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En bâtissant une ville et une tour (v.
4), on peut relever deux démarches dans le projet des hommes: 1°-
Se rassembler pour «se faire un nom» au
lieu de se disperser sur toute la terre comme Dieu le voulait. 2°-
S’élever «jusqu’aux cieux» — jusqu’à
Dieu. Cela a toujours été la convoitise de Satan qu’il a communiquée aux
hommes qui, de tous temps, ont cherché à s’élever pour être «comme Dieu»,
eux qui ne sont que «poussière» (ch. 3 v. 19). On peut y reconnaître aussi
la volonté humaine de s’élever toujours plus haut. Par opposition, le
Seigneur qui est Dieu «s’est abaissé Lui-même» (Phil. 2. 5-8). Mais
l’Eternel ne reste pas indifférent quant au comportement des hommes: «Et
l’Eternel descendit pour voir la ville et la tour…» (v. 5) qu’ils
bâtissaient en complète désobéissance à la pensée de Dieu. Il confond alors
leur langage de façon à ce qu’ils se dispersent afin de peupler la terre (v.
7, 8). «Et ils cessèrent de bâtir la ville» (v. 8). Lorsque Dieu Lui-même
s’oppose directement aux projets des hommes, ceux-ci sont impuissants (1
Thess. 5. 1-3). A l’insu des hommes, Dieu «descend» et voit leurs œuvres: en
Jonas 3, à la prédication du prophète, Ninive se repent de ses péchés et, au
v. 10, «Dieu voit leurs œuvres» et suspend son jugement sur la ville. De
même, pour l’état de souillure de Sodome et Gomorrhe, Dieu dit: «Je
descendrai et je verrai…» (Gen. 18. 21). Quand les hommes veulent s’élever
orgueilleusement, Dieu les abaisse: «Si tu
t’élèves… je te ferai redescendre» (Abd. 4).
«Associez-vous, peuples, et vous serez brisés»
(Es. 8. 9, 10). «Celui qui n’assemble
pas avec moi, disperse» (Matt. 12. 30). Dieu seul «réunit en un
les enfants de Dieu dispersés» pour les former en un seul corps. Aujourd’hui
plus que jamais, les hommes politiques travaillent à unir les peuples en une
seule «nation» mondiale; et cela, sans Dieu. A travers ce «langage» unique
que parlaient les hommes, on perçoit leur entente unanime pour agir en
contradiction à la volonté divine (v. 6). La
confusion des langues est un jugement qui ne sera pas ôté. En
Actes 2, l’Esprit Saint agit en puissance, et apparaît sur les disciples «en
langues divisées» (v. 4-11). Mais là, si la division des langues subsiste,
Dieu s’en sert en grâce, afin de proclamer l’évangile aux nombreux Juifs et
prosélytes venus de différents pays, à Jérusalem pour y adorer: Ces
juifs parlaient les langues des pays où ils vivaient et ne comprenaient pas
l'hébreu. Aussi, l’Esprit Saint fait-il proclamer dans leurs différentes
langues, «les choses magnifiques de Dieu» (v. 11). On retrouve ce jugement
divin sur les langues dans Apoc. 5. 9; 7. 9. C’est un principe permanent:
Dieu n’ôte jamais les effets de ses jugements, mais
Il donne toujours, alors, quelque chose de meilleur, dans sa grâce.
Si Dieu a confondu les langages des hommes, c’est afin qu’ils se
dispersent pour peupler la terre. Quand des hommes ne se comprennent plus,
ils se séparent. Aujourd’hui encore, on parle des barrières des langues
différenciant les hommes en nations et en cultures différentes. Malgré tous
les efforts humains pour unir ce que Dieu a dispersé, Dieu aura le dernier
mot. Christ seul, dans son royaume millénaire unira les hommes et remettra,
à la fin, le royaume à son Père, dans l’état éternel.
La généalogie de Sem est redonnée en
rapport avec l’origine d’Israël par Abraham, pour aboutir à Christ. Mais,
désormais, la vie humaine est très abrégée (v. 10; 25; 32). C’est du temps
de Péleg que la dispersion s’est réalisée, peut-être cent trente ans après
le déluge (ch. 10 v. 25; ch. 11 v. 10-16). On voit encore là, la patience de
Dieu! Dans le ch. 11 v. 10-26, il n’est rien dit des relations des hommes
avec Dieu; mais on lit ailleurs: «Vos pères, Térakh, père d’Abraham et père
de Nakhor, … ont servi d’autres dieux» (Josué 24. 2). Et, nous savons que
«sacrifier aux idoles, c’est sacrifier aux démons» (1 Cor. 10. 20). Mais
Dieu a choisi Abraham pour être le «tronc de l’olivier franc» d’où sortira
Israël, peuple choisi de Dieu.
Ce paragraphe donne la généalogie
d’Abraham et son appel à sortir d’Ur des Chaldéens, et l’origine de Lot, son
neveu. L’appel de Dieu était uniquement pour Abram (ch. 12 v. 1), mais
Térakh, son père, avec l’autorité caractérisant les chefs de familles de
l’époque, a entraîné toute sa famille à Charan, avec l’intention d’aller en
Canaan (v. 31), où Dieu voulait conduire Abram. Mais Térakh n’était pas un
homme de foi et, s’arrête là, très loin de Canaan. Sans la foi, l’obéissance
ne va jamais jusqu’au bout. La foi n’est pas de famille, mais individuelle.
Dieu se choisit une lignée de témoins
en Abram, qu’Il retire du milieu des chaldéens, peuple idolâtre. Avant le
déluge, Dieu avait des témoins individuels; maintenant, Il met à part une
famille d’où sortira le peuple de Dieu. Dieu avait dit à Abram:
«Va-t’en de ton pays, et de ta parenté, et de la
maison de ton père, dans le pays que je te montrerai» (ch. 12 v.
1). Mais il a fallu la mort de son père en Charan, pour qu’Abram s’en aille
réellement en Canaan (ch. 11 v. 32; ch. 12 v. 4; Actes 7. 3, 4 où il est
dit: «Le Dieu de gloire apparut à Abram.»).
Néanmoins, il emmène avec lui, Lot, son neveu dont il devra se séparer par
la suite (ch. 13). Matt. 10. 37 ne commande pas de ne pas aimer ses proches,
mais de laisser la première place au Seigneur. Comme Abram, nous pouvons
perdre du temps en n’obéissant pas entièrement. Nous retardons les
bénédictions de Dieu. Mais dans sa miséricorde, Dieu veut nous bénir malgré
tout, comme Il le promet à son peuple en Joël 2. 25: «Je vous rendrai les
années qu’a mangées la sauterelle…». En revanche, Caleb avait «pleinement
suivi l’Eternel» (Josué 14. 6-9). Dieu nous avertit en nous révélant les
fautes de ses serviteurs d’autrefois. Les promesses divines pouvaient faire
avancer Abram (ch. 12 v. 2, 3; ch. 13 v. 16, 17; ch. 22 v. 18), et Dieu est
fidèle pour accomplir pleinement ce qu’Il dit (Néh. 9. 7, 8). La foi est un
don de Dieu et s’appuie sur ses promesses: «Abraham crut l’Eternel; et Il
lui compta cela à justice» (ch. 15 v. 6): c’est déjà la justification par
la foi, et il est le «père» de tous les croyants
(Rom. 4. 11). Abraham tient une grande place dans l’épître aux Hébreux (ch.
11), et son obéissance est relevée (v. 8): appelé à offrir son Fils en
holocauste, il obéit, s’appuyant sur les promesses divines, pleinement
persuadé «que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts» (v.
17-19). La foi d’Abram a fait des progrès depuis son appel à sortir d’Ur.
Dieu est comme le potier qui forme patiemment un vase, une main à
l’intérieur et l’autre à l’extérieur. Dieu
travaille à nous rendre peu à peu semblables à Son Fils. De nous,
il n’entrera dans le ciel que ce que Christ aura produit en nous. Abram en
est un exemple. Cela produit force, joie, louange. C’est en rapport avec
Christ «la semence» d’Abraham, que les bénédictions divines parviennent aux
nations (Gal. 3. 14-16). Mais la «grande nation» (Gen. 12. 2), parle
d’Israël, le peuple de Dieu, dont Abram est la souche. Dieu accomplit
toujours ses promesses en son temps; nous-mêmes, appuyons-nous sur elles,
«car autant il y a de promesses de Dieu, en Lui est le oui et en Lui l’amen»
(2 Cor. 1. 20). L'épître aux Galates nous dit: «En toi — Abraham — toutes
les nations seront bénies» (ch. 3 v. 8); et «or, si vous êtes de Christ,
vous êtes la semence d’Abraham, héritiers selon la promesse» (ch. 3 v. 29).
Abram semble n’avoir pas eu la liberté
d’obéir à Dieu, durant la vie de son père, Térakh, qui conduisit toute sa
famille à Charan au lieu d’aller en Canaan, selon leur première intention.
Les idoles de Charan étaient les mêmes qu’à Ur, en Chaldée. Et Dieu voulait
qu’Abram s’en sépare. Dieu permet que Térakh meure, libérant Abram de
l’autorité paternelle. Alors, il obéit. La foi personnelle doit être libre
d’agir. L’obéissance de Térakh était légale et s’arrête en chemin. Abram
obéit par la foi et va jusqu’au bout: il entre en Canaan, avec Lot, son
neveu. La vraie obéissance est le fruit de la
foi, et tient ferme. Il se produit, dès lors, un changement
complet chez Abram (1 Thess. 1. 9, 10), bien qu’il eût les mêmes passions
que nous. Et il est devenu le père de la foi (Rom. 4. 11). Dieu prend soin
de lui, même dans ses chutes. Rejetons les idoles qu’offre le monde, et qui
peuvent encombrer notre cœur afin qu’il y ait de la fidélité dans notre vie
(2 Cor. 6. 17, 18; 7. 1). Sans doute, Abram, conscient de sa responsabilité
envers Lot, son neveu n’ayant plus de père, se charge de lui et l’emmène.
Abram n’aura pas toujours une bonne influence sur son neveu, en particulier
lorsqu’ils descendent en Égypte (v. 9-20), car ils en reviendront chargés de
troupeaux et de richesses.
Abram s’arrête à Sichem, près des
chênes de Moré (ch. 12 v. 6) et y bâtit un autel à l’Eternel qui lui révèle
qu’Il donnera ce pays à sa semence (v. 7). Plus tard, Jacob, abandonnant son
caractère de voyageur, bâtira une maison à Succoth et achètera un champ à
Sichem, contre la volonté de Dieu. Abram a
compris la pensée divine: il restera un voyageur et un adorateur de
l’Eternel, avec, pour seules possessions,
une tente et un autel. Dans le pays de
Canaan promis à sa semence, Abram n’a rien possédé; mais, riche des choses
promises, il «les a vues de loin et saluées» (Héb. 11. 13). Nous-mêmes avons
des promesses célestes, mais n’en jouissons, maintenant que par la foi.
Arrivé en Canaan, Abram est au milieu des ennemis (v. 7). Cela nous rappelle
que dans le ciel, le diable et ses anges occupent encore les lieux célestes
(Eph. 6. 12). Mais Dieu veut élever ses regards vers Lui. Lors de l’appel
d’Abram, «Le Dieu de gloire apparut à… Abraham» (Actes 7. 2, 3). Dans la
communion avec Dieu il était devenu un adorateur (v. 7). C’est au ch. 4 v.
26 que l’on a commencé «à invoquer le nom de l’Eternel». Les ch. 12 et 13
parlent de trois autels d’Abram: l’autel de
l’obéissance (ch. 12. 7); l’autel du
pèlerin (v. 8); l’autel du
renoncement, bâti à Hébron (ch. 13 v. 18). Il n’y aura pas autant
d’autels dans la vie de Jacob! Hébron est important dans la vie d’Abram, où
il jouit de la communion avec son Dieu, dans l’énergie de la foi.
Le ch. 15 v. 13-16 est typique de notre
époque: «l’iniquité des Amoréens n’est pas encore venue à son comble». Dans
les ténèbres morales de ce monde, nous devons y maintenir la lumière
céleste, comme Abraham au ch. 23 v. 6, où les «fils de Heth» lui disent:
«Tu es un prince de Dieu au milieu de nous».
