Dieu, concernant sa descendance. Mais, la vraie «semence» d’Abraham, c’est Christ en qui se réaliseront la plénitude des pensées divines, en bénédiction pour son peuple et pour les nations, durant le règne du Seigneur. L’histoire d’Abraham commence au ch. 11 v. 27, et se termine au ch. 25 v. 10. Formé par Dieu, sa foi lui a donné la force de réaliser les desseins divins; et Dieu l’avait béni (ch. 24 v. 1). L’histoire d’Isaac commence ici, et se poursuit jusqu’au ch. 35 où ses deux fils l’enterrent comme Abraham a été enterré par Isaac et Ismaël. Avant la lettre de la loi, la piété filiale agissait: «Honore ton père et ta mère» (Ex. 20. 12). Mais ce commandement se répète pour les chrétiens: en Eph. 6. 1, 2, il est commandé aux jeunes enfants: «Enfants, obéissez à vos parents». Puis: «Honore ton père et ta mère»; ce v. 2 s’adresse à nous tous, quel que soit notre âge, en rapport ave nos parents tant qu’ils vivent: nous devons leur faire honneur en les assistant et en ayant soin d’eux, mais aussi, en vivant soi-même pieusement selon les enseignements qu’ils nous ont inculqués.

La mort d’un croyant nous rappelle que la vie est courte: «… votre vie n’est qu’une vapeur paraissant et disparaissant…» (Jac. 4. 14); et David a conscience que Dieu lui a donné «des jours comme la largeur d'une main» (Ps. 39. 5); et le chagrin ne manque pas, mais aussi la consolation! (24. 67). De suite après l’épreuve de la mort d’Abraham, Dieu bénit Isaac (v. 11). A travers les épreuves Dieu veut nous bénir.

Mourir «en bonne vieillesse» (v. 8), rappelle une longue vie de foi et de fidélité avec Dieu. Une telle vieillesse goûte la paix d’une longue communion avec le Seigneur. Être «rassasié de jours» évoque ce moment de la vieillesse du croyant qui, les yeux fixés sur le Seigneur, n’aspire plus aux choses de la terre, mais aux choses d’en haut. On ne lit rien de tel pour Ismaël, l’homme profane: «il expira et mourut…» (v. 17).

Il y a opposition entre Isaac, le «béni de l’Eternel» qui vit paisiblement avec son Dieu, près du puits de Lakaï-Roï  (v. 11), et Ismaël incrédule qui «s’établit à la vue de tous ses frères» (v. 18 fin): C’est là qu’il mourut (ou tomba). Il voulait être vu et a vécu opposé à tous… (ch. 16 v. 12). Bien que fils d’Abraham, ses descendants ne font pas partie d’Israël. Plus tard, Ésaü, frère de Jacob (ch. 25 v. 24-26), prendra pour femme une ismaélite (ch. 28. 6-9), et ses descendants seront ennemis d’Israël (Ps. 83. 2-9). Dans l’A.T. comme dans le Nouveau, on n’entre dans la vie éternelle que par la foi.

Isaac pria pour sa femme stérile durant vingt ans (comp. Les v. 20 & 26); et Rebecca consulta l’Eternel. La piété familiale était exercée et Dieu exauça leurs prières (Jac. 5. 16). Il y a un contraste avec le comportement de Jacob et Rachel (ch. 30 v. 1, 2). Les époux doivent partager les exercices familiaux (1 Pi. 3. 7). Dieu se laisse souvent fléchir par la prière de la foi (1 Chr. 5. 10, 20); mais il faut discerner sa volonté. Nous sommes invités à présenter nos «requêtes  avec des supplications et des actions de grâces» (Phil. 4. 6). C’est dans les épreuves vécues avec le Seigneur que la foi pratique se fortifie et que Dieu nous forme. Alors, on apprend à ne pas douter et nos prières s’expriment avec foi, «ne doutant nullement» (Jac. 1. 5-8). Après un long exercice avec des prières instantes, lorsque le Seigneur nous exauce, il en résulte de la bénédiction pour le croyant éprouvé. Le Seigneur Lui-même nous encourage à ne pas douter (Matt. 17. 20).

 

  • Genèse 25. 23 à 28

L’élection de la grâce de Dieu repose sur sa souveraineté (Rom. 9. 9-25). Jacob et Ésaü sont l’objet d’une élection gouvernementale de la part de Dieu, c'est-à-dire pour le temps de la terre: «Le plus grand sera asservi au plus petit» (v. 23). C’est par son mépris de son droit d’aînesse qu'Ésaü s’attire cette «haine» de Dieu: «J’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü» (Mal. 1. 3), parole qu’il a d’ailleurs déclarée 14 siècles plus tard, manifestant qu’il ne s’agissait pas de prédestination. Cependant, Dieu n’a jamais «prédestiné» un homme arbitrairement, à être sauvé ou perdu; mais Dieu «préconnaît» ceux qui se laisseront attirer à la grâce et ceux qui s’y refuseront. «… toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos. Car ceux qu’Il a préconnus,  il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés» (Rom. 8. 29, 30). Dieu ne prépare personne pour la destruction; ce sont les hommes incrédules qui se préparent eux-mêmes pour la colère de Dieu (Rom. 9.22). Si nous sommes élus, c’est parce que Dieu voit la foi en Christ, dans nos cœurs (Eph. 1. 3-6). Le Seigneur déclare, en Jean 6. 44: «Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire». Mais par ailleurs, Il dit: «Si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même» (Jean 12. 32). Il y a donc le travail du Père et du Fils pour sauver les hommes. Mais chacun est responsable de se laisser façonner par la main divine.

Contrairement à son frère qui lui vend son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, Jacob est attaché de cœur aux promesses divines se rattachant à ce droit. Seulement, au lieu de laisser Dieu conduire les circonstances jusqu’à ce qu’Il le bénisse Lui-même, il s’en empare par ses propres machinations. Au lieu de les recevoir de Dieu, il les «achète» de la main de son frère! Jacob est un homme simple, tranquille, «habitant les tentes» (v. 27). Ésaü, au contraire, est un homme des champs; un chasseur habile. Sa passion pour la chasse devient un piège pour son père, qui, à la fin de sa vie, se détourne des bénédictions d’en haut dont il est l’héritier, pour s’attacher aux plaisirs de la terre: «Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande» (v. 28). Il désirera bénir ce fils parce qu’il lui apporte du gibier (ch. 27)!… «Prenez garde… de peur que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise» (Luc 21. 34).

