Livre du prophète Osée
Quatrième partie: Chapitre 14
— Repentance et Restauration d’Israël.
Dans ce chapitre nous assistons à
l’heureux dénouement de toutes les voies de Dieu envers son peuple. Le torrent
des reproches est tari, la voix des jugements s’est tue; l’appel à la repentance
trouve enfin un écho dans le cœur d’Israël. Au jour où le prophète les exhortait
à la repentance et à la conversion et leur annonçait les bénédictions qui en
seraient le résultat (6:1-3), ils n’y avaient pas pris garde. Maintenant que la
détresse était venue à son comble (cf. 5:15), leur oreille était enfin ouverte
pour écouter la voix de l’Éternel: «Israël, reviens à l’Éternel, ton Dieu, car
tu es tombé par ton iniquité. Prenez avec vous des paroles, et revenez à
l’Éternel; dites-lui: Pardonne toute iniquité, et accepte ce qui est bon, et
nous te rendrons les sacrifices de nos lèvres» (v. 1, 2).
Israël revient; il apporte des
paroles dont nous trouvons si souvent l’expression dans les Psaumes (Ps. 103:2;
130:3; Ps. 51:1-17; 69:30, etc.), et qui maintenant sortent de bouches sans
fraude. Le pardon complet, le pardon de toute iniquité, voilà ce que demande le
cœur convaincu de péché et attiré par la grâce. Dieu peut «accepter ce qui est
bon», ce qui est selon lui et selon ses pensées, la repentance d’un peuple qui
vient à Lui confessant ses péchés. Ainsi le Seigneur s’associait avec «les
excellents de la terre» qui venaient au baptême de la repentance. Mais en les
recevant ainsi, Dieu acceptait ce qui était bon, un état dans lequel le péché
n’entrait plus pour rien, fruit de l’œuvre expiatoire de Christ, accomplie à la
croix, et que Dieu accepte comme nous justifiant pleinement. S’il en est ainsi,
son peuple peut entonner la louange. Il ne s’agit plus pour Israël, du sang de
taureaux et de boucs, qui ne peut ni ôter son péché, ni le faire agréer de Dieu,
mais des «sacrifices (ou taureaux) de ses lèvres». Le fruit de lèvres qui
bénissent son nom, le sacrifice de louanges, est la seule offrande à lui
présenter désormais, car le sacrifice expiatoire a été offert une fois, et a
satisfait pour toujours les exigences de la sainteté divine.
«L’Assyrie ne nous sauvera pas;
nous ne monterons pas sur des chevaux». Israël ne cherche plus la protection
d’un monde ennemi, et ne se fie pas à l’énergie de la nature pour échapper au
mal ou pour lui tenir tête. «Nous ne dirons plus: Notre Dieu, à l’œuvre de nos
mains; car, auprès de toi, l’orphelin trouve la miséricorde» (v. 3). Comment les
veaux de Béthel seraient-ils encore les idoles du cœur? Dépourvu de tout appui,
de tout secours humain, ce peuple affligé, sans aucun lien qui le rattachât à
Dieu, cet orphelin, ce Lo-Ammi et ce Lo-Rukhama, l’a rencontré, Lui, et les
trésors de son cœur pour des êtres dénués de tout, un Père au lieu d’un juge, la
miséricorde au lieu du jugement. Ce dernier passé, l’amour seul subsiste.
Tout ce passage est bien l’œuvre
de la grâce dans le cœur, l’histoire de toute âme d’homme, de tout pécheur,
revenant à Dieu par la repentance, que ce soit au jour actuel, aux jours
d’autrefois, ou en un temps à venir.
Sans tarder (v. 4-7), Dieu montre
ce qu’Il sera pour eux quand ils auront pris avec eux des paroles pour revenir à
Lui: «Je guérirai leur abandon de moi, je les aimerai librement, car ma colère
s’est détournée d’eux. Je serai pour Israël comme la rosée; il fleurira comme le
lis, et il poussera ses racines comme le Liban» (v. 4, 5). Dieu ôtera toutes les
conséquences de leur abandon de Lui et remplacera leur misère par les
bénédictions d’une vie nouvelle. Il pourra les «aimer
librement». Cet amour avait toujours existé dans son cœur, car il est
l’essence même de Dieu, mais avait été entravé dans ses manifestations par leur
infidélité, leur dureté de cœur, et les jugements terribles qu’Il avait été
obligé de leur infliger. Dieu sera pour Israël comme la rosée, un
rafraîchissement céleste dont la personne bénie de Christ sera la source. Son
peuple fleurira comme le lis, emblème de grâce, de beauté, parure glorieuse de
la terre. «Il poussera ses racines comme le Liban».