«La montagne, à l’orient de Béthel» (v. 8), caractérise la proximité de Dieu
(la montagne), et la lumière morale céleste (l’orient) nous rappelant
«l’Orient d’en haut» (Luc 1. 78). Dans la communion avec Dieu, Abram bâtit
un autel et dresse sa tente à Béthel —la maison de Dieu. Jacob, dans la
mauvaise conscience qui était la sienne, trouvera ce lieu «terrible» (Gen.
28. 17). Mais en Gen. 35. 1, Dieu lui dit: «Monte à Béthel». Dans l’A.T.,
les richesses signifiaient la bénédiction de Dieu. Pour nous, elles peuvent
être un piège, étouffant la vie spirituelle, nous ôtant notre caractère
d’adorateurs. Ayons plutôt à cœur d'acquérir les richesses spirituelles, les
seules qui ont cours dans le ciel!
Dans ce récit d’une défaillance
d’Abram, Dieu nous instruit des dangers qui nous menacent, si nous nous
éloignons de Lui: «Abram partit, marchant… vers le midi» (v. 9). Il
s’éloigne de Béthel, la maison de Dieu. Alors Dieu permet une famine (v.
10), mettant à l’épreuve la foi d’Abram qui descend en Égypte, cherchant à
échapper à la famine, oubliant les ressources infinies de Dieu. Plus tard,
au cours d’une autre famine, Élimélec partira de Bethléhem, la maison du
pain, pour les champs de Moab… (Ruth 1. 1, 2). Une difficulté peut n’être
qu’une épreuve de la foi, et ne signifie pas forcément qu’on n’a plus la
communion de Dieu. Abram s’engage dans un chemin qui descend (v. 10).
Lorsqu’il reviendra, il montera pour revenir au lieu où il avait son autel
au commencement (ch. 13. 1-4). Si nous nous
éloignons de Dieu nous perdons notre caractère d’adorateur.
Béthel (la maison de Dieu) est importante; Dieu dira à Jacob: «Monte à
Béthel…» (ch. 35 v. 1); il a obéi sans y rester. Au ch. 28 v. 17, il avait
trouvé ce lieu: «terrible», conscient que Dieu était là.
Ce chapitre parle de la première famine
relatée par les Écritures. Au ch. 26 v. 1, au cours d’une autre famine,
«Isaac s’en alla vers Abimélec, roi de Guérar». Ici, la famine ne semble pas
avoir un rapport direct avec l’état d’Isaac, c’est simplement: «une famine».
Un croyant s’appuyant sur Dieu surmontera une épreuve sans faillir (Habakuk
3. 17-19). Comment réagissons-nous dans une épreuve? Comme Abram qui n’était
pas un mondain mais qui cherchait des ressources en Égypte? Comme Jonas qui
s’enfuit désobéissant à Dieu? Ou comme Paul, en prison, mais qui est en
bénédiction au geôlier de Philippes (Actes 16. 29-34)?
C’est le Pharaon lui-même qui chasse
Abram: «Va-t’en» (ch. 12 v. 19): C’est le même mot qui a chassé Adam du
jardin d’Éden. Pourtant, Abram n’a pas tout à fait compris la leçon, ou l’a
oubliée, car il commettra la même faute au ch. 20. Nous avons souvent besoin
de réapprendre les mêmes leçons! Abram pèche contre sa femme qu’il oblige à
mentir et qu’il «vend», moralement, pour assurer sa propre sécurité: «La
crainte des hommes tend un piège» (Prov. 29. 25). En Égypte comme à Guérar
(ch. 20), sa vie était un contre-témoignage. Si
nous perdons la communion avec le Seigneur, nous connaîtrons des
difficultés. Elie ayant tenu ferme devant Achab, s’enfuit devant
Jésabel. On peut penser qu’Abram a été restauré, mais il y a eu des
conséquences de son séjour en Égypte: de grands troupeaux qui ont occasionné
des difficultés avec Lot qui, lui-même, a convoité la plaine de Sodome et
ses terribles conséquences; et une servante Égyptienne, Agar, et les
désordres qui s’ensuivirent dans la vie d’Abram. Au ch. 20, il devra
confesser publiquement sa faute (v. 11-13). Dieu prend toujours les choses
en main, pour le bien de ses enfants (1 Chr. 16. 21, 22; Zach. 3. 2).
Pierre, dans le palais du souverain sacrificateur, n’était pas à sa place,
et il y aura de terribles conséquences. David, en son temps, réfugié à
l’étranger, prend peur et «fait l’insensé» pour échapper aux conséquences de
sa faute (1 Sam. 21. 11-13), mais revient de belle manière au ch. 22. Abram,
pris dans ses difficultés, ne sait plus que faire: Alors Dieu intervient et
le délivre (v. 17-20).
Ces chapitres nous mettent en garde
contre les défaillances de notre foi qui produisent toujours des
conséquences désastreuses dans notre vie et dans le témoignage. Tenons ferme
en restant bien près du Seigneur; Alors nous pourrons dire «Par toi, je
courrai au travers d’une troupe; par mon Dieu, je franchirai une muraille»
(2 Sam. 22. 30; Ps. 18. 29).
Ce ch. nous instruit sur les caractères
opposés de deux croyants: L’un (Abram), marchait par la foi; l’autre (Lot),
avait le monde dans son cœur, et en a trouvé le chemin.
Un croyant qui fait une chute
spirituelle a besoin d’une restauration: Dieu travaille en lui pour le faire
revenir au point où il a abandonné le bon chemin. En Égypte, Abram n’avait
plus son autel, et ne pouvait plus adorer; mais il revient
«au lieu où était l’autel qu’il y avait fait
auparavant» (ch. 13 v. 4). Une chute n’arrive pas du jour au
lendemain; et le relèvement est quelquefois long et difficile! Au ch. 12,
l’Eternel délivre Abram du piège où il était tombé. Mais, au ch. 13, Abram
revient au point où il retrouve son autel et la communion avec son Dieu.
Malgré sa faiblesse, Abram est un juste, pieux et fidèle: «le juste tombe
sept fois et se relève» (Prov. 24. 16). «Est-ce qu’on tombe et qu’on ne se
relève pas? Est-ce qu’on se détourne et qu’on ne revient pas?» (Jér. 8. 4).
«Revenez à moi, et je reviendrai à vous» (Mal. 3. 7).
«Si tu reviens… dit l’Eternel, reviens à moi»
Jér. 4. 1). «Reviens…, l’infidèle… je ne ferai pas peser sur vous
un visage irrité, car je suis bon» (Jér. 3. 12). Cette restauration même
partielle (car au ch. 20, il retombera de la même manière), lui montre qu’il
convient de prendre une décision quant à ses relations avec Lot: la
séparation d’avec son neveu, dont il a eu le temps de jauger l’état
d’esprit, devient indispensable: «Deux hommes
peuvent-ils marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord?» (Amos
3. 3). La communion retrouvée, Dieu «dit à Abram…» (ch. 13. 14), et l’invite
à lever ses yeux vers ce qu’Il veut lui donner (v. 14 à 16). Les richesses,
dans l’A.T., résultaient de la bénédiction de Dieu; mais ici, elles ont
engendré de grandes difficultés (v. 7, 8). La même situation se retrouvera
entre Jacob et Ésaü (Gen. 36. 6, 7). «Ne me
donne ni pauvreté ni richesse…» (Prov. 30. 8). Bien qu’Abram
reconnaisse que Lot et lui sont frères, il constate que «le pays ne pouvait
les porter… et ils ne pouvaient habiter ensemble». Ils étaient dans un pays
où «le Cananéen et le Phérésien habitaient»: les querelles entre leurs
bergers respectifs risquaient de s’étendre à eux-mêmes, et à porter un
mauvais témoignage auprès des «Cananéens et des Phérésiens qui habitaient
alors le pays» (v. 7). 1 Cor. 6. 1-8 nous met en garde contre les disputes
entre frères, et les procès devant les incrédules. Abram réalise, avant la
lettre, les exhortations de Phil. 2. 3 et 4. 5. Les bergers de Guérar et
ceux d’Isaac, se disputeront aussi (Gen. 26. 20). On voit, à cette occasion,
la douceur d’Isaac. «Avant que la dispute
s’échauffe, va-t’en» (Prov. 17. 14). La bénédiction d’Abram
valait mieux que l’herbe riche pour les troupeaux de Lot. Celui-ci lève un
regard de convoitise vers les riches pâturages des plaines de Sodome lui
rappelant les richesses de l’Égypte d’où il venait. C’est Dieu qui dit à
Abram: «lève tes yeux et regarde…» (v. 13. 14). Abram s’attache aux
bénédictions divines. Lot marchait, jusqu’ici, avec la foi d’Abram. Mais il
s’éloigne vers le monde, progressivement: d’abord «dans la plaine; puis,
jusqu’à Sodome» (v. 12); et «dans Sodome» (14. 12); enfin «à la porte de
Sodome», comme un juge (ch. 19. 1, 9). «Là où
est ton trésor, là aussi sera ton cœur» (Matt. 6. 21). Les
enfants doivent marcher avec la foi de leurs parents d’abord, mais ensuite,
s’attacher personnellement à suivre le Seigneur. Les habitants de Sodome
étaient connus «… grands pécheurs devant l’Eternel» (v. 13). Lot n’ayant pas
consulté l’Eternel, pensait pouvoir se garder de leur influence, mais cela
était impossible. La propre volonté entraîne
toujours loin de Dieu et crée des difficultés: Abram descend en
Égypte (12. 10); Lot choisit pour lui… (ch. 13. 11); Deux tribus d’Israël,
plus tard, feront leur choix personnel, contre la volonté divine (Nom. 32.
1-5). Ce sont les œuvres de la chair (Gal. 5. 19-21). Renonçons à nos choix
personnels sans Dieu. «Lève tes yeux…» (v. 14); «Lève-toi» (v. 17), nous
invitent à prendre connaissance de nos bénédictions célestes en Christ, et
de nous en emparer (Josué 1. 3), en nous y promenant «en long et en large»
en étudiant la Parole.
Le choix de Lot, fruit de ses
convoitises, se révéla désastreux: La convoitise entretenue dans le cœur
aveugle et enfante le péché (Jac. 1. 14, 15). Le premier choix que tout
homme est invité à faire, c’est: «choisis la vie
afin que tu vives» (Deut. 30. 19). Abram a laissé Dieu choisir
pour lui car il ne convoitait pas, et a obtenu le pays tout entier. «Nos
pères se sont confiés en toi… Tu les as délivrés» (Ps. 22. 4). «Les cordeaux
sont tombés pour moi en des lieux agréables» (Ps. 16. 6). Pouvons-nous dire
la même chose? Levons les yeux vers Christ en qui nous avons un héritage
céleste, afin de nous y «promener en long et en
large» (v. 17). Et comme Abram qui ne possédait rien dans le pays
promis (Héb. 11. 13), prenons possession par la foi de ce qui nous est
réservé pour plus tard. Le Cantique des Cantiques nous exhorte à discerner
au milieu des attraits du monde, «les tanières des lions, les montagnes des
léopards», c'est-à-dire les terribles pièges cachés derrière ses séductions
(ch. 4 v. 8). Bien que croyant, Lot dont le cœur est rempli de convoitises,
a une vue bornée et ne voit pas plus loin que ses intérêts immédiats (2 Pi.
1. 8, 9). Abram doit «lever ses yeux» et considère tout le pays qui lui est
promis (ch. 13 v. 14-17). Dieu l’invite à se «promener» dans son futur
héritage, ainsi qu’Il le fera pour Josué: «Tout lieu que foulera la plante
de votre pied, je vous l’ai donné» (Josué 1. 3).
«Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ
est assis à la droite de Dieu; pensez aux choses qui sont en haut, non pas à
celles qui sont sur la terre» (col. 3. 1, 2). Revenu à son point
de départ après s’en être éloigné, Abram, à la fin du ch. 13, a fait des
progrès, et il bâtit un nouvel autel à l’Eternel (v. 18). Le croyant fidèle
et pieux s’élève vers la lumière «jusqu’à ce que le plein jour soit établi»
(Prov. 4. 18). Abram «habita auprès des chênes de Mamré — vigueur —, qui
sont à Hébron, la ville de la communion» (v. 18). Le croyant obtient la
vigueur spirituelle dans la communion habituelle avec Dieu. Alors, il peut
adorer. Abram était caractérisé par ses autels; Isaac par ses puits (ch. 26
v. 17-22); et Jacob par ses stèles (Gen. 28. 18; 31. 45; 35. 14; 35. 20).
