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Les v. 1, 2 démontrent la fidélité de
Dieu accomplissant ses promesses, «au temps fixé», «comme Il avait dit». Le
temps fixé (ou assigné, Ps. 102. 13), désigne le moment choisi de Dieu, en
rapport avec une préparation dans nos cœurs, afin que nous acceptions ce
qu’Il veut nous donner. Notre incrédulité retarde souvent «le temps fixé».
«Et l’Eternel visita Sara…» (v. 1): c’est une visitation en grâce, pour
accomplir ses promesses. «L’Orient d’en haut nous a visités» (Luc 1. 78).
Les v. 3, 4 montrent la fidélité d’Abraham manifestée dans son obéissance:
il appelle son fils Isaac (ch. 17 v. 19), et le circoncit «comme Dieu le lui
avait commandé» (ch. 17 v. 10-14). Dieu prend peut-être occasion du rire
entaché d’incrédulité d’Abraham et de Sara (ch. 17 v. 17; ch. 18 v. 12),
pour commander d’appeler ce fils «Isaac»: rire. Mais, selon la pensée
divine, ce fils était un sujet de rire de joie pour ses parents, car il
représentait, pour eux, l’accomplissement de la promesse. Ismaël rira,
aussi, mais du rire moqueur. Et l'attitude
d'Ismaël est une figure de la vieille nature qui se manifeste à l'arrivée de
la nouvelle nature dans une âme qui se convertit; car il y a inimitié entre
les deux (Rom. 8. 7). «Mais, comme alors celui qui était né selon
la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, il en est de même
aussi maintenant» (Gal. 4. 29). Et: «Ce qui est né de la chair est chair; et
ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jean 3. 6). Nourrissons la nouvelle
nature et non l’ancienne. Sur un autre plan, l’arrivée de l’héritier
déclenche le rire jaloux de celui qui n’héritera pas des promesses divines.
Le premier fils, Ismaël, est le type de la chair; Isaac représente la
promesse. Allégoriquement, il s’agit de deux alliances: la première parle de
servitude sous la loi du mont Sina: c’est Agar, la servante; la seconde, de
liberté: Sara, la femme libre (Gal. 4. 24-26). Ces types ont un rapport, en
premier lieu, avec Israël qui est dans la «servitude» (sous la loi). Lorsque
le résidu du peuple, à l’aube du millénium, se convertira, le peuple passera
sous l’alliance de «la femme libre». D’un autre côté, la femme libre
représente, d’ores et déjà, les vrais croyants: «Or vous, frères, comme
Isaac, vous êtes enfants de promesse» (Gal. 4. 28). La réaction négative
d’Abraham qui semblait attaché à Ismaël et à Agar (v. 12), provoque
l’intervention de Dieu pour l’encourager à écouter la voix de Sara, et à les
chasser. Ismaël représente, par certain côté, l’homme religieux, sans la
vraie foi, et qui a manifesté son inimitié contre Dieu en crucifiant le
Seigneur Jésus. Cependant, parce qu'Ismaël est le fils d’Abraham, il
deviendra «une nation» (v. 13). Dieu ne renonce jamais à ses plans; et
Ismaël, contrairement à Isaac, ne faisait pas partie des plans divins, étant
un fruit de la chair: aussi, c’est Isaac, le fils de la promesse, qui était
l’héritier des promesses faites à Abraham, son père.
La foi d’Abraham et de Sara avait été
mise à rude épreuve durant de nombreuses années: Dieu veut toujours que «la
patience ait son œuvre parfaite» (Jac. 1. 4). Mais Dieu ne nous soumet pas à
des épreuves qui iraient «au-delà de ce que nous pouvons supporter» (1 Cor.
10. 13). Le fils de la promesse, Isaac, devait être le fruit de la puissance
de Dieu, agissant dans l’incapacité d’Abraham et de Sara, tous deux trop
âgés. Dieu agit merveilleusement lorsque nous reconnaissons notre
incapacité. Le ch. 22 parle d’une mise à l’épreuve «après ces choses» (v.
1), après la formation des chapitres précédents.
«En Isaac te sera appelée une semence»
(fin du v. 12), rappelle la promesse déjà faite au ch. 17 v. 19-21, et
projette la prophétie divine jusqu’au Seigneur Jésus, la vraie semence, en
qui «toutes les nations de la terre se béniront» (ch. 22 v. 18; Gal. 3. 16).
Cependant, dans sa souveraineté, Dieu a tiré une «semence» d’Abraham dans
ses descendants spirituels, c’est-à-dire dans tous ceux qui ont la foi (Rom.
9. 6-9).
Abraham était attaché à Agar et à
Ismaël (v. 12); et, d’abord troublé par la demande de Sara de les chasser,
il obéit aussitôt que Dieu l’encourage à écouter la voix de sa femme (v.
14). «Et Abraham se leva de bon matin…» (v. 14; ch. 19 v. 27; ch. 22 v. 3):
c’est l’empressement dans l’obéissance de la foi.
Dieu permet une épreuve pour Agar et Ismaël, mais Il va prendre soin d’eux,
et leur faire découvrir le puits où ils pourront s’abreuver. Dans sa
détresse, Agar prend soin de son enfant jusqu’au bout, le mettant à l’ombre
d’un arbrisseau (v. 15). Et là, Dieu va la consoler en lui rappelant sa
promesse du ch. 16 v. 12, plus précise, ici (v. 18). Ismaël devait devenir
une grande nation (v. 18). Ce sera aussi un «âne sauvage», «habitant dans le
désert», «à la vue de tous ses frères»: homme indompté ne se pliant pas à la
volonté de Dieu et s’opposant à ses semblables (ch. 16 v. 10-12; ch. 25 v.
12-18).
Au ch. 16, Agar s’enfuyait d’elle-même;
et Dieu lui dit de revenir et de s’humilier devant sa maîtresse. Mais ici,
c’est Dieu Lui-même qui la chasse. Dieu est souverain dans ses voies, mais
aussi, entre ces deux ch., Isaac, l’héritier est né, et Ismaël n’a plus sa
place dans la maison d’Abraham. «En Isaac te sera appelée une semence» (v.
12). Agar pleure, mais c’est la «voix de l’enfant» que Dieu entend (v. 16,
17). Ismaël, d’une certaine façon, est orphelin, et
Dieu est «le secours» et «le Père des orphelins»
(Ps. 10. 14; 68. 5). Il prend soin des enfants. De même, le
Seigneur a pris des enfants dans ses bras et les a bénis. Mais pour Ismaël,
Dieu a une raison supplémentaire de prendre soin de lui: il est le fils
d’Abraham. Au ch. 16 v. 13, Agar nomme Dieu «le Dieu qui te révèles» et
reconnaît qu’Il la voit. Mais ici, elle n’en dit rien, bien qu’Il renouvelle
sa promesse de faire d’Ismaël «une grande nation» (v. 18). Dieu réalise
toujours ses promesses, et cela nous encourage.
Rien n’échappe à l’œil de Dieu ni à son
oreille: il entend «la voix de l’enfant, là où il est» (v. 17). Le
Seigneur peut nous dire, souvent: «Homme de petite foi, pourquoi as-tu
douté?». Pour nous, nous ne savons pas toujours voir la main de Dieu. En 2
Rois 6. 15-18, Élisée pria Dieu pour qu’Il ouvre les yeux de son jeune
homme, et Dieu «lui ouvrit les yeux». Puis il pria pour qu’Il frappe de
cécité les Syriens, et «Il les frappa de cécité». Ici, Dieu fait voir à Agar
le puits de Beër-Sheba. «Et Dieu fut avec l’enfant» (v. 20). Il est
au-dessus de tout et conduit toutes choses.
Au ch. 20, Abraham avait menti à
Abimélec en déclarant Sara comme étant sa sœur. Et il s’était fait reprendre
sévèrement. Mais ici, l’autorité morale
d’Abraham est mise en relief: «Dieu est avec toi en tout ce que
tu fais» (v. 22), et c’est Abraham qui reprend Abimélec (v. 25). Les progrès
d’Abraham iront jusqu’au sommet du ch. 22. Cependant, il semble qu’une
certaine méfiance se manifeste en Abimélec à l’égard d’Abraham, car il se
souvient que ce dernier avait usé de dissimulation envers lui; alors, il
prend des mesures de sécurité, car Abraham habitait toujours dans le pays
des Philistins (v. 34). Abraham ne reviendra à Hébron, le lieu de la
communion, qu’au ch. 23 v. 1, à la mort de Sara.
A Beër-Shéba, Abraham et Abimélec
«jurèrent, les deux» (v. 31). Dans ce double serment reposant sur la
constatation que Dieu était avec Abraham (v. 22), l’esprit prophétique nous
projette dans le règne millénial de Christ, lorsque les nations de la terre
diront à Israël: «Nous avons ouï dire que Dieu est avec vous» (Zac. 8.
20-23). Et les nations se joindront à Israël pour rechercher l’Eternel.
Isaac, l’héritier des promesses faites
à Abraham étant né, cela donne à celui-ci une autorité d’origine divine,
dans une vie de communion avec Dieu: il prend, en figure, possession de la
terre qu’héritera sa descendance, en creusant un
puits et en plantant un tamarisc
(v. 25-33), bien que lui-même ne possédait qu’une tente et un autel. Au ch.
23, il achètera un sépulcre pour y enterrer Sara. Ce tamarisc, symbolisant
la prise de possession du pays, montre la foi d’Abraham qui se projette dans
l’avenir, lorsque ses descendants possèderont cette terre, et il invoque,
là, «le Dieu d’éternité» (v. 33). Nous-mêmes, par la foi, nous possédons
déjà les biens célestes que le Seigneur nous a préparés. Cette autorité se
retrouve en Jacob, le berger, qui peut bénir le Pharaon devant la puissance
duquel il aurait pu trembler (ch. 47 v. 7, 10): «Le moindre est béni par le
plus excellent» (Héb. 7. 7). Notre foi nous confère de la part de Dieu, une
noblesse de cœur mais elle doit se manifester dans l’humilité, et dans
l’amour pour tous les hommes: «L’homme noble se
propose des choses nobles, et il se maintiendra par des choses nobles»
(Es. 32. 8). Et: «Je me suis toujours proposé l’Eternel devant moi» (Ps. 16.
8).
Ce puits qu’Abraham avait creusé (v.
30), les serviteurs d’Abimélec s’en étaient emparés de force (v. 25); aussi,
Abraham reprend Abimélec avec autorité. Au ch. 26, cela se répètera avec
Isaac, jusqu’à ce qu’il trouve «l’espace» pour une vie de foi tranquille.
Ces puits creusés par Abraham, les Philistins les avaient bouchés avec de la
terre (26. 15). L’ennemi veut toujours nous priver, par tous les moyens, de
rafraîchir nos âmes de l’eau pure de la Parole. Il s’efforce de la remplacer
dans nos vies, par des préoccupations purement terrestres. Ne laissons pas
faire l’ennemi. Le Seigneur nous invite: «Buvez, buvez abondamment,
bien-aimés!». La Parole est représentée par l’eau qui rafraîchit et qui
purifie (Eph. 5. 25, 26). Prenons-y garde pour nous en nourrir aussi:
«Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie?
Ce sera en y prenant garde selon ta Parole» (Ps. 119. 9). Au ch.
26, Abimélec reconnaît qu’Isaac est «maintenant, le béni de l’Eternel» (v.
23-33), et contracte une alliance avec lui, préfigurant l’alliance que les
nations, durant le millénium, contracteront avec Israël.
Aux ch. 20 et 21, Dieu a préparé
Abraham. «Après ces choses…» (ch . 22 v. 1), il est prêt pour l’épreuve
suprême. Les épreuves peuvent être provoquées par Satan (Job); par les
circonstances ordinaires de la vie; ou bien par Dieu Lui-même. Cette
dernière est l’épreuve de la foi par excellence (1 Pi. 1. 6, 7), pour la
gloire et l’honneur de Dieu. La foi ne peut se manifester dans sa plénitude
que lorsque nous avons réglé nos voies devant Dieu. Pour Abraham ayant
espéré ce fils de longues années, cette épreuve a dû se traduire par un
exercice douloureux. Mais sa foi exercée lui a donné la force d’obéir sans
murmure. Notre obéissance est-elle toujours aussi prompte? Lorsque Dieu
l’interpelle, il répond: «Me voici». Il est disponible! Il prépare tout pour
offrir cet holocauste (v. 3). Sa foi vigoureuse lui faisait entrevoir que
«Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure,
il le reçut» (Héb. 11. 19). La voix de «l’Ange de l’Eternel», seule, a
arrêté sa main d’aller jusqu’au bout de sa détermination. Cette scène nous
rappelle le Père qui a donné son Fils unique, son bien-aimé. Abraham et
Isaac «allaient les deux ensemble» (v. 6. 8), manifestant ainsi la communion
entre eux dans l’épreuve (Jac. 1. 2); mais cela nous parle bien plus de la
communion parfaite entre Dieu et son fils, pour l’œuvre de la croix. Dieu
n’a jamais éprouvé Lot tenté par le monde auquel il a succombé. C'est plutôt
Sodome qui a éprouvé Lot, et il a succombé. Dieu connaissait la foi
d’Abraham, et il l’a manifestée. Dans les épreuves, ayons le Dieu des
promesses devant nous. C’est sur le mont Morija, que David a offert un
holocauste (2 Sam. 24) et que, plus tard, fut construit le temple de
Jérusalem (2 Chr. 3.1).