Remarquez le rôle du Liban dans
toute cette scène. Il est le symbole de la stabilité du règne de Christ. Comme
les cèdres majestueux qui recouvrent cette montagne, ainsi Israël étendra ses
racines pour ne plus jamais être abattu; ainsi ses rejetons s’étendront et sa
postérité occupera la terre. Mais son parfum sera aussi, comme le Liban,
parfaitement agréable au Roi, son Bien-aimé (Cant. 4:10, 11). Enfin leur
renommée sera comme le vin du Liban, source de joie pour le monde entier, d’une
joie établie sur un règne consolidé à jamais (v. 5, 6, 7). Ils auront encore,
dans cette scène nouvelle, «la magnificence de l’olivier». Greffé de nouveau sur
son propre tronc, Israël paraîtra dans la beauté première de sa royauté et de sa
sacrificature (Zach. 4:3; Apoc. 11:4); symbole de paix pour la terre
renouvelée comme jadis la feuille apportée par la colombe de Noé, après le
déluge (Gen. 8:11). Aussi «reviendra-t-on s’asseoir sous son ombre» (v. 7), et
chercher auprès de lui une protection offerte à tous. «Ils feront vivre le
froment et fleuriront comme la vigne». Il y aura abondance de fruit (cf. 2:22),
et une nouvelle floraison de la vigne du Messie dégageant le parfum du renouveau
1.
1
Notons la présence ici de trois arbres, figures d’Israël, introduit dans les
bénédictions millénaires. Ce sont le cèdre, l’olivier et la vigne.
Le cèdre.
La montagne du Liban est, comme nous l’avons dit, le symbole de la stabilité du
règne de Christ; les cèdres qui la couvrent sont la figure d’Israël, autrefois
détruit par les nations (És. 37:24) maintenant rétabli dans sa puissance et sa
gloire. Ce même Israël fera partie intégrante de la maison de l’Éternel (voyez
le temple et la maison du Liban sous Salomon).
L’olivier
est la figure du Résidu d’Israël, enté de nouveau sur le tronc des
Promesses, reçu selon l’élection de grâce et restauré après la chute des
nations. Ce Résidu formera l’ensemble du peuple sous le sceptre du
Messie, après la destruction des Juifs apostats.
La vigne
est l’image d’Israël restauré en vertu de son union vitale avec Christ,
le vrai cep; et capable, après avoir été jadis détruit comme une vigne stérile,
de porter désormais du fruit pour Dieu.
Détail remarquable: Le figuier si souvent mentionné dans l’Écriture comme
symbole de la nation juive est passé ici sous silence, la sentence
définitive ayant été prononcée sur ce peuple: «Que jamais aucun fruit ne naisse
plus de toi» (Matt. 21:19). Cela n’empêche pas le figuier d’être au même titre
que la vigne un emblème du repos et de la prospérité millénaire (Michée 4:4;
Zach. 3:10; 1 Rois 4:25).
Telles seront les bénédictions
millénaires qu’apportera la repentance d’Israël.
Le v. 8 nous fait assister à un
échange délicieux de pensées entre l’Éternel et Éphraïm, genre de conversation
souvent présenté dans certains Psaumes, que j’ai appelés, autre part, les
Psaumes de communion, et qui montre un accord parfait entre les interlocuteurs.
«Éphraïm dira: Qu’ai-je plus à
faire avec les idoles?» Israël a trouvé le Christ, son Sauveur et son Roi; les
faux dieux ne jouent plus aucun rôle, ni dans son cœur, ni dans sa vie. Il en
est toujours ainsi lorsque l’âme a trouvé un objet qui s’est emparé d’elle et
auquel elle attache plus de prix qu’aux misérables vanités de ce monde.
«Moi, dit le Seigneur, je lui
répondrai et je le regarderai». Lui sera le Dieu auquel Éphraïm aura à faire,
son vrai Dieu. J’exaucerai, dit-il, toutes ses demandes; je l’illuminerai du
regard de ma face, selon son désir: «Lève sur nous la lumière de ta face, ô
Éternel!» (Ps. 4:6).
Sous ce regard, Éphraïm dira:
«Moi, je suis comme un cyprès vert». Le cyprès, dont le feuillage ne se flétrit
point, croît sur le Liban avec le cèdre, et fait, avec ce dernier, l’ornement du
temple de l’Éternel (l Rois 5:8, 10; 6:15; 2 Chron. 2:8). Stabilité,
témoignage non interrompu, sainteté, parure incorruptible du sanctuaire,
proximité de l’Éternel; que de pensées bénies évoque ce seul nom!
Et le Messie répond: «De moi
provient ton fruit». Douce, indicible parole finale! Comme elle convient à son
propre cœur et à celui d’Israël restauré! Christ veut avoir le dernier mot, il
se réjouit en voyant chez son peuple le fruit de sa grâce. «Il verra du fruit du
travail de son âme, et sera satisfait» (És. 53:11). Toute cette bénédiction n’a
pas d’autre origine. Rien ne vient de l’homme, tout provient de Dieu! Ah! comme
le cœur de ses bien-aimés pourra répondre dans une adoration muette: «Toutes mes
sources sont en toi!» (Ps. 87:7).
Le v. 9 clôt et résume toute la
prophétie d’Osée. «Qui est sage? il comprendra ces choses; et intelligent? il
les connaîtra; car les voies de l’Éternel sont droites et les justes y
marcheront, mais les transgresseurs y tomberont». N’est-ce pas la conclusion du
livre? Il faut, pour le comprendre, une sagesse et une intelligence données d’en
haut, mais que Dieu ne refuse pas aux siens, tandis que les sages de ce monde
traitent précisément ce prophète d’incompréhensible et d’insensé. Cependant le
résumé, en est aussi simple, aussi élémentaire que possible. Ce sont
les voies de Dieu. Elles sont droites, elles sont le
chemin du juste et sa sauvegarde. Elles sont la perte et la ruine des
transgresseurs, de ceux qui refusent de se soumettre à la volonté de Dieu.