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5 ▪
Et lors de l'offrande du soir, je me levai de mon humiliation, et, mon
manteau et ma robe déchirés, je m’agenouillai, et j'étendis mes mains
vers l’Éternel mon Dieu,
6 et
je dis: Mon Dieu, je suis confus, et j'ai honte de lever ma face vers
toi, ô mon Dieu; car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos
têtes, et notre coulpe a grandi jusqu’aux cieux.
7
Dès les jours de nos pères jusqu’à ce jour, nous avons été grandement
coupables; et à cause de nos iniquités, nous, nos rois, nos
sacrificateurs, nous avons été livrés en la main des rois des pays, à
l’épée, à la captivité, et au pillage, et à la confusion de face, comme
[il paraît] aujourd’hui;
8 et
maintenant, pour un moment, nous est arrivée une faveur de la part de
l’Éternel notre Dieu, pour nous laisser des réchappés et pour nous
donner un clou¹ dans son saint lieu, afin que notre Dieu éclaire nos
yeux et nous redonne un peu de vie dans notre servitude, car nous sommes
serviteurs;
— ¹ ou: pieu.
9
mais, dans notre servitude, notre Dieu ne nous a pas abandonnés, et il a
étendu sa bonté sur nous devant les rois de perse, afin de nous redonner
de la vie pour élever la maison de notre Dieu et pour restaurer ses
ruines, et pour nous donner des murs en Juda et à Jérusalem.
10
Et maintenant, ô notre Dieu, que dirons-nous après cela? Car nous avons
abandonné tes commandements,
11
que tu as commandés par tes serviteurs les prophètes, en disant: Le
pays dans lequel vous entrez pour le posséder, est un pays rendu impur
par l’impureté des peuples des pays, par les abominations dont ils l’ont
rempli d’un bout à l’autre par leurs souillures.
12
Et maintenant, ne donnez pas vos filles à leurs fils, et ne prenez pas
leurs filles pour vos fils, et ne cherchez pas leur paix ou leur bien, à
jamais, afin que vous soyez forts, et que vous mangiez les biens¹ du
pays, et que vous les laissiez en possession à vos fils à toujours.
— ¹ litt.: le bon.
13
Et après tout ce qui nous est arrivé à cause de nos mauvaises œuvres et
à cause de notre grand péché¹…; mais toi, notre Dieu, tu nous as moins
punis² que ne méritaient nos iniquités, et tu nous as donné une
délivrance comme celle-ci;
— ¹ plutôt: coulpe. — ² ou: épargnés
plus.
14 —
est-ce que nous retournerions à enfreindre tes commandements et à nous
allier par mariage avec les peuples qui font¹ ces abominations? Ne
serais-tu pas courroucé contre nous jusqu'à nous consumer, en sorte
qu'il n'y aurait ni reste ni réchappés?
— ¹ litt.: peuples de.
15
Éternel, Dieu d'Israël, tu es juste, car nous sommes un reste de
réchappés, comme [il paraît] aujourd'hui. Nous voici devant toi dans
notre culpabilité, car, à cause de cela, on ne peut se tenir devant toi.
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Remarquons et imitons l'attitude
d'Esdras dans ce chapitre. Un autre aurait adressé au peuple les
reproches les plus sévères. Esdras au contraire se place devant Dieu et
s'accuse en même temps que tout Israël. En offrant douze taureaux
et douze boucs (ch. 8 v. 35
),
il avait réaffirmé l'unité du peuple de Dieu. Or une conséquence
de cette unité est justement la responsabilité commune, la
souffrance partagée (voir 1 Corinthiens 12. 26
).
Quelle leçon nous donne ce serviteur de Dieu! Il nous apprend non
seulement à ne pas montrer du doigt les fautes des autres chrétiens,
mais à en être nous-mêmes honteux, affligés devant le Seigneur. «Mon
Dieu, je suis confus, et j’ai honte de lever ma face vers toi…» — dit
l’homme de Dieu (v. 6).
Les paroles d'Esdras sont bien
touchantes. Elles opposent la miséricorde du Dieu d'Israël à
l'ingratitude de Son peuple. Mais, tout en sentant profondément le
poids du péché dont il n'était pas personnellement coupable, Esdras ne
pouvait rien faire pour l'ôter de devant le regard d'un Dieu Saint. Un
seul était en mesure d'accomplir l'expiation. Le Fils de Dieu,
prenant sur Lui nos péchés comme étant les siens, a pu déclarer dans Son
indicible douleur: «Mes
iniquités m'ont atteint...» (Psaume 40.
12
). |