Plusieurs aspects se dégagent de ce
chapitre: d'abord la foi d’Abraham
qui a brillé; puis, à travers le sacrifice d’Isaac, (avec des similitudes et
des différences), on voit le sacrifice du
Seigneur. Le vrai caractère de la foi, c’est l’obéissance. Dieu
avait dit à Abraham: «Offre-le…» (v. 2); «Et Abraham se leva de bon matin…»
(v. 3). Il n'y a pas d'excitation, pas d'angoisse: sa foi reflète la paix du
cœur, et il agit tranquillement. Abraham voulait offrir son fils en la seule
présence de Dieu, sans témoins (v. 5); de même que durant les trois heures
de ténèbres, lors de la crucifixion du Seigneur, nul œil n’a vu ce qui se
passait entre Dieu et la sainte victime. Abraham et Isaac durent marcher
trois jours pour atteindre Morija, avant le sacrifice. Quant au Seigneur, Il
pouvait dire en Luc 13. 32: «Je chasse des démons et j’accomplis des
guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé». Si
Isaac ignorait ce qui l’attendait, le Seigneur connaissait de toute éternité
l’œuvre qu’il devrait accomplir (Jean 12. 27). A Gethsémané, Il a accepté la
coupe des souffrances de la main du Père; et c’est en vainqueur qu’Il est
allé à Golgotha. Le silence d’Isaac, lorsque son père le lie sur l’autel,
nous parle de l’acceptation, par Seigneur, des souffrances et de l’abandon
de son Dieu, dans son sacrifice pour le péché (Ps. 22. 1; Matt. 27. 46;
Marc. 15. 34). Mais ses relations de communion avec son Père restent
parfaites, dans son offrande volontaire à Dieu (Héb. 9. 14). Ainsi que dans
Sa détermination de faire la volonté de Dieu (Ps. 40. 6-8). Ésaïe 6. 8,
dévoile le conseil intime entre le Père et le Fils, dans l’éternité.
La fermeté de la foi d’Abraham se
manifeste au v. 5: «… nous irons… nous adorerons… nous reviendrons».
A sa foi, il ajoute la vertu (ou
l'énergie que produit la foi) (2 Pi. 1. 5). Il était assuré que Dieu
ressusciterait son fils; et il nomme ce lieu-là: «Jéhovah-Jiré» (v. 14):
l’Eternel y pourvoira; et Il y a pourvu aussitôt (v. 13), Abraham recouvrant
son fils comme ressuscité.
Isaac chargé du bois du sacrifice (v.
6), nous rappelle le Seigneur qui «sortit portant sa croix» (Jean 19. 17),
tandis que Lui et le Père «allaient les deux ensemble» pour l’œuvre de la
rédemption, comme ce qui est dit d’Abraham et Isaac (v. 6; 8). Le Seigneur
pouvait dire: «Moi et le Père nous sommes un» (Jean 10. 30), et: «… le Père
est en moi et moi en Lui» (v. 38).
Isaac pose une question à son père: «Où
est l’agneau pour l’holocauste?» (v. 7). Abraham répond avec la ferme
certitude que Dieu y pourvoira Lui-même. Mais la vraie réponse sort de la
bouche de Jean le baptiseur: «Voilà l’agneau de Dieu…», en voyant Jésus qui
passait devant lui (Jean 1. 29). La fin du v. 3 et le début du v. 9 montrent
encore l’obéissance d’Abraham: il va «au lieu que Dieu lui avait dit»; le
lieu choisi de Dieu. Le Seigneur savait quel chemin Il devrait suivre (Luc
18. 31-33). «Or il arriva, comme les jours de son assomption
s’accomplissaient, qu’il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem»
(Luc 9. 51).
A Gethsémané, son angoisse est telle
qu’Il supplie son Père de faire passer cette coupe loin de lui. Mais Il se
soumet pleinement (Marc 14. 36), sachant que Dieu ne l’épargnera pas,
lorsqu’il sera crucifié. Alors, un ange descend du ciel pour le fortifier
(Luc 22. 43). Quel mystère!
Abraham montre qu’il est prêt à aller
jusqu’au bout de l’obéissance (v. 10). Pour Dieu, qui connaissait à fond le
cœur d’Abraham, la preuve pratique est faite: «Je sais que tu crains Dieu et
que tu ne m’as pas refusé ton fils…» (v. 12). La disposition à l’obéissance
se traduit par la promptitude à répondre à Dieu: «Me voici» (v. 1; 11).
L’obéissance des siens a un grand prix pour Dieu (1 Sam. 15. 22).
Déjà au ch. 15 v. 6, Abraham avait été
justifié par sa foi. La justification du croyant comporte un côté intérieur:
il est justifié par sa foi en l’œuvre de Christ sur la croix. Et un côté
extérieur: il doit monter sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 21, 22). C'est ce
qu'a fait Abraham. Même si Dieu a arrêté sa main, à ses yeux, Abraham avait
réellement offert son fils (Héb. 11. 17). En type, c’est l’œuvre de Dieu
offrant son propre Fils: «livré par le conseil défini et par la
préconnaissance de Dieu». «… Les choses que ta main et ton conseil avaient à
l’avance déterminé devoir être faites» (Actes 2. 23; 4. 27, 28). Personne
n’a retenu la main de Dieu «qui n’a pas épargné
son propre Fils» (Rom. 8. 32). Dieu avait tout préparé à
l’avance. Durant les trois heures de ténèbres, prophétiquement, le Seigneur
avait dit: «Même quand je crie… Il ferme l’accès à ma prière» (Lam. 3. 8).
En Isaac, se résumaient toutes les
promesses faites à Abraham; et voilà qu’il lui fallait l’offrir en
holocauste! Et il le fait (Es. 53. 6; 10). Outre ce précieux type de l’A.T.
qui nous parle de l’œuvre de Christ pour notre salut, Dieu, par ce moyen, a
éprouvé la foi d’Abraham. Si Abraham n'avait pas agi sur un principe de foi
et d'obéissance, c’eût été simplement un meurtre.
Dieu n’avait en vue que le sacrifice de
son Fils sur la croix; seul sacrifice ayant une valeur pour Lui. Mais, à
l'inverse d'Isaac, le Seigneur savait, Lui, le Prince de la vie,
qu’Il serait abandonné de Dieu, et passerait par la
mort. Il était «l’agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès
avant la fondation du monde» (1 Pi. 1. 19).
Le bélier qu’Abraham n’avait pas vu
jusque là est sacrifié à la place d’Isaac. Le bélier est une figure du
dévouement de Christ pour son Dieu, de sa consécration jusqu’à la mort;
c’est le sacrifice de prospérité, de communion, entre Dieu et l’adorateur.
Mais ici, Abraham l’offre «en holocauste» (v. 13). Si le bélier était
«retenu à un buisson par les cornes», le Seigneur, Lui, s’est avancé
volontairement, portant sa croix: «Il s’est
offert lui-même» (Héb. 9. 14). C’est au moment où «l’Ange de
l’Eternel» arrête la main d’Abraham, qu’il reçoit son fils «en
résurrection». On peut penser à sa joie! Mais pour le Seigneur, si la mort a
été réelle, sa résurrection triomphante aussi. Il est ressuscité «par la
gloire du Père» (Rom. 6. 4); par sa propre puissance et par l’Esprit Saint.
Comme Abraham l’avait dit par la foi, l’Eternel a pourvu à l’agneau de
l’holocauste, pour son serviteur; mais bien plus en donnant le véritable
Agneau pour notre salut. Cela doit produire la louange dans nos cœurs.
Cette épreuve à donné à Abraham une
connaissance de Dieu, bien plus riche et profonde que celle qu’il avait
auparavant. Sa foi ne pouvait qu’en être affermie. C’est souvent le but des
épreuves que Dieu permet, pour chacun. En Es. 38. 19, Ézéchias, lors de sa
maladie et de sa guérison, apprend à mieux connaître son Dieu, et la louange
est produite. Que la louange jaillisse de nos cœurs et de nos bouches, pour
toutes les bontés dont Dieu nous enrichit.
L’obéissance d’Abraham appelle la
récompense de Dieu (v. 16). Abraham n’avait pas en vue cette récompense,
mais il a obéi par amour pour son Dieu, soutenu par sa foi. N’agissons
jamais pour être récompensés, mais pour plaire au Seigneur qui récompensera
selon sa sagesse, et à son moment; peut-être la récompense ne sera-t-elle
donnée que dans le ciel, mais elle sera pleine et entière, tout étant
manifestés au tribunal de Christ: «Quand il aura été manifesté fidèle par
l’épreuve il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui
l’aiment» (Jac. 1. 12).
Aux v. 16 et 17, Dieu intervient par un
serment, donnant ainsi la pleine certitude de la fermeté de sa promesse: «Le
serment qu’Il a juré à Abraham» (Luc 1. 68-73), et confirmé en Héb. 6.
13-20. Ce serment divin, commencé au ch. 12 v. 1, 2, se précise en se
renforçant au fur et à mesure qu’Abraham apprend à mieux connaître Dieu.
Dieu a promis que sa semence serait: «comme la poussière de la terre» (ch.
13 v. 16); «comme les étoiles» (ch. 15 v. 5); «comme le sable qui est sur le
bord de la mer» (ch. 22 v. 17). «Et Abraham crut Dieu et cela lui fut compté
à justice». Dieu promet aussi la victoire des descendants de cet homme de
foi sur ses ennemis futurs, et la bénédiction finale des nations (v. 17, 18;
ch. 24 v. 60). Déjà, au ch. 9 v. 26, 27, Japheth devait demeurer «dans les
tentes de Sem» pour être béni. Mais quant au peuple de Dieu, «Juda et Israël
étaient nombreux comme le sable qui est près de la mer, en multitude» (1
Rois 4. 20). Tous les vrais croyants forment cette semence que l’on ne peut
compter. En son temps, Salomon a partiellement réalisé la promesse divine:
durant son règne de quarante ans, ce «roi de paix» a dominé sur les nations
qui entouraient Israël, et il n’y a eu aucun ennemi déclaré (1 Roi 4. 21).
Mais cette promesse divine de domination sur les ennemis et de bénédiction
pour les nations se réalisera pleinement durant le règne millénial du
Seigneur, manifesté aux yeux de tous les hommes, dans la plénitude de sa
glorieuse puissance. La pensée de Dieu, dans ces ch. de l’A.T., c’est de
nous entretenir de la gloire de Son Fils.
Au ch. 22 v. 21-24, au travers des
douze fils de Nakor, frère d’Abraham qui n’en a eu que deux, la Parole
introduit Rebecca, type de l’Église. C’est après la résurrection, en figure
d’Isaac (type de Christ ressuscité), et la mort de Sara (figurant Israël),
que Rebecca est introduite: elle représente l'Église que Christ ressuscité
se prendra pour épouse.
Au v. 19 de Gen. 22, il n’est plus
parlé d’Isaac; mais le père et le fils «allaient les deux ensemble», et
Abraham avait dit à ses jeunes hommes: «moi et l’enfant nous irons
jusque-là, et nous adorerons; et nous reviendrons vers vous» (v. 4). Les
jeunes hommes ne pouvaient aller au-delà d’un certain point. Mais après que
l’œuvre, en figure, a été accomplie, les relations peuvent reprendre et,
Abraham leur a peut-être raconté ce qui venait de se produire. Dans l’œuvre
de la croix, ce qui s’est passé entre le Dieu saint et le Seigneur qui était
«fait péché pour nous», il y a ce qui échappe à notre entendement. Le Fils
était seul avec son Dieu, et tout était voilé aux yeux des hommes. Comment y
verrions-nous clair là où le Seigneur avait dit prophétiquement: «Il m’a
conduit et amené dans les ténèbres…» (Lam. 3. 2)?
Ce chapitre est tout entier consacré à
la mort et à l’ensevelissement de Sara. Il est important de noter que cela
se passe dans le pays de Canaan, et non chez les Philistins où Abraham avait
longtemps séjourné (ch. 21 v. 34). Canaan est le pays que Dieu a promis à
Abraham (ch. 17 v. 8). Cet homme de foi a compris que ce pays, «ruisselant
de lait et de miel», appartiendra dans l’avenir à sa descendance; mais
aussi, sa foi lui donne l’assurance de la résurrection. La résurrection du
Seigneur après sa mort, en est le garant. Trois enseignements se dégagent de
ce ch.: 1° La manière délicate, humble et pleine
de respect d’Abraham envers les fils de Heth: il se prosterne par
deux fois devant eux (v. 7; 12). Ils l’ont appelé: «prince de Dieu» (v. 6).
Bien que flatteur, ce nom n’enlève rien à l’humilité d’Abraham, et en cela,
il est un modèle pour nous. Le Seigneur lui-même n’a jamais revendiqué ses
droits. Nous règnerons avec Lui, mais cela ne nous autorise pas à afficher
une attitude supérieure vis à vis du monde. Plusieurs passages nous montrent
comment un chrétien doit se comporter (1 Thes. 4. 12; Rom. 13. 8; 2 Cor. 8.
20, 21). Et toute la gloire en revient au Seigneur (Matt. 5. 16). 2°
L’espérance d’Abraham en la résurrection.