Jacob s’occupe habituellement des travaux domestiques: On le voit «cuire un potage» (v. 29); un mets tout à fait ordinaire, probablement dans la compagnie de sa mère qui s’est attachée à lui: «Rebecca aimait Jacob» (v. 28 fin). Le désordre s’est installé dans ce foyer qui avait pourtant commencé dans l’harmonie. Rebecca aura une influence néfaste sur Jacob, ce qui provoquera bien des douleurs par la suite. Quelles que soient les différences caractérisant nos enfants, nous devons les aimer de la même manière.

La chasse peut être utile pour se procurer de la nourriture, s’il n’y a pas d’autres ressources, mais, tuer des animaux pour son plaisir est réprouvé de Dieu.

Jacob fut berger: le berger rassemble ses troupeaux. Le chasseur les disperse. L’assemblée a besoin de bergers et non de chasseurs. Malgré sa vie jalonnée de chutes, se laissant conduire par sa propre volonté, Jacob a, de la part de Dieu, une position heureuse, car il est nommé avec Abraham et Isaac, comme «héritier de la même promesse» (Héb. 11. 9).

 

  • Genèse 25. 29 à 34; 26. 1 à 5

En Héb. 12 v. 16, Ésaü est reconnu comme étant profane; il est attaché aux choses de la terre et méprise les bénédictions se rattachant au droit d’aînesse (v. 34) qui est un don de Dieu. Et c’est Dieu qu’il méprise! On comprend pourquoi, longtemps après ces faits, l’Eternel déclare: «J’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü» (Mal. 1. 3). Jacob est, en revanche, attaché à ces bénédictions desquelles, sans aucun doute, sa mère l’a entretenu, tandis qu’il restait dans les tentes en sa compagnie (v. 27): Dieu l’avait annoncé à Rebecca: «le plus grand sera asservi au plus petit» (v. 23).

Cette scène nous avertit de ne pas nous attacher aux biens terrestres, mais à élever nos cœurs vers les bénédictions célestes promises. Ésaü n’a pas la vie ni aucune espérance: «Voici, je m’en vais mourir; et de quoi me sert le droit d’aînesse?» (v. 32). «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons» (1 Cor. 15. 32). Jacob est le type d’un croyant ayant une espérance. Dieu nous a acquis comme de bien-aimés enfants ayant des promesses et des bénédictions célestes: marchons par la foi et non par la vue des choses matérielles (2 Cor. 5. 7), et gardons précieusement les enseignements de la Parole, trop souvent remis en question par des «enseignements nouveaux».

Homme des champs (v. 27), Ésaü était «las» en en revenant (v. 29). Les activités terrestres n’apportent que la lassitude. Ésaü se nourrit sans distinction, de gibier, nourriture sauvage, et de potage de lentilles. Prenons garde à nos lectures: il en est de bonnes qui fortifient le croyant, et d’autres qui sont un poison…

«Jacob habitait les tentes»: cela suggère la pensée de proximité, de communion avec Dieu (Ps. 27. 4), dans laquelle il a appris à apprécier les promesses divines. Ésaü, en revanche, agit avec légèreté: «Il mangea et but, et se leva, et s’en alla» (v. 34), ne se rendant pas compte de la gravité de son acte. Plus tard, il voudra en vain une bénédiction (ch. 27 v. 38). Comme Ésaü, le peuple juif méprisera «le pays désirable» (Ps. 106. 24), et la venue du Messie (Matt. 22. 2-6).

Jacob «achète» le droit d’aînesse avec un plat de lentilles, au lieu de laisser Dieu conduire les circonstances pour le lui donner avec ses moyens à Lui. Il avait des dispositions d’esprit propres à marchander, même avec Dieu (Genèse 28. 20, 21). Ne cherchons pas à nous emparer de ce que Dieu nous donnera bien mieux, si nous le laissons faire. Confions-nous en Dieu avec foi afin de ne pas chanceler (Ps. 125. 1). Aujourd’hui, on peut «mépriser un si grand salut» (Héb. 2. 3); les conséquences en sont terribles!

Le ch. 26 parle d’Isaac commettant la même faute que son père (Gen. 12. 9, 10). Dieu empêche Isaac de descendre en Égypte, et réitère sa promesse d’être avec lui et de le bénir (ch. 22 v. 15-18). Dieu ne renonce jamais à ses promesses. Mais Isaac se réfugie à Guérar, chez les Philistins, parce qu’il y a une famine en Canaan. La famine n’aurait pas dû lui faire fuir le pays. S’il y a peu de nourriture dans un rassemblement, restons-y et prions. Quitter un rassemblement doit être le fruit d’un profond exercice.

Souvenons-nous des promesses de Dieu pour le temps présent et pour l’avenir au ciel.

 

  • Genèse 26. 6 à 22

L’obéissance d’Abraham et sa foi assurent les bénédictions pour Isaac (v. 2-5). La piété des parents assure souvent la bénédiction aux enfants en leur montrant le chemin de l’obéissance et de la foi. Mais ils ont, à leur tour, leur responsabilité, tandis que Dieu agit en grâce. En Deut. 7. 7, Dieu livre sa raison d’avoir choisi Israël pour Lui: il était le plus petit des peuples. Cela aurait dû les conduire à l’humilité. Aux ch. 12 et 20, Abraham avait menti au sujet de sa femme. Isaac répète la même faute à Guérar. Peut être les mœurs de ces peuples laissaient-ils quelques craintes à Isaac comme à son père. Néanmoins, ils auraient dû s’appuyer sur les promesses divines pour être rassurés quant à leur sort. Dans les circonstances difficiles, souvenons-nous de la promesse du Seigneur: «Je suis avec vous tous les jours…» (Matt. 28. 20). Dieu est apparu à Isaac dès qu’il fut revenu là où Dieu le voulait: à Beër-Shéba, loin des Philistins, et il lui dit: «Ne crains pas» (v. 24). «Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance» (1 Jean 3. 18-21). Si Dieu nous parle des manquements de ces hommes de foi, c’est pour nous avertir des dangers qui nous guettent dans un monde dont les pensées sont étrangères à la pensée de Dieu. Les filles de Lot vivaient selon les coutumes du monde où elles avaient vécu. Cependant, chaque génération doit faire ses expériences avec le Seigneur.

