Livre du Prophète Zacharie
Chapitre
6
Huitième vision — v. 1-8
Nous trouvons ici la huitième et
dernière vision de Zacharie. Les quatre chars sont évidemment les quatre grands
empires des nations, si souvent mentionnés, et représentés, sous diverses
images, dans les prophètes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Au commencement
du livre de Daniel, nous les voyons sous l’aspect d’une grande statue, figure
d’un homme, d’une créature raisonnable et responsable, ayant une relation morale
avec Dieu, et à laquelle il a confié le gouvernement du monde. Ces empires
manquent à leur responsabilité et Dieu, par une pierre détachée sans mains, les
brise tous ensemble, pour établir à leur place l’empire universel de Christ, une
grande montagne qui remplit toute la terre.
Plus loin, en Daniel 8, nous
voyons ces quatre empires sous l’aspect de quatre Bêtes, c’est-à-dire de quatre
êtres sans relation morale avec Dieu. Dans l’Apocalypse (chap. 3), la dernière
de ces Bêtes, l’empire romain existant alors, comprend et résume les caractères
des trois empires qui l’ont précédé.
En Zacharie, les empires sont
mentionnés à trois reprises: Au premier chapitre, sous la figure de leurs trois
représentants symboliques, car Babylone, le premier empire, avait déjà pris fin
sous l’assaut des Mèdes et des Perses. Ces empires sont à l’aise après avoir
détruit le peuple de Dieu; mais, quand le dernier d’entre eux terminera son
cours, ce sera le moment où Dieu, prenant en main la cause de son peuple,
rétablira ses relations avec lui. Dans le même chap. 1, les empires sont quatre
cornes, quatre puissances détruites par des agents divins pour amener, au chap.
3, la bénédiction finale de Jérusalem.
«Et de nouveau je levai mes yeux,
et je vis: et voici, quatre chars qui sortaient d’entre deux montagnes, et les
montagnes étaient des montagnes d’airain» (v. 1). Nous trouvons ici, non pas des
chevaux, mais quatre chars attelés de chevaux, symbole, dans l’Écriture, de la
puissance royale et guerrière. Le premier char, l’empire guerrier chaldéen, est
mentionné tout d’abord. Nous nous sommes déjà expliqués, au chap. 1, sur les
chevaux roux; dans notre chapitre, ils expriment le jugement du peuple par
Babylone. Ce n’est pas, comme au premier chapitre, le tableau des empires alors
que l’Esprit de Dieu prend connaissance de leur état, mais la manière dont Dieu
les dirige pour accomplir ses desseins. C’est pourquoi ces chars sont présentés
comme «les quatre esprits des cieux qui sortent de là où ils se tenaient devant
le Seigneur de toute la terre» (v. 5; cf. Dan. 7:2). Dieu nous montre que sa
Providence avait dès le commencement dirigé la course de ces puissances
guerrières. En apparence, chacune d’elles avait fait ce qu’elle avait voulu et
avait suivi son propre chemin sans Dieu; en réalité, Lui était derrière la
scène, et les quatre esprits des cieux étaient devant Lui pour conduire le
mouvement des empires dans une direction voulue. Le quatrième empire, l’empire
romain, devant ressusciter comme l’Apocalypse nous le révèle, le but de Dieu ne
sera pleinement atteint qu’à la fin des temps prophétiques.
Les quatre chars
sortent, tout comme le rouleau et l’épha, parce
qu’il s’agit ici de jugement. Ils sortent «d’entre deux montagnes» formant comme
un défilé par lequel ils doivent passer. Une montagne représente toujours, en
langage symbolique, une puissance fermement établie sur la terre. Les montagnes
sont d’airain. L’airain signifie toujours la justice de Dieu s’occupant du péché
en jugement, soit pour notre rédemption, — l’autel d’airain, emblème de la croix
— soit pour nous purifier, — la cuve d’airain — soit pour l’établissement du
royaume de Christ, — les colonnes d’airain — car son royaume ne peut être établi
que par le jugement. Nous voyons donc ici la puissance de Dieu établie en dépit
de tout, comme de fermes montagnes, afin d’empêcher les empires de suivre une
autre direction que celle que Dieu veut leur assigner, et cette puissance les
dirige en vue du jugement de son peuple; mais, quand ces empires se seront
détruits eux-mêmes, la délivrance d’Israël suivra le jugement, et ainsi
s’accompliront en grâce les desseins de Dieu envers cette nation.