3° Il a foi dans les promesses divines
de donner ce pays à sa semence. C’est dans ces circonstances extrêmes que
notre foi se montre clairement. Ce tournant douloureux pour Abraham montre
son caractère de «prince de Dieu», bien différent de l’esprit du monde. Sa
position d’étranger qu’il reconnaît au v. 4, présentait pour lui des
difficultés se traduisant par des tractations laborieuses avec les fils de
Heth. La mort de Sara, bien douloureuse pour lui, lui fait verser des
larmes: c’est la première fois, dans la Parole, que l’on voit un homme
pleurer. C’est aussi la première fois qu’il nous est donné l’âge d’une
femme. Si Abraham pleure, sa foi lui donne la force de se lever «de devant
son mort» (v. 3), car il n’est pas «affligé comme les autres qui n’ont pas
d’espérance» (1 Thes. 4. 13). David fera de même (2 Sam. 12. 23). Job,
lui-même avait foi en la résurrection: «Je sais que mon rédempteur est
vivant» (Job 19. 25-27). Marthe aussi croyait en la résurrection (Jean 11.
24). Les croyants de tous les temps ont cette consolation.
Dieu a voulu que Sara meure à Hébron,
en Canaan, haut-lieu de la foi pour les anciens. Et cette caverne deviendra
le sépulcre des patriarches hébreux, descendants d’Abraham. Jacob, à son
tour, réclamera d’être enterré dans cette caverne, après qu’il ait béni ses
fils (Gen. 49. 28-32).
Abraham n’accepte pas que cette caverne
lui soit donnée gratuitement: il veut la payer afin qu’elle lui appartienne
en propre. Déjà au ch. 14, il avait refusé quoi que ce soit du roi de
Sodome. Cependant, si Abraham ne désire que la caverne qui parle de la mort,
Dieu permet que lui soient vendus aussi, le champ et les arbres qui s’y
trouvent (v. 17), et qui parlent de vie, de résurrection.
Le meilleur des sépulcres des fils de
Heth n’intéressait pas Abraham (v. 6): Sara ne devait pas être enterrée
n’importe où. Le Seigneur a été enseveli dans «un sépulcre neuf, dans lequel
personne n’avait jamais été mis» (Jean 19. 41). Dieu a conduit les choses
ainsi pour son Fils mort. Déjà au ch. 22, le «brisement» d’Abraham se
révèle, et porte ses fruits, ici, en montrant qu’il est instruit de la
sagesse d’en haut. Pour les fils de Heth, enterrer un mort peut aisément se
faire dans n’importe quel sépulcre. Mais pour Abraham, Sara doit être
enterrée dans un sépulcre qui deviendra la possession de ses descendants,
avec le pays tout entier.
Pour nous chrétiens, la mort n’est
qu’un passage, mais cela ne nous autorise pas à faire n’importe quoi du
corps d’un croyant mort: Son corps a été, durant sa vie, le temple du Saint
Esprit, et Dieu le ressuscitera. Des hommes pieux ont enterré le corps
d'Étienne (Actes 8. 2). Et Dieu nous dit
«Précieuse, aux yeux de l’Eternel, est la mort de ses saints»
(Ps. 116. 15). Quand un croyant meurt, son corps retourne à la poussière,
mais «son esprit retourne à Dieu qui l’a donné» (Ecc. 12. 7). Et le corps
semé corruptible ressuscitera incorruptible (1 Cor. 15. 53-54).
Trois parties, dans ce ch. nous
entretiennent:
- du serment du serviteur à Abraham (v.
1-31);
- du témoignage du serviteur à la famille de son maître (v. 32-49);
- de la réalisation de son service (v. 50-67).
Les dispositions de cœur des
différentes personnes sont mises en relief. Le ch. 22 parle, en figure, de
la mort et de la résurrection du Seigneur. Le ch. 23, de la mise de côté
d'Israël (mort de Sara). Enfin, le ch. 24 fait apparaître
Rebecca, figure de l’Église préparée
pour son Seigneur. Ce ch. montre aussi la piété d’Abraham et du
serviteur, lequel est une belle figure du Saint
Esprit: il avait le gouvernement de tout le bien d’Abraham (v. 2,
10). Abraham sent sa responsabilité vis à vis de son fils, héritier des
promesses de Dieu, et qui ne doit pas épouser une fille des cananéens, ni
retourner dans le pays de sa parenté, à Charan. La loi, plus tard, interdira
au peuple d’épouser des femmes étrangères (Ex. 34. 11, 16). Sa foi en Dieu
donne à Abraham l’assurance de l’intervention favorable divine (v. 7). Comme
Isaac devait se marier dans la famille de son père, les chrétiens doivent
prendre un conjoint dans la famille de la foi (2 Cor. 6. 14-16), et avec
quelqu’un avec qui ils sont en heureuse communion. Sinon il n’y a pas de vie
spirituelle heureuse. La Parole ne reconnaît que deux familles sur la terre:
les enfants de Dieu et les enfants du diable (1 Jean 3. 10). Dans les
Nombres (ch. 27 v. 4, 7), les filles de Tsélophkad étaient attachées à
l’héritage familial. Elles durent se marier dans la famille de leur père
(ch. 36 v. 6-8). Dans le ch. 24 de Gen., Abraham dit: «mon fils», aux v. 3,
4; 6, 7, 8. On comprend le prix qu’Isaac avait pour son père. Combien plus
le Fils de Dieu a-t-il du prix pour le Père!
Abraham fait jurer son serviteur, et
celui-ci va s’acquitter fidèlement de sa mission. Sa foi se montre lorsqu’il
prie Dieu de faire prospérer son voyage. Laissons, nous aussi, le Seigneur
nous conduire dans nos choix. Les croyants, aujourd’hui, n’ont plus à jurer,
car le Seigneur nous dit: «Que votre parole soit: oui, oui; non, non; car
ce qui est de plus vient du mal» (Matt. 5. 37).
Dans les conseils de Dieu, la femme est
la gloire de l’homme (1 Cor. 11. 7), comme l’Église est la gloire de Christ.
La parabole de Matt. 22. 2 dit: «Le roi fit des
noces pour son fils». Le Fils de Dieu est: «La plénitude de Celui
qui remplit tout en tous» (Eph. 1. 23). Le Seigneur attend son épouse comme
Isaac attendait Rebecca (v. 62, 63). Durant le temps de son absence, le
Saint Esprit, sur la terre, forme l’Épouse de Christ, et l’amène à travers
le désert de ce monde, jusqu’au moment de la rencontre et jusqu’aux noces de
l’Agneau. Alors, le Seigneur éprouvera la joie d’avoir son Épouse à ses
côtés.
Enfin, Rebecca, prise dans la parenté
d’Abraham, devait encore être «retirée de ce présent siècle mauvais» (Gal.
1. 4) — du pays idolâtre où elle vivait — afin de goûter aux bénédictions.
Par sa décision de cœur, elle entrera dans la lignée de la foi. Il faut la
manifestation de la foi pour entrer où Dieu veut bénir.
Les v. 2 et 10 nous renvoient à ce que
le Seigneur dit en Jean 16., parlant du Saint Esprit: «Il prendra de ce qui
est à moi et vous l’annoncera». Ainsi, le serviteur parlera de son maître et
de tout ce qu’il possède (v. 35). Le service actuel du Saint Esprit sur la
terre, est d’amener des hommes, d’abord incrédules, à la foi du Sauveur.
Ensuite, il vient habiter en eux et les entretient des gloires actuelles et
futures du Fils de Dieu, gloires qu’Il s’est acquises dans son abaissement,
ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Lorsque l’Épouse sera enlevée
dans le ciel, le Saint Esprit quittera la terre. Mais déjà, avec l’Esprit,
nous disons: «Viens, Seigneur Jésus» (Apoc. 22. 20).
Si le serviteur d’Abraham est une
figure du Saint Esprit, il est intéressant de le considérer aussi comme un
modèle pour nous. Il a un service que lui a donné son maître, et de même
nous sommes chacun au service du Seigneur. Que nous puissions avoir les
mêmes dispositions de cœur qu’Eliézer! Au v.10, il obéit; au v.12, il est
dépendant, il s’attend à Dieu; au v. 14, il demande la direction à Dieu; au
v.33 il est diligent dans l’exécution de sa tâche; au v. 37 il a le souci
d’obéir dans les moindres détails à la volonté de son maître; puis au v.52,
il se prosterne et rend grâce. Le service d’Eliézer a été béni car il a
écouté soigneusement ce que son maître lui a dit. La manière dont il retrace
tout son chemin (v. 34-49) montre qu’il a une disposition de cœur à obéir
fidèlement. Avertissement pour chacun de nous car nous pouvons être prompts
à agir comme nous pensons! Nous avons à nous tenir près du Seigneur,
l’écouter et le suivre. En Jean. 12 v. 26, nous avons le résumé du service
selon Dieu. C’est Dieu qui fait prospérer son voyage.
V. 2 et 10. Le serviteur avait les
biens de son maître sous sa main, ainsi que dix chameaux, ce qui montre au
passage la prospérité d’Abraham. Il va vers le pays d’Abraham, qui lui avait
donné des directions mais il a besoin d’être conduit. Dieu nous donne des
directions dans sa Parole. Et nous ne pouvons prétendre faire la volonté de
Dieu si c’est en contradiction avec elle. Elle est notre guide pour les
petites et les grandes décisions.
V. 12. La première pensée du serviteur
est de prier. Nous pouvons souvent
faire monter cette prière devant le Seigneur afin que notre journée ne soit
pas gaspillée.
V. 13-14. Ce n’était pas rien que de
demander que la jeune fille dise qu’elle abreuverait les chameaux car
c’était un travail important. Cela montre son désir de servir, d’être
hospitalière, son dévouement.
V. 14. «Celle que tu as destinée».
Expression remarquable! Il s’en remet entièrement à Dieu.
Que penser d’un signe demandé à Dieu?
C’est quelque fois, comme Gédéon une faiblesse de la foi (Juges 6. 36-40).
Mais la grâce de Dieu a répondu. Ce n’est pas toujours la voie idéale pour
la foi. Le croyant possède maintenant le Saint Esprit et la Parole pour
discerner ce qu’il doit faire. En Actes 1. 26, nous avons le dernier signe
donné dans la Parole car le Saint Esprit n’était pas descendu. Il est
descendu au ch. 2 et les disciples pouvaient alors avoir du discernement.
Mais Dieu peut faire concourir des circonstances pour voir si ceci ou cela
doit se faire ou non. Nous pouvons demander à Dieu de nous montrer Son
chemin. En Actes 16. 6-9, Dieu a montré par des empêchements et une vision
où Paul devait aller.
V. 45. «Parler en mon cœur»: il priait
en lui-même. Nous avons un enseignement pour nous: nous pouvons prier sans
être dans notre chambre, où que nous soyons nous pouvons prier en notre
cœur. Que nous y soyons habitués! Et dans notre chambre prenons l’habitude
de prier à haute voix car on réalise mieux que nous nous adressons à une
personne.
Dans cette prière, il a les intérêts de
son maître à cœur «Use de grâce envers mon seigneur». Le Seigneur nous
encourage beaucoup à prier pour les autres, demander la bénédiction de nos
frères et sœurs.
Au v. 15, les choses se hâtent et dans
notre vie il peut en être ainsi: il y a des moments d’attente qui peuvent
sembler longs puis brusquement tout s’accélère.
V. 17. Le serviteur court et Rebecca va
se hâter (v. 20). Il y a des moments où, connaissant la volonté du Seigneur,
il ne faut pas tergiverser. Dieu répond toujours
à nos prières, Il peut nous dire: oui,
non ou
attend. Pour Eliézer on peut appliquer ce passage d'Ésaïe 65 v.
24: «Il arrivera que, avant qu’ils crient, je répondrai et pendant qu’ils
parlent, j’exaucerai».
«Très belle de visage» (v.16). Ce qui
est à rechercher c’est la beauté intérieure, la piété. Moïse était beau à
Dieu (Actes 7.20). 1 Pierre 3. 3 à 5 est aussi à méditer par chacun .Un
esprit doux et paisible est d’un grand prix devant Dieu. Si Rebecca a eu un
beau commencement, il n’en a pas été ainsi à la fin de sa vie.
Le serviteur regarde avec étonnement
pour savoir si l’Eternel a fait prospérer son voyage (v. 21). Puis quand il
apprend que Rebecca est de la famille d’Abraham (v. 24), il est certain que
l’Eternel a répondu et il se prosterne devant Lui (v. 26, 27).
Demandons les directions au Seigneur, et quand Il
répond, n’oublions pas de lui rendre grâces. En Luc 17. 11 à 19,
les dix lépreux sont tous guéris mais un seul est revenu se jeter sur sa
face aux pieds du Seigneur en Lui rendant grâces.
Le chrétien n’est pas conduit par les
circonstances mais à travers les circonstances. Nous avons l’exemple de
l’apôtre Paul à Corinthe où «une porte grande et efficace» lui est ouverte,
mais il y a beaucoup d’adversaires (1 Cor. 16.9). Cela ne l’a pas fait
quitter Corinthe, il y est resté, s’attendant au Seigneur et une Assemblée a
été formée. Dans le cas de Genèse 24, il semble que le cas est plus simple,
mais on remarque que le serviteur ne se hâte pas, on voit même de
l’étonnement (v. 21).Le Seigneur répond a cette attitude paisible de foi et
dans le cœur du serviteur se forme la conviction que le Seigneur a tout
dirigé. Il ne perd pas de vue que tout vient du Seigneur, on le voit
attendre et prier avant d’agir et rendre grâces à plusieurs reprises.