Jusqu’au v. 22, Isaac est en butte aux difficultés dues à sa fausse position. Il est matériellement béni au v. 12, Mais les bénédictions qu’il reçoit à Beër-Shéba sont d’une tout autre élévation: il est béni lui-même avec sa descendance, et toutes les nations plus tard bénéficieront de ses bénédictions. Dieu se sert des circonstances pour que Abimélec découvre le mensonge d’Isaac et, par ce moyen, le faire revenir au lieu où il peut lui apparaître et le bénir (v. 23, 24). «Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu» (Rom. 8. 28). Alors, Isaac dresse un autel et adore (v. 25). Bien qu’Abimélec n’était pas sur le même terrain qu’Isaac, il manifeste de la crainte et affiche une certaine moralité (v. 10). Isaac ne pouvait vivre dans ce pays sans eau. C’est au puits de Lakhaï-roï qu’il rencontre Rebecca et qu’il fait l’expérience du «Dieu qui se révèle». C’est ensuite à Beër-Shéba que Dieu lui apparaît. Il ne pouvait jouir librement des puits qu’il avait chez les Philistins, car ceux-ci les avait bouchés avec de la terre; ce qui nous fait penser au monde qui cherche par, des choses terrestres, à nous empêcher de trouver les eaux rafraichissantes de la Parole. Les Philistins sont l’image du monde religieux mais étranger pour Dieu, et qui s’efforce de nous empêcher de jouir de la Parole qui, seule est la vérité. Isaac les recreuse et les nomme selon les noms qu’Abraham leur avait déjà donnés. Il n’y a rien de changé pour nous, dans la Parole: elle est LA vérité pour toutes les générations (Jér. 6. 16; 31. 21). Nos prédécesseurs ont recreusé les «puits» de la Parole. Lisons la Parole avec sérieux afin d’en nourrir nos âmes solidement et de jouir de ses richesses. A Réhoboth, le puits qu’Isaac avait creusé loin des Philistins, ne lui fut pas contesté (v. 22). Il a pu en jouir en toute paix. Éloignons-nous de ceux qui frelatent la Parole et, «au large» des ennemis de la vérité, nous serons en paix et bénis.

 

  • Genèse 26. 23 à 31

Ayant quitté Guérar, Isaac demeura quelques temps aux abords de la ville; là, il eut beaucoup de difficultés avec les philistins qui contestaient avec lui, au sujet des puits qu’il recreusait. Ce n’est qu’en revenant à Beër-Shéba que Dieu peut lui apparaître et le bénir. Il lui renouvelle les promesses déjà faites à Abraham (ch. 22 v. 16, 17). Dieu «n’est pas un homme pour mentir, ni un fils d’homme pour se repentir». Ses promesses sont sans repentir (ch. 17 v. 1-7, 9). Isaac était le fils de la promesse; mais son rappel exigeait qu’il revienne au pays de la bénédiction. Sans retard, Dieu lui apparaît «cette nuit-là», dès son retour à Beër-Shéba. Pour nous non plus, les promesses nous concernant ne sauraient être abrogées; mais il faut nous maintenir sur un terrain d’obéissance et de dépendance. Ces promesses reposent tout entières sur l’œuvre du Seigneur à la croix. Avoir des parents croyants est une bénédiction pour les enfants, à condition qu’ils s’engagent eux-mêmes dans le chemin de la foi. Timothée avait été amené à la même foi que sa grand-mère et sa mère (2 Tim. 1. 5). C’est de nuit, que l’Eternel apparaît à Isaac; dans les moments tranquilles, Dieu peut nous parler par sa Parole et son Esprit: «Durant les nuits, même mes reins m’enseignent» (Ps. 16. 7). Le Seigneur a passé toute une nuit en prière, avant de choisir ses disciples (Luc 6. 12). A Guérar, Isaac ne se sentait pas en sécurité (v. 9). Mais à Beër-Shéba, Dieu lui dit: «Ne crains pas, car je suis avec toi» (v. 24). Si nous nous éloignons du Seigneur, nous sommes en danger, car l’ennemi rode avec sa méchanceté. C’est aussi à Beër-Shéba qu’il devient un adorateur en bâtissant un autel où il invoque l’Eternel (v. 25). On ne peut être des adorateurs que dans la communion avec Dieu. Dans l’Assemblée, les sœurs, bien que devant rester silencieuses, adorent dans leurs cœurs. L’adoration qui monte vers Dieu doit être l’expression de l’adoration de tous ceux qui sont là. Dès lors qu’Isaac est revenu au lieu de la bénédiction, tout change pour lui, car il est de nouveau où Dieu le veut. Avant de demander à Dieu de nous bénir, il faut qu’Il lise dans nos cœurs le désir d’obéir à Sa Parole. Les patriarches se caractérisaient par leur tente et leur autel: ils étaient pèlerins et adorateurs. Partout où Abraham répondait au désir de Dieu, il pouvait bâtir un autel: l’adoration le préparait aux différentes rencontres qu’il faisait. Avant sa rencontre avec Melchisédec et ensuite, avec le roi de Sodome (ch. 14), il avait bâti un autel à Hébron (ch. 13 v. 18).

Abimélec lui dit: «Tu es… le béni de l’Eternel» (v. 29)… Prenons garde aux flatteries du monde qui ne peuvent qu’exciter notre orgueil. Si Isaac est «le béni de l’Eternel», il fallait qu’il prenne conscience — comme nous-mêmes — que c’était pure grâce de la part de Dieu. Cependant, Isaac présentait un caractère selon Dieu: la douceur de celui «qui n’insiste pas sur ses droits» (Phil. 4. 5 note). Abraham, avec la force et la dignité d’un patriarche, avait repris Abimélec au sujet d’un puits (ch. 21 v. 25).

