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1 ▪
La parole qui vint à Jérémie de par l’Éternel, en la dixième année de
Sédécias,¹ roi de Juda (ce fut la dix-huitième année de Nebucadretsar).
— ¹ date: A.C. 589.
2 Et
l’armée du roi de Babylone assiégeait alors Jérusalem, et Jérémie le
prophète était enfermé dans la cour de la prison qui était dans la
maison du roi de Juda,
3
où¹ Sédécias, roi de Juda, l’avait enfermé, disant: Pourquoi
prophétises-tu, disant: Ainsi dit l’Éternel: Voici, je livre cette
ville en la main du roi de Babylone, et il la prendra;
— ¹ ou: car.
4 et
Sédécias, roi de Juda, ne sera pas délivré de la main des Chaldéens, car
certainement il sera livré en la main du roi de Babylone, et il lui
parlera bouche à bouche, et ses yeux verront ses yeux;
5 et
il fera aller Sédécias à Babylone, et il sera là, jusqu’à ce que je le
visite, dit l’Éternel: si vous combattez contre les Chaldéens, vous ne
réussirez pas?
6 ▪
Et Jérémie dit: La parole de l’Éternel vint à moi, disant:
7
Voici, Hanameël, fils de Shallum ton oncle, vient vers toi, disant:
Achète-toi mon champ qui est à Anathoth, car le droit de rachat est à
toi pour l’acheter.
8 Et
Hanameël, fils de mon oncle, vint vers moi, selon la parole de
l’Éternel, dans la cour de la prison, et me dit: Achète, je te prie,
mon champ qui est à Anathoth, dans le pays de Benjamin, car à toi est le
droit d’héritage, et à toi le rachat: achète-le pour toi. Et je connus
que c’était la parole de l’Éternel.
9 Et
j’achetai de Hanameël, fils de mon oncle, le champ qui est à Anathoth;
et je lui pesai l’argent, dix-sept sicles d’argent;
10
et j’en écrivis la lettre, et je la scellai, et je la fis attester par
des témoins, et je pesai l’argent dans la balance;
11
et je pris la lettre d’achat, celle qui était scellée [selon] le
commandement et les statuts, et celle qui était ouverte;
12
et je donnai la lettre d’achat à Baruc, fils de Nérija, fils de Makhséïa,
sous les yeux de Hanameël [le fils de] mon oncle¹, et sous les yeux des
témoins qui avaient signé à la lettre d’achat, [et] sous les yeux de
tous les Juifs qui étaient assis dans la cour de la prison.
— ¹ quelques-uns: de Hanameël, mon
parent.
13
Et je commandai sous leurs yeux à Baruc, disant:
14
Ainsi dit l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël: Prends ces lettres,
cette lettre d’achat, celle qui est scellée, et cette lettre ouverte, et
mets-les dans un vase de terre, afin qu’elles se conservent beaucoup de
jours.
15
Car ainsi dit l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël: On achètera
encore des maisons, et des champs, et des vignes, dans ce pays.
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Ce ch. 32 s'ouvre sur des événements
particulièrement critiques. Jérusalem, assiégée par l'armée
babylonienne, est en train de vivre les derniers jours de son
indépendance. Pour faire taire Jérémie, accusé de saper le courage des
assiégés, le roi a pris soin de l'enfermer dans la prison du palais.
Mais la captivité du prophète n'empêche pas la parole de l'Éternel de
parvenir jusqu'à lui. Elle ne l'empêche pas non plus, conformément aux
instructions qu'il reçoit, d'acheter le champ de son cousin Hanameël par
l'intermédiaire du fidèle Baruc mentionné ici pour la première fois. Cet
acte prend dans un tel moment une signification évidente et publique.
Tout en sachant par la parole de l'Éternel que la ruine est imminente et
inévitable, Jérémie montre ainsi sa foi dans la même Parole divine,
selon laquelle la restauration d'Israël s'accomplira ensuite tout aussi
certainement (ch. 31
).
La situation personnelle du prophète est sans issue (en quoi un
champ peut-il être utile à un prisonnier?), celle
du peuple est
désespérée; humainement Jérémie n'a plus rien à attendre ni de ses
compatriotes, ni des ennemis chaldéens. Mais contre toute espérance, il
croit avec espérance (voir Rom. 4. 18
).
Et ce champ qu'il achète en rend témoignage à tous.
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