Livre de
l’Exode
Chapitre
2
V. 1-10
Cette portion du livre de l’Exode abonde en principes de vérité divine de la
plus haute importance, et que nous pouvons classer sous trois chefs principaux,
savoir: la puissance de Satan la puissance de Dieu; et la puissance de la foi.
Au dernier verset du chapitre précédent, nous lisons: «Le Pharaon commanda à
tout son peuple, disant: Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve; mais
toute fille, laissez-la vivre». C’est là, la puissance de Satan! Le fleuve était
le lieu de la mort, et, par la mort, l’Ennemi cherchait à rendre vain le dessein
de Dieu. De tout temps, le Serpent a veillé d’un œil malin sur les instruments
dont Dieu voulait se servir pour accomplir ses conseils de miséricorde. Que
voyons-nous au chapitre 4 de la Genèse, si ce n’est le Serpent veillant sur
Abel, le vase choisi par Dieu, et s’efforçant de le faire disparaître par la
mort? Dans l’histoire de Joseph, Gen. 37, on voit encore l’Ennemi à l’œuvre,
cherchant à faire mourir l’homme choisi de Dieu pour l’accomplissement de ses
desseins. Il en est de même lors de l’extermination de la «semence royale,» 2
Chr. 22; des petits enfants de Bethléem, Matt. 2; dans la mort de Christ, Matt.
27: dans chacun de ces cas, l’ennemi a cherché à interrompre, par le moyen de la
mort, le courant de l’action divine. Mais, que Dieu en soit béni, il existe
quelque chose au-delà de la mort. Toute la sphère de cette action de Dieu, en
tant qu’elle est liée à la rédemption, se trouve au-delà des limites du domaine
de la mort. C’est quand Satan a épuisé toute sa puissance que Dieu commence à se
montrer. Le tombeau est le terme de l’activité de Satan; mais là commence
l’activité de Dieu. Glorieuse vérité! Satan a la puissance de la mort; mais Dieu
est le Dieu des vivants, et il communique une vie qui est au-delà des atteintes
et de la puissance de la mort, une vie à laquelle Satan ne peut toucher. Le cœur
croyant trouve ainsi un doux soulagement au milieu d’une scène où règne la mort;
il peut sans effroi contempler Satan déployant la plénitude de son pouvoir: il
peut s’appuyer avec confiance sur la puissante intervention de Dieu dans la
résurrection. Il peut s’arrêter devant la tombe qui vient de se fermer sur un
objet bien-aimé et recueillir, de la bouche de Celui qui est «la résurrection et
la vie», la bienheureuse assurance d’une glorieuse immortalité. Sachant que Dieu
est plus fort que Satan, il peut attendre en paix la pleine manifestation de la
force supérieure de Dieu et, en attendant ainsi, trouver la victoire de cette
force et la paix assurée qu’elle porte avec elle. Les premiers versets de ce
chapitre nous offrent un bel exemple de cette puissance de la foi.
«Et un homme de la maison de Lévi alla, et prit une fille de Lévi; et la femme
conçut, et enfanta un fils; et elle vit qu’il était beau; et elle le cacha trois
mois. Et comme elle ne pouvait plus le cacher, elle prit pour lui un coffret de
joncs, et l’enduisit de bitume et de poix, et mit dedans l’enfant, et le posa
parmi les roseaux sur le bord du fleuve. Et sa sœur se tint à distance pour
savoir ce qu’on lui ferait». (Vers. 1-4). De quelque manière que nous
l’envisagions, cette scène est d’un vif intérêt. Nous y voyons la foi,
triomphant des influences de la nature et de la mort, et permettant au Dieu de
résurrection d’agir dans la sphère et selon le caractère qui lui sont propres.
Sans doute, la puissance de l’Ennemi se montre, elle aussi, d’une manière
évidente, en ce qu’il a fallu que l’enfant se trouvât placé dans une semblable
position, une position de mort, en principe. De plus, une épée transperce le
cœur de la mère, quand elle voit son enfant bien-aimé couché ainsi dans la
tombe. Mais, si Satan pouvait agir, si la nature pleurait, Celui qui vivifie les
morts était derrière le sombre nuage, et la foi le contemplait là, dorant de ses
brillants et vivifiants rayons le côté céleste du nuage. «Par la foi, Moïse
étant né fut caché trois mois par ses parents, parce qu’ils virent que l’enfant
était beau; et ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi». (Héb. 11:23).