Ce troisième autel d’Abram caractérise son
renoncement aux intérêts terrestres, pour s’attacher aux
célestes. C’est un modèle pour nous aussi, afin de répondre à l’amour divin.
Le ch. 14 montre le premier conflit
relaté dans la Parole. Mais la Bible n'est pas un livre d'histoire, et si
Dieu nous relate ce conflit, c'est que nous avons une leçon morale à
apprendre. Lot vit au milieu d’un monde déchiré par la guerre et en sera la
victime: S’il a été libre jusque là, le voilà prisonnier (v. 12)! Abram, par
contraste, vit à l’écart, sur les hauteurs de la communion avec son Dieu:
«Qu’un tesson conteste contre des tessons de la terre» (Es. 45. 9). Et,
apprenant que «son frère» est captif, il entre en campagne avec trois cent
dix-huit hommes exercés, et défera les rois précédemment vainqueurs (v.
13-16). Ne nous mêlons pas des querelles du
monde, fruits des convoitises des hommes (Jac. 4. 1-4), car nous
en serions bientôt les prisonniers. C’est la foi d’Abram qui a délivré Lot,
un croyant aux aspirations terrestres. C’est par la prière de la foi que
nous pouvons contribuer à la délivrance d’un frère qui s’égare dans le
monde. «N’entre pas dans le sentier des méchants, et ne marche pas dans la
voie des iniques. Éloigne-t’en, et passe outre» (Prov. 4. 14). Au contraire:
«Fils, écoutez l’instruction d’un père et soyez attentifs pour connaître
l’intelligence; car je vous donne une bonne doctrine: n’abandonnez pas mon
enseignement» (v. 1, 2). L’action d’Abram est le fruit de sa force
spirituelle puisée dans sa communion avec l’Eternel. L’amour d’Abram pour
son frère venait de son grand amour pour Dieu (1 Jean 4. 20, 21). «L’ami
aime en tout temps, et un frère est né pour la détresse» (Prov. 17. 17).
Aimons nos frères en pratique, manifestant ainsi que nous aimons Dieu. La
foi fait trois choses: Elle purifie le cœur
— salut par grâce, par la foi — (Actes 15. 9); elle opère par l’amour
(Gal. 5. 6); elle est victorieuse du monde (1 Jean 5. 4). On voit tout cela
chez Abram: Gen. 13. 18; 14. 14; 14. 15, 23.
Quatre rois luttant contre cinq autres
mettent en jeu des forces considérables, représentant Babylone, la Perse, la
Cappadoce et l’Asie mineure, contre Sodome, Gomorrhe, Adma, Tséboïm et Béla.
Ces dernières villes seront détruites par Dieu Lui-même. Parmi elles, Tsoar
où Lot se réfugiera, sera épargnée. Dieu permet qu’un homme réchappé
rapporte l’affaire à Abram, qui se met en campagne avec trois cent dix-huit
hommes «exercés» et tous «nés dans sa maison» (v. 13, 14), et poursuit les
rois jusque vers Damas, très au nord du pays. Les enfants nés dans la maison
de parents croyants sont-ils exercés et prêts à combattre pour leur foi?
Sont-ils «forts parce qu’ils ont vaincu le
méchant» (1 Jean 2. 13, 14)? Abram, par la foi, combat ces rois
et les défait. Gédéon, plus tard, vaincra avec trois cents hommes, et sans
armes! Si Dieu est avec nous l’ennemi ne peut rien faire. Abram ramène tout
le peuple et tous les biens, ainsi que Lot et tout ce qui est à lui: sa foi
n’a pas défailli, il est victorieux. Dieu a combattu pour Abram (l’ami de
Dieu), et Lui a donné la victoire. Ces combats
des rois n’intéresse Abram que lorsqu’il apprend que Lot, son frère est
prisonnier. Dans nos combats, deux faits interviennent: le côté
de Dieu qui est puissant pour notre délivrance et pour nous donner la
victoire; et de notre côté, nous devons être prêts à combattre avec foi,
étant exercés et revêtus de «l’armure complète de Dieu, afin que, au mauvais
jour, vous puissiez résister et, après avoir tout surmonté, tenir ferme» (Eph.
6. 13). L’armure ne doit jamais être quittée. Ce récit nous est rapporté en
rapport avec Lot qui est un enfant de Dieu. Dieu prend soin des siens. Comme
Abram, soyons «zélés pour les bonnes œuvres» (Tite 2. 14); et «prêts à toute
bonne œuvre» (ch. 3 v. 1). Soyons prêts en tout temps. «Toi donc, mon
enfant… prends ta part des souffrances comme un bon soldat de Jésus Christ»
(2 Tim. 2. 1-4), et «ne nous embarrassons pas dans les affaires de la vie».
«Combat le bon combat de la foi» (1 Tim. 6. 12).
«Quand un membre souffre, tous les membres
souffrent avec lui» (1 Cor. 12. 26). L’action d’Abram envers Lot
en est une illustration.
Dieu a donné à Lot l’occasion de
repartir de façon heureuse, en rejetant ce qui avait caractérisé sa vie
passée. Mais Lot n’en a rien fait! Dieu doit
nous garder avant, pendant et après la bataille. C’est pourquoi
Il envoie à Abram, après sa victoire, Melchisédec, «sans père, sans mère,
sans généalogie…» (Héb. 7. 1-3), merveilleux type du Seigneur Jésus. Il
bénit Abram en sa qualité de «roi de justice» et de «roi de paix».
Melchisédec élève les pensées d’Abram vers le «Dieu
Très-haut», (nouveau titre de Dieu),
pour qu’il ne s’attribue pas la victoire. C’est Dieu qui combat
et qui nous rend victorieux. Ce personnage mystérieux est un personnage
prophétique, car actuellement, le Seigneur exerce la sacrificature selon
l’ordre d’Aaron, pour nous qui sommes encore sur terre. Durant le millénium,
Il l’exercera «à perpétuité, selon l’ordre de Melchisédec» (Ps. 110. 4; Héb.
7. 1-10).
La victoire d’Abram sur le monde (v.
21-24), est prophétique des victoires que nous sommes appelés à remporter
avec le Seigneur, ainsi que celles que connaîtra le résidu fidèle des Juifs,
avant le millénium.
Melchisédec encourage et réconforte
Abram, en apportant le pain et le vin, signe de sa communion avec Dieu, dans
sa vie habituelle et dans son combat. Fortifié et instruit par Melchisédec,
Abram repoussera les offres du roi de Sodome. D’ailleurs, Genèse 15 v. 1 se
relie au ch. 14 v. 18-24: Abram, ayant rejeté énergiquement les richesses
immenses que le roi de Sodome lui offrait, Dieu peut lui dire avec bonheur:
«… Moi je
suis ton bouclier et ta très grande récompense» (ch. 15 v. 1).
Fortifié par sa rencontre avec
Melchisédec qui a élevé ses yeux vers «le Dieu Très-haut», Abram refuse de
se laisser lier par les dons du roi de Sodome: il rejette «depuis un fil
jusqu’à une courroie de sandale» (v. 23). Après une victoire spirituelle,
nous sommes en danger de nous laisser circonvenir par le diable qui est prêt
à nous enrichir des biens terrestres pourvu qu’on lui laisse les âmes! Dans
l’Apocalypse, on trouve des marchands «d’âmes des hommes» (ch. 18 v.
11-13). La Parole nous exhorte à nous séparer moralement du monde (2 Cor. 6.
14-17). Liés par les faveurs du monde, nous serions irrésistiblement
entraînés et plongés dans sa propre corruption! Prenons garde aux «petites
compromissions», le diable s’en sert pour nous prendre dans ses filets… Il
ne devait y avoir aucun levain dans les habitations des Israélites, durant
les sept jours de la pâque (Ex. 12. 19, 20). La pensée développée tout au
long de l’histoire de Samson, était de le «lier»; et, à la fin, il est
réellement lié et impuissant à se libérer comme il croyait pouvoir le faire.
On lui a crevé les yeux et il n’a jamais retrouvé sa liberté (Juges 16).
Dieu veut nous «enrichir» de Christ et des bénédictions célestes. Ayant
refusé les récompenses du roi de Sodome, désormais, Abram a Dieu Lui-même
pour sa «très grande récompense» (ch.15 v. 1).
Le roi de Sodome, vaincu et dépouillé
de tous ses biens, réclame à Abram, le grand vainqueur, ce qui ne lui
appartient plus! Mais, comme un «homme fait», Abram a «par le fait de
l’habitude, les sens exercés pour discerner le bien et le mal» (Héb. 5. 14).
S’il s’était laissé séduire, il serait devenu «ami du monde et ennemi de
Dieu» (Jac. 4. 4). Satan n’agit pas autrement lorsqu’il enrichit quelqu’un
avec ce qui appartient à Dieu, «possesseur des
cieux et de la terre» (v. 19, 22). Il voulait donner au Seigneur
«tous les royaumes» de la terre qu’il lui montrait du haut d’une montagne
(Matt. 4. 8, 9); royaumes dont le Seigneur est le dominateur. Tout ce qui
appartient à Dieu appartient aussi à ses enfants. Envoyé spécialement par
Dieu pour cette circonstance particulière, Melchisédec apparaît brusquement
et disparaît de la même manière abrupte. Il en sera de même pour Philippe
auprès de l’eunuque (Actes 8. 26-39), et pour Ananias auprès de Paul (Actes
9. 10-18).
Aner, Eshcol et Mamré, hommes du pays
des Amoréens et alliés d’Abram, (Gen. 14. 13; 24) ont accompagné Abram dans
son combat contre les rois du monde. Mais Abram s’engage dans ce combat avec
sa seule foi en Dieu. Ses alliés le suivent mais la foi est individuelle et
ne se partage pas: il faut une relation personnelle avec Dieu. Abram prend
clairement position envers Dieu: «J’ai levé ma main vers l’Eternel…» (v.
22). Son engagement ferme lui a donné la force de résister victorieusement
aux tentations du roi de Sodome. Daniel, plus tard, a «arrêté dans son cœur
de ne pas se souiller avec les mets délicats du roi» (Dan. 1. 8). De même,
lorsque Belshatsar veut le récompenser pour avoir déchiffré l’inscription
sur le mur, il lui répond sans ambages: «Que tes
présents te demeurent et donne tes récompenses à un autre» (Dan.
5. 17).
A l’exemple de ces grands hommes de foi
du passé, soyons fermes pour rejeter les offres perfides du monde pour nous
attacher aux biens de l’héritage céleste que nous avons en Christ, notre
Seigneur.
Ce chapitre montre la grâce de Dieu
envers Abram, en confirmant sa promesse au sujet de sa semence, et en
s’engageant. Selon la coutume de ce temps-là (Jér. 34. 18), Abram doit
partager en deux parties des animaux, au milieu desquelles Dieu passe, Lui
seul, sous forme d’un «brandon de feu» (v. 17):
c’est une promesse inconditionnelle n’engageant que Dieu. La foi
d’Abram s’est manifestée dans son combat victorieux contre les rois, et dans
son refus des richesses du roi de Sodome. Dieu se fait alors connaître comme
Celui qui donne bien davantage. Au ch. 22, Il se fera connaître de manière
encore plus précieuse, car «les secrets de l’Eternel sont pour ceux qui le
craignent» (Ps. 25. 14). Le «bouclier» d’Abram, ce ne sont pas ses trois
cent dix-huit hommes avec lesquels il a combattu, ni sa stratégie: «Il
divisa sa troupe, et se jeta sur eux de nuit» (ch. 14 v. 15), mais c’est
Dieu Lui-même; le terme «bouclier» signifie le grand bouclier protégeant les
combattants de tous côtés. L’Eternel lui dit: «Ne crains point». Daniel,
Paul par ex., entendront cet encouragement. Dieu se révèle aussi comme «sa
très grande récompense» (v. 1), et non les biens du monde.
«L’Eternel est la portion de mon héritage»
(Ps. 16). Tirons des conséquences pratiques des grandes promesses que nous
avons reçues. Abram a dû être affecté de voir Lot qu’il avait délivré,
retourner à Sodome! Si Dieu nous délivre d’une situation fâcheuse due à
notre propre volonté, n’y retombons pas…
Abram est le premier qui s’adresse à
Dieu en ces termes: «Seigneur Eternel…» (v. 2). Puis, il y aura Moïse (Deut.