Arrivé à la maison, il raconte en
détail son cheminement. Dieu met l’accent sur l’importance de cette démarche
où Isaac va recevoir de Dieu celle qui lui est destinée. De façon générale,
nous n’avons pas à raconter en détail ce qui se passe entre le Seigneur et
nous.
Aux versets 26, 48 et 52, l’homme se
prosterne devant l’Eternel à trois reprises. Au v.51 on ne le voit pas
remercier Laban, mais il voit plus haut, il voit la réponse de l’Eternel:
c’est un exemple pour nous. «En toutes choses rendez grâces, car telle est
la volonté de Dieu dans le Christ Jésus à votre égard» (1 Thess. 5. 17 et
18). Aux versets 27 et 49, on voit la grâce et la vérité, la grâce de Dieu
envers Abraham et Isaac.
Peut-on être guidé par les
circonstances? Soyons très prudents. Dieu peut nous mettre des obstacles
pour nous fermer un chemin, comme aussi il peut ouvrir des portes. Et
l’Ennemi peut aussi placer des circonstances favorables ou non. Par exemple,
Jonas avait son chemin ouvert pour aller à Tarsis, ce qui était contraire à
la volonté de Dieu (Jonas 1.3). Il nous faut donc le discernement de
l’Esprit. Restons près du Seigneur pour
discerner Sa volonté.
Au v.10, nous avons vu le serviteur
s’engager dans la bonne route, après avoir reçu l’ordre de son maître. Au
v.23, on le voit poser la question principale toujours selon l’ordre
d’Abraham.
Dans ce chapitre on voit souvent la
main de l’Eternel: c’est Lui qui agit. Regardons ce que le Seigneur fait et
non pas ce que nous disons ou faisons. En 1 Thess. 2. 17 et 18, Paul avait
un désir compréhensible et bon pour l’édification mutuelle mais Satan l’en a
empêché par deux fois. Il faut la communion avec le Seigneur pour discerner
ce qu’il en est dans les circonstances.
Les anneaux d’or, les bracelets étaient
des preuves d’attachement, en usage en ce temps là. En Exode 32 v. 3 et 4,
ces choses ont été en piège car elles ont servi à faire le veau de fonte.
D’autre part elles mettent l’apparence en évidence pour attirer. (Ésaïe 3.
16 à 23). Ce qui a de l’importance, c’est l’homme caché du cœur (1 Pierre
3.3-4). La première chose que voit Laban ce sont les objets d’or — et on
verra les fruits de la convoitise dans la suite de sa vie.
Au v.25, la Parole nous engage à
l’hospitalité. Au v.27, Dieu a usé de grâce et de vérité envers Abraham car
Il a répondu à sa foi par sa fidélité et l’a conduit droit au but. Au v. 27,
le serviteur s’efface derrière son seigneur. C’est beau de voir son humilité
et son grand respect pour Abraham. Au v.35, il rend témoignage à son
seigneur. Cherchons de même à mettre en valeur la gloire du Seigneur.
Amenons les âmes à Christ, comme Jean le Baptiseur qui, voyant le Seigneur,
a pu dire «Voilà l’Agneau de Dieu» et alors ses deux disciples suivirent
Jésus.
Rébecca court à la maison de sa mère.
Il est peu parlé de son père, Bethuel. C’est son frère Laban qui prend
l’affaire en main. Il est attiré par l’anneau et les bracelets (v.30). Il y
a de la convoitise dans son cœur. Toute sa conduite le démontrera, en
particulier avec Jacob.
V. 31. «Entre béni de l’Eternel».
Pourtant Laban ne connaissait pas cet étranger. C’était une parole
flatteuse. Laban voulait à tout prix que l’homme vienne chez lui et par ses
paroles il affirme à tort avoir préparé sa maison. En tout cas ce sera une
bénédiction pour Rebecca de partir et de vivre désormais dans un milieu où
il y a la crainte de Dieu. Veillons à ne pas prendre le nom de Dieu en vain.
V. 28 et 29. Rebecca s’est déjà hâtée,
maintenant elle court raconter à sa mère ce qui se passe. Son but est bon,
celui de Laban ne l’est pas: ne nous trompons pas de course! Laban est un
professant sans vie. Il a seulement le nom de Dieu sur ses lèvres (v. 50).
Matt. 7. 21 nous met en garde: Laban ressemble sans doute à ceux qui disent:
«Seigneur, Seigneur…». 2 Tim. 3. 5 parle de «ceux qui ont la forme de la
piété». Laban est marqué par la convoitise des yeux. L’Église, comme
Rebecca, sort du monde pour aller à la rencontre de l’époux.
L’hospitalité n’est pas un vain mot
dans cette maison: le serviteur d’Abraham reçoit de l’eau pour ses pieds,
ses gens sont bien traités, ses animaux reçoivent du fourrage. Maintenant le
moment est venu de prendre le repas (v. 33). Mais le caractère de ce
serviteur se montre: il ne cherche pas d’abord ses aises. Il a un message à
délivrer (v. 33) et il ne prendra pas de repos avant de faire part du but de
son voyage. En Jean 4. 30-32, 34, les motifs du Seigneur échappent à ses
disciples. Sa priorité était d’être aux affaires de son Père. En Marc 6. 31,
le soleil était déjà couché, on lui apporte des malades et Il n’a pas le
temps de prendre sa nourriture. Il est venu servir avant tout son Père et
répondre à la misère de sa créature. On voit son amour: il se préoccupe des
foules et pense à les nourrir (v. 36).
Ce serviteur nous rappelle un peu le
Seigneur et leur exemple doit nous parler. Discernons la volonté de Dieu et
soyons diligents pour être à son service. Sommes-nous prompts à agir quand
nous avons saisi les directions de Dieu? L’apôtre Paul a été très diligent
pour servir et accomplir la volonté du Seigneur (Gal. 1. 16).
Laban déclare: «Parle». Le serviteur
décrit avec beaucoup de détails tout ce qui concerne Abraham (v. 34 et
suivants). Tous les biens terrestres étaient des signes de bénédiction dans
l’Ancien Testament.
V. 36 à la fin. Toutes choses ont été
données au Fils par le Père (Jean 3. 35 et 16:15). Qu’est-ce qui a attiré
Rebecca pour suivre le serviteur? Surtout la manière dont le serviteur parle
de son maître et du fils de son maître. Être
occupés de notre Dieu et du Seigneur nous détachera des joies passagères de
ce monde.
C’est le travail du Saint Esprit dans
nos cœurs de nous occuper du Père et du Fils (Jean 15. 26, 16. 13, 14). Dans
la chrétienté, on parle beaucoup de témoignage, d’expérience personnelle,
mais ce qui est important c’est d’être occupés du Seigneur et du Père. Dans
les réunions d’édification, on doit présenter le Seigneur avant tout en
lisant la Parole. C’est ce que fait ici le serviteur (v. 37 à 41). Le cœur
du père est tout occupé du fils unique bien-aimé et en même temps on voit
que le cœur d’Abraham était rempli de foi (v.40).
On voit la certitude de la foi:
«l’Eternel devant qui je marche». C’est ce que l’Eternel lui avait dit au
commencement: «Marche devant ma face, et sois parfait» (ch. 17 v. 1). Énoch
et Noé ont aussi marché avec Dieu. Nous sommes invités à marcher constamment
avec le Seigneur. Abraham a marché avec Dieu, son serviteur aussi (v. 27 et
48: «l’Eternel m’a conduit»).
Le serviteur cherche à s’effacer et il
met Abraham en évidence. Il raconte comment son maître a demandé le secours
d’En Haut et quelle a été la réponse de Dieu. Souvent nous manquons de foi.
Le serviteur savait que sa prière était selon Dieu (1 Jean 5. 14). Tout
s’est déroulé comme il l’avait demandé à Dieu. Au début de ce chapitre, le
serviteur avait fait part de ses inquiétudes (v. 5 et 6) mais ne juge pas
utile de rappeler ce qu’avait dit Abraham au sujet d’Isaac.
Rebecca n’a pas su tirer tout le profit
pour sa vie d’être venue vivre dans un lieu où l’Eternel était craint et
servi. C’est elle qui renvoie Jacob dans le pays qu’elle avait quitté.
Les versets 32 à 49 rendent compte du
témoignage du serviteur dont les résultats se voient dans l’attitude de
Rebecca (v. 50 et suivants), qui est attirée vers Isaac qui deviendra son
époux, et dont le serviteur a parlé. Même Bethuel et Laban, quelles que
soient leur relations habituelles avec l’Eternel, ont été influencés par ce
témoignage clair du serviteur. Bethuel et Laban son fils, sont d’accord pour
reconnaître que «la chose procède de l’Eternel» (v. 50). La demande du v. 49
trouve sa réponse claire: «Prends-la et t’en va; et qu’elle soit la femme du
fils de ton seigneur, comme l’Eternel l’a dit» (v. 51). Même «le cœur d’un
roi, dans la main de l’Eternel, est comme des ruisseaux d’eau; Il l’incline
à tout ce qui lui plaît» (Prov. 21. 1). Bien qu’ici, Laban et Bethuel
parlent de l ‘Eternel, il semble que se soit superficiel, car au ch. 31 v.
30, 34, Laban réclame ses «dieux» que Rachel, sa fille, avait dérobés à
l’insu de Jacob. L’ennemi s’acharne à retarder notre avancement spirituel,
mais Dieu a toujours le dernier mot. Si, parfois, la réponse divine se fait
attendre, ne perdons pas courage et prions. Si Dieu voit cette attente
fervente dans nos cœurs, Il y répondra en son temps. Recherchons «la volonté
de Dieu, bonne et agréable et parfaite» (Rom. 12. 2).
On a vu le serviteur en prière,
demandant le secours de Dieu (v. 12-14); on l’a vu se prosterner et rendre
grâce parce que dieu avait fait prospérer son voyage (v. 26, 27); ici, il
rend grâce et se prosterne après l'accord de Laban et Bethuel (v. 52).
Prions et rendons grâce. Devant la réponse favorable de Laban et Bethuel, le
serviteur «se prosterne devant l’Eternel», conscient que c’est Lui qui a
incliné le cœur des deux hommes. Savons-nous voir l’intervention de Dieu
dans les réponses que nous recevons à nos prières?
Bien qu’on voit dans le serviteur, le
type de la fidélité dans le service, il est aussi une image du Saint Esprit
venu sur la terre pour chercher et former l’Église, future épouse de Christ,
et la conduire à travers le désert de ce monde jusqu’au moment de la
rencontre. Et, durant ce «voyage», il nous apprend à connaître notre
Seigneur et à l’aimer (1 Pier. 1. 8), et à nous réjouir «d’une joie
ineffable et glorieuse», car c’est à travers ce qu’il nous en dit que le
Seigneur nous est révélé (Jean 16. 12-14); et le seigneur nous déclare
«bienheureux» (Jean 20. 29); de même que le serviteur a dû parler d’Isaac à
Rebecca. Au v. 53, le serviteur «sortit des objets d’argent et des objets
d’or, et des vêtements, et les donna à Rebecca», tandis qu’elle est encore
dans son pays idolâtre: pour nous, c’est déjà dans ce monde-ci que le Saint
Esprit nous donne toutes les bénédictions se rattachant à Christ et nous en
jouissons par la foi. Le Saint Esprit est «les arrhes de notre héritage» (Eph.
1. 14).
Rebecca prouve sa foi dans sa décision:
«J’irai». Dès lors, le serviteur a hâte de revenir vers son seigneur, avec
Rebecca (v. 55, 56), qui seule compte, à ses yeux (v. 61 fin). Le Saint
Esprit a hâte de remonter au ciel avec l’Église (Apoc. 22. 17). Que notre
comportement n’attriste pas le Saint Esprit, en retardant son action. Nous
devons «hâter… le jour de Dieu» (2 Pi. 3. 12). «Écoute, fille! et vois, et
incline ton oreille; et oublie ton peuple et la maison de ton père; et le
roi désirera ta beauté, car il est ton seigneur: adore-le» (Ps. 45. 10, 11).
Le Seigneur a-t-il la première place dans nos cœurs? Ce que l’on voit et
entend dans ce monde peut nous retenir (Ecc. 1. 8). Ce monde offre des
choses agréables, mais il y a aussi «les tanières des lions et les montagnes
des léopards» (Cant. 4. 8). Faisons comme Paul (Gal. 1. 15-17; Phil. 3. 13,
14). C’est après que sa famille l’ait bénie, que Rebecca se lève et part.
Cette bénédiction prophétique nous projette au temps du millénium où, par la
puissance du Seigneur, Israël «possèdera la porte de ses ennemis». Balaam
bénira le peuple malgré lui (Nom. 23 & 24). Le Saint Esprit, le Consolateur,
rend témoignage de Christ en nous (Jean 15. 26). Sachant quel est le but du
«voyage», de l’Épouse (l’Eglise), avons-nous hâte de rencontrer l’Époux que
Dieu lui destine?
Le long voyage pour Rebecca et le
serviteur s’achève. Rebecca a sûrement hâte de voir l’époux que Dieu lui
destine, et Isaac vient à sa rencontre. De même l’Église touche à la fin de
son pèlerinage sur la terre, et le Seigneur viendra la chercher. Le Saint
Esprit nous parle, dans le chemin, des gloires du Seigneur, renouvelant et
fortifiant nos affections pour Lui, afin de nous faire désirer le voir et
être avec Lui.