Par cet acte, cette noble fille de Lévi nous donne une sainte leçon. Son
«coffret
de joncs, enduit de
bitume,»
proclame la confiance qu’elle avait en la vérité, qu’il y avait quelque chose
qui, comme autrefois pour Noé, «le prédicateur de justice,» pouvait abriter ce
«bel enfant» contre les eaux de la mort. En effet, le coffret de joncs était-il
seulement une invention humaine, la création de la prévoyance et de l’adresse
naturelle de l’homme, l’inspiration d’un cœur de mère, nourrissant la chère,
mais chimérique espérance d’arracher son trésor aux mains impitoyables de la
mort par l’eau? Ou n’est-ce pas plutôt la foi qui l’a formé pour être un
vaisseau de miséricorde, pour porter en toute sûreté «un bel enfant,» par-dessus
les sombres eaux de la mort, à la place qui lui était destinée par le décret
immuable du Dieu vivant. Lorsque nous contemplons la fille de Lévi, penchée sur
«ce coffret de joncs» que sa foi a construit, et y déposant son enfant, la mère
de Moïse nous apparaît comme une image de la foi qui, s’élevant hardiment bien
au-dessus de cette terre de mort et de désolation, perce, de son regard d’aigle,
les sombres nuages qui s’amoncellent autour d’une tombe, et voit le Dieu de
résurrection déployer les résultats de ses éternels conseils, dans une sphère où
nulle flèche de la mort ne peut atteindre. Appuyée sur le «Rocher des siècles»,
elle écoute dans un saint triomphe, pendant que les vagues de la mort bruient à
ses pieds.
Or quelle pouvait être la valeur du «commandement du roi,» pour une âme qui
possédait ce principe céleste? Quelle importance pouvait-il avoir pour celle qui
pouvait se tenir calmement à côté de son coffret de joncs, et regarder la mort
en face? Le Saint Esprit nous l’apprend: Par la foi, les parents de Moïse ne
craignirent pas l’ordonnance du roi. (Héb. 11:23). L’âme, qui sait un peu ce que
c’est que la communion avec le Dieu qui ressuscite les morts, n’a peur de rien;
elle peut emprunter le langage triomphant de l’apôtre (1 Cor. 15:55-57), et
dire: «Où est, ô mort, ton aiguillon? où est, ô mort, ta victoire? Or
l’aiguillon de la mort, c’est le péché et la puissance du péché c’est la loi.
Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ!»
Elle peut prononcer ces paroles de triomphe sur le martyr d’Abel, sur Joseph
dans la fosse, sur Moïse dans son coffret de joncs, sur la race royale
exterminée par la main d’Athalie; sur les petits enfants de Bethléem, mis à mort
par l’ordre du cruel Hérode; et, par-dessus tout, elle peut les prononcer sur la
tombe du Chef de notre salut.
Mais quelques-uns peut-être ne savent pas discerner, dans la construction du
coffret de joncs, l’œuvre de la foi. Plusieurs sont peut-être incapables d’aller
plus près que la sœur de Moïse, laquelle «se tint à distance pour savoir ce
qu’on lui ferait». Il est bien évident que «la sœur» n’était pas à la hauteur de
«la mère,» quant à «la mesure de la foi». Il y avait en elle, sans aucun doute,
cet intérêt profond, cette affection réelle que nous voyons en «Marie de Magdala
et l’autre Marie, assises vis-à-vis du sépulcre». (Matthieu 26:61). Mais il y
avait, dans l’auteur du «coffret,» quelque chose de bien supérieur à l’intérêt
ou à l’affection. Il est vrai, la mère ne se tenait pas «à distance pour savoir
ce qu’on ferait à son enfant,» et comme il arrive fréquemment, la grandeur
morale de la foi chez elle pouvait paraître comme de l’indifférence, toutefois,
ce n’était pas de l’indifférence, mais de la vraie grandeur, la grandeur de la
foi. Si son affection naturelle ne la retient pas près du théâtre de la mort, la
puissance de la foi avait donné à la mère de Moïse une œuvre plus noble à
accomplir, en la présence du Dieu de résurrection; sa foi avait fait place pour
Lui,
sur la scène: et Il s’y manifesta d’une manière infiniment glorieuse.