3. 24, 25; 9. 26) à qui Dieu refuse l’entrée dans le pays promis; Josué,
après la défaite d’Aï (Josué 7. 7); Gédéon recevant les ordres de Dieu
(Juges 6. 22); Samson à la fin de sa vie (Juges 16. 28); David, dans le
sentiment de la grâce de Dieu envers lui (2 Sam. 7. 18, 19, 20, 29); Salomon
terminant sa prière (1 Rois 8. 53); Jérémie lors de l’appel de Dieu (Jér. 1.
6); Amos, à l’évocation des jugements divins sur le peuple (Amos 7. 2-5).
Cette expression révèle une profonde émotion.
Dieu parle avec Abram et non avec Lot, duquel Il a pourtant pris soin.
Ce ch. nous présente
l’héritier et l’héritage. Mais Abram n’avait encore ni l’un ni
l’autre; (Etienne le rappellera en Actes 7. 5). D’où la question d’Abram:
«que me donneras-tu?» (v. 2). Dieu veut tourner Abram, non sur la possession
immédiate des choses promises, mais sur la promesse elle-même. Quant à nous,
levons nos yeux en haut, car nous avons des promesses célestes en Christ.
Les biens terrestres sont de la poussière (2 Cor. 4. 18). La foi d’Abram et
de Saraï est mise à l’épreuve (Héb. 11. 11, 12): quand l’homme se reconnaît
impuissant, Dieu se plaît à agir: tout doit venir de Dieu et non de l’homme.
Le peuple, plus tard, voudra marcher par la vue: «fais-nous un dieu qui
aille devant nous» (Ex. 32. 1). Avant que Dieu fasse les promesses du ch.
15, il fallait qu’intervienne Melchisédec, type de Christ de qui découlent
toutes les bénédictions célestes. Sarah enfantant un fils alors que son sein
était «en état de mort» (Rom. 4. 19), évoque la vie après la résurrection du
Seigneur, vie qui est aussi celle de tous les croyants.
L’héritier promis est placé sur le terrain de la
résurrection.
Les oiseaux de proie rappellent ce qui
nous empêche de jouir des promesses célestes. Au moment où Dieu s’engage,
Abram dort, comme mis de côté. On pense également au «profond sommeil»
d’Adam, d’où Ève est sortie! En Exode 19 v. 8 et 24 v. 7, le peuple
s’engagera aussi, vis à vis de Dieu. Cependant, il révèlera son incapacité à
assumer sa responsabilité. Nous, nous recevons ces bénédictions célestes par
pure grâce, car nul ne peut s’engager devant Dieu à une vie sans faiblesse.
Seul Dieu compte les étoiles (Ps. 147. 3, 4); ni Abram ni personne n’en est
capable. La foi s’empare sans discutions des déclarations divines et prend
Dieu au mot, car Il ne peut ni se tromper ni mentir:
Dieu parle, je le crois…
En Gen. 12. 2, 3, Dieu révèle à Abram
qu’il sera une bénédiction pour toutes les familles de la terre. «Je te
bénirai et je multiplierai abondamment ta semence» (Gen. 22. 16, 17). «Et
toutes les nations de la terre se béniront en ta semence» (v. 18). Le ch. 15
parle essentiellement de bénédictions terrestres de la descendance d’Abram.
Le v. 5, qui parle des «étoiles» (objets célestes pouvant faire penser à la
semence céleste d’Abram), met simplement Abram au défi de compter les
bénédictions de Dieu, concernant sa descendance. Comme il est impossible de
compter les étoiles, Abram ne pouvait pas mesurer l’étendue de sa semence.
Cependant, Gen. 22. 18 parle spécialement du Seigneur Jésus, vraie semence
d’Abram (Gal. 3. 16), seule source de toutes bénédictions. Il y a cependant
deux semences d’Abram:
la terrestre (Israël), et
la céleste, (les chrétiens dont les
bénédictions sont essentiellement célestes). Abram reçoit ces promesses par
la foi, en toute simplicité. La vie d’Abram est basée toute entière, malgré
des défaillances, sur la foi aux promesses divines. L’offrande de son fils
Isaac sur qui reposaient les promesses (ch. 22), en est l’expression la plus
élevée: Il a «estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts,
d’où aussi, en figure, il le reçut» (Héb. 11. 19).
«Je suis l’Eternel qui t’ai fait sortir
d’Ur des Chaldéens» (v. 7), est là comme une «signature» de Dieu pour
authentifier la promesse. Abram se nourrit de la Parole de Dieu, comme nous
y sommes tous appelés (Ps. 105. 42). La réalisation des promesses peut se
faire attendre pour exercer notre patience (jusqu’à ce qu’elle ait «son
œuvre parfaite») (Jac. 1. 4), et notre foi, mais elle se produira sûrement.
L’Eternel va s’engager pour prouver à Abram la fermeté de Sa promesse: il
demande à Abram de sacrifier et de partager les animaux en deux afin de
passer au milieu, coutume pour établir la validité de tout serment (Jér. 34.
18). Seuls, tourterelle et jeune pigeon (animaux de caractère céleste), ne
sont pas partagés. Mais Dieu seul s’engage, là, car lui seul passe au
milieu, sous la forme d’un brandon de feu (v. 17). La responsabilité d’Abram
qui dort à ce moment-là, est mise de côté, quant au serment. Oiseaux de
proie du v. 11, profond sommeil, frayeur, suggèrent
l’action de l’ennemi voulant nous ôter
toute jouissance des promesses divines (Job 4. 12-14). Ici, Abram chasse ces
oiseaux, nous rappelant qu’il nous appartient de tenir l’ennemi en échec, en
ce qui concerne notre communion avec Dieu. La fournaise (v. 17), rappelle
que le peuple devait souffrir tout au
long de son séjour terrestre. C’est aussi le sort de l’Église sur la terre.
Ces sacrifices rappellent celui de Christ, grâce auquel les promesses faites
à Abram, l’alliance unilatérale (v. 18), sont rendues possibles. Toutes les
alliances voulues par l’Eternel, ont toujours été scellées par des
sacrifices rappelant celui du Seigneur (Héb. 9. 18). Contrairement à la
signification du mot: alliance (deux parties qui s’unissent),
Dieu seul s’engage inconditionnellement,
sans rien exiger d’Abram. Dieu lui fait des révélations extraordinaires en
ce qui attend le peuple futur: sa longue captivité et sa délivrance, au
moment où «l’iniquité des Amoréens sera venue à son comble» (v. 16). La
précision des prophéties des Écritures va toujours croissant. L’Église
elle-même sera enlevée au ciel lorsque l’iniquité du monde arrivera à son
paroxysme. Au temps où le Seigneur était sur la terre, l’iniquité des
pharisiens a atteint son comble (Matt. 23. 30-32): se croyant meilleurs que
leurs pères qui avaient mis à mort les prophètes, eux allaient crucifier le
Seigneur de gloire! Le peuple fut jugé, déporté, dispersé. Quant aux limites
du pays assigné à Abram (v. 18-21), elles n’ont jamais été atteintes par le
peuple qui n’a pas dépossédé entièrement les ennemis et s’est mélangé à eux.
Avons-nous conquis tout le «territoire» spirituel qui nous est dévolu?
Les ch. 15 et 16 sont liés. Au ch. 15,
Abram reçoit la promesse d’une «semence». Au ch. 16, une action est
entreprise pour réaliser cette promesse de manière charnelle, dans
l’impatience de l’homme. Dieu demande de la
patience en ce qui concerne les promesses: «Soyez imitateurs de
ceux qui par la foi et par la patience, héritent ce qui avait été promis» (Héb.
6. 12). Dieu accomplit ses propres promesses en son temps à Lui, mais
l’homme montre toujours son impatience, même dans les choses de Dieu,
surtout si la réalisation de la promesse se fait attendre. Lorsque Saraï
donne sa servante à son mari, cela faisait dix ans qu’Abram vivait en Canaan
(v. 3), et avait reçu la première promesse d’une descendance (ch. 12 v. 2).
La foi vacille, car l’épreuve est longue et… s’allongera encore! Cette
défaillance aura des conséquences jusqu’à nos jours: Ismaël est l’ancêtre
des Arabes, toujours ennemis d’Israël. Saraï a conscience que «l’Eternel l’a
empêchée d’avoir des enfants» (v. 2); mais elle
aurait dû prier au lieu de se révolter, et d’employer des moyens
charnels pour en avoir, avant le temps assigné par Dieu. Car Dieu attend
souvent que les hommes atteignent le fond de leur impuissance, pour se
glorifier dans sa toute-puissance. La foi d’Abram et de Saraï était mise à
l’épreuve jusqu’à ce que, humainement, il leur devint impossible d’avoir des
enfants (Héb. 11. 11, 12). Que Dieu nous garde dans l’épreuve de notre foi.
Naomi aussi dit: «… la main de l’Eternel s’est étendue contre moi» (Ruth 1.
13); et Jacob dira: «toutes ces choses sont contre moi» (Gen. 42. 36),
ignorant, l’un et l’autre, que la grâce divine préparait pour eux des
bénédictions bien meilleures. En contraste, Anne
«répandait son âme devant l’Eternel» (1 Sam. 1. 15), et Dieu
l’exauça (v. 20). Au ch. 43 de la Genèse, Jacob a appris la leçon et les
bénédictions de Dieu se déploient. «Notre légère tribulation d’un moment
opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire» (2 Cor.
4. 17). D’un autre côté, Satan a toujours une solution toute prête pour
satisfaire notre propre volonté: Jonas trouve un bateau pour s’enfuir à
Tarsis, au lieu d’aller à Ninive selon la volonté de Dieu. Pour satisfaire
la volonté de Saraï, sa servante Agar est là. Dieu avait dit à Abram: «Celui
qui sortira de tes entrailles, lui sera ton héritier» (ch. 15 v. 4); mais il
n’avait pas encore précisé que ce serait avec Saraï (ch. 17 v. 15), «et
Abram écouta la voix de Saraï» et est tombé, comme avant lui, Adam écouta
celle d’Ève. Au ch. 21, Dieu exhorte Abraham à écouter la voix de Sara, car
là, elle conseille son mari avec la sagesse de Dieu. Mais au ch. 16, c’est
la chair qui conseille. Les épouses doivent aider leurs maris à bien diriger
leurs foyers: Abram aurait dû prier
et non écouter les mauvais conseils de Saraï. Rebecca était stérile et Isaac
pria et l’Eternel l’exauça (Gen. 25. 21). «La femme vertueuse de Prov. 31,
fait du bien à son mari et non du mal». «Elle ouvre sa bouche avec sagesse»
(v. 11, 12, 26). Les motifs de Saraï semblent légitimes (v. 2 fin), mais ses
moyens sont mauvais. Ensuite, Saraï dit: «Le tort qui m’est fait est sur
toi» (v. 5); elle oublie sa responsabilité et Abram semble se désintéresser
du sort d’Agar (v. 6). Agar, servante ramenée d’Égypte, s’enfuit, car Saraï
la maltraite à présent, et plus rien n’est en ordre dans ce foyer où la
servante méprise sa maîtresse (Prov. 30. 21-23). Et Dieu amène Agar à
s’humilier et prend soin d’elle, dans sa grâce (v. 9, 10). La faute d’Abram,
d’être allé en Égypte, était pardonnée; mais il y a des conséquences. Le
crime de David aussi était pardonné, mais les conséquences ne lui furent pas
épargnées: «Ce qu’un homme sème, cela aussi il
le moissonnera» (Gal. 6. 7). Saraï et Agar représentent deux
alliances: «l’une enfantant pour la servitude, et c’est Agar». C’est Israël
sous la loi. Saraï enfantant dans sa vieillesse est le type d’Israël sous la
grâce, durant le millénium, portant du fruit pour Dieu; elle est aussi un
type de l’Église: «la Jérusalem d’en haut» (Gal. 4. 19-31). Tolérée dans
l’A.T., la polygamie n’est pas selon la pensée de Dieu. C’est un facteur de
désordre que l’on retrouve avec Anne et Pénina (1 Sam. 1. 5, 6); et avec les
épouses de Jacob et leurs servantes (Gen. 30). Prenons garde à nos foyers et
élevons nos enfants dans la crainte du Seigneur.
Dieu prend soin d’Agar, une étrangère,
car Ismaël, son fils, est le fils d’Abram. Cependant, l’Ange de l’Eternel
agit de deux manières envers Agar: Il lui révèle qu’Il la connaît en
l’appelant par son nom et en lui rappelant qu’elle est «servante de Saraï»
(v. 8). Puis, Il parle à sa conscience: «D’où viens-tu, et où vas-tu?». Dieu
savait d’où elle venait et où elle allait, mais il fallait qu’elle le
reconnaisse; Agar dit la vérité, comme une confession, et l’Eternel la
pousse à revenir et à s’humilier sous la main de Saraï. Sous la loi, il ne
fallait pas renvoyer un esclave qui s’enfuyait de chez son maître (Deut. 23.