«Celui auquel sont les chevaux
noirs sort vers le pays du nord; et les blancs sortent après eux» (v. 6).
Lorsque la fin de la captivité du peuple sous le joug de Babylone se fut
approchée, Dieu intervint et envoya les Mèdes et les Perses, le chariot des
chevaux noirs, dans le pays du nord, nom qui désigne la contrée située au nord
de Jérusalem ou la Chaldée. Aux Mèdes et aux Perses succéda la puissance
conquérante d’Alexandre, le chariot des chevaux blancs, qui détruisit le second
empire, la Perse, dans le pays du nord. De là cette expression: «les blancs
sortent après eux.»
«Et les tachetés sortent vers le
pays du midi; et les vigoureux sortent et cherchent à s’en aller, à se promener
par la terre» (v. 7). Ici apparaît le quatrième char, la puissance romaine, avec
des «chevaux tachetés, vigoureux». Au lieu de sortir contre le pays du nord, ces
chevaux se dédoublent, pour ainsi dire. Les tachetés sortent vers le pays du
midi, l’Égypte. C’est, en effet, dans ce pays que l’empire romain chercha, dès
le début, à établir sa suprématie (cf. Dan. 11:30). Ensuite, la puissance de
l’empire se développant de plus en plus, Rome, les vigoureux, chercha à se
promener par la terre, c’est-à-dire à étendre sa domination sur le monde entier.
«Et il dit: Allez, promenez-vous
par la terre. Et ils se promenèrent par la terre» (v. 7). C’est Dieu qui a la
haute main dans toutes les circonstances et les mouvements de ce monde, qui les
dirige et les ordonne. Et combien de buts divers il se propose! Par le même
événement, il juge, reprend, avertit, appelle ou délivre!
«Et il me cria, et me parla,
disant: Vois; ceux qui sont sortis vers le pays du nord ont apaisé mon esprit
dans le pays du nord.» Déjà du temps de Zacharie la colère de Dieu s’était
réveillée contre Babylone, instrument de son jugement envers Israël, mais qui,
semblable à l’Assyrien, s’élevant orgueilleusement contre la main qui
l’employait, avait assouvi sa soif de vengeance sur le peuple de Dieu.
Conclusion du livre des visions — v. 9-15
La huitième vision avait décrit le
rôle providentiel et le jugement final des empires envoyés pour châtier Israël.
Le passage que nous avons sous les yeux nous montre le résultat glorieux de
toutes les voies de Dieu et l’accomplissement de ses conseils, en substituant à
tous les empires du monde celui de Christ et son règne de paix qui ne sera
jamais ébranlé.
Il ne s’agit pas, dans ce passage,
d’une vision, mais d’un fait qui donne occasion à l’Esprit de Dieu de s’exprimer
au sujet du règne de Christ.
«Et la parole de l’Éternel vint à
moi, disant:»
Ces mots sont importants à
retenir. Nous venons de voir que cette Conclusion du livre des visions se relie
à tout ce qui précède et en est pour ainsi dire le couronnement; mais les mots
que nous venons de citer relient aussi le Livre des visions aux deux chapitres
suivants qui appartiennent au Livre des Oracles. En effet, ce terme: «La parole
de l’Éternel vint à moi» marque à quatre reprises des révélations nouvelles (7:4, 8; 8:1, 18). Cette liaison si évidente entre les deux livres de Zacharie
réduit à néant les affirmations de la soi-disant «haute critique», qui prétend
voir dans ce prophète deux écrits d’auteurs différents, n’ayant aucun rapport
quelconque l’un avec l’autre.
«Prends des dons de la part de
ceux de la transportation, de la part de Heldaï, de Tobija, et de Jedahia (et
viens, toi, en ce même jour, et entre dans la maison de Josias, fils de
Sophonie, où ils sont venus de Babylone); et tu prendras de l’argent et de l’or,
oui, prends des couronnes.»