Au v. 22, Isaac voit que Dieu lui a donné «de l’espace»: c’est le chemin de la bénédiction, lorsqu’on met de l’espace (moral), entre le monde et nous. Cependant, il convient «autant que cela dépend de nous, de vivre en paix avec tous les hommes» (Rom. 12. 18). On peut trouver une différence entre ce qu’Abimélec réclame d’Abraham, qu’il «n’agira pas faussement avec lui» (ch . 21 v. 23), et ce qu’il demande à Isaac dont il craint la puissance (v. 16): qu’il ne «lui fera pas de mal» (v. 28, 29), bien que son témoignage ait été imprégné de douceur et de paix. Bien que tout n’ait pas été à la gloire de Dieu dans la vie d’Isaac, on ne voit pas de repentance chez Abimélec qui déclare n’avoir fait «que du bien» à Isaac, en oubliant toutes les misères que les Philistins lui avaient fait subir (v. 15-21). Le Seigneur ne peut toucher un cœur aussi plein de prétention! Enfin, «Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent d’avec lui en paix» (v. 31). C’est une chose heureuse qu’Isaac n’ait pas cherché à rétablir des relations qui auraient rappelé des expériences malheureuses et humiliantes.

 

  • Genèse 26. 23 à 35; 27. 1 à 5

Ayant mis de la distance entre les Philistins et lui-même, Isaac trouve de l’eau, image de la Parole appliquée à nos âmes par le Saint Esprit. Dans la communion avec Dieu, on peut jouir pleinement de la richesse qu’offre la Parole, et en être rafraîchis, lorsque nous avons résolument rompu avec le monde. Beër-Shéba se trouve à la limite de la terre de la promesse: après, c’est le désert… Prophétiquement, on peut voir, dans ce serment échangé entre Isaac et Abimélec, roi des Philistins, la vérité qu’une nation ne peut être bénie que dans la mesure où elle est «associée» à Israël, le peuple béni de Dieu. Genèse 9. 27 prophétise que Japhet, ancêtre des nations, doit «demeurer dans les tentes de Sem», ancêtre des Juifs. Dans une autre perspective, du fait de la naissance du Sauveur dans le peuple juif, «le salut vient des Juifs» (Jean 4. 22). Cependant, jusque là, Isaac garde ses distances, moralement, d’avec les Philistins: «Et Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent…» (v. 31).

Le ch. 27, nous montre le déclin de la vie spirituelle d’Isaac dans sa vieillesse. Dans sa maison, Ésaü, son fils aîné, vend son droit d’aînesse; il prend deux femmes des fils de Heth, fils de Canaan (ch. 10 v. 15, 16), maudit de Noé, en opposition avec l’attitude d’Abraham pour Isaac. Rebecca s’oppose ouvertement à ce que Jacob, son plus jeune fils, suive le même chemin (v. 46). Isaac et Rebecca ont recherché la pensée de Dieu pour Jacob; et celui-ci, ayant obéi, a malgré tout pris son mariage en main, avec toutes sortes d’arrangements humains avec Laban (ch. 29 & 30). Ésaü, homme profane, agit en opposition à Dieu. L’obéissance à Dieu, et la dépendance, sont les conditions d’un mariage chrétien heureux. Jacob n’a pas vraiment cherché la pensée de Dieu. Plus tard, Juda prend, pour lui et son fils, des femmes incrédules. Cette tendance se développe de génération en génération. Sachant bien qu’Ésaü était un homme profane (Héb. 12. 16, 17), Isaac veut bénir ce fils rejeté de Dieu, parce qu’il lui apporte du gibier qu’il aime! Il s’apprête à provoquer une terrible catastrophe vis à vis de Dieu qui réservait cette magnifique bénédiction du v. 29 à Jacob: c’était un véritable sacrilège… Du côté de Rebecca, les choses n’allaient pas mieux: bien que consciente de l’énormité qu’Isaac s’apprête à commettre, au lieu de lui parler sérieusement, elle use d’un stratagème misérable: elle est loin d’être une aide pour son mari! Il semble qu’il n’y avait plus guère de communications entre eux. Gardons une heureuse communion entre époux; et gardons-nous d’avoir des préférences en ce qui concerne nos enfants. Le début du ch. 27, précise que, devenu vieux, Isaac était aveugle physiquement; mais il l’est devenu spirituellement aussi. Jacob lui apporte même du vin, ce qui achève de l’étourdir. On voit qu’en comprenant ce qui s’est passé, il est pris «d’un tremblement très grand» (v. 33); mais trop tard! Il y avait, dans sa vie, des racines non jugées qui produisirent de mauvais fruits. Jugeons-nous soigneusement. «Purifie-moi de mes fautes cachées» (Ps. 19. 12). Comme à l’homme malade du réservoir de Siloé, le Seigneur nous dit: «Veux-tu être guéri»? Appliquons à nous-mêmes le Ps. 139 v. 23, 24. Cependant, Dieu se sert des fautes de cette famille pour accomplir ses desseins: bénir Jacob… Malgré son caractère, Jacob, ici, éprouve des scrupules à mettre en action le plan de sa mère, par crainte de passer pour un trompeur, et d’être maudit et non béni (v. 11, 12). Et la réponse de sa mère est bien triste! Elle pensera que la séparation d’avec Jacob sera «pour quelques jours» (v. 44, 45); mais elle ne le reverra pas. Quant à Isaac, il mourut longtemps après ces évènements, mais il n’est plus parlé de lui, sinon à son enterrement (ch. 35 v. 28, 29). Le mensonge était toléré chez Abraham et chez Isaac. Chez Laban, frère de Rebecca, la tromperie était courante. Rebecca et Jacob ont trompé Isaac et Ésaü. Et Jacob sera, à son tour, trompé par Laban et, plus tard, par ses propres fils au sujet de Joseph. Isaac aimait manger. Le serviteur d’Abraham ne s’était pas mis à table avant de s’être occupé des affaires de Dieu. Ne tolérons, chez nous, rien qui pourrait nous conduire à une terrible chute. «Ne soyez pas séduits; on ne se moque pas de Dieu; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6. 7).