Isaac vient du «puits du vivant qui se
révèle»: C’est comme s’il venait de la présence de Dieu pour chercher son
épouse. Cette rencontre a lieu «à l’approche du soir» (v. 63). De même, le
Seigneur enlèvera son Assemblée alors que la lumière morale sera très
faible, assimilant ce moment au soir du monde incrédule, alors que ce sera
le matin sans nuages pour les croyants. Ces pensées touchent-elles nos
cœurs?
Isaac méditant «à l’approche du soir»
est un exemple pour nous: le soir du monde est proche: est-ce que nous
méditons sur ce que nous lisons dans la Parole? Le puits de Lakaï-roï est
une source rafraîchissante auprès de laquelle il habitait (v. 62; ch. 25 v.
11). La Parole est, pour nous, l’eau rafraîchissante: lisons-la fidèlement
(Ps. 119. 97-99). Isaac «leva ses yeux, et regarda, et voici des chameaux
qui venaient». Cette caravane importante (dix chameaux — v. 10), est la
première chose que voit Isaac. Il semble qu’il ne distingue Rebecca que
lorsqu’elle descend de sa monture et qu’elle a pris son voile. Dans le grand
train de l’Église cheminant sur la terre, il faut l’œil du Seigneur pour
discerner ceux qui lui appartiennent réellement, formant la vraie Église qui
sera son Épouse. Le voile dont Rebecca se couvre parle de
soumission (1 Cor. 11. 10; 15). Il
montre également que, désormais, Rebecca réserve
sa beauté pour Isaac. Le Seigneur est seul à voir la beauté de
son Assemblée (Eph. 5. 27). Dans le millénium, le Seigneur verra aussi la
beauté d’Israël selon son cœur (Cant. 4. 1-3). Comme le serviteur instruit
Rebecca jusqu’au moment de la rencontre avec Isaac (v. 65), le Saint Esprit
nous parlera de Christ, étoile du matin levée dans nos cœurs, jusqu’au
moment de l’enlèvement de l’Église. A la question de Rebecca, le serviteur
répond: «c’est MON seigneur». Jusque là, son seigneur, c’était Abraham.
Mais, maintenant qu’il a amené Rebecca à Isaac, il a conscience que,
désormais, Abraham, le dépositaire des promesses de Dieu, doit s’effacer
devant Isaac, l’héritier des promesses. Maintenant, le serviteur reconnaît
en Isaac, «son» seigneur. D’ailleurs, Abraham avait tout donné à Isaac (v.
36; ch. 25 v. 5), comme Dieu a tout donné à son Fils (Matt. 11. 27; Jean 3.
35). Il est «l’héritier de toutes choses» (Héb. 1. 1, 2).
Abraham, contre la pensée de Dieu, prit
une autre femme et des concubines et en eut des enfants qu’il éloigna
d’Isaac, en leur faisant des dons: ils représentent peut-être les nations
qui seront bénies durant le millénium.
Isaac et Rebecca forment un couple qui
est un modèle pour les couples chrétiens: Isaac aime Rebecca, et Rebecca, en
se voilant, montre la soumission à son époux (Eph. 5. 22, 23, 25). La mort
de Sara (type d'Israël), laisse la place à Rebecca qui représente l’Église
dans laquelle Christ se consolera en l’épousant. Dans le couple d’Isaac et
de Rebecca, il y a place pour la prière (ch. 25 v. 21); et Rebecca «alla
consulter l’Eternel» (v. 22). Isaac pria durant 20 ans (comp. v. 20 & 26).
Prions, nous aussi sans nous lasser. Cependant, par la suite, Isaac et
Rebecca eurent, vis à vis de leurs enfants, un comportement à proscrire
absolument (v. 27, 28).
Abraham chemina cent ans avec Dieu,
entre son appel (Gen. 12. 4), et sa mort (ch. 25 v. 8). Pèlerin et adorateur
dans la terre de la promesse, il n’y possédait que sa tente et son autel. Sa
vie a été une vie croissante avec Dieu, malgré quelques défaillances; il est
un exemple pour nous: pèlerins comme lui, emparons-nous par la foi des
promesses se rattachant à notre vraie patrie, le ciel. Héb. 11. 8-10, 13-16
résume sa vie de foi. Abraham était le dépositaire des promesses de Dieu,
concernant sa descendance. Mais, la vraie «semence» d’Abraham, c’est Christ
en qui se réaliseront la plénitude des pensées divines, en bénédiction pour
son peuple et pour les nations, durant le règne du Seigneur. L’histoire
d’Abraham commence au ch. 11 v. 27, et se termine au ch. 25 v. 10. Formé par
Dieu, sa foi lui a donné la force de réaliser les desseins divins; et Dieu
l’avait béni (ch. 24 v. 1). L’histoire d’Isaac commence ici, et se poursuit
jusqu’au ch. 35 où ses deux fils l’enterrent comme Abraham a été enterré par
Isaac et Ismaël. Avant la lettre de la loi, la piété filiale agissait:
«Honore ton père et ta mère» (Ex. 20. 12). Mais ce commandement se répète
pour les chrétiens: en Eph. 6. 1, 2, il est commandé aux jeunes enfants:
«Enfants, obéissez à vos parents». Puis: «Honore ton père et ta mère»; ce v.
2 s’adresse à nous tous, quel que soit notre âge, en rapport ave nos parents
tant qu’ils vivent: nous devons leur faire honneur en les assistant et en
ayant soin d’eux, mais aussi, en vivant soi-même pieusement selon les
enseignements qu’ils nous ont inculqués.
La mort d’un croyant nous rappelle que
la vie est courte: «… votre vie n’est qu’une vapeur paraissant et
disparaissant…» (Jac. 4. 14); et David a conscience que Dieu lui a donné
«des jours comme la largeur d'une main» (Ps. 39. 5); et le chagrin ne manque
pas, mais aussi la consolation! (24. 67). De suite après l’épreuve de la
mort d’Abraham, Dieu bénit Isaac (v. 11). A travers les épreuves Dieu veut
nous bénir.
Mourir «en bonne vieillesse» (v. 8),
rappelle une longue vie de foi et de fidélité avec Dieu. Une telle
vieillesse goûte la paix d’une longue communion avec le Seigneur. Être
«rassasié de jours» évoque ce moment de la vieillesse du croyant qui, les
yeux fixés sur le Seigneur, n’aspire plus aux choses de la terre, mais aux
choses d’en haut. On ne lit rien de tel pour Ismaël, l’homme profane: «il
expira et mourut…» (v. 17).
Il y a opposition entre Isaac, le «béni
de l’Eternel» qui vit paisiblement avec son Dieu, près du puits de Lakaï-Roï
(v. 11), et Ismaël incrédule qui «s’établit à la vue de tous ses frères» (v.
18 fin): C’est là qu’il mourut (ou tomba). Il voulait être vu et a vécu
opposé à tous… (ch. 16 v. 12). Bien que fils d’Abraham, ses descendants ne
font pas partie d’Israël. Plus tard, Ésaü, frère de Jacob (ch. 25 v. 24-26),
prendra pour femme une ismaélite (ch. 28. 6-9), et ses descendants seront
ennemis d’Israël (Ps. 83. 2-9). Dans l’A.T. comme dans le Nouveau,
on n’entre dans la vie éternelle que par la foi.
Isaac pria pour sa femme stérile durant
vingt ans (comp. Les v. 20 & 26); et Rebecca consulta l’Eternel. La piété
familiale était exercée et Dieu exauça leurs prières (Jac. 5. 16). Il y a un
contraste avec le comportement de Jacob et Rachel (ch. 30 v. 1, 2). Les
époux doivent partager les exercices familiaux (1 Pi. 3. 7). Dieu se laisse
souvent fléchir par la prière de la foi (1 Chr. 5. 10, 20); mais il faut
discerner sa volonté. Nous sommes invités à présenter nos «requêtes avec
des supplications et des actions de grâces» (Phil. 4. 6). C’est dans les
épreuves vécues avec le Seigneur que la foi pratique se fortifie et que Dieu
nous forme. Alors, on apprend à ne pas douter et nos prières s’expriment
avec foi, «ne doutant nullement» (Jac. 1. 5-8). Après un long exercice avec
des prières instantes, lorsque le Seigneur nous exauce, il en résulte de la
bénédiction pour le croyant éprouvé. Le Seigneur Lui-même nous encourage à
ne pas douter (Matt. 17. 20).
L’élection de la grâce de Dieu repose
sur sa souveraineté (Rom. 9. 9-25). Jacob et Ésaü sont l’objet d’une
élection gouvernementale de la part de Dieu, c'est-à-dire pour le temps de
la terre: «Le plus grand sera asservi au plus petit» (v. 23). C’est par son
mépris de son droit d’aînesse qu'Ésaü s’attire cette «haine» de Dieu: «J’ai
aimé Jacob et j’ai haï Esaü» (Mal. 1. 3), parole qu’il a d’ailleurs déclarée
14 siècles plus tard, manifestant qu’il ne s’agissait pas de prédestination.
Cependant, Dieu n’a jamais «prédestiné» un homme arbitrairement, à être
sauvé ou perdu; mais Dieu «préconnaît» ceux qui se laisseront attirer à la
grâce et ceux qui s’y refuseront. «… toutes choses travaillent ensemble pour
le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos.
Car ceux qu’Il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à
l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et
ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il a appelés,
il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi
glorifiés» (Rom. 8. 29, 30). Dieu ne prépare personne pour la destruction;
ce sont les hommes incrédules qui se préparent eux-mêmes pour la colère de
Dieu (Rom. 9.22). Si nous sommes élus, c’est parce que Dieu voit la foi en
Christ, dans nos cœurs (Eph. 1. 3-6). Le Seigneur déclare, en Jean 6. 44:
«Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire».
Mais par ailleurs, Il dit: «Si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous
les hommes à moi-même» (Jean 12. 32). Il y a
donc le travail du Père et du Fils pour sauver les hommes. Mais chacun est
responsable de se laisser façonner par la main divine.
Contrairement à son frère qui lui vend
son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, Jacob est attaché de cœur aux
promesses divines se rattachant à ce droit. Seulement, au lieu de laisser
Dieu conduire les circonstances jusqu’à ce qu’Il le bénisse Lui-même, il
s’en empare par ses propres machinations. Au lieu de les recevoir de Dieu,
il les «achète» de la main de son frère! Jacob est un homme simple,
tranquille, «habitant les tentes» (v. 27). Ésaü, au contraire, est un homme
des champs; un chasseur habile. Sa passion pour la chasse devient un piège
pour son père, qui, à la fin de sa vie, se détourne des bénédictions d’en
haut dont il est l’héritier, pour s’attacher aux plaisirs de la terre:
«Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande» (v. 28). Il désirera
bénir ce fils parce qu’il lui apporte du gibier (ch. 27)!… «Prenez garde… de
peur que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise» (Luc 21. 34).
Jacob s’occupe habituellement des
travaux domestiques: On le voit «cuire un potage» (v. 29); un mets tout à
fait ordinaire, probablement dans la compagnie de sa mère qui s’est attachée
à lui: «Rebecca aimait Jacob» (v. 28 fin). Le désordre s’est installé dans
ce foyer qui avait pourtant commencé dans l’harmonie. Rebecca aura une
influence néfaste sur Jacob, ce qui provoquera bien des douleurs par la
suite. Quelles que soient les différences caractérisant nos enfants, nous
devons les aimer de la même manière.
La chasse peut être utile pour se
procurer de la nourriture, s’il n’y a pas d’autres ressources, mais, tuer
des animaux pour son plaisir est réprouvé de Dieu.
Jacob fut berger: le berger rassemble
ses troupeaux. Le chasseur les disperse.
L’assemblée a besoin de bergers et non de chasseurs. Malgré sa
vie jalonnée de chutes, se laissant conduire par sa propre volonté, Jacob a,
de la part de Dieu, une position heureuse, car il est nommé avec Abraham et
Isaac, comme «héritier de la même promesse» (Héb. 11. 9).
En Héb. 12 v. 16, Ésaü est reconnu
comme étant profane; il est attaché aux choses de la terre et méprise les
bénédictions se rattachant au droit d’aînesse (v. 34) qui est un don de
Dieu. Et c’est Dieu qu’il méprise! On comprend pourquoi, longtemps après ces
faits, l’Eternel déclare: «J’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü» (Mal. 1. 3).
Jacob est, en revanche, attaché à ces bénédictions desquelles, sans aucun
doute, sa mère l’a entretenu, tandis qu’il restait dans les tentes en sa
compagnie (v. 27): Dieu l’avait annoncé à Rebecca: «le plus grand sera
asservi au plus petit» (v. 23).
Cette scène nous avertit de ne pas nous
attacher aux biens terrestres, mais à élever nos cœurs vers les bénédictions
célestes promises. Ésaü n’a pas la vie ni aucune espérance: «Voici, je m’en
vais mourir; et de quoi me sert le droit d’aînesse?» (v. 32). «Mangeons et
buvons, car demain nous mourrons» (1 Cor. 15. 32). Jacob est le type d’un
croyant ayant une espérance. Dieu nous a acquis comme de bien-aimés enfants
ayant des promesses et des bénédictions célestes: marchons par la foi et non
par la vue des choses matérielles (2 Cor. 5. 7), et gardons précieusement
les enseignements de la Parole, trop souvent remis en question par des
«enseignements nouveaux».