15, 16). Sous la grâce, Paul renvoie Onésime chez son maître Philémon. Ici,
la loi n’était pas encore donnée, et l’Eternel prépare Agar à revenir chez
Saraï. Si nous péchons contre Dieu, nous devons le lui confesser. Si nous
péchons contre quelqu’un, nous devons le confesser à Dieu, mais aussi, à la
personne intéressée. Alors, l’Ange de l’Eternel parle, maintenant à son
cœur, en l’encourageant au sujet de l’enfant que son sein porte: «Je
multiplierai beaucoup ta semence, et elle ne pourra se nombrer à cause de sa
multitude» (v. 10). Le Seigneur agit souvent ainsi: Il touche la conscience
d’abord, puis le cœur pour nous fortifier. D’autres fois, il touche le cœur
d’abord, puis la conscience ensuite (Jean 4). Le désert de Shur est sur le
chemin qui va d’Israël jusqu’en Égypte (Ex. 15. 22). Agar, s’enfuyant de
chez Saraï, s’en retournait sans doute en Égypte, son pays. On peut y voir
une âme dans le désert aride de ce monde, et qui a soif d’amour. Dieu le
sait et va pourvoir à ses besoins: Il montre là, à Agar, un puits qui va la
rafraîchir. Agar, une étrangère, a tout à apprendre, ce qui explique sa
conduite. Elle a affaire à l’Ange de l’Eternel (c’est la première mention de
l’Ange de l’Eternel, avec un A), figure du Seigneur Jésus dans l’A.T.
L’histoire d’Agar est révélatrice des soins d’amour de Dieu pour ses
créatures. Au ch. 16, il lui est dit: «l’Eternel a entendu ton affliction»
(v. 11). Au ch. 21: «Dieu entendit la voix de l’enfant» (v. 17). Rien
n’échappe à la sollicitude du Dieu de grâce qui entend même la faible voix
d’un enfant! S’il faut la patience, aucun cri qui monte vers Dieu ne restera
sans réponse de sa part. Exhortée à revenir vers sa maîtresse, Agar obéit
sans murmure, chose toujours difficile… Seul, le Seigneur peut nous en
donner la force, et c’est le chemin de la bénédiction. Le Seigneur Jésus, le
Maître, nous a donné l’exemple en se faisant l’esclave de l’homme pour le
racheter. Nous sommes exhortés à la soumission (1 Pi. 2. 18, 19). Quant à
Saraï, malgré ses défauts (elle rejette la faute sur son mari [v. 5] et elle
montre de l’incrédulité [ch. 18 v. 12]), elle est la seule femme de foi
citée en Héb. 11.
Dieu donne à l’enfant d’Agar, le nom
d’Ismaël (El a entendu). Même si les comportements de Saraï et d’Agar ont eu
des conséquences par la suite, désormais, la vie d’Agar, l’étrangère
méprisée, est changée: Elle connaît le Seigneur! Chacun connaît-il Celui qui
nous voit et se révèle? Les promesses divines se réaliseront pour Ismaël: Sa
semence sera nombreuse, et, «âne sauvage… il habitera à la vue de tous ses
frères» (ch. 16 v. 10-12; ch. 25 v. 12-18). Cependant, l’alliance de Dieu
sera établie avec Isaac (ch. 17 v. 19, 21). Au ch. 21 v. 12, l’attachement
d’Abram transparaît pour Ismaël âgé de quatorze ans, son seul fils, alors.
A Beër–Lakaï-roï, le puits du vivant
qui se révèle, Isaac a rencontré Rebecca et y a habité (ch. 24 v. 62-67; ch.
25 v. 11). Isaac a creusé ou recreusé plusieurs puits (ch. 26 v. 17-22).
C’est près d’un puits d’eau rafraîchissante que Dieu se révèle à Agar. De
même, après que le Seigneur s’est révélé à une âme, Il donne l’eau qui
procure la vie, mais aussi qui rafraîchit dans le chemin aride du monde:
c’est la Parole qui nous révèle Jésus Christ comme Sauveur et comme Celui
qui redonne une vigueur spirituelle toujours nouvelle.
Le ch. 16 est une parenthèse lourde de
conséquences dans la vie d’Abram: il lui a fallu du temps pour apprendre la
leçon. Entre la première annonce d’un fils et sa confirmation au ch. 17, il
s’est écoulé environ vingt-cinq ans, durant lesquels sa foi a été éprouvée.
Au ch. 16, Abram a succombé à la proposition de Saraï, et sa foi a
momentanément défailli, retardant l’accomplissement de la promesse.
«L’attente différée rend le cœur malade» (Prov. 13. 12). Mais au ch. 17,
Dieu renouvelle la foi d’Abram, et lui annonce la naissance
prochaine du fils promis (v. 15-21),
malgré les impossibilités physiques d’Abram et de Saraï (v. 17). Si Dieu
s’est révélé comme le Dieu qui protège et qui donne (ch. 15 v. 1-6), ici, il
révèle ce qu’Il est en Lui-même: «Le Dieu Tout-puissant» (v. 1), prévenant
ainsi toute incrédulité possible d’Abram. C’est sous ce titre qu’Il se
révèlera à tous les patriarches: Isaac et Jacob (Gen. 28. 3; 35. 11; Ex. 6.
2). C’est le même Dieu pour nous. C’est ici la première mention du Dieu
Tout-puissant, de Celui pour qui rien n’est impossible.
Dieu dit à Abram: «Marche devant ma
face et soit parfait». Avant le déluge, déjà, Hénoc et Noé marchaient «avec»
Dieu. Dieu demande à Abram de marcher «devant» Lui; cela nous fait penser à
Elie qui disait: «L’Eternel devant qui je me tiens». Au ch. 48 v. 15, Jacob
n’ose pas dire qu’il a marché devant Dieu, mais dit: «Le Dieu devant qui ont
marché mes pères», et il reconnaît, devant le Pharaon, que ses «jours… ont
été courts et mauvais» (ch. 47 v. 9). Cependant, il reconnaît que Dieu à été
son «berger». Dans le N.T., Paul disait: «Pour
moi, vivre, c’est Christ» (Phil. 1. 31). Le Seigneur lui-même, le
parfait modèle, a toujours marché à la gloire de Dieu.
«… Sois parfait» ne signifie pas sans
reproches (chose impossible); mais marcher d’un cœur droit, ce qui n’avait
pas toujours caractérisé Abram. Examinons-nous nous-mêmes en cela! Le Saint
Esprit en nous, nous rend plus responsables que ne l’était Abram. Paul dit:
«Nous tous donc qui sommes parfaits…» Phil. 3. 15): c’est vrai quant à notre
position devant Dieu, dans la nouvelle nature qu’Il a formée en nous; mais
nous devons vivre la Parole. «Vous avez marché, autrefois [dans vos péchés]»
(Eph. 2. 1); nous devons marcher: «dans les bonnes œuvres préparées à
l’avance» (v. 10); «d’une manière digne de l’appel» ch. 4 v. 1); «dans
l’amour» (ch. 5 v. 1); «comme des enfants de lumière» (v. 8);«soigneusement»
(v. 15). «Marcher devant Dieu», c’est craindre de lui déplaire, conscients
d’être sous son regard. «Marcher avec Dieu», c’est vivre dans sa communion.
Aux v. 3 et 17, «Abram tomba sur sa face»; c’est une habitude chez lui, en
humilité et en adoration devant Dieu. Au ch. 15 v. 18, Dieu établit une
alliance concernant le pays qu’Il donne à Abram et à sa descendance. Au ch.
17 v. 2, l’alliance est établie avec cette descendance (Israël), mais aussi
avec tous les croyants des nations. Il établit sa prééminence sur les
hommes: «entre moi et toi» (v. 2);
et: «entre moi et vous» (v. 10). «Et
Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice» (Rom. 4. 3; 16. 18).
Abraham est appelé trois fois dans les Écritures «l’ami de Dieu», et Dieu a,
avec lui, de douces communications: «Cacherai-je à Abraham ce que je vais
faire?» (ch. 18 v. 17); et Abraham fait d’instantes intercessions au ch. 18.
C’est dans Sa Parole que Dieu nous parle aujourd’hui, et nous lui parlons
par la prière. Mis en tête de la lignée de la foi, Abraham devient «père
d’une multitude de nations» (ch. 17 v. 4) et, en relation avec cette
alliance, Dieu change son nom d’Abram en Abraham, manifestant un changement
de position. Dieu institue la circoncision comme signe de cette alliance (v.
10-13), et fait trois promesses: 1- Il sera son Dieu. 2- Il lui donne une
semence. 3-Il lui donne le pays. Dieu s’engage Lui-même: «Je
t’ai établi père d’une multitude de nations…
Je te ferai fructifier…
Je te ferai devenir des nations…
Je te donne…» (v. 5, 6; 8).
Dans le ch. 15, Dieu avait passé entre
les pièces des animaux sacrifiés, scellant ainsi son alliance
inconditionnelle avec Abraham. Mais au ch. 17 v. 9-14, Il scelle cette
alliance dans la chair d’Abraham et de sa descendance.
La foi d’Abraham lui étant comptée à justice, est
scellée par la circoncision (Rom. 4. 9-12). Ce signe extérieur
avait, dans la pensée divine, une signification morale, spirituelle, déjà
sous-jacente en Deut. 10. 16: «Circoncisez donc votre cœur». La vraie
signification a été rapidement perdue et la circoncision est devenue un
simple rite auquel se soumettaient les Israélites par crainte des
conséquences: la mort! L’oubli de la pensée de Dieu conduit à n’observer
qu’une simple forme. Les chrétiens sont dans la
circoncision spirituelle du Christ, liée à l’œuvre du Sauveur à
la croix (Rom. 2. 29; Gal. 5. 24; Col. 2. 11, 12), contrastant avec la
circoncision corporelle dans l’A.T. Elle est opposée à «la concision» de
Phil. 3 v. 2, 3, désignant une mise partielle de côté de la chair du
croyant. Nous sommes identifiés à un sauveur
mort, étant moralement morts avec Lui. Colossiens 2 v.11-12 nous
autorise à rapprocher la circoncision du baptême. Le baptême, signe de la
mort et de la résurrection avec Christ (on se plonge dans l’eau mais on
ressort), est le signe de la mise de côté de la chair, pour une marche «en
nouveauté de vie». «… nous tous qui avons été baptisés pour le christ Jésus,
nous avons été baptisés pour sa mort. Nous avons donc été ensevelis avec lui
par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d’entre
les morts… ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie» (Rom. 6. 3,
4). «Ensevelis avec Christ» montre que tout ce qui rappelle la chair ne doit
plus se manifester, comme un mort enseveli n’est plus vu.
Le baptême n'est qu'un signe, mais il doit avoir
une réalité pratique dans nos vies. Pour manger la pâque,
l’Israélite de naissance ou l’étranger devaient être circoncis (Ex. 12.
43-49). Même Moïse, législateur choisi de Dieu pour le peuple, n’échappait
pas à cette exigence, et Séphora, sa femme, circoncit son fils pour obéir à
Dieu, mais en manifestant l’état de son cœur (Ex. 4. 24-26). Dieu permet des
circonstances qui mettent à l’épreuve notre obéissance. Quant à Abraham, il
obéit immédiatement: pour lui, c’était aussi la mise de côté d’Ismaël, le
fils de la chair, au profit d’Isaac, le fils de la promesse. Abraham et sa
descendance, n’ayant pour eux que des signes extérieurs, ne pouvaient
comprendre complètement leurs significations; cependant, ils devaient obéir.
D’autres peuples pratiquaient la circoncision formelle; mais pour les
Hébreux, c’était le signe de l’alliance avec leur Dieu. Tout mâle, dans la
maison d’Abraham, devait être marqué de ce signe d’alliance: nul ne pouvait
y échapper sous peine de mort (ch. 17 v. 10-14)! Dans nos foyers chrétiens,
aucun membre converti de la famille ne doit se soustraire à ce que sa chair
soit tenue dans la mort. Même le Seigneur Jésus, âgé de huit jours, fut
circoncis (Luc 2. 21): ses parents ont obéi de cœur à la loi sous laquelle
le Seigneur était né (Gal. 4. 4). Dieu regarde au cœur: «Circoncisez-vous
pour l’Eternel, et ôtez le prépuce de votre cœur» (Jér. 4. 4).