 

  • Genèse 27. 6 à 40

Une grande différence oppose la vie d’Isaac et celle de Jacob. Tous deux sont aveugles dans leur vieillesse; cependant, ayant bien commencé jusqu’à être un type de Christ offert en sacrifice et ayant eu des chutes suivies de restaurations, Isaac décline jusqu’à agir selon ses convoitises, et n’a plus aucun discernement: Rien n’est définitivement acquis dans la vie chrétienne. Si nous nous relâchons, nous glisserons jusqu’à la chute. Il nous faut «revêtir l’armure complète de Dieu» pour résister au diable, et «après avoir tout surmonté, tenir ferme» (Eph. 6. 10-13). Au contraire, Jacob ayant très mal commencé sa vie, la finira avec un grand discernement pour bénir les fils de Joseph (ch. 48). L’importance de la communion entretenue avec Dieu est mise en évidence. Malgré un commencement déplorable, Jacob, de retour de Paddan-Aram, a eu cette heureuse rencontre avec Dieu, au torrent de Jabbok (ch. 32 v. 22-32); puis à Béthel, où il s’est séparé des idoles qu’il y avait dans sa maison (ch. 35 v. 1-5). A la fin de sa vie, il adorait «appuyé sur le bout de son bâton» (Héb. 11. 21). Isaac, lui, dans sa vieillesse est occupé à manger et à boire! Le Seigneur nous met en garde contre «la gourmandise et l’ivrognerie» (Luc 21. 34). Dieu nous a donné une place «dans les lieux célestes en Christ» (Eph. 2. 4 -6), et Il nous avertit contre nos tendances naturelles.

Dans ce ch. 27, le mensonge règne dans la maison d’Isaac et de Rebecca. Celle-ci veut que son fils préféré soit béni à la place d’Ésaü, tandis qu’Isaac, lui, veut bénir ce dernier qu’il préfère à Jacob! Dieu voulait bénir Jacob; mais Rebecca n’agit pas selon la pensée divine. De plus, Isaac veut bénir Ésaü en l’absence de Jacob; Jacob, lui, bénira Éphraïm en la présence de Manassé, son frère. Ici, pour tout scrupule, Jacob craint d’être reconnu de son père et, d’être maudit et non béni… Rebecca, elle, encourage la gourmandise d’Isaac en lui préparant «un mets savoureux comme il aime». Puis, elle affuble Jacob des dépouilles des chevreaux, pour mieux tromper la vigilance d’Isaac. Ce ch. met en scène les cinq sens de l’homme: la vue, le goût, l’ouïe, le toucher, et l’odorat (v. 1, 4, 9, 25, 27). Ses sens sont trompés, sauf l’ouïe: il reconnaît la voix de Jacob, mais… ne le reconnaît pas, à cause de ses mains «velus comme les mains d’Ésaü» (v. 23). La voix du Seigneur doit être la seule que nous écoutions pour le suivre (Jean 10). Enfin, comble de l’inconvenance, Isaac bénit Jacob qui vient de le tromper! Pourtant, Isaac montre une méfiance insistante: «Qui es-tu?» … «comment en as-tu trouvé si tôt?» … «Es-tu vraiment mon fils Esaü?» … «Approche-toi» … «Et il sentit l’odeur de ses vêtements» (v. 18-27). Et il prononce une bénédiction magnifique sur Jacob, en croyant bénir Ésaü! Cependant, revenu de son erreur, Isaac tient ferme, sachant que la bénédiction prononcée était irréversible: «Je l’ai béni: aussi il sera béni» (v. 33). Plus tard, lorsque Balaam est prié de maudire le peuple, Dieu lui dit: «… Tu ne maudiras pas le peuple car il est béni» (Nom. 22. 12). Et Balaam dit au ch. 23 v. 20: «J’ai reçu mission de bénir; il a béni et je ne le révoquerai pas». Isaac est pris «d’un tremblement très grand» (v. 33), et Ésaü «jeta un cri très grand et amer» (v. 34). Mais, s’il désira avec larmes d’être béni à son tour, il ne se repentit pas d’avoir méprisé son droit d’aînesse, et comprit trop tard ce qu’il avait perdu (Héb. 12. 16, 17). Sous le jugement de Dieu, les incrédules comprendront trop tard ce qu’ils auront perdu en rejetant le Fils de Dieu, et les «très grandes et précieuses promesses» (2 Pi. 1. 3, 4) rattachées au salut pour les croyants.

La bénédiction terrestre de Jacob, comporte un niveau matériel (v. 28), et la promesse de domination sur ses frères et sur les nations (v. 29). Et, par-dessus tout, la protection divine contre tout ennemi qui voudrait le maudire (fin du v. 29). Ésaü recevra, lui, une bénédiction purement matérielle, sans plus (v. 39, 40). «Et comme Isaac avait achevé de bénir… et que Jacob était à peine sorti… Ésaü… revint» (v. 30): Dans leurs combinaisons humaines, Dieu a tout dirigé malgré leurs fautes. Dans le livre d’Esther, Dieu déjoue les plans de destruction ourdis contre le peuple, et détruit ses ennemis.

Le Seigneur maudit les villes qui l’ont rejeté et dit: «Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi» (Matt. 11. 20-27). Tout est préparé par Dieu et rien ne le détourne.

 

  • Genèse 27. 41 à 46; 28. 1 à 9

Ésaü, ayant méprisé son droit d’aînesse, réclame une bénédiction de la part de son père avec véhémence (v. 34-40). Il voulait être béni sans avoir la moindre relation avec Dieu! Des tendances religieuses ne remplacent pas la piété des vrais croyants. Les désordres affectifs de cette famille — «Isaac aimait Ésaü… mais Rebecca aimait Jacob» (ch. 25. 28) — se traduisent par la tromperie pour que Jacob supplante son frère. Il en résulte la haine et le désir de meurtre chez Ésaü (v. 41). Des animosités, chez les croyants peuvent se transformer en sentiments haineux. Prenons-y garde en nous laissant avertir par les exhortations de 1 Jean 3. 15, et ch. 4 v. 7, 20, 21. L’amour, le support et le pardon doivent conduire nos relations fraternelles.

