Les
Proverbes
Chapitres 1 (v. 7) à 2 — Exposition générale du sujet des Proverbes
Chapitre
1er (v. 7-33)
v. 7. —
Tel est, disions-nous, le but du Livre: les Proverbes nous sont donnés pour
connaître la Sagesse. Mais il est un principe qui se trouve à l’origine de cette
connaissance, qui en est la base et le commencement: La
crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance; les fous méprisent
la sagesse et l’instruction.
Craindre l’Éternel, c’est nous
trouver en sa présence pour lui donner, dans nos cœurs, la place qui lui est
due, étant convaincus, dès que nous entrons là, que rien d’impur ni de souillé
ne peut entrer en contact avec Lui. Cette conviction est le commencement de la
connaissance. On ne peut rester devant Lui qu’en haïssant le mal, mais en même
temps, on se trouve devant la bonté suprême et l’on apprend à l’estimer bien
haut. En un mot la crainte de l’Éternel c’est: «Retire-toi du mal, et fais le
bien; cherche la paix, et poursuis-la» (Ps. 34:14). On donne à Dieu la place qui
lui appartient; Il devient tout pour celui qui est en Sa présence. Son autorité,
l’autorité du bien parfait, est reconnue, et aussitôt, de notre part, l’honneur,
la déférence, la confiance, la soumission, l’obéissance, l’affection, l’amour,
lui sont rendus. Les fous méprisent la Sagesse et l’instruction auxquelles cette
crainte de Dieu nous amène.
v. 8-9. —
Un second principe se trouve à la base de toute notre conduite: Ce principe est
la soumission à l’autorité des parents, établie de Dieu ici-bas: «Écoute,
mon fils, l’instruction de ton père, et n’abandonne pas l’enseignement de ta
mère; car ce sera une guirlande de grâce à ta tête, et des colliers à ton cou».
Tout ordre moral ici-bas est fondé sur cette soumission. L’instruction des
parents joue, comme nous l’avons vu dans l’Introduction, un très grand rôle dans
ce livre, parce qu’ils sont établis comme les représentants visibles de
l’autorité affectueuse et de la Sagesse divines, et qu’ils sont responsables de
l’exercer pour le bien des enfants qui leur ont été confiés. Chaque fois que le
fils est mentionné dans les Proverbes, il est
considéré comme issu d’eux et, en même temps, comme le fils de la Sagesse, comme
introduit dans une relation spirituelle et indissoluble avec l’Éternel, en un
mot, comme son enfant, en contraste avec les insensés et les méchants qui sont
les enfants du monde. C’est pourquoi nous entendrons dans ce livre tantôt les
parents, tantôt la Sagesse elle-même, s’adresser à lui comme fils. Le
fils, selon l’acception de ce terme qui court tout
le long des Proverbes, se trouve dans ce monde en présence de deux influences:
la bonne, celle du père et de la mère (c’est-à-dire l’autorité jointe à l’amour
le plus tendre) représentants de la Sagesse divine ici-bas — et la mauvaise,
celle de la femme étrangère, représentant l’esprit de la chair et du monde.
Les v. 10-19 nous présentent
l’influence du mal après celle du bien, aux v. 8-9. Les
pécheurs, en opposition avec le père et la mère entrent en scène pour
séduire le fils de la Sagesse. Ils lui suggèrent la ruse et la violence en vue
de satisfaire ses convoitises. Ils lui proposent l’association dans le mal pour
faire réussir leurs desseins. Cette association est bien plus attrayante pour le
cœur naturel que la soumission de la volonté, que le «joug aisé», qui nous est
proposé dans le chemin solitaire du bien. Mais (v. 17) devant ceux qui sont
avertis de l’embûche, ce sera en vain que l’oiseleur tendra ses filets. Ils ont
désormais des yeux pour voir et des ailes pour échapper à leur ennemi. Ce seront
les pieds du tentateur qui s’embarrasseront dans les mailles de son piège.
v. 20-23. —
Ce n’est pas seulement à ses fils que la Sagesse s’adresse. Elle a une autre
fonction qui sera développée plus explicitement dans les chapitres 8 et 9.
Elle crie au dehors. Elle se fait entendre au milieu
de l’activité, du bruit, de la vie publique dans ce monde. Elle veut être
écoutée, là même où l’homme, dans son indépendance de Dieu, s’est organisé en
société. Elle s’adresse aux simples, à ceux qui,
étant privés de sens, deviennent si facilement la proie des tentations de la
chair; elle reprend les moqueurs et les sots, ces ignorants qui haïssent la
connaissance. Elle les engage à revenir à sa répréhension qui, s’ils l’avaient
écoutée, les aurait amenés en la présence de Dieu pour le connaître et se juger
eux-mêmes. S’ils écoutent, ils seront abreuvés aux ruisseaux de l’Esprit et
auront la connaissance des paroles de la Sagesse.
v. 24-33. —
A l’origine donc, tous les hommes font partie de ceux auxquels la sagesse
s’adresse. Un sort terrible attend ceux qui ont rejeté le dessein de Dieu à leur
égard, qui ont «haï la connaissance et n’ont pas choisi la crainte de
l’Éternel»: une subite destruction viendra sur eux (v. 27; 1 Thess. 5:3). Mais,
grâce à Dieu, il y a, dans cette multitude, des oreilles pour entendre, des
consciences atteintes par les appels de la Sagesse. «Celui
qui m’écoute habitera en sécurité et sera tranquille, sans
crainte du mal»; il a trouvé un refuge assuré, le repos et la paix; il
est «délivré de la colère qui vient» (1 Thess. 1:10).