Homme des champs (v. 27), Ésaü était
«las» en en revenant (v. 29). Les activités terrestres n’apportent que la
lassitude. Ésaü se nourrit sans distinction, de gibier, nourriture sauvage,
et de potage de lentilles. Prenons garde à nos
lectures: il en est de bonnes qui fortifient le croyant, et
d’autres qui sont un poison…
«Jacob habitait les tentes»: cela
suggère la pensée de proximité, de communion avec Dieu (Ps. 27. 4), dans
laquelle il a appris à apprécier les promesses divines. Ésaü, en revanche,
agit avec légèreté: «Il mangea et but, et se leva, et s’en alla» (v. 34), ne
se rendant pas compte de la gravité de son acte. Plus tard, il voudra en
vain une bénédiction (ch. 27 v. 38). Comme Ésaü, le peuple juif méprisera
«le pays désirable» (Ps. 106. 24), et la venue du Messie (Matt. 22. 2-6).
Jacob «achète» le droit d’aînesse avec
un plat de lentilles, au lieu de laisser Dieu conduire les circonstances
pour le lui donner avec ses moyens à Lui. Il avait des dispositions d’esprit
propres à marchander, même avec Dieu (Genèse 28. 20, 21). Ne cherchons pas à
nous emparer de ce que Dieu nous donnera bien mieux, si nous le laissons
faire. Confions-nous en Dieu avec foi afin de ne pas chanceler (Ps. 125. 1).
Aujourd’hui, on peut «mépriser un si grand salut» (Héb. 2. 3); les
conséquences en sont terribles!
Le ch. 26 parle d’Isaac commettant la
même faute que son père (Gen. 12. 9, 10). Dieu empêche Isaac de descendre en
Égypte, et réitère sa promesse d’être avec lui et de le bénir (ch. 22 v.
15-18). Dieu ne renonce jamais à ses promesses.
Mais Isaac se réfugie à Guérar, chez les Philistins, parce qu’il y a une
famine en Canaan. La famine n’aurait pas dû lui faire fuir le pays. S’il y a
peu de nourriture dans un rassemblement, restons-y et prions. Quitter un
rassemblement doit être le fruit d’un profond exercice.
Souvenons-nous des promesses de Dieu
pour le temps présent et pour l’avenir au ciel.
L’obéissance d’Abraham et sa foi
assurent les bénédictions pour Isaac (v. 2-5). La piété des parents assure
souvent la bénédiction aux enfants en leur montrant le chemin de
l’obéissance et de la foi. Mais ils ont, à leur tour, leur responsabilité,
tandis que Dieu agit en grâce. En Deut. 7. 7, Dieu livre sa raison d’avoir
choisi Israël pour Lui: il était le plus petit des peuples. Cela aurait dû
les conduire à l’humilité. Aux ch. 12 et 20, Abraham avait menti au sujet de
sa femme. Isaac répète la même faute à Guérar. Peut être les mœurs de ces
peuples laissaient-ils quelques craintes à Isaac comme à son père.
Néanmoins, ils auraient dû s’appuyer sur les promesses divines pour être
rassurés quant à leur sort. Dans les circonstances difficiles,
souvenons-nous de la promesse du Seigneur: «Je suis avec vous tous les
jours…» (Matt. 28. 20). Dieu est apparu à Isaac dès qu’il fut revenu là où
Dieu le voulait: à Beër-Shéba, loin des Philistins, et il lui dit: «Ne
crains pas» (v. 24). «Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de
l’assurance» (1 Jean 3. 18-21). Si Dieu nous parle des manquements de ces
hommes de foi, c’est pour nous avertir des dangers qui nous guettent dans un
monde dont les pensées sont étrangères à la pensée de Dieu. Les filles de
Lot vivaient selon les coutumes du monde où elles avaient vécu. Cependant,
chaque génération doit faire ses expériences avec le Seigneur.
Jusqu’au v. 22, Isaac est en butte aux
difficultés dues à sa fausse position. Il est matériellement béni au v. 12,
Mais les bénédictions qu’il reçoit à Beër-Shéba sont d’une tout autre
élévation: il est béni lui-même avec sa descendance, et toutes les nations
plus tard bénéficieront de ses bénédictions. Dieu se sert des circonstances
pour que Abimélec découvre le mensonge d’Isaac et, par ce moyen, le faire
revenir au lieu où il peut lui apparaître et le bénir (v. 23, 24). «Toutes
choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu» (Rom. 8.
28). Alors, Isaac dresse un autel et adore (v. 25). Bien qu’Abimélec n’était
pas sur le même terrain qu’Isaac, il manifeste de la crainte et affiche une
certaine moralité (v. 10). Isaac ne pouvait vivre dans ce pays sans eau.
C’est au puits de Lakhaï-roï qu’il rencontre Rebecca et qu’il fait
l’expérience du «Dieu qui se révèle». C’est ensuite à Beër-Shéba que Dieu
lui apparaît. Il ne pouvait jouir librement des puits qu’il avait chez les
Philistins, car ceux-ci les avait bouchés avec de la terre; ce qui nous fait
penser au monde qui cherche par, des choses terrestres, à nous empêcher de
trouver les eaux rafraichissantes de la Parole. Les Philistins sont l’image
du monde religieux mais étranger pour Dieu, et qui s’efforce de nous
empêcher de jouir de la Parole qui, seule est la vérité. Isaac les recreuse
et les nomme selon les noms qu’Abraham leur avait déjà donnés. Il n’y a rien
de changé pour nous, dans la Parole: elle est LA vérité pour toutes les
générations (Jér. 6. 16; 31. 21). Nos prédécesseurs ont recreusé les «puits»
de la Parole. Lisons la Parole avec sérieux afin d’en nourrir nos âmes
solidement et de jouir de ses richesses. A Réhoboth, le puits qu’Isaac avait
creusé loin des Philistins, ne lui fut pas contesté (v. 22). Il a pu en
jouir en toute paix. Éloignons-nous de ceux qui frelatent la Parole et, «au
large» des ennemis de la vérité, nous serons en paix et bénis.
Ayant quitté Guérar, Isaac demeura
quelques temps aux abords de la ville; là, il eut beaucoup de difficultés
avec les philistins qui contestaient avec lui, au sujet des puits qu’il
recreusait. Ce n’est qu’en revenant à Beër-Shéba que Dieu peut lui
apparaître et le bénir. Il lui renouvelle les promesses déjà faites à
Abraham (ch. 22 v. 16, 17). Dieu «n’est pas un homme pour mentir, ni un fils
d’homme pour se repentir». Ses promesses sont sans repentir (ch. 17 v. 1-7,
9). Isaac était le fils de la promesse; mais son rappel exigeait qu’il
revienne au pays de la bénédiction. Sans retard, Dieu lui apparaît «cette
nuit-là», dès son retour à Beër-Shéba. Pour nous non plus, les promesses
nous concernant ne sauraient être abrogées; mais il faut nous maintenir sur
un terrain d’obéissance et de dépendance. Ces promesses reposent tout
entières sur l’œuvre du Seigneur à la croix. Avoir des parents croyants est
une bénédiction pour les enfants, à condition qu’ils s’engagent eux-mêmes
dans le chemin de la foi. Timothée avait été amené à la même foi que sa
grand-mère et sa mère (2 Tim. 1. 5). C’est de nuit, que l’Eternel apparaît à
Isaac; dans les moments tranquilles, Dieu peut nous parler par sa Parole et
son Esprit: «Durant les nuits, même mes reins m’enseignent» (Ps. 16. 7). Le
Seigneur a passé toute une nuit en prière, avant de choisir ses disciples
(Luc 6. 12). A Guérar, Isaac ne se sentait pas en sécurité (v. 9). Mais à
Beër-Shéba, Dieu lui dit: «Ne crains pas, car je
suis avec toi» (v. 24). Si nous nous éloignons du Seigneur, nous
sommes en danger, car l’ennemi rode avec sa méchanceté. C’est aussi à
Beër-Shéba qu’il devient un adorateur en bâtissant un autel où il invoque
l’Eternel (v. 25). On ne peut être des adorateurs que dans la communion avec
Dieu. Dans l’Assemblée, les sœurs, bien que devant rester silencieuses,
adorent dans leurs cœurs. L’adoration qui monte vers Dieu doit être
l’expression de l’adoration de tous ceux qui sont là. Dès lors qu’Isaac est
revenu au lieu de la bénédiction, tout change pour lui, car il est de
nouveau où Dieu le veut. Avant de demander à Dieu de nous bénir, il faut
qu’Il lise dans nos cœurs le désir d’obéir à Sa Parole. Les patriarches se
caractérisaient par leur tente et leur autel: ils étaient pèlerins et
adorateurs. Partout où Abraham répondait au désir de Dieu, il pouvait bâtir
un autel: l’adoration le préparait aux différentes rencontres qu’il faisait.
Avant sa rencontre avec Melchisédec et ensuite, avec le roi de Sodome (ch.
14), il avait bâti un autel à Hébron (ch. 13 v. 18).
Abimélec lui dit: «Tu es… le béni de
l’Eternel» (v. 29)… Prenons garde aux flatteries
du monde qui ne peuvent qu’exciter notre orgueil. Si Isaac est
«le béni de l’Eternel», il fallait qu’il prenne conscience — comme
nous-mêmes — que c’était pure grâce de la part de Dieu. Cependant, Isaac
présentait un caractère selon Dieu: la douceur de celui «qui n’insiste pas
sur ses droits» (Phil. 4. 5 note). Abraham, avec la force et la dignité d’un
patriarche, avait repris Abimélec au sujet d’un puits (ch. 21 v. 25).
Au v. 22, Isaac voit que Dieu lui a
donné «de l’espace»: c’est le chemin de la bénédiction, lorsqu’on met de
l’espace (moral), entre le monde et nous. Cependant, il convient «autant que
cela dépend de nous, de vivre en paix avec tous les hommes» (Rom. 12. 18).
On peut trouver une différence entre ce qu’Abimélec réclame d’Abraham, qu’il
«n’agira pas faussement avec lui» (ch . 21 v. 23), et ce qu’il demande à
Isaac dont il craint la puissance (v. 16): qu’il ne «lui fera pas de mal»
(v. 28, 29), bien que son témoignage ait été imprégné de douceur et de paix.
Bien que tout n’ait pas été à la gloire de Dieu dans la vie d’Isaac, on ne
voit pas de repentance chez Abimélec qui déclare n’avoir fait «que du bien»
à Isaac, en oubliant toutes les misères que les Philistins lui avaient fait
subir (v. 15-21). Le Seigneur ne peut toucher un cœur aussi plein de
prétention! Enfin, «Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent d’avec lui en
paix» (v. 31). C’est une chose heureuse qu’Isaac n’ait pas cherché à
rétablir des relations qui auraient rappelé des expériences malheureuses et
humiliantes.
Ayant mis de la distance entre les
Philistins et lui-même, Isaac trouve de l’eau, image de la Parole appliquée
à nos âmes par le Saint Esprit. Dans la communion avec Dieu, on peut jouir
pleinement de la richesse qu’offre la Parole, et en être rafraîchis, lorsque
nous avons résolument rompu avec le monde. Beër-Shéba se trouve à la limite
de la terre de la promesse: après, c’est le désert… Prophétiquement, on peut
voir, dans ce serment échangé entre Isaac et Abimélec, roi des Philistins,
la vérité qu’une nation ne peut être bénie que dans la mesure où elle est
«associée» à Israël, le peuple béni de Dieu. Genèse 9. 27 prophétise que
Japhet, ancêtre des nations, doit «demeurer dans les tentes de Sem», ancêtre
des Juifs. Dans une autre perspective, du fait de la naissance du Sauveur
dans le peuple juif, «le salut vient des Juifs» (Jean 4. 22). Cependant,
jusque là, Isaac garde ses distances, moralement, d’avec les Philistins: «Et
Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent…» (v. 31).
Le ch. 27, nous montre le déclin de la
vie spirituelle d’Isaac dans sa vieillesse. Dans sa maison, Ésaü, son fils
aîné, vend son droit d’aînesse; il prend deux femmes des fils de Heth, fils
de Canaan (ch. 10 v. 15, 16), maudit de Noé, en opposition avec l’attitude
d’Abraham pour Isaac. Rebecca s’oppose ouvertement à ce que Jacob, son plus
jeune fils, suive le même chemin (v. 46). Isaac et Rebecca ont recherché la
pensée de Dieu pour Jacob; et celui-ci, ayant obéi, a malgré tout pris son
mariage en main, avec toutes sortes d’arrangements humains avec Laban (ch.
29 & 30). Ésaü, homme profane, agit en opposition à Dieu. L’obéissance à
Dieu, et la dépendance, sont les conditions d’un mariage chrétien heureux.
Jacob n’a pas vraiment cherché la pensée de Dieu. Plus tard, Juda prend,
pour lui et son fils, des femmes incrédules. Cette tendance se développe de
génération en génération. Sachant bien qu’Ésaü était un homme profane (Héb.