«Et la fille du Pharaon descendit au fleuve pour se laver, et ses jeunes filles
se promenaient sur le bord du fleuve; et elle vit le coffret au milieu des
roseaux, et elle envoya sa servante, qui le prit; et elle l’ouvrit, et vit
l’enfant; et voici, c’était un petit garçon qui pleurait. Et elle eut compassion
de lui, et dit: C’est un des enfants des Hébreux». (Vers. 5-6). La réponse
divine commence ici à se faire entendre à l’oreille de la foi par les plus doux
accents. Dieu était dans tout cela. Que le rationaliste, l’incrédule, l’athée,
rient à cette idée: la foi aussi en rit, mais d’un rire bien différent. Le rire
des premiers est le rire froid du dédain à l’idée d’une intervention divine dans
une affaire aussi triviale que celle de la promenade d’une fille de roi; le rire
de la foi est un rire de bonheur, à la pensée que Dieu est dans tout ce qui
arrive; et si jamais l’intervention de Dieu s’est montrée en quelque chose,
c’est assurément dans cette promenade de la fille de Pharaon, bien que celle-ci
n’en sût rien.
L’une des plus douces occupations de l’âme régénérée est de suivre les traces de
l’intervention divine dans des circonstances et des événements, dans lesquels un
esprit léger ne sait voir qu’un hasard aveugle ou un destin cruel. Il arrive
parfois que la chose la plus insignifiante devient un anneau important dans une
chaîne d’événements que le Dieu Tout-puissant fait concourir aux déploiements de
ses grands desseins. Ainsi, par exemple, au chapitre 6 du livre d’Esther, verset
1, vous voyez un monarque païen, passant une nuit sans sommeil; circonstance
sans doute assez ordinaire pour lui et pour beaucoup d’autres; et, cependant,
cette circonstance même devint un anneau dans cette longue chaîne d’événements
providentiels que nous voyons se terminer par la délivrance de la postérité
opprimée d’Israël. Il en est de même de la fille de Pharaon dans sa promenade au
bord de la rivière. Elle ne songeait guère qu’elle allait concourir à
l’avancement du dessein de «l’Éternel, le Dieu des Hébreux!» Combien peu elle
pensait que cet enfant, qui pleurait dans ce coffret de joncs, était
l’instrument destiné par l’Éternel pour ébranler l’Égypte jusque dans ses
fondements! Cependant il en était ainsi. L’Éternel peut faire que «la colère de
l’homme le loue» et il peut «se ceindre du reste de la colère». (Ps. 76:10).
«Et sa sœur dit à la fille du Pharaon: Irai-je et appellerai-je auprès de toi
une nourrice d’entre les Hébreues, et elle t’allaitera l’enfant? Et la fille du
Pharaon lui dit: Va. Et la jeune fille alla, et appela la mère de l’enfant. Et
la fille du Pharaon lui dit: Emporte cet enfant, et allaite-le pour moi, et je
te donnerai ton salaire. Et la femme prit l’enfant, et l’allaita. Et l’enfant
grandit, et elle l’amena à la fille du Pharaon, et il fut son fils; et elle
appela son nom Moïse, et dit: Car je l’ai tiré des eaux». (Chap. 2:7-10). La foi
de la mère de Moïse trouve ici sa pleine récompense; Satan est confondu, et la
merveilleuse sagesse de Dieu est manifestée. Qui aurait imaginé que celui qui
avait dit: «Si c’est un fils, vous le ferez mourir» et encore: «Tout fils qui
naîtra, jetez-le dans le fleuve,» aurait à sa cour un de ces mêmes fils, et un
pareil
«fils!» Le diable fut vaincu par ses propres armes, et Pharaon, dont il voulait
se servir pour anéantir le dessein de Dieu, fut employé par Dieu pour nourrir et
élever ce Moïse qui devait être l’instrument de Dieu pour confondre la puissance
de Satan. Vraiment, «l’Éternel se montre merveilleux en conseil et grand en
sagesse». (Ésaïe 28:29). Confions-nous en lui avec plus de simplicité; alors
notre sentier sera plus heureux, et notre témoignage plus efficace.
V.
11-25.
En méditant l’histoire de Moïse, il faut considérer ce grand serviteur de Dieu
sous le double point de vue de son caractère personnel et de son
caractère
typique.
Il y a, dans le caractère personnel de Moïse, beaucoup de choses à apprendre
pour nous. Dieu dut, non seulement le susciter, mais encore le former, d’une
manière ou d’une autre, durant une longue période de quatre-vingts années:
d’abord dans la maison de la fille de Pharaon, ensuite «derrière le désert».