Trois hommes, d’entre ceux qui
n’étaient pas montés de Babylone avec le peuple pour rebâtir le temple et la
ville, sont mentionnés ici. Nous ne savons la raison pour laquelle ils étaient
restés à Babylone, mais nous les voyons monter à Jérusalem pour apporter leurs
dons, de l’argent et de l’or, à la maison de l’Éternel, en un temps où elle
s’élevait à peine au-dessus de ses fondements. Leur acte était la condamnation
tacite des lenteurs apportées par le peuple à la construction du temple. La
signification du nom de ces hommes est assez frappante: Heldaï: «Endurant»;
Tobija: «l’Éternel est bon»; Jedahia: «l’Éternel sait». Ils entrent dans la
maison de Josias: «l’Éternel supporte», fils de Sophonie: «l’Éternel cache». Ces
hommes portent donc presque tous le nom de l’Éternel et sont ainsi ses témoins.
J’en conclus qu’ils sont comme un
type du vrai Résidu de Juda, soit hors de la Judée, soit à Jérusalem. Les Juifs
remontés sous Cyrus à Jérusalem ne pouvaient être considérés comme le vrai
Résidu; la fin de Zacharie et le prophète Malachie le démontrent suffisamment.
Les vrais fidèles se trouvaient alors à Babylone, mais ils sont accueillis et
cachés dans la maison d’un autre fidèle à Jérusalem. Ce petit tableau me semble
donc être une image des deux parties du Résidu de Juda, à la fin des temps
1. Ceux qui le composent voient, par la foi, le temple bâti quand
il ne l’est pas encore, le roi établi quand, de fait, il n’est pas encore
manifesté, et ils lui apportent leurs dons. Le prophète a la mission de former
des couronnes avec cet argent et cet or: «Oui, prends des couronnes et tu les
mettras sur la tête de Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur; et tu
lui parleras, disant: Ainsi parle l’Éternel des armées, disant: Voici un homme
dont le nom est Germe, et il germera de son propre lieu. et il bâtira le temple
de l’Éternel. Lui, il bâtira le temple de l’Éternel, et il portera la gloire, et
il s’assiéra, et dominera sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône»
(v. 11-13). Le sens du mot: «couronnes» est plutôt celui d’une «double
couronne», semblable à la tiare que portaient certains souverains. Zacharie
devait prendre cette couronne et la placer sur la tête de Joshua, le souverain
sacrificateur.
1
Voir pour plus amples détails: «L’histoire prophétique des derniers jours», par
H.R.
Pour expliquer cet acte, résumons,
en quelques mots, l’histoire du Christ, dans les chapitres qui précèdent, comme
nous l’avons déjà fait à l’égard de l’histoire de Juda et de Jérusalem.
Au chap. 3, Joshua qui avait
d’abord représenté le peuple purifié devant l’Éternel, devient le type de
Christ, comme futur souverain sacrificateur. Puis
Dieu annonce qu’il fera venir son serviteur le Germe,
Christ, le fils de David comme roi. Le fondement du temple que Joshua
venait de poser est le type de Christ, maîtresse pierre du
coin, sur laquelle l’Éternel édifiera son temple futur. Au chap. 4,
Zorobabel est l’image de Christ, le vrai roi. La
pierre du faîte, la clef de voûte de tout l’édifice, placée devant Zorobabel,
est de nouveau Christ, porteur de faveur de Dieu.
Dans ce même chapitre, la royauté et la sacrificature, les deux fils de l’huile,
sont encore séparées, bien qu’elles contribuent, en commun, à alimenter la
lumière du témoignage. Enfin, dans notre chapitre, nous trouvons
la sacrificature et la royauté réunies dans une même
personne. Celui dont le nom est Germe sera sacrificateur sur son trône;
c’est ce Roi sacrificateur qui est couronné dans la personne de Joshua:
«l’Éternel est Sauveur». Christ, vrai Melchisédec, est proclamé sacrificateur,
en même temps que roi de justice et roi de paix. C’est à Lui et à son règne
qu’aboutissent toutes les voies de Dieu dont il nous est parlé dans les
chapitres précédents, et, d’une manière particulière, comme en Dan. 2:34, 35,
la destruction des royaumes mentionnés au commencement de notre chapitre.
Lorsque l’Esprit de Dieu a été «apaisé» à leur égard, Dieu établit à leur place
le royaume universel du fils de David, qui ne sera pas ébranlé.
Il est dit de Lui, au v. 12: «Il
germera de son propre lieu.» Son propre lieu, c’est Jérusalem, le lieu de son
origine royale, car, «quand l’Éternel enregistrera les peuples, il comptera:
Celui-ci est né là» (Ps. 87:6). Il est dit encore: «Il bâtira le temple de
l’Éternel. Lui, il bâtira le temple de l’Éternel.»