De nouveau, Rebecca dit à Jacob: «Écoute ma voix»… et lui conseille de partir à Charan «quelques jours…» (v. 43-45). Mais elle ne reverra plus son fils bien-aimé.

Dieu, pourtant, va se servir de ces initiatives humaines pour accomplir ses desseins, car «toutes choses le servent». Rebecca n’a pas consulté l’Eternel comme elle l’avait fait au ch. 25 v. 22. Mais elle va faire part à son mari de son «aversion» (aversion justifiée) pour les filles de Canaan et de Heth (v. 46). Sans doute est-ce une heureuse réaction de Rebecca, envers Jacob; et il est heureux que les parents chrétiens désirent marier leurs enfants dans l’Église et dans la communion. Mais Rebecca n’est pas droite devant Dieu ni devant son mari, qu’elle pousse à agir selon sa pensée à elle. Il semble, pourtant, qu’Isaac se réveille après sa faute; car, non seulement il accède à la demande de Rebecca, mais il bénit Jacob d’une bénédiction qui rappelle celles dont Dieu avait bénit Abraham (ch. 15 v. 18-21; ch. 22 v. 15-18). Et l’Eternel confirme cette bénédiction aux v. 13 et 14. «Ce que sa bouche à dit, sa main l’accomplira» dit un cantique.

C’est sous ce nom de «Dieu Tout-puissant» que Dieu s’est révélé aux patriarches (ch. 35 v. 11). A Moïse, il se révèlera comme «l’Eternel» (Ex. 6. 2). Nous, nous le connaissons comme «notre Père» (Jean 20. 17).

Rebecca et Jacob agissent selon leur propre volonté, et Jacob aura à souffrir des conséquences: durant vingt ans, il devra servir durement son beau-père. Mais Dieu, dans sa bonté le ramènera dans le pays de la promesse; et, à la fin de sa vie, il adorera «appuyé sur le bout de son bâton».

On voit une différence fondamentale entre le comportement d’Abraham qui envoie son serviteur chercher une femme pour Isaac à Charan, et lui dit «Garde-toi d’y faire retourner mon fils» (ch. 24 v. 2-6), et le comportement d’Isaac qui «fit partir Jacob à Padan-Aram» (ou Charan), pour y chercher une épouse.

Les v. 6 à 9 nous montrent qu’Ésaü cherche à plaire à son père en prenant une fille d’Ismaël: Ésaü s’appuie, pour cela, sur le fait qu’Ismaël est un descendant d’Abraham. Mais il se trompe car c’est aussi un ennemi (ch. 16 v. 11, 12). La chair religieuse est toujours la chair.

Le mariage engage les conjoints pour toute leur vie. Les croyants doivent se marier dans l’Église et avoir une réelle communion entre eux sur tous les sujets essentiels, afin que leur vie soit heureuse dans le Seigneur. Gardons-nous d’envoyer nos enfants dans le monde pour y chercher un conjoint… Ils n’y trouveraient que des douleurs. En cela comme en toutes choses, Dieu doit avoir l’initiative.

 

  • Genèse 28. 10 à 12

Jacob s’enfuit de devant la colère de son frère, la conscience chargée par le mensonge et la tromperie par laquelle il s’est emparé frauduleusement de sa bénédiction. Dans sa fuite, il est dépouillé de tout: pour dormir, «il prit des pierres et s’en fit un chevet» (v. 11). Nos péchés engendrent toujours des conséquences dont Dieu se sert pour notre discipline, afin de nous restaurer. La conscience de Jacob n’est pas encore touchée; sa vie va connaître beaucoup de vicissitudes au cours desquelles il sera maintes fois trompé, lui, le trompeur! Il est là, au plus bas, dans la nuit morale (v. 11). Lorsqu’il reviendra de Padan-Aram, vingt ans plus tard, après avoir lutté avec l’ange durant toute une nuit, un détail touchant nous est donné: «le soleil se levait sur lui, comme il passait Péniel» (ch. 32. 31). 

Dans ces circonstances difficiles et dangereuses, Dieu va se révéler à lui comme le Dieu de grâce, car Jacob doit apprendre comme nous-mêmes, qu’il n’a rien à donner à Dieu, mais tout à recevoir. Dieu ne l’abandonne pas. Au contraire, il lui apparaît et lui fait des promesses qui surpassent celles de son père (ch. 27 v. 28, 29); malgré ces certitudes, il est saisi de peur. Dans nos défaillances, Dieu ne nous abandonne jamais; mais Il peut commencer un travail dans nos cœurs quand nous sommes dépouillés de nos prétentions. On lit en Osée 12. 13: «Et Jacob s’enfuit dans la plaine de Syrie». Il quitte sa famille dans la crainte de Dieu, réalisant qu’on ne peut se tenir devant Dieu en mauvais état spirituel. Adam et Ève, déjà, ont eu peur après leur péché (ch. 3 v. 8-10). Confessons nos péchés rapidement.

L’échelle dressée est le trait d’union entre le ciel et la terre: Le Dieu de grâce va s’occuper de Jacob, le garder et le ramener, par le moyen des «anges de Dieu qui montaient et descendaient sur elle». En Jean 1. 50-52, on ne voit pas d’échelle, mais le ciel est ouvert aux yeux de Nathanaël pour lui montrer le Fils de l'homme dans le ciel. Car Nathanaël ne voyait en Jésus que «le Fils de Dieu… le roi d’Israël» sur la terre. Mais le Seigneur lui montre qu’Il est à la foi sur la terre et dans le ciel.

De retour de Padan-Aram, Jacob rencontrant des anges dit: «C’est l’armée de Dieu» (ch. 32 v. 2). Les anges sont des serviteurs de Dieu envoyés «en faveur de ceux qui vont hériter du salut» (Héb. 1. 14). Ils servaient aussi le Seigneur Jésus dans les moments solennels de sa vie: à sa naissance, au baptême au Jourdain, durant la tentation au désert, et à Gethsémané.