12. 16, 17), Isaac veut bénir ce fils rejeté de Dieu, parce qu’il lui
apporte du gibier qu’il aime! Il s’apprête à provoquer une terrible
catastrophe vis à vis de Dieu qui réservait cette magnifique bénédiction du
v. 29 à Jacob: c’était un véritable sacrilège… Du côté de Rebecca, les
choses n’allaient pas mieux: bien que consciente de l’énormité qu’Isaac
s’apprête à commettre, au lieu de lui parler sérieusement, elle use d’un
stratagème misérable: elle est loin d’être une aide pour son mari! Il semble
qu’il n’y avait plus guère de communications entre eux. Gardons une heureuse
communion entre époux; et gardons-nous d’avoir des préférences en ce qui
concerne nos enfants. Le début du ch. 27, précise que, devenu vieux, Isaac
était aveugle physiquement; mais il l’est devenu spirituellement aussi.
Jacob lui apporte même du vin, ce qui achève de l’étourdir. On voit qu’en
comprenant ce qui s’est passé, il est pris «d’un tremblement très grand» (v.
33); mais trop tard! Il y avait, dans sa vie, des racines non jugées qui
produisirent de mauvais fruits. Jugeons-nous soigneusement. «Purifie-moi
de mes fautes cachées» (Ps. 19. 12). Comme à l’homme malade du
réservoir de Siloé, le Seigneur nous dit: «Veux-tu être guéri»? Appliquons à
nous-mêmes le Ps. 139 v. 23, 24. Cependant, Dieu se sert des fautes de cette
famille pour accomplir ses desseins: bénir Jacob… Malgré son caractère,
Jacob, ici, éprouve des scrupules à mettre en action le plan de sa mère, par
crainte de passer pour un trompeur, et d’être maudit et non béni (v. 11,
12). Et la réponse de sa mère est bien triste! Elle pensera que la
séparation d’avec Jacob sera «pour quelques jours» (v. 44, 45); mais elle ne
le reverra pas. Quant à Isaac, il mourut longtemps après ces évènements,
mais il n’est plus parlé de lui, sinon à son enterrement (ch. 35 v. 28, 29).
Le mensonge était toléré chez Abraham et chez Isaac. Chez Laban, frère de
Rebecca, la tromperie était courante. Rebecca et Jacob ont trompé Isaac et
Ésaü. Et Jacob sera, à son tour, trompé par Laban et, plus tard, par ses
propres fils au sujet de Joseph. Isaac aimait manger. Le serviteur d’Abraham
ne s’était pas mis à table avant de s’être occupé des affaires de Dieu. Ne
tolérons, chez nous, rien qui pourrait nous conduire à une terrible chute. «Ne soyez pas séduits; on ne se moque pas de Dieu; car ce qu’un homme sème,
cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6. 7).
Une grande différence oppose la vie
d’Isaac et celle de Jacob. Tous deux sont aveugles dans leur vieillesse;
cependant, ayant bien commencé jusqu’à être un type de Christ offert en
sacrifice et ayant eu des chutes suivies de restaurations, Isaac décline
jusqu’à agir selon ses convoitises, et n’a plus aucun discernement: Rien
n’est définitivement acquis dans la vie chrétienne. Si nous nous relâchons,
nous glisserons jusqu’à la chute. Il nous faut «revêtir l’armure complète de
Dieu» pour résister au diable, et «après avoir tout surmonté, tenir ferme» (Eph.
6. 10-13). Au contraire, Jacob ayant très mal commencé sa vie, la finira
avec un grand discernement pour bénir les fils de Joseph (ch. 48).
L’importance de la communion entretenue avec Dieu est mise en évidence.
Malgré un commencement déplorable, Jacob, de retour de Paddan-Aram, a eu
cette heureuse rencontre avec Dieu, au torrent de Jabbok (ch. 32 v. 22-32);
puis à Béthel, où il s’est séparé des idoles qu’il y avait dans sa maison
(ch. 35 v. 1-5). A la fin de sa vie, il adorait «appuyé sur le bout de son
bâton» (Héb. 11. 21). Isaac, lui, dans sa vieillesse est occupé à manger et
à boire! Le Seigneur nous met en garde contre «la gourmandise et
l’ivrognerie» (Luc 21. 34). Dieu nous a donné une place «dans les lieux
célestes en Christ» (Eph. 2. 4 -6), et Il nous avertit contre nos tendances
naturelles.
Dans ce ch. 27, le mensonge règne dans
la maison d’Isaac et de Rebecca. Celle-ci veut que son fils préféré soit
béni à la place d’Ésaü, tandis qu’Isaac, lui, veut bénir ce dernier qu’il
préfère à Jacob! Dieu voulait bénir Jacob; mais Rebecca n’agit pas selon la
pensée divine. De plus, Isaac veut bénir Ésaü en l’absence de Jacob; Jacob,
lui, bénira Éphraïm en la présence de Manassé, son frère. Ici, pour tout
scrupule, Jacob craint d’être reconnu de son père et, d’être maudit et non
béni… Rebecca, elle, encourage la gourmandise d’Isaac en lui préparant «un
mets savoureux comme il aime». Puis, elle affuble Jacob des dépouilles des
chevreaux, pour mieux tromper la vigilance d’Isaac. Ce ch. met en scène les
cinq sens de l’homme: la vue, le goût, l’ouïe, le toucher, et l’odorat (v.
1, 4, 9, 25, 27). Ses sens sont trompés, sauf l’ouïe: il reconnaît la voix
de Jacob, mais… ne le reconnaît pas, à cause de ses mains «velus comme les
mains d’Ésaü» (v. 23). La voix du Seigneur doit être la seule que nous
écoutions pour le suivre (Jean 10). Enfin, comble de l’inconvenance, Isaac
bénit Jacob qui vient de le tromper! Pourtant, Isaac montre une méfiance
insistante: «Qui es-tu?» … «comment en as-tu trouvé si tôt?» … «Es-tu
vraiment mon fils Esaü?» … «Approche-toi» … «Et il sentit l’odeur de ses
vêtements» (v. 18-27). Et il prononce une bénédiction magnifique sur Jacob,
en croyant bénir Ésaü! Cependant, revenu de son erreur, Isaac tient ferme,
sachant que la bénédiction prononcée était irréversible: «Je l’ai béni:
aussi il sera béni» (v. 33). Plus tard, lorsque Balaam est prié de maudire
le peuple, Dieu lui dit: «… Tu ne maudiras pas le peuple car il est béni»
(Nom. 22. 12). Et Balaam dit au ch. 23 v. 20: «J’ai reçu mission de bénir;
il a béni et je ne le révoquerai pas». Isaac est pris «d’un tremblement très
grand» (v. 33), et Ésaü «jeta un cri très grand et amer» (v. 34). Mais, s’il
désira avec larmes d’être béni à son tour, il ne se repentit pas d’avoir
méprisé son droit d’aînesse, et comprit trop tard ce qu’il avait perdu (Héb.
12. 16, 17). Sous le jugement de Dieu, les incrédules comprendront trop tard
ce qu’ils auront perdu en rejetant le Fils de Dieu, et les «très grandes et
précieuses promesses» (2 Pi. 1. 3, 4) rattachées au salut pour les croyants.
La bénédiction terrestre de Jacob,
comporte un niveau matériel (v. 28), et la promesse de domination sur ses
frères et sur les nations (v. 29). Et, par-dessus tout, la protection divine
contre tout ennemi qui voudrait le maudire (fin du v. 29). Ésaü recevra,
lui, une bénédiction purement matérielle, sans plus (v. 39, 40). «Et comme
Isaac avait achevé de bénir… et que Jacob était à peine sorti… Ésaü… revint»
(v. 30): Dans leurs combinaisons humaines, Dieu a tout dirigé malgré leurs
fautes. Dans le livre d’Esther, Dieu déjoue les plans de destruction ourdis
contre le peuple, et détruit ses ennemis.
Le Seigneur maudit les villes qui l’ont
rejeté et dit: «Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi»
(Matt. 11. 20-27). Tout est préparé par Dieu et rien ne le détourne.
Ésaü, ayant méprisé son droit
d’aînesse, réclame une bénédiction de la part de son père avec véhémence (v.
34-40). Il voulait être béni sans avoir la moindre relation avec Dieu!
Des tendances religieuses ne remplacent pas la
piété des vrais croyants. Les désordres affectifs de cette
famille — «Isaac aimait Ésaü… mais Rebecca aimait Jacob» (ch. 25. 28) — se
traduisent par la tromperie pour que Jacob supplante son frère. Il en
résulte la haine et le désir de meurtre chez Ésaü (v. 41). Des animosités,
chez les croyants peuvent se transformer en sentiments haineux. Prenons-y
garde en nous laissant avertir par les exhortations de 1 Jean 3. 15, et ch.
4 v. 7, 20, 21. L’amour, le support et le pardon doivent conduire nos
relations fraternelles.
De nouveau, Rebecca dit à Jacob:
«Écoute ma voix»… et lui conseille de partir à Charan «quelques jours…» (v.
43-45). Mais elle ne reverra plus son fils bien-aimé.
Dieu, pourtant, va se servir de ces
initiatives humaines pour accomplir ses desseins, car «toutes choses le
servent». Rebecca n’a pas consulté l’Eternel comme elle l’avait fait au ch.
25 v. 22. Mais elle va faire part à son mari de son «aversion» (aversion
justifiée) pour les filles de Canaan et de Heth (v. 46). Sans doute est-ce
une heureuse réaction de Rebecca, envers Jacob; et il est heureux que les
parents chrétiens désirent marier leurs enfants dans l’Église et dans la
communion. Mais Rebecca n’est pas droite devant Dieu ni devant son mari,
qu’elle pousse à agir selon sa pensée à elle. Il semble, pourtant, qu’Isaac
se réveille après sa faute; car, non seulement il accède à la demande de
Rebecca, mais il bénit Jacob d’une bénédiction qui rappelle celles dont Dieu
avait bénit Abraham (ch. 15 v. 18-21; ch. 22 v. 15-18). Et l’Eternel
confirme cette bénédiction aux v. 13 et 14. «Ce que sa bouche à dit, sa main
l’accomplira» dit un cantique.
C’est sous ce nom de «Dieu
Tout-puissant» que Dieu s’est révélé aux patriarches (ch. 35 v.
11). A Moïse, il se révèlera comme «l’Eternel»
(Ex. 6. 2). Nous, nous le connaissons comme «notre
Père» (Jean 20. 17).
Rebecca et Jacob agissent selon leur
propre volonté, et Jacob aura à souffrir des conséquences: durant vingt ans,
il devra servir durement son beau-père. Mais Dieu, dans sa bonté le ramènera
dans le pays de la promesse; et, à la fin de sa vie, il adorera «appuyé sur
le bout de son bâton».
On voit une différence fondamentale
entre le comportement d’Abraham qui envoie son serviteur chercher une femme
pour Isaac à Charan, et lui dit «Garde-toi d’y faire retourner mon fils»
(ch. 24 v. 2-6), et le comportement d’Isaac qui «fit partir Jacob à
Padan-Aram» (ou Charan), pour y chercher une épouse.
Les v. 6 à 9 nous montrent qu’Ésaü
cherche à plaire à son père en prenant une fille d’Ismaël: Ésaü s’appuie,
pour cela, sur le fait qu’Ismaël est un descendant d’Abraham. Mais il se
trompe car c’est aussi un ennemi (ch. 16 v. 11, 12).
La chair religieuse est toujours la chair.
Le mariage engage les conjoints pour
toute leur vie. Les croyants doivent se marier dans l’Église et avoir une
réelle communion entre eux sur tous les sujets essentiels, afin que leur vie
soit heureuse dans le Seigneur. Gardons-nous d’envoyer nos enfants dans le
monde pour y chercher un conjoint… Ils n’y trouveraient que des douleurs. En
cela comme en toutes choses, Dieu doit avoir l’initiative.
Jacob s’enfuit de devant la colère de
son frère, la conscience chargée par le mensonge et la tromperie par
laquelle il s’est emparé frauduleusement de sa bénédiction. Dans sa fuite,
il est dépouillé de tout: pour dormir, «il prit des pierres et s’en fit un
chevet» (v. 11). Nos péchés engendrent toujours
des conséquences dont Dieu se sert pour notre discipline, afin de nous
restaurer. La conscience de Jacob n’est pas encore touchée; sa
vie va connaître beaucoup de vicissitudes au cours desquelles il sera
maintes fois trompé, lui, le trompeur! Il est là, au plus bas, dans la nuit
morale (v. 11). Lorsqu’il reviendra de Padan-Aram, vingt ans plus tard,
après avoir lutté avec l’ange durant toute une nuit, un détail touchant nous
est donné: «le soleil se levait sur lui, comme il passait Péniel» (ch. 32.
31).
Dans ces circonstances difficiles et
dangereuses, Dieu va se révéler à lui comme le Dieu de grâce, car Jacob doit
apprendre comme nous-mêmes, qu’il n’a rien à donner à Dieu, mais tout à
recevoir. Dieu ne l’abandonne pas. Au contraire, il lui apparaît et lui fait
des promesses qui surpassent celles de son père (ch. 27 v. 28, 29); malgré
ces certitudes, il est saisi de peur. Dans nos défaillances, Dieu ne nous
abandonne jamais; mais Il peut commencer un travail dans nos cœurs quand
nous sommes dépouillés de nos prétentions. On lit en Osée 12. 13: «Et Jacob
s’enfuit dans la plaine de Syrie». Il quitte sa famille dans la crainte de
Dieu, réalisant qu’on ne peut se tenir devant Dieu en mauvais état
spirituel. Adam et Ève, déjà, ont eu peur après leur péché (ch. 3 v. 8-10).