Représentons-nous les
circonstances dans lesquelles cet événement est annoncé. Le peuple à Jérusalem
se remettait à l’œuvre, mais le temple n’était point terminé quand Heldaï et ses
compagnons montèrent à Jérusalem. Joshua s’y était employé, Zorobabel y
coopérait, mais un moment devait venir où le roi, le fils de David, ne faisant
qu’un avec le sacrificateur couronné, bâtirait le temple de l’Éternel. Ce ne
pouvait donc pas être le temple d’alors, ni le temple d’Hérode, ni celui de
l’Antichrist; un seul temple est mentionné ici, celui que le Roi sacrificateur
bâtira. Le v. 15 indique ceux qui coopéreront à cette œuvre: «Ceux qui sont
éloignés viendront et bâtiront au temple de l’Éternel.» Ce sera exactement le
contraire de ce qui s’était passé lors de la construction du temple au temps
d’Esdras et de Zacharie. Ceux qui étaient éloignés, les ennemis de Juda, avaient
dit à Zorobabel: «Nous bâtirons avec vous.» Zorobabel et Joshua leur
répondirent: «Vous n’avez pas affaire avec nous pour bâtir une maison à notre
Dieu, mais nous seuls, nous bâtirons à l’Éternel, le
Dieu d’Israël» (Esdras 4:2-3). Mais, quant au temple futur dont il est question
ici, les nations y contribueront pour leur part, comme jadis Hiram, roi de Tyr,
avait fourni des ouvriers et des matériaux pour le temple de Salomon.
«Et il portera la gloire.» C’est
une chose immense que la gloire; elle est la manifestation de toutes les
perfections divines: Majesté, justice, sainteté, pureté, puissance, sagesse,
vérité, bonté, enfin la grâce et l’amour. Toutes ces perfections seront mises en
pleine lumière, dans la personne du Messie, roi d’Israël. Un Joshua, avec ses
vêtements sales, un Zorobabel, faible et sans énergie, étaient bien loin de
manifester ces caractères. Même sous le règne glorieux de Salomon, où l’on
pouvait voir dans le roi quelque reflet de la sagesse de Dieu, ces caractères
furent vite perdus, car jamais Salomon ne «porta la gloire»
tout entière. Un seul la manifestera dans son ensemble et dans sa plénitude,
lorsque la connaissance de la gloire de Dieu resplendira devant tous «dans la
face de Jésus Christ». Il portera la gloire;
l’Église, la nouvelle Jérusalem, l’aura, la
possédera, car il est dit d’elle: «Ayant la gloire de Dieu», et encore: «La
gloire de Dieu l’a illuminée» (Apoc. 21:10, 23).
«Et il s’assiéra, et dominera sur
son trône, et il sera sacrificateur sur son trône.» Il y aura donc un trône,
auquel certes ni Joshua, ni Zorobabel n’avaient aucune part; sur le trône, un
sacrificateur sera assis, qui ne se tiendra plus debout comme Joshua, pour
intercéder et offrir des sacrifices, mais en aura fini avec l’exercice de la
sacrificature d’Aaron; un roi sera assis, le vrai Melchisédec, roi de justice et
roi de paix, bénissant le peuple de la part de Dieu et Dieu de la part du
peuple, médiateur entre le ciel et la terre. Il portera tout le poids du
gouvernement du monde, et pas un instant le sceptre de justice ne fléchira dans
sa main. Comme le soleil qui se lève, il luira sur les hommes, apportant la
santé dans ses ailes. La double couronne ornera sa tête; c’est à cela qu’étaient
destinés les dons apportés au temple par quelques fidèles.
«Et le conseil de paix sera entre
eux deux.» Le conseil arrêté entre l’Éternel et le Messie, fils de David, sera
alors entièrement accompli pour la terre. «Paix sur la terre et bon plaisir dans
les hommes»: ces mots se réaliseront quand le roi de paix entrera à Jérusalem,
la cité de son choix, et annoncera la paix à son peuple et aux nations.
Quelque merveilleuse que soit
cette part, la nôtre, à nous chrétiens, est encore meilleure. Nous n’avons pas à
attendre la gloire future pour voir le conseil de paix réalisé à notre égard, et
nous pouvons entrer déjà dans la pleine jouissance de cette paix, objet des
conseils éternels du Père et du Fils, et que nous possédons maintenant par la
foi.