Ismaël est mis de côté: c’est le fils
de la chair qui, bien que circoncis lui aussi (v. 25), a toujours été un
homme profane. Le fruit de la chair étant mis de
côté, Dieu introduit ici, Isaac, le fils de la promesse selon son cœur;
et c’est avec lui qu’Il établira son alliance (v. 21).
Une pensée importante ressort de ces
passages: la foi a été comptée à justice pour Abraham avant qu’il ne reçoive
le signe de la circoncision (Rom. 4. 9-12). Cela nous montre que pour Dieu,
ce qui compte en premier lieu, c’est de croire, et ensuite d’obéir, car Dieu
regarde au cœur. Mais pour nous, chrétiens, la circoncision physique n’a
plus aucune signification et serait moralement dangereuse. Les Galates
étaient poussés, par des Juifs, à se faire circoncire après avoir cru. Paul
les reprend vertement et leur dit: «vous êtes déchus de la grâce» (Gal. 5.
4).
Comme Dieu a élevé Abraham au-dessus de
sa condition première (v. 1-5), maintenant, Il élève Sara de la même manière
(v. 15). Un changement de nom impliquait une
situation changée par rapport à Dieu Lui-même: Jacob devint
Israël (ch. 32 v. 27, 28; ch. 35 v. 10). Simon, fils de Jonas, devint Céphas
(l’apôtre Pierre). Saraï changée en Sara devient une princesse selon Dieu.
De même qu’à Abraham, la promesse lui est faite qu’elle deviendra mère de
«nations, et des rois de peuples sortiront d’elle» (v. 16). Dès notre
conversion, notre nom primitif de «fils de ténèbres» est changé en «fils de
la lumière»: cela implique un changement d’orientation dans notre vie. La
promesse d’avoir un fils se précise: «… en cette saison, l’année qui vient»
(v. 21). Cet enfant, ils le recevront sur la base de la puissante grâce de
Dieu. Abraham rit de joie malgré l'interrogation se rattachant à son
incapacité physique et à celle de Sara, à cause de leur grand âge. Mais la
puissance de Dieu s’accomplit lorsque l’homme est parvenu à la
reconnaissance de sa propre impuissance. D’abord stérile, Sara va devenir la
mère du futur peuple Hébreux et la mère «spirituelle» de tous les croyants
des nations: «Exulte, stérile, qui n’enfantais pas; éclate en chant de
triomphe, et pousse des cris de joie, toi qui n’as pas été en travail! Car
les fils de la désolée sont plus nombreux que les fils de la femme mariée,
dit l’Eternel» (Es. 54. 1). Cette prophétie est rappelée en Gal. 4. 24-27,
en rapport avec ce que représente Sara pour les croyants des nations: «la
femme libre, la Jérusalem d’en haut». Cependant, Sara représente avant tout
la nation Juive durant le millénium, nation longtemps stérile mais qui,
alors, portera de nombreux fruits pour son Dieu. Dieu se plaît à bénir
richement ceux qui le suivent avec foi.
Abraham et Sara, durant treize ans (fin
du ch. 16 et début du ch. 17), semblent avoir suivi Dieu fidèlement: leur
foi a été encouragée et Dieu peut, désormais, accomplir sa promesse d’une
postérité selon sa pensée. Dans sa joie, Abraham, intercède pour Ismaël, le
fils de la chair, et Dieu l’exauce: il aura douze fils (ch. 25 v. 13-16).
Cependant, les peuples issus d’Ismaël seront toujours ennemis de Dieu et du
peuple Juif. Mais son alliance, Il l’établira avec Isaac (v. 19, 21). Il ne
s’agit pas d’une transmission d’alliance par l’intermédiaire d’Abraham:
«mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac». L'incrédulité se trouve en
Sara à cause de son âge avancé: «Et Sara rit en elle-même, disant: Étant
vieille, aurai-je du plaisir?… mon seigneur aussi est âgé» (ch. 18 v. 12).
Pourtant, l’épître aux Hébreux affirme qu’elle ne mit pas en doute la parole
du Seigneur (Héb. 11. 11). Dans sa miséricorde, Dieu ne s’arrête pas à la
faiblesse de ses serviteurs. En Luc 13-20, Zacharie, incrédule à l’annonce
faite par l’ange, subit la discipline. Au contraire, lorsque Marie visite sa
cousine Élisabeth, celle-ci est remplie de joie en croyant.
Comme au v. 3, Abraham «tomba sur sa
face» (v. 17), tandis que Dieu parle avec lui.
Abraham est un habitué du contact direct avec son Dieu: au ch. 18
v. 2, «il se prosterna en terre» devant les «trois hommes». Avons-nous
l’habitude d’entretiens avec Dieu?
Isaac (rire) est un type de Christ, le
véritable héritier de l’alliance, en qui et pour qui, se réaliseront toutes
les promesses faites par Dieu: «Autant il y a de promesses de Dieu, en lui
est le oui et en lui l’amen» (2 Cor. 1. 20). Abraham a obéi de cœur à Dieu,
pour la circoncision, le jour-même où Il lui a parlé (v. 23-27). Le peuple,
plus tard, obéira légalement, non de cœur. Obéissons, nous-mêmes, non pour
des récompenses ou par crainte d’une punition, mais par amour pour le
Seigneur (Jean 14. 21). Le Seigneur Jésus, enfant (Luc 2. 49), était
«soumis» à ses parents parce qu’Il les aimait.
Les ch. 18 et 19 relatent la rencontre
de personnages célestes avec deux hommes: Abraham (ch. 18); et Lot (ch. 19).
Mais de grandes différences sont observées lors de ces rencontres:
Abraham est en bon état spirituel et jouit d’une
profonde communion avec l’Eternel. Aussi, Dieu lui-même vient
parler avec lui. «Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père
l'aimera; et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui.»
(Jean 14. 23-24). Sa communion lui fait discerner très vite que, des «trois
hommes qui se tenaient près de lui», l’un était une manifestation de
l’Eternel Lui-même; et c’est à Lui qu’il s’adresse directement (v. 3). Les
deux autres, qui sont des anges, ne sont que «des esprits administrateurs…»
(Héb. 1. 14). L’Eternel peut avoir un entretien paisible avec Abraham.
Lot, quant à lui, bien qu’étant un
croyant «qui tourmentait son âme juste» (2 Pi. 2. 7, 8), étant dans le
monde, ne jouit d’aucune communion avec son Dieu.
Lot «était assis à la porte de Sodome» (ch. 19 v. 1), et l’Eternel ne
descendra pas à Sodome. Si l’Eternel accepte tout de suite l’hospitalité
d’Abraham (v. 5), les anges seront réticents pour accepter celle de Lot (ch.
19 v. 2).
La paix règne dans le foyer d'Abraham
où chacun se tient à sa place. Enfin, Abraham, malgré la communion dont il
jouit, en appelle à la grâce (v. 3), se prosterne (attitude de profond
respect), et se montre humble: «je prendrai un morceau de pain…» (v. 5);
mais il manifestera une hospitalité généreuse, en pleine communion avec son épouse (v. 6-8), ce qui,
apparemment, n'est pas le cas de Lot. Nous avons des exhortations sur
l'hospitalité en Héb. 13. 2; Rom. 12. 13; 1 Pi. 4. 9. Même si nous
connaissons Dieu comme notre Père, le même respect Lui est dû. Si Le
Seigneur Jésus nous nomme «ses frères», nous devons être devant Lui comme
devant notre Dieu Sauveur. Abraham discerne même la raison pour laquelle
l’Eternel est passé près de sa tente (v. 5 fin), et est prêt à faire ce
qu’il doit faire, et le fait. Abraham offre ce qui est agréable à Dieu (v.
6-8); Dans sa communion avec Dieu, Dieu lui fait des confidences (v.
16-21); enfin il intercède pour les pécheurs (v. 23-32). Pendant que «les
trois hommes» mangent, Abraham se tient «auprès d’eux sous l’arbre…» (v. 8):
il jouit de la présence de l’Eternel à qui il a offert «des gâteaux de fleur
de farine» et «un veau tendre et bon»; puis, il ajouta de la crème et du
lait: tout ce qu’il avait de meilleur. Réjouissons-nous dans la présence du
Seigneur (Matt. 28. 20; Jean 20. 20), et offrons-lui le meilleur de notre
reconnaissance.
Enfin, l’Eternel renouvelle sa promesse
d’une «semence» que Sara lui donnera. On voit alors, un mélange de joie et
d’incrédulité à cause de leur grand âge, car ils rient tous les deux (ch. 17
v. 17; ch. 18 v. 12). Isaac signifie: rire, joie. Pourtant, ils ont eu foi
en Dieu, même s’Il a dû insister pour Abraham (ch. 17 v. 19), et reprendre
Sara (ch. 18 v. 13-15). Celle-ci témoigne, même intérieurement, d’un profond
respect pour Abraham qu’elle appelle: «mon seigneur…» (v. 12). Ce fait est
rappelé en 1 Pi. 3. 5, 6, en rapport avec les épouses chrétiennes, devenues
«enfants» de Sara, «étant soumises à leurs propres maris».
Le verset 14 qui a encouragé Abraham et
Sara, nous encourage à nous aussi: «Y a-t-il
quelque chose qui soit trop difficile pour l’Eternel?» (Marc 10.
26).
Malgré les versets 9 à 15, Dieu nous
rappelle, en Héb. 11. 11, la foi de Sara. Le grand âge d’Abraham et de Sara,
ne pouvait empêcher la puissance divine du Créateur, quant à la réalisation
de ses promesses, car rien ne Lui est impossible
(v. 14). Il est aussi le Rédempteur pour l’homme créé à son image, à qui Il
fait des promesses. Il peut différer leur réalisation, mais Il les accomplit
en son temps, dans leur plénitude, soit pour chacun, soit pour l’Église,
soit en ce qui concerne le monde, en jugement. La promesse faite à Abraham
et Sara se réalise au ch. 21 v. 1, 2). Sara ayant ri, est mal à l’aise à
cause de son incrédulité, et elle ment; mais on ne trompe pas Dieu (v. 15).
Si un croyant ment, il obéit au diable qui est appelé «menteur et le père du
mensonge» (Jean 8. 44). Soyons vrais et droits
devant Dieu et les hommes. Marchant dans la vérité, nous
assurerons nos cœurs devant Dieu (1 Jean 3. 19, 21). Pourtant, au ch. 21,
elle reconnaîtra sa faiblesse et la puissance de l’Eternel (v. 6, 7). Dieu
nous ayant donné son Fils Bien-aimé, nous a tout donné avec lui. Tout ce
qu’Il nous donne ensuite n’est rien, pour Lui, comparé à ce sacrifice
suprême (Rom. 8. 32). Nous sommes donc assurés que ses promesses
s’accompliront au pied de la lettre, au temps voulu de Dieu. Cependant,
malgré sa toute-puissance, Dieu, dans sa miséricorde, ne passe pas outre aux
lois naturelles: «… quand son terme sera là, Sara aura un fils» (v. 14).
Comme Marie, plus tard, Sara portera son enfant neuf mois.
Dans sa communion avec Abraham, Dieu
lui avait fait des communications le concernant directement, dans les ch.
qui précèdent. Maintenant, Il lui communique ses pensées quant au monde
qu’Il va juger. Abraham «fait la conduite» à l’Eternel. C’est une
manifestation de communion (1 Cor. 16. 6; 3 Jean 5, 6), au cours de
laquelle, de douces communications se font. Les v. 20, 21, révèlent que
Dieu ne frappe jamais avant d’avoir mesuré l’ampleur du mal.
Comme Abraham était averti de ce qui allait advenir à ce monde corrompu,
nous le sommes, nous aussi, par les révélations des prophéties (l’Apocalypse
en particulier). Cela nous incite à deux attitudes:
Nous séparer moralement du monde en
refusant de porter ses caractères afin d’être de vrais témoins. Et à
intercéder pour tous les hommes.
L’Eternel montre à Abraham, pourquoi Il
lui fait de telles confidences: «Je le connais… Je sais…». Il connaît son
obéissance pour lui-même et pour sa descendance (v. 17-19). Avertissons nos
enfants avec douceur, mais fermeté, que le monde est un ennemi (2 Cor. 6.