Jacob appelle ce lieu-là: «Béthel» (maison de Dieu). Ce n’est pas fortuit si Dieu amène Jacob à cet endroit précis: c’est là qu’Il lui apparaît, et où Il peut le bénir; et c’est là qu’il le ramènera en lui disant: «Monte à Béthel» (ch. 35 v. 1). Jacob avait dressé une stèle ointe d’huile offerte à Dieu (v. 18); et Dieu lui montrera qu’il a accepté cette offrande faite dans une piété craintive (ch. 31 v. 13). Dans toutes nos incertitudes, Dieu nous conduit à notre insu. Le Seigneur avait prié pour Pierre avant même que celui-ci le renie (Luc 22. 32).

Jacob se souviendra toute sa vie des soins d’amour de son Dieu: «Je ferai là un autel à Dieu qui m’a répondu au jour de ma détresse» (ch. 35 v. 3). Souvenons-nous aussi de toutes ses bontés pour nous et de ses promesses.

Au ch. 46 v. 2, Jacob apprend que Joseph, toujours vivant, l’appelle en Égypte; mais il attend que Dieu lui dise d’y aller sans crainte. Déjà, au ch. 31 v. 3, c’est Dieu qui lui dit de partir de Charan et de retourner «au pays de ses pères». Il a appris la dépendance de Dieu, alors que pendant longtemps, il faisait selon sa propre volonté.

Sa propre volonté l’amène, d’ailleurs, à faire un «marchandage» avec Dieu (ch. 28 v. 20-22). Il n’avait pas compris qu’il était l’objet de grandes bénédictions, ce qui aurait dû le remplir de joie et d’adoration, au lieu de la peur.

Dieu veut nous faire saisir toutes les bénédictions qu’Il s’est proposé de nous donner, sur la terre, certes; mais surtout dans le ciel. Sachons les recevoir de sa main.

 

  • Genèse 29. 1 à 20

Malgré son indigence, Jacob a eu à cœur d’oindre la stèle qu’il avait dressée. L’huile est une image du Saint Esprit, et Dieu a accepté cette offrande; au ch. 31 v. 13, il dit à Jacob: «Je suis le Dieu de Béthel où tu oignis une stèle…». Au ch. 31 v. 45, «Jacob prit une pierre et la dressa en stèle»: ces stèles rappelaient des évènements marquants de sa vie. Pourtant, durant les vingt années qui suivront, Jacob ne dressera pas d'autel et ne parlera pas à Dieu! Dieu devra longuement discipliner Jacob afin qu’il fasse des progrès décisifs.

«Et Jacob se mit en marche, et s’en alla au pays des fils de l’orient» (ch. 29 v. 1), là où Abraham avait défendu que son fils Isaac retourne (ch. 24 v. 6). Mais Dieu le dirige vers ce puits qui rappelle les difficultés d’Isaac avec les Philistins. Il ne prie pas comme avait fait le serviteur d’Abraham. Mais, c’est là qu’il rencontre Rachel. Au ch. 25 v. 27, Jacob est décrit comme un homme simple; ici, on voit qu’il connaissait le travail de berger, dans sa conversation avec les bergers de Charan (ch. 29 v. 7). Et Laban se servira de lui durant vingt ans, comme d’un esclave en le trompant plusieurs fois; et Jacob le lui reprochera amèrement (ch. 31 v. 38-42). Même ses filles le stigmatiseront comme les ayant «vendues» comme des «étrangères» au v. 15! Laban n’avait pas de relations avec Dieu. Cependant, Dieu se sert de ses tromperies pour discipliner Jacob qui avait trompé son père et son frère, en achetant son droit d’aînesse: «Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6. 7; Es. 31. 1; Juges 1. 7). Le Seigneur nous soumet aux conséquences de nos fautes envers nos semblables. Mais sa fin sera plus brillante, la discipline ayant eu son œuvre parfaite (ch. 35 v. 2, 3).

On attendait que tous les troupeaux soient rassemblés devant le puits, pour abreuver le bétail (ch. 29 v. 8). Mais Jacob, sans attendre, dès que Rachel est là avec son troupeau, prend l’initiative de l’abreuver lui-même. Plus tard, dans ses circonstances propres, Moïse fera de même pour le bétail de son beau père (Ex. 2. 15-17). Et Dieu ne pouvait qu’approuver, même si, dans ces moments là, ni Jacob ni Moïse ne parlaient de Dieu. Même fuyard, Jacob est un homme sensible: il pleure en se faisant connaître à Rachel (v. 11) qu’il aimera toute sa vie. Le v. 18 nous parle de son amour pour elle; et, les sept années qu’il servit pour Rachel, «furent à ses yeux comme peu de jours, parce qu’il l’aimait» (v. 20). Ici, Jacob est un type de Christ qui nous a aimés jusqu’à la mort de la croix. Jacob a en lui ce puissant ressort de l’amour qui le soutiendra durant toutes ces années.

Dès que Jacob se fait connaître, Rachel court l’annoncer à son père; et celui-ci accourt, se souvenant, sans doute, des richesses apportées par le serviteur d’Abraham, pour Rebecca (ch. 24), et auquel il s’était empressé de dire: «Entre, béni de l’Eternel…» (v. 31). L’attitude de Laban est tout d’abord amicale avec Jacob; mais un mois plus tard (ch. 29 v. 15), tout change dans leurs relations, et sa cupidité se fait jour. Là commence la discipline pour Jacob.

