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Et il dit:
Un homme avait deux fils;
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et le plus jeune d’entre eux dit à son père: Père, donne-moi la part du
bien qui me revient. Et il leur partagea son bien.
13
Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, s’en alla
dehors en un pays éloigné; et là il dissipa son bien en vivant dans la
débauche.
14
Et après qu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce
pays-là; et il commença d’être dans le besoin.
15
Et il s’en alla et se joignit à l’un des citoyens de ce pays-là, et
celui-ci l’envoya dans ses champs pour paître des pourceaux.
16
Et il désirait de remplir son ventre des gousses que les pourceaux
mangeaient; et personne ne lui donnait [rien].
17
Et étant revenu à lui-même, il dit: Combien de mercenaires¹ de mon père
ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim!
— ¹ serviteurs, salariés.
18
Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai: Père,
j’ai péché contre le ciel et devant toi;
19
je ne suis plus digne d’être appelé ton fils; traite-moi comme l’un de
tes mercenaires¹.
— ¹ serviteurs, salariés.
20
Et se levant, il vint vers son père. Et comme il était encore loin, son
père le vit et fut ému de compassion, et, courant [à lui], se jeta à son
cou et le couvrit de baisers.
21
Et le fils lui dit: Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi; je
ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
22
Mais le père dit à ses esclaves: Apportez dehors la plus belle¹ robe,
et l’en revêtez; et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses
pieds;
— ¹ litt.: la première.
23
et amenez le veau gras et tuez-le; et mangeons et faisons bonne chère;
24
car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était
perdu, et il est retrouvé. Et ils se mirent à faire bonne chère.
25
Or son fils aîné était aux champs; et comme il revenait et qu’il
approchait de la maison, il entendit la mélodie et les danses;
26
et, ayant appelé l’un des serviteurs, il demanda ce que c’était.
27
Et il lui dit: Ton frère est venu, et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il l’a recouvré sain et sauf.
28
Et il se mit en colère et ne voulait pas entrer. Et son père étant
sorti, le pria.
29
Mais lui, répondant, dit à son père: Voici tant d’années que je te
sers¹, et jamais je n’ai transgressé ton commandement; et tu ne m’as
jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis;
— ¹ servir, être esclave, comme Matthieu
6:24.
30
mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des
prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras.
31
Et il lui dit: [Mon] enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui
est à moi est à toi;
32
mais il fallait faire bonne chère et se réjouir; car celui-ci, ton
frère, était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est
retrouvé.
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Un premier tableau nous présente ce
jeune homme qui considère son père comme un obstacle à son bonheur et
qui s'en va, loin de sa présence, dissiper follement tout ce qu'il a
reçu de lui. La scène suivante nous le montre dans le pays éloigné
réduit à la pire déchéance, au dénuement le plus complet. Chacun de nous
a-t-il jusqu'ici reconnu se propre histoire? Puisse-t-elle alors
s'achever de la même manière! Sous le poids de sa misère, le prodigue
revient à lui-même, se souvient des ressources de la maison
paternelle, se lève, prend le chemin du retour… Et c'est le troisième
tableau: l'empressement du père qui se porte à sa rencontre, les bras
ouverts, les baisers, la confession suivie du plein pardon, les haillons
échangés contre la plus belle robe…
Ami qui réalisez votre misère morale,
ce récit vous apprend quelles sont envers vous les dispositions
du cœur de Dieu. Ne craignez pas d'aller à Lui. Vous serez reçu comme ce
fils.
Hélas! Le père ne peut faire partager
complètement sa joie. Le frère aîné qui n'aurait pas hésité à faire
bonne chère avec ses amis pendant que son frère était perdu, refuse de
prendre part à la fête. Figure du peuple juif obstiné dans son
légalisme, mais aussi de tous les propres justes dont le cœur est
fermé à la grâce de Dieu. |