Confessons nos péchés rapidement.
L’échelle dressée est le trait d’union
entre le ciel et la terre: Le Dieu de grâce va s’occuper de Jacob, le garder
et le ramener, par le moyen des «anges de Dieu qui montaient et descendaient
sur elle». En Jean 1. 50-52, on ne voit pas d’échelle, mais le ciel est
ouvert aux yeux de Nathanaël pour lui montrer le Fils de l'homme dans le
ciel. Car Nathanaël ne voyait en Jésus que «le Fils de Dieu… le roi
d’Israël» sur la terre. Mais le Seigneur lui montre qu’Il est à la foi sur
la terre et dans le ciel.
De retour de Padan-Aram, Jacob
rencontrant des anges dit: «C’est l’armée de Dieu» (ch. 32 v. 2). Les anges
sont des serviteurs de Dieu envoyés «en faveur de ceux qui vont hériter du
salut» (Héb. 1. 14). Ils servaient aussi le Seigneur Jésus dans les moments
solennels de sa vie: à sa naissance, au baptême au Jourdain, durant la
tentation au désert, et à Gethsémané.
Jacob appelle ce lieu-là: «Béthel»
(maison de Dieu). Ce n’est pas fortuit si Dieu amène Jacob à cet endroit
précis: c’est là qu’Il lui apparaît, et où Il peut le bénir; et c’est là
qu’il le ramènera en lui disant: «Monte à Béthel» (ch. 35 v. 1). Jacob avait
dressé une stèle ointe d’huile offerte à Dieu (v. 18); et Dieu lui montrera
qu’il a accepté cette offrande faite dans une piété craintive (ch. 31 v.
13). Dans toutes nos incertitudes, Dieu nous conduit à notre insu. Le
Seigneur avait prié pour Pierre avant même que celui-ci le renie (Luc 22.
32).
Jacob se souviendra toute sa vie des
soins d’amour de son Dieu: «Je ferai là un autel à Dieu qui m’a répondu au
jour de ma détresse» (ch. 35 v. 3). Souvenons-nous aussi de toutes ses
bontés pour nous et de ses promesses.
Au ch. 46 v. 2, Jacob apprend que
Joseph, toujours vivant, l’appelle en Égypte; mais il attend que Dieu lui
dise d’y aller sans crainte. Déjà, au ch. 31 v. 3, c’est Dieu qui lui dit de
partir de Charan et de retourner «au pays de ses pères». Il a appris la
dépendance de Dieu, alors que pendant longtemps, il faisait selon sa propre
volonté.
Sa propre volonté l’amène, d’ailleurs,
à faire un «marchandage» avec Dieu (ch. 28 v. 20-22). Il n’avait pas compris
qu’il était l’objet de grandes bénédictions, ce qui aurait dû le remplir de
joie et d’adoration, au lieu de la peur.
Dieu veut nous faire saisir toutes les
bénédictions qu’Il s’est proposé de nous donner, sur la terre, certes; mais
surtout dans le ciel. Sachons les recevoir de sa main.
Malgré son indigence, Jacob a eu à cœur
d’oindre la stèle qu’il avait dressée. L’huile est une image du Saint
Esprit, et Dieu a accepté cette offrande; au ch. 31 v. 13, il dit à Jacob:
«Je suis le Dieu de Béthel où tu oignis une stèle…». Au ch. 31 v. 45, «Jacob
prit une pierre et la dressa en stèle»: ces stèles rappelaient des
évènements marquants de sa vie. Pourtant, durant les vingt années qui
suivront, Jacob ne dressera pas d'autel et ne parlera pas à Dieu! Dieu devra
longuement discipliner Jacob afin qu’il fasse des progrès décisifs.
«Et Jacob se mit en marche, et s’en
alla au pays des fils de l’orient» (ch. 29 v. 1), là où Abraham avait
défendu que son fils Isaac retourne (ch. 24 v. 6). Mais Dieu le dirige vers
ce puits qui rappelle les difficultés d’Isaac avec les Philistins. Il ne
prie pas comme avait fait le serviteur d’Abraham. Mais, c’est là qu’il
rencontre Rachel. Au ch. 25 v. 27, Jacob est décrit comme un homme simple;
ici, on voit qu’il connaissait le travail de berger, dans sa conversation
avec les bergers de Charan (ch. 29 v. 7). Et Laban se servira de lui durant
vingt ans, comme d’un esclave en le trompant plusieurs fois; et Jacob le lui
reprochera amèrement (ch. 31 v. 38-42). Même ses filles le stigmatiseront
comme les ayant «vendues» comme des «étrangères» au v. 15! Laban n’avait pas
de relations avec Dieu. Cependant, Dieu se sert de ses tromperies pour
discipliner Jacob qui avait trompé son père et son frère, en achetant son
droit d’aînesse: «Ce
qu’un homme sème, cela aussi il le
moissonnera» (Gal. 6. 7; Es. 31. 1; Juges 1. 7). Le
Seigneur nous soumet aux conséquences de nos fautes envers nos semblables.
Mais sa fin sera plus brillante, la discipline ayant eu son œuvre parfaite
(ch. 35 v. 2, 3).
On attendait que tous les troupeaux
soient rassemblés devant le puits, pour abreuver le bétail (ch. 29 v. 8).
Mais Jacob, sans attendre, dès que Rachel est là avec son troupeau, prend
l’initiative de l’abreuver lui-même. Plus tard, dans ses circonstances
propres, Moïse fera de même pour le bétail de son beau père (Ex. 2. 15-17).
Et Dieu ne pouvait qu’approuver, même si, dans ces moments là, ni Jacob ni
Moïse ne parlaient de Dieu. Même fuyard, Jacob est un homme sensible: il
pleure en se faisant connaître à Rachel (v. 11) qu’il aimera toute sa vie.
Le v. 18 nous parle de son amour pour elle; et, les sept années qu’il servit
pour Rachel, «furent à ses yeux comme peu de jours, parce qu’il l’aimait»
(v. 20). Ici, Jacob est un type de Christ qui nous a aimés jusqu’à la mort
de la croix. Jacob a en lui ce puissant ressort de l’amour qui le soutiendra
durant toutes ces années.
Dès que Jacob se fait connaître, Rachel
court l’annoncer à son père; et celui-ci accourt, se souvenant, sans doute,
des richesses apportées par le serviteur d’Abraham, pour Rebecca (ch. 24),
et auquel il s’était empressé de dire: «Entre, béni de l’Eternel…» (v. 31).
L’attitude de Laban est tout d’abord amicale avec Jacob; mais un mois plus
tard (ch. 29 v. 15), tout change dans leurs relations, et sa cupidité se
fait jour. Là commence la discipline pour Jacob.
Malgré cela, la grâce divine fait de
Jacob un type de Christ s’occupant de la nation juive en premier (figurée
par Rachel), ayant reçu la Parole avant les nations (figurées par Léa)
(Matt. 10. 1-7): Jacob abreuve le bétail de Rachel en premier (v. 10). Puis,
Léa, sa sœur, lui sera donnée la première, tandis que Jacob devra travailler
sept ans de plus pour épouser Rachel. Israël, incrédule quant au Christ, est
mis de côté provisoirement, ne portant pas de fruits pour Dieu, tandis que,
dans un premier temps, c’est l’Église chrétienne qui prend sa place, formée
par beaucoup de croyants. Rachel, stérile, puis ayant un fils, est l’image
d’Israël qui, à l’aube et durant le millénium, recevra Christ et le servira
(ch. 30 v. 22). Christ règnera sur Israël et sur les nations (Es. 49. 5, 6).
Que la Parole soit parvenue aux nations après Israël, c’est par pure grâce,
à cause de l’incrédulité des Juifs. Paul et Barnabas annoncèrent la Parole,
d’abord aux Juifs, mais, ceux-ci la rejetant, ils l’annoncèrent aux nations
qui s’en réjouirent (Actes 13. 45-48). Jacob, proposant de travailler pour
avoir Rachel, représente le Seigneur qui, vrai serviteur aimant «son maître,
sa femme et ses enfants», n’a pas voulu «sortir libre» (Ex. 21. 5, 6).
A l’issue des sept premières années où
Jacob a travaillé pour acquérir Rachel, Laban organise les festivités du
mariage, et, en même temps, trompe Jacob, en lui donnant Léa! Si Jacob ne
s’aperçoit de rien, c’est que les femmes étaient voilées et étaient amenées
à leurs époux une fois la nuit tombée. Jacob, le trompeur, apprend ce que
c’est que d’être soi-même trompé… «De la même mesure dont vous mesurerez, il
vous sera mesuré en retour» (Luc 6. 38). Par ce subterfuge, Laban a obligé
Jacob à le servir sept ans de plus. Jacob a montré de la fidélité en ce
qu’il a servi avec patience: il est une figure de Christ qui a travaillé
pour acquérir Israël, mais n’a pu l’avoir à cause de l’incrédulité du
peuple. Il a dû travailler pour former l’Église et, de nouveau pour Israël
qu’Il obtiendra à l’aube de son règne. Pour le moment, Israël est mis de
côté (Matt. 23. 38, 39; Luc 13. 35). Comparer les v. 18 et 19 avec le v. 26,
montre que Laban a menti à Jacob, au sujet des coutumes du pays. Jacob se
soumet sans murmure (v. 28), peut-être conscient que l’Eternel lui impose
cette discipline, conséquences de ses propres fautes.
Rachel a dû lui être donnée peu de
temps après Léa (un semaine, v. 28). Il n’en continua pas moins de servir
Laban sept ans de plus (v. 30), temps pendant lequel les enfants sont nés
(v.31-35; ch. 30 v. 1-24)
Durant toutes ces années, Dieu use de
bonté envers Léa et lui donne tous ses enfants. Jacob est devenu polygame
sans l’avoir voulu, car il n’aimait que Rachel, tandis qu’il haïssait Léa
(v. 31). Lémec (Gen. 4. 19), est le premier polygame. Au v. 21; Jacob dit à
Laban: «donne-moi ma femme». Le
christianisme a supprimé la polygamie, car le mariage est une image de
l’union de Christ avec l’Assemblée (Eph. 5. 31). «… Que chacun ait sa
propre femme» (1Cor. 7. 2; Tite 1. 6).
Tolérée dans l’A.T., la polygamie, source de jalousie, de haine et de
désordre, était étrangère à la pensée de Dieu (Gen. 2. 24).
Léa semble s’être tournée vers Dieu,
dans son affliction, et Il a eu pitié d’elle (v. 31-35). Seulement au ch. 30
v. 22, Rachel, à son tour, semble avoir prié Dieu, «et Dieu l’écouta et
ouvrit sa matrice».
Le ch. 30 s’ouvre sur un entretien
houleux entre Jacob et Rachel; on ne les voit pas apporter leur peine à
Dieu, comme avaient fait Isaac et Rebecca (ch. 25 v. 21, 22). Et Rachel va
user des mêmes moyens misérables dont Sara avait usés avec Abraham, en lui
donnant sa servante. Durant ces quatorze ans, Jacob eut onze fils: six de
Léa, deux de Bilha, deux de Zilpa et un de Rachel. Un douzième naîtra de
Rachel, plus tard. Dans le compte des douze tribus d’Israël, Joseph sera
remplacé par ses deux fils: Ephraïm et Manassé. Lévi, dispersé dans les
autres tribus, comme tribu sacerdotale, n'aura pas d'héritage.
Dans tout ce désordre, Dieu est mis en
cause au v. 2, en ce qui concerne la stérilité de Rachel. Le monde n’agit
pas autrement, et le croyant doit se soumettre à la volonté de Dieu qui est
bonne pour lui. Jacob, Rachel et Laban ont le même comportement, bien que
Laban soit un homme du monde et Jacob un croyant… Demandons au Seigneur que
nous portions ses caractères à Lui, et non ceux du monde.
Les mandragores servaient de remèdes
et, peut-être de drogues aphrodisiaques; et Rachel les convoite et fait un
marché affligeant avec sa sœur pour les obtenir! Et si, à la fin de cette
épreuve pour Jacob et pour Rachel, Dieu ouvre enfin sa matrice (v. 22),
c’est aussi pour accomplir ses desseins; et, avec la naissance de Joseph, il
donne à Jacob l’héritier des promesses dont il était le dépositaire à ce
moment-là. Dès la naissance de ce fils tant désiré, Jacob comprend que le
moment est venu de revenir au pays de la promesse. Il servira à Charan six
ans de plus, pour acquérir un troupeau à lui; mais désormais, il sait qu’il
doit en partir.
Joseph est un type du Seigneur, mis à
part de ses frères, mais dont la grâce passera d’Israël aux nations, comme
cette «branche qui porte du fruit… et dont les rameaux poussent par-dessus
la muraille» (ch. 49 v. 22).
Le v. 25 commence une autre période de
la vie de Jacob. Il y a eu la période de Léa; puis celle de Rachel. Le
séjour de quatorze ans à Charan aurait pu s’arrêter là. Jacob semble décidé
à en partir sans salaire (v. 25, 26). Mais Laban, malgré ses bonnes
intentions apparentes (v. 27, 28), semble lui tendre un piège qui excite la
cupidité de Jacob. Et il le servira six ans de plus pour son bétail! Mais ce
sera six ans de perdus. Jacob fait valoir ses services, signifiant ainsi,
que Laban lui doit beaucoup; mais la fourberie de son beau-père est
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