«Et les couronnes seront pour
Hélem, et pour Tobija, et pour Jedahia, et pour
Hen, fils de Sophonie, pour mémorial dans le temple
de l’Éternel» (v. 14). Combien cette pensée est consolante, dans un temps de
ruine générale! Le peuple d’alors, réuni à Jérusalem, n’avait pas aux yeux de
Dieu les caractères du vrai Résidu. Quelques hommes venus de Babylone étaient
agréés de Dieu, ainsi que celui qui les avait accueillis à Jérusalem, car
eux-mêmes reconnaissaient la maison de Dieu, alors qu’elle n’existait pas à la
vue des hommes. Ils la voyaient avec les yeux de la foi, et lui apportaient
leurs choses précieuses. Ces dons devaient servir à couronner le vrai roi et à
le glorifier. Dieu conserve ces couronnes dans son temple, en mémoire de l’acte
de ces fidèles. Ces couronnes leur appartiendront aussi, quand le Christ entrera
dans sa gloire. Dès maintenant, l’Éternel reconnaît ces fidèles et, de plus, il
donne de nouveaux noms à celui qui les conduit et à celui qui les reçoit. Heldaï
s’appelle désormais Hélem et Josias
Hen. Hélem signifie «la force»,
et Hen signifie «la grâce». C’est ainsi, et
sous ces traits, que Dieu voit ceux qui ont porté le nom de l’Éternel et ont eu
à cœur l’honneur de sa maison ici-bas. Certes, ils avaient peu de force ces
trois hommes, remontés de Babylone, mais ils n’avaient pas renié le nom de
l’Éternel, aussi les établit-il comme des colonnes dans son temple. Dans leur
faiblesse, ils s’étaient confiés en l’Éternel. Dieu les voit en Christ, comme la
colonne Boaz du temple de Salomon qui signifie: «En lui est la force.» Josias,
fils de Sophonie, qui les reçoit, et les reconnaît comme serviteurs de
l’Éternel, qui apprécie leurs dons et les garde sous son toit, comme un trésor
précieux dans ces jours de ruine, Dieu l’appelle Hen et reconnaît en lui la
grâce, cet autre caractère de Christ.
Cher lecteur! Ne doit-il pas en
être de même pour nous aujourd’hui? Nous contentons-nous d’appartenir à la
profession sans conscience, dont Zacharie va nous faire le tableau dans les
chapitres suivants, et qui sera l’objet de la désapprobation de Dieu dans le
prophète Malachie? Ou bien portons-nous, non pas le vain
nom de chrétiens, mais, comme ces hommes, quelqu’un des
caractères de Celui dont le nom est invoqué sur
nous? Reconnaissons-nous l’Église de Christ, le temple et la maison de Dieu, là
où son fondement seul est posé, au milieu de l’indifférence et de l’infidélité
générales? Nos dons ont-ils pour but l’édification de la maison de Dieu ou celle
de maisons de notre invention que nous n’avons pas la bonne foi d’appeler de
leur vrai nom? N’oublions pas que ce qui est apporté à la maison de Dieu
contribue à la gloire de Christ, ajoute des fleurons à sa couronne, que nos
offrandes sont le culte rendu à Christ là où il fait habiter son nom. Dieu ne se
souvient que de ce qui a été fait pour son Bien-aimé. Peu importent les noms
dont le monde nous outrage, que notre nom soit celui de l’approbation secrète du
Seigneur. Hélem et Hen, force et grâce, sont écrits sur le caillou blanc qu’il
donne à ses fidèles.
Mais bien plus, le mémorial de ce
que nous aurons fait pour Lui, en un temps où la foi seule pouvait distinguer
son Église et reconnaître les gloires de sa personne, ce mémorial demeure à
jamais dans son temple. Ceux qui n’auront pas renié son nom auront part à la
couronne dont leurs cœurs fidèles avaient orné la tête de Christ. Elle est pour
eux, il la leur donne, il les associera à sa gloire. Et comme il y aura un livre
de mémoire pour ceux qui craignent l’Éternel et se sont entretenus de sa venue,
il y aura dans son temple un souvenir de ceux qui, en un temps d’abaissement,
ont reconnu sa suprématie et se sont prosternés devant Celui que Dieu salue
comme sacrificateur éternellement, selon l’ordre de Melchisédec.