14-18); et que nous devons obéir de cœur, par amour, à Celui qui «nous a
aimé le premier». Et, appliquons-nous à instruire nos enfants, dans nos
maisons moralement en ordre, et à leur «inculquer» les enseignements de la
Parole (Deut. 6. 6, 7), les préparant ainsi, à ce que Dieu puisse, d’abord,
leur communiquer la vie, et les entraîner dans une marche soigneuse.
Le Seigneur nous appelle «ses amis»
comme autrefois Abraham a été «l’ami de Dieu»; mais il y a une condition: «…
si vous faites tout ce que moi je vous commande»
(Jean 15. 14). De grandes bénédictions se rattachent à l’obéissance de cœur,
en famille.
Dans les péchés de Sodome et Gomorrhe,
résumés en Ez. 16. 49 («orgueil, abondance de
pain et insouciant repos») on retrouve les caractères de notre
monde actuel: Surabondance, société de loisirs, orgueil et égoïsme, et les
abominations mondialement répandues. Abraham n’avait rien à voir pour
lui-même, avec les péchés de Sodome et Gomorrhe. Mais, conscient de
l’honneur qui lui est fait de la part de Dieu, il intercède longuement. Nous
aussi, avertis du jugement suspendu sur le monde, intercédons pour tous les
hommes dans nos prières.
L’Eternel fait des confidences à
Abraham parce qu’Il connaît son cœur fidèle et pieux. Il l’avertit de ce qui
va arriver à ce monde corrompu. Abraham habite à Hébron (ch. 13 v. 18), dans
une vie de foi, et dans l’amour pour son Dieu, loin des villes de la plaine
qui sont sous le jugement. C’est pourquoi il
peut intercéder pour les justes qui sont dans Sodome et Gomorrhe.
Le ch. 19 v. 13 montre que Dieu
connaissait l’état de ces hommes; cependant, Il s’enquiert soigneusement de
leur état, car Dieu ne punit jamais le mal avant qu’il ne soit commis, et Il
le châtie selon la mesure de sa gravité. «Les yeux de l’Eternel parcourent
toute la terre» (2 Chr. 16. 9). Ici, le mal est
si odieux aux yeux du Dieu saint, qu’il n’y a plus de retour possible:
Sodome et Gomorrhe seront détruites selon la justice divine! Dieu nous
avertit que si nous péchons, il y aura toujours des conséquences, bien qu’Il
soit un Dieu de grâce. Dieu s’intéresse à la terre et aux siens (ch. 18 v.
21). Plus tard, l’Eternel prendra connaissance des conditions de vie faites
aux Hébreux, en Égypte: «Et Dieu ouït… regarda… connut leur état» (Ex. 2.
23-25). «J’ai vu… j’ai entendu… je connais…» (Ex. 3. 7). «Certainement je
vous ai visités, et j’ai vu ce qu’on vous fait en Égypte» (Ex. 3. 16). C’est
toujours ce même Dieu que nous connaissons comme notre Père, qui nous
visite: Recevons-le.
A partir du v. 22, les anges se
dirigent vers Sodome, tandis que l’Eternel reste avec Abraham qui se «tenait
encore devant l’Eternel». Et «il s’approcha» et lui parla. Abraham ne s’est
pas contenté de recevoir les confidences divines: il intercède, maintenant,
pour les éventuels «justes» qui pourraient se trouver dans Sodome. La
Prophétie nous avertit de ce qui va arriver au monde: dans une marche de
sainteté pratique, intercédons pour les pécheurs.
L’intercession d’Abraham est limitée (il
s’arrête à dix); mais, plus il intercède dans la lumière de la présence
divine, plus il discerne l’ampleur du mal: Sa première pensée est qu’il y a
peut-être «cinquante justes dans la ville», puis quarante-cinq, puis trente,
enfin, vingt, et pour finir: dix! Dans Sodome, il n’y avait qu’un seul
juste, Lot «que Dieu renvoya hors de la destruction», sauvé «comme à travers
le feu» (1 Cor. 3. 15), l’Eternel s’étant souvenu de l’intercession
d’Abraham (ch. 19 v. 29). Notons que cet homme de grande foi parle à
l’Eternel avec humilité (v. 27), et hardiesse, dans ce paragraphe: il fait
appel à la justice de la grâce (v. 25), car son cœur ne le condamnait pas (1
Jean 3. 21, 22). Apprenons, nous aussi la leçon. Par contraste,
Lot ne pouvait pas intercéder pour d’autres que
lui-même: sa conscience n’était pas à l’aise devant Dieu. Et ce
n'est pas celui qui est dans l'incendie qui peut en sauver d'autres. Si
nous-mêmes sommes revêtus de «l’armure complète de Dieu» (Eph. 6. 11-18),
nous pourrons intercéder pour les autres (id. v. 18 fin). Abraham
intercesseur, s’est arrêté à dix justes; peut-être un seul était-il
suffisant pour sauver toute la ville. Dans Jér. 5. 1, l’Eternel invite à
chercher à Jérusalem, la ville bien-aimée de Dieu, s’il y avait encore un
seul juste, et Il pardonnerait à la ville. Mais c’était dire qu’il n’y en
avait plus aucun! Dans ses voies, Dieu est souverain pour pardonner ou non.
L’Intercesseur divin,
«Jésus», grand souverain sacrificateur se tenant devant le Père, est
toujours vivant pour intercéder pour nous et nous sauver entièrement
(Héb. 4. 14-16; 7. 25). Il n'y a pas de limite à son intercession, comme
avec Abraham. «Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce»,
avec des demandes selon les pensées du Seigneur: «La fervente supplication
du juste peut beaucoup» (Jac. 5. 16). David, en son temps, «s’assit devant
l’Eternel». Au contraire d’Abraham intercédant pour des coupables, Jonas
refuse d’en appeler à la grâce divine pour Ninive. Quant à l’exaucement de
nos prières, Dieu le limite à la profondeur de notre foi. En 2 Rois 4. 3-6,
l’huile s’est arrêtée de couler quand il n’y a plus eu de vase pour la
recevoir. Guérissant les malades et les infirmes, le Seigneur leur dit:
«Qu’il te soit fait selon ta foi», ou: «comme tu as cru».
L’atmosphère de ce chapitre s’oppose à
celle du précédent: Si Dieu Lui-même s’est approché d’Abraham, Il n’est pas
allé jusqu’à Sodome. Lot n’a aucune communion avec Dieu, et n’a même pas un
bon témoignage dans sa propre famille: «il sembla aux yeux de ses gendres
qu’il se moquait» (v. 14)! Averti du jugement pesant sur la ville, «il
tardait» à s’en retirer (v. 16). De plus, il ne peut supporter la pensée de
se réfugier sur la montagne: il se retirera plutôt dans «la petite ville» de
Tsoar (v. 22). Les raisons qu’il invoque pour esquiver la montagne n’ont
aucune valeur: les anges ne pouvaient rien faire tant qu’il n’était pas à
l’abri. Dieu veut nous instruire: de nos jours, le monde entier a repris ces
caractères de corruption de Sodome et, si nous sommes dans le monde, nous ne
sommes pas du monde et Dieu nous garde du monde (Jean 17. 9-17).
Parcourons la terre avec le cœur dans le ciel.
Lot a glissé peu à peu en établissant
ses tentes à proximité de Sodome (ch. 13 v. 12, 13); puis, il habita dans
Sodome. Mais l’accueil fait à son invitation aurait dû toucher sa
conscience. Il avait marché au milieu des méchants (Ps. 1. 1). Et, si les
anges entrent chez lui, se sera pour le sauver. Pour entrer chez Lot, les
anges ont dû se «détourner» de leur chemin (v. 2, 3); alors que l’Eternel a
pu aller droit vers Abraham, «assis à l’entrée de sa tente» (ch. 18 v.1).
Lot n’a aucun discernement quant à la
mission des anges venus pour détruire la ville: «… vous vous lèverez le
matin, et vous irez votre chemin» (v. 2). Certains croyants pensent pouvoir
changer le monde par leurs efforts; mais le monde est jugé. Ne nous laissons
pas conduire par notre propre volonté (1 Cor. 7. 29-31). Lot ose appeler les
hommes de Sodome: «mes frères» (v. 7) et au v. 8, il leur fait une offre
abjecte: ses propres filles! Mais, bien qu’il leur fasse la morale (v. 7),
il est disqualifié, et ces hommes méchants le méprisent (v. 9).
Il est devenu ce «sel qui a perdu sa saveur et qui
est foulé aux pieds par les hommes» (Matt. 5. 13), après s’être
laissé aller «à la convoitises de la chair, à la convoitise des yeux et à
l’orgueil de la vie» (1 Jean 2 . 15-17). Ne soyons pas séduits par le monde:
«Le monde s’en va et sa convoitise». (ch. 14 v. 12). Enfin, il avait acquis
assez de notoriété pour «juger» à la porte de la ville (ch. 19. 1). C’est là
que les choses se réglaient (Deut. 21. 19). Il avait perdu son caractère de
«voyageur et étranger» sur la terre. Jacob, plus tard, se bâtira une maison
à Succoth, et il s’en suivra des évènements graves dans sa famille. Le monde
peut apprécier les caractères propres aux chrétiens: honnêteté, sens de la
justice, mais il n’accepte pas les critiques de leur part (v. 9). .Restons
ces voyageurs, moralement étrangers au monde.
Lot ressent que ces hommes qui arrivent
à Sodome, sont envoyés de Dieu: il prononce les mêmes paroles qu’Abraham et,
lui aussi leur prépare un repas.
Tous les hommes de Sodome étaient là,
unis dans la corruption (v. 4)! Et Lot ne peut faire face à ce déchaînement
du mal. Alors, la grâce de Dieu le sauve de leur haine (v. 10). Les anges
ouvrent miraculeusement la porte que Lot avait fermée, et frappent ces
hommes pervers de cécité, «de sorte qu’ils se lassèrent à chercher l’entrée»
(v. 11). En 2 Rois 6. 14-17, Dieu avait aveuglé les Syriens et ouvert les
yeux du serviteur d’Élisée pour répondre à sa prière. Le mal s’affiche sans
honte, de nos jours, comme du temps de Lot, où les hommes de Sodome ne se
cachaient pas (v. 5; Rom. 1. 32). Les péchés de certains hommes sont jugés
d’avance; d’autres le seront après, mais tous le seront (1 Tim. 5. 24).
Prenons garde de ne pas nous habituer au spectacle du mal banalisé par
l’esprit actuel du monde: ce serait «s’égarer du droit chemin» (2 Pi. 2.
15), comme avait fait Lot en son temps. Nous avons un antidote: passer du
temps avec le Seigneur, dans la prière, la lecture de la Parole, et en ayant
des cœurs occupés des choses édifiantes (Phil. 4. 8, 9).
Lot avait assez d’autorité dans la
ville pour être assis à la porte avec les anciens, mais dans sa propre
famille, il n’en avait aucune. Avait-il l’habitude de plaisanter? En tout
cas, lorsqu’il les avertit sérieusement, «il sembla aux yeux de ses gendres
qu’il se moquait» (v. 14). Les mauvaises plaisanteries sont condamnées par
la Parole (Eph. 5. 3, 4). On trouve une similitude entre l’action divine
concernant Noé — «entre dans l’arche toi et ta maison» (ch. 7. 1) — et celle
concernant Lot (v. 12, 13). Bien qu’ayant une vie pratique affligeante, Lot
n’en était pas moins un juste (2 Pi. 2. 6-9), réalité importante pour Dieu.
Purifiés par le sang du Seigneur, les justes sont sauvés de façon
irréversible. Comme Lot, on peut perdre sa course tout en étant «sauvés
toutefois, comme à travers le feu» (1 Cor. 3. 15). Si nous péchons, Satan
cherche à nous faire douter de notre salut; ne l’écoutons surtout pas, car
Dieu voit les croyants à travers l’œuvre
parfaite de son Fils: c’est une justice de position intangible.
Mais la justice pratique de Lot était ruinée:
on est effaré de sa proposition du v. 8 où il offre ses filles; de son
attachement à cette ville perverse: «il tardait» à en sortir (v. 16);
peut-être avait-il l’habitude de s’enivrer (v. 32, 33; 35). Et enfin, de la
ruine qui s’ensuivit pour sa famille! Malgré cela, les avertissements
sérieux de la part de Dieu auraient dû être écoutés (Luc 17. 28-30; Ex. 9.