Malgré cela, la grâce divine fait de Jacob un type de Christ s’occupant de la nation juive en premier (figurée par Rachel), ayant reçu la Parole avant les nations (figurées par Léa) (Matt. 10. 1-7): Jacob abreuve le bétail de Rachel en premier (v. 10). Puis, Léa, sa sœur, lui sera donnée la première, tandis que Jacob devra travailler sept ans de plus pour épouser Rachel. Israël, incrédule quant au Christ, est mis de côté provisoirement, ne portant pas de fruits pour Dieu, tandis que, dans un premier temps, c’est l’Église chrétienne qui prend sa place, formée par beaucoup de croyants. Rachel, stérile, puis ayant un fils, est l’image d’Israël qui, à l’aube et durant le millénium, recevra Christ et le servira (ch. 30 v. 22). Christ règnera sur Israël et sur les nations (Es. 49. 5, 6). Que la Parole soit parvenue aux nations après Israël, c’est par pure grâce, à cause de l’incrédulité des Juifs. Paul et Barnabas annoncèrent la Parole, d’abord aux Juifs, mais, ceux-ci la rejetant, ils l’annoncèrent aux nations qui s’en réjouirent (Actes 13. 45-48). Jacob, proposant de travailler pour avoir Rachel, représente le Seigneur qui, vrai serviteur aimant «son maître, sa femme et ses enfants», n’a pas voulu «sortir libre» (Ex. 21. 5, 6).

 

  • Genèse 29. 21 à 35; 30. 1 à 24

A l’issue des sept premières années où Jacob a travaillé pour acquérir Rachel, Laban organise les festivités du mariage, et, en même temps, trompe Jacob, en lui donnant Léa! Si Jacob ne s’aperçoit de rien, c’est que les femmes étaient voilées et étaient amenées à leurs époux une fois la nuit tombée. Jacob, le trompeur, apprend ce que c’est que d’être soi-même trompé… «De la même mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré en retour» (Luc 6. 38). Par ce subterfuge, Laban a obligé Jacob à le servir sept ans de plus. Jacob a montré de la fidélité en ce qu’il a servi avec patience: il est une figure de Christ qui a travaillé pour acquérir Israël, mais n’a pu l’avoir à cause de l’incrédulité du peuple. Il a dû travailler pour former l’Église et, de nouveau pour Israël qu’Il obtiendra à l’aube de son règne. Pour le moment, Israël est mis de côté (Matt. 23. 38, 39; Luc 13. 35). Comparer les v. 18 et 19 avec le v. 26, montre que Laban a menti à Jacob, au sujet des coutumes du pays. Jacob se soumet sans murmure (v. 28), peut-être conscient que l’Eternel lui impose cette discipline, conséquences de ses propres fautes.

Rachel a dû lui être donnée peu de temps après Léa (un semaine, v. 28). Il n’en continua pas moins de servir Laban sept ans de plus (v. 30), temps pendant lequel les enfants sont nés (v.31-35; ch. 30 v. 1-24)

Durant toutes ces années, Dieu use de bonté envers Léa et lui donne tous ses enfants. Jacob est devenu polygame sans l’avoir voulu, car il n’aimait que Rachel, tandis qu’il haïssait Léa (v. 31). Lémec (Gen. 4. 19), est le premier polygame. Au v. 21; Jacob dit à Laban: «donne-moi ma femme». Le christianisme a supprimé la polygamie, car le mariage est une image de l’union de Christ avec l’Assemblée (Eph. 5. 31). «… Que chacun ait sa propre femme» (1Cor. 7. 2; Tite 1. 6). Tolérée dans l’A.T., la polygamie, source de jalousie, de haine et de désordre, était étrangère à la pensée de Dieu (Gen. 2. 24).

Léa semble s’être tournée vers Dieu, dans son affliction, et Il a eu pitié d’elle (v. 31-35). Seulement au ch. 30 v. 22, Rachel, à son tour, semble avoir prié Dieu, «et Dieu l’écouta et ouvrit sa matrice».

Le ch. 30 s’ouvre sur un entretien houleux entre Jacob et Rachel; on ne les voit pas apporter leur peine à Dieu, comme avaient fait Isaac et Rebecca (ch. 25 v. 21, 22). Et Rachel va user des mêmes moyens misérables dont Sara avait usés avec Abraham, en lui donnant sa servante. Durant ces quatorze ans, Jacob eut onze fils: six de Léa, deux de Bilha, deux de Zilpa et un de Rachel. Un douzième naîtra de Rachel, plus tard. Dans le compte des douze tribus d’Israël, Joseph sera remplacé par ses deux fils: Ephraïm et Manassé. Lévi, dispersé dans les autres tribus, comme tribu sacerdotale, n'aura pas d'héritage.

Dans tout ce désordre, Dieu est mis en cause au v. 2, en ce qui concerne la stérilité de Rachel. Le monde n’agit pas autrement, et le croyant doit se soumettre à la volonté de Dieu qui est bonne pour lui. Jacob, Rachel et Laban ont le même comportement, bien que Laban soit un homme du monde et Jacob un croyant… Demandons au Seigneur que nous portions ses caractères à Lui, et non ceux du monde.

Les mandragores servaient de remèdes et, peut-être de drogues aphrodisiaques; et Rachel les convoite et fait un marché affligeant avec sa sœur pour les obtenir! Et si, à la fin de cette épreuve pour Jacob et pour Rachel, Dieu ouvre enfin sa matrice (v. 22), c’est aussi pour accomplir ses desseins; et, avec la naissance de Joseph, il donne à Jacob l’héritier des promesses dont il était le dépositaire à ce moment-là. Dès la naissance de ce fils tant désiré, Jacob comprend que le moment est venu de revenir au pays de la promesse. Il servira à Charan six ans de plus, pour acquérir un troupeau à lui; mais désormais, il sait qu’il doit en partir.

Joseph est un type du Seigneur, mis à part de ses frères, mais dont la grâce passera d’Israël aux nations, comme cette «branche qui porte du fruit… et dont les rameaux poussent par-dessus la muraille» (ch. 49 v. 22).

 

  • Genèse 30. 25 à 43; 31. 1 à 16

Le v. 25 commence une autre période de la vie de Jacob. Il y a eu la période de Léa; puis celle de Rachel. Le séjour de quatorze ans à Charan aurait pu s’arrêter là. Jacob semble décidé à en partir sans salaire (v. 25, 26). Mais Laban, malgré ses bonnes intentions apparentes (v. 27, 28), semble lui tendre un piège qui excite la cupidité de Jacob. Et il le servira six ans de plus pour son bétail! Mais ce sera six ans de perdus. Jacob fait valoir ses services, signifiant ainsi, que Laban lui doit beaucoup; mais la fourberie de son beau-père est fla