19-22). Le témoignage de Noé, bien que lui ait été fidèle, n’a pas non plus
eu beaucoup d’effet. Si notre vie est dépourvue de justice pratique, notre
témoignage au monde ne sera pas crédible. La
séparation du monde nous communiquera l’autorité morale pour un témoignage
béni. La pensée de la venue du Seigneur est-elle bienvenue pour
nous? Nous sommes enclins à ne pas croire ce qui sort de l’ordinaire: les
disciples ne crurent pas les femmes qui avaient reçu le témoignage des anges
affirmant la résurrection du Seigneur (Luc 24. 9-11). Le serviteur que Dieu
envoie peut être faible, insignifiant, mais recevons ce qu’il annonce de la
part de Dieu.
Abdias qui craignait Dieu, servait un
roi impie (1 Rois 18. 3, 7-9); dans sa rencontre avec Elie, il se montre
conciliant. Mais le prophète reste distant, car la position d’Abdias n’était
pas bonne et il n’est pas à l’aise devant Elie.
«L’Eternel ayant pitié de lui» sauva
Lot, sa femme et ses filles (v. 16), grâce à l’intercession d’Abraham
jouissant de la communion avec Dieu! Quant aux filles de Lot, imprégnées de
l’esprit corrompu de Sodome, aucune crainte de Dieu ne les retiendra (v.
31-36)!
Il nous arrive, comme Lot (v. 18),
comme Pierre plusieurs fois, de dire non au Seigneur, lorsque nous ne sommes
pas prêts à le laisser diriger notre vie. Il s’ensuit toujours des douleurs.
Jacob, le calculateur, a eu une vie tourmentée. Bien près d’être détruit
avec la ville, dans une situation dramatique, Lot s’oppose à Dieu, malgré
des instructions précises qui auraient dû mettre un terme à toute
hésitation! Mais c’est un Dieu de miséricorde (Rom. 9. 15, 16). Laissons le
Seigneur gouverner nos circonstances, il s’ensuivra des bénédictions.
Le v. 17 invite Lot à abandonner ses
biens pour sauver sa vie; à ne rien regretter de sa vie passée; à ne pas
s’arrêter aux facilités du monde (la plaine), et à s’élever dans la
communion avec Dieu (se réfugier dans la montagne). Ces exhortations sont
aussi pour nous. Lot a dû apprendre que les dangers étaient les mêmes dans
«une petite ville» que dans une grande: c’est toujours le monde. Il a du
quitter Tsoar pour la montagne (v. 30).
Longtemps séduit par le monde, Lot, à la fin de sa vie, a tout perdu:
il se retrouve dans une caverne, dépouillé de tous ses biens… La grâce
divine agit en faveur de Lot, comme plus tard, en faveur d’Éphraïm que Dieu
aurait pu détruire, comme «Adma et Tséboïm», villes de la plaine détruites
avec Sodome. Mais: «Toutes ensemble, mes compassions se sont émues. Je ne
donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas de nouveau
Éphraïm» (Osée 11. 8, 9).
Le jugement de ces villes corrompues
est un type du jugement divin sur le monde entier quand il aura retrouvé ces
mêmes caractères (Jude 7). 2 Pi. 3. 10 dévoile la destruction des cieux et
de la terre actuels, par le feu, à la fin. Sachant ces choses,
«quelles gens devriez-vous être en sainte conduite
et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu» (v.
11). Mais ce qui attend le monde, dans un premier temps, c’est «le feu» du
jugement moral de Dieu (Deut. 29. 23). Le renversement de Sodome et Gomorrhe
est rappelé en Jér. 20. 16. Dieu est patient mais «sa colère est révélée du
ciel contre toute impiété et toute iniquité» (Rom. 1. 18; Es. 13. 15). Ces
jugements du passé n’étaient que des préludes, car la Genèse contient en
germe tout ce que Dieu fera ensuite (2 Thess. 1. 6-9).
Au v. 29, Dieu, se souvenant de
l’intercession respectueuse d’Abraham, «renvoya Lot hors de la destruction».
Au milieu de ce monde corrompu, Dieu distingue ceux qui lui appartiennent (Ez.
9. 2-6; Apoc. 7. 1-3). Ceux qu’Il marque ainsi au front, sont épargnés. Lot
était un juste, et Dieu le sauve. Il ne devait pas se retourner, ni
s’arrêter; et il obéira, contrairement à sa femme qui s’est retournée, et
est devenue «une statue de sel» (v. 26). Sa femme n’appartenait sûrement pas
à Dieu, et sa faute est rappelée comme avertissement en Luc 17. 28-32: une
statue est une représentation humaine sans vie; et le sel parle, ici, de
stérilité. Regarder en arrière fait perdre de vue le but assigné par Dieu:
«Nul qui a mis la main à la charrue et qui
regarde en arrière n’est propre pour le royaume de Dieu» (Luc 9.
62). Regardons en haut et en avant, et non en arrière, comme le peuple qui
regrettait la nourriture de l’Égypte (Ex. 16. 2, 3), et voulait se donner
d’autres chefs pour y retourner (Nom. 14. 2-4). Tout ce à quoi Lot avait mis
son cœur est détruit! Par contraste, la fidélité d’Abraham est relevée au v.
27: «Abraham se leva de bon matin, et vint au lieu où il s’était tenu devant
l’Eternel». Il désire garder la communion avec son Dieu avec qui il s’était
entretenu la veille. La triste fin de vie de Lot (son histoire s’arrête là),
contraste avec celle de Jacob qui fut heureuse et bénie. Lot a été comme «un
tison sauvé du feu» (Zac. 3. 2).
Israël aussi, désobéissant à son Dieu,
connaîtra des «renversements» (Amos 4. 11). Mais Dieu lui reprochera de
n’être pas revenu à Lui.
Refusant d’abord de se sauver dans la
montagne, Lot s’y rendra malgré tout, après s’être réfugié dans Tsoar.
Avons-nous l’habitude de monter sur la montagne, de
cultiver la communion avec Dieu? Des relations heureuses avec
Dieu assureront la paix, la joie et une marche de justice pratique, où nos
enfants s’épanouiront dans une vie en contraste avec le monde. Lot avait une
lourde responsabilité vis à vis de ses filles, imprégnées de l’esprit de
Sodome. De leurs relations coupables avec leur père, naîtront deux peuples,
proches parents d’Israël, mais ennemis irréductibles! En Deut. 2. 9, 19,
Dieu rappelle la souillure de Lot, et Israël ne devait rien posséder de ce
qui appartenait à Ammon et à Moab, peuples issus de cette souillure. Cela
nous ramène, à nous, à 2 Cor. 6. 17, où nous sommes exhortés à nous séparer
du monde et à ne pas toucher «à ce qui est impur».
«Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera»
(Gal. 6. 7). Lot avait moissonné ce qu’il avait semé en vivant à Sodome.
Tournons-nous vers le ciel qui est
devant nous: «Souviens-toi de Jésus Christ…» (2 Tim. 2. 8). «Là où est votre
trésor, là aussi sera votre cœur».
Dieu avait interdit que les Moabites et
les Ammonites entrent dans la congrégation d’Israël (Deut. 23. 3).
Cependant, Dieu usera de grâce envers Ruth, la Moabite, à cause de sa foi
personnelle, et de son attachement à l’Eternel: elle entrera dans la
généalogie du Seigneur. (Ruth 1. 16; Matt. 1. 5).
Au ch. 19, la conduite d’Abraham
contraste avec celle de Lot: Abraham, sur la montagne (la communion avec
Dieu), voit ce qui se passe dans la plaine (le monde où se trouve Lot). Mais
au ch. 20, Abraham retombe dans la même faute qu’au ch. 12, comme fera Isaac
son fils (ch. 26). Ainsi, notre propre volonté interrompt la communion. Tant
au ch. 12 v. 8, 9 qu’au ch. 20 v. 1, quitter la montagne (le lieu de la
communion), et s’en aller dans le désert, entraîne la chute. Au ch. 12,
Abraham était confronté à une famine (v. 9, 10). Mais au ch. 20, la Parole
n’évoque aucune raison de partir à Guérar. Comme en Égypte, la première
fois, il sera repris et humilié par le monde:
ici, par Abimélec (titre des rois des Philistins). N’ayant aucune force,
prenons garde. Chacune des deux chutes d’Abraham et de Sara, se produit
après que Dieu ait promis et confirmé sa promesse d’une «semence» (ch. 12 v.
2; ch. 17 v. 15-21; ch. 18 v. 10). Quant à Abimélec, Dieu reconnaît
«l’intégrité de son cœur», mais pas «l’innocence de ses mains» (v. 6). Avant
que la foi d’Abraham soit éprouvée au ch. 22, Dieu «forme» son serviteur et
l’amène à abandonner ce qui faisait obstacle dans son cœur. Le pharaon du
ch. 12 avait chassé Abraham. Abimélec, moins violent, ouvre tout son pays
devant lui (ch. 20 v. 15). Même aimable, le monde reste le monde et la terre
est peuplée des enfants de Dieu et des enfants du diable (1 Jean 3. 9, 10).
Le ch. 19 montre la corruption dans les relations naturelles. Même des
croyants peuvent renier la sainteté des liens du mariage (ch. 20).
L’enseignement de la première épître aux Corinthiens est un avertissement
pour nous: «Notre corps est le temple du Saint
Esprit» (ch. 6. 13); «Achetés à prix», nous devons «glorifier
Dieu dans notre corps» (v. 19, 20); nous devons donc avoir «chacun sa propre
femme et que chaque femme ait son mari à elle» (ch. 7 v. 2). Abraham
n’avait pas porté honneur à sa femme selon (1 Pi. 3. 7). Par ailleurs,
Genèse 20 v. 6 dévoile l’intervention divine cachée, dans nos circonstances,
pour nous protéger de nous-mêmes. Mais notre responsabilité reste entière: «Si
quelqu’un renverse une clôture, un serpent le mord» (Ecc. 10. 8).
Devant Abimélec, l’homme du monde, Dieu reconnaît la suprématie morale
d’Abraham: «il est prophète, et il priera pour toi» (v. 7). Ce ch. montre
d'une part la dégradation morale d’Abraham; et d'autre part, ce qu’est un
croyant aux yeux de Dieu. Appelé à maudire le peuple, Balaam devra, malgré
lui, le bénir: «Que tes tentes sont belles, ô Jacob!» (Nom. 24. 5). «Celui
qui vous touche, touche la prunelle de son œil». (Zac. 2. 8).
Joshua, accusé par Satan, Dieu réagit: «Que l’Eternel te tance, Satan…» (Zac.
3. 2). Devant Dieu qui nous voit à travers son Fils, nous sommes «saints
et irréprochables» (Eph. 1. 4); et le Seigneur voit l’Assemblée
«glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride…» (ch. 5 v. 26, 27). Mais le travail
en bénédiction de Dieu se poursuit, comme pour Job, jusqu’à ce qu’il
s’écrie: «J’ai horreur de moi et je me repens» (Job 42. 6). Alors, après
avoir prié pour ses amis, il fut doublement béni (v. 10-12). Pour se
justifier, Abraham dit des demi-vérités et prétend que Dieu l’avait fait
«errer» (v. 13)! En fait, il déshonore sa femme pour protéger sa propre vie.
Christ, lui, donnera sa vie pour son Assemblée. Au ch. 23, revenu à Hébron
(lieu de la communion), les hommes du monde diront à Abraham: «Tu es un
prince de Dieu au milieu de nous» (v. 1-6). La communion entretenue confère
une noblesse spirituelle. Abimélec a eu, envers Abraham et Sara, une
conduite remarquable (v. 14-16). Mais son royaume n’était certainement pas
«une nation juste» (v. 4). Prov. 16. 2 et 21. 2, avertissent de se méfier de
notre propre estimation des circonstances. Une femme mariée devait couvrir
son visage (cf. Gen. 24. 65); et Sara s’étant moralement «découverte»,
Abimélec lui dit: «J’ai donné mille pièces d’argent à ton frère» (c’est
ainsi qu’Abraham s’était désigné), «pour couverture des yeux» (v. 16).
Abraham a obéi à Dieu, en priant pour Abimélec et les siens ont été guéris
(v. 17, 18). Prions pour les incrédules pour que Dieu les sauve. Quoique
fautifs, Abraham et Sara ont été protégés par Dieu: «Ne touchez pas à mes
oints, et ne faites pas de mal à mes prophètes» (1 Chr. 16. 22).
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