(Chap. 3:1). À nos esprits bornés, quatre-vingts années paraissent un temps bien
long pour l’éducation d’un serviteur de Dieu; mais les pensées de Dieu ne sont
pas nos pensées. Dieu savait que ces deux fois «quarante ans» étaient
nécessaires à la préparation de ce vaisseau choisi par Lui. Quand Dieu fait
l’éducation de quelqu’un, il la fait d’une manière qui est digne de Lui-même et
de son saint service. Il ne veut pas d’un novice pour faire son œuvre. Le
serviteur de Christ doit apprendre plus d’une leçon: il doit passer par plus
d’un exercice, et soutenir plus d’une lutte en secret avant que d’être
véritablement propre pour agir en public. La nature n’aime pas cela; elle
aimerait mieux jouer un rôle en public que d’apprendre en secret; elle aimerait
mieux être l’objet de l’admiration des hommes que d’être disciplinée par la main
de Dieu. Mais il faut que nous suivions le chemin de Dieu. La nature peut bien
se précipiter dans le champ de l’action; mais Dieu n’en a que faire là: il faut
qu’elle soit brisée, consumée, mise de côté. Le lieu de la mort est la place qui
convient. Si elle
veut
agir, Dieu, dans sa fidélité et sa sagesse parfaites, conduira les choses de
telle manière que le résultat de cette activité de la nature tournera à sa
complète confusion. Dieu sait ce qu’il faut faire de la nature; il sait là où
elle doit être placée et là où elle doit être retenue. Puissions-nous tous
entrer plus profondément dans les pensées de Dieu à l’égard du «moi» et de tout
ce qui s’y rapporte; ainsi nous tomberons moins souvent dans l’erreur; notre
marche sera ferme et moralement élevée, notre esprit paisible, et notre service
efficace.
«Et il arriva, en ces jours-là, que Moïse, étant devenu grand, sortit vers ses
frères; et il vit leurs fardeaux. Et il vit un homme égyptien qui frappait un
Hébreu d’entre ses frères; et il regarda çà et là, et vit qu’il n’y avait
personne, et il frappa l’Égyptien, et le cacha dans le sable». (Vers. 11, 12).
Moïse montre ici du zèle pour ses frères, mais non pas «selon la connaissance»
(Rom. 10:2). Le temps fixé par Dieu, pour le jugement de l’Égypte et la
délivrance d’Israël, n’était pas encore venu; or le serviteur intelligent attend
toujours le temps de Dieu. Moïse devenu grand, «fut instruit dans toute la
sagesse des Égyptiens», de plus, «il croyait que ses frères comprendraient que
Dieu leur donnerait la délivrance par sa main». (Act. 7:22-28). Tout cela était
vrai. Néanmoins, il est évident que Moïse courut avant le temps; et quand il en
est ainsi, la chute est proche (Note A); et non seulement la chute, à la fin,
mais encore l’incertitude, et le défaut de calme et de sainte indépendance dans
la marche même d’une œuvre commencée avant le temps de Dieu. Moïse «regarda çà
et là!» Quand on agit avec Dieu et pour Dieu, dans la pleine intelligence de ses
pensées quant aux détails de l’œuvre, on n’a pas besoin de regarder çà et là. Si
le temps de Dieu eût été réellement là, si Moïse eût eu en lui-même la
conscience qu’il avait reçu de Dieu la mission d’exécuter le jugement sur
l’Égyptien, et s’il eût été sûr que la présence de Dieu était avec lui, il n’eût
pas «regardé çà et là».
L’acte de Moïse, à l’égard de l’Égyptien, renferme une leçon profondément
pratique pour tout serviteur de Dieu. Deux circonstances s’y rattachent: savoir,
la crainte de la colère de l’homme et l’espoir d’obtenir la faveur de l’homme.
Or le serviteur de Dieu ne devrait s’inquiéter ni de l’une, ni de l’autre.
Qu’importe la colère ou la faveur d’un pauvre mortel, à quiconque est investi
d’une mission divine et jouit de la présence de Dieu? Elles ont, pour un tel
homme, moins d’importance que la menue poussière qui s’attache à une balance.
«Ne t’ai-je pas commandé:
Fortifie-toi et sois ferme? Ne te laisse point terrifier, et ne sois point
effrayé; car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras». (Josué 1:9).
«Et toi, ceins tes reins, et lève-toi, et dis-leur
tout ce que je te commanderai;
ne sois point effrayé d’eux, de peur que moi je ne t’épouvante devant eux. Et
moi, voici, je t’établis aujourd’hui comme une ville forte, et comme une colonne
de fer, et comme des murailles d’airain, contre tout le pays, contre les rois de
Juda, ses princes, ses sacrificateurs, et le peuple du pays. Et ils combattront
contre toi, mais ils ne prévaudront pas sur toi, car moi,
je suis
avec toi,
dit l’Éternel, pour te délivrer». (Jér. 1:17-19).
Placé sur ce terrain élevé, le serviteur de Christ ne regarde pas «çà et là»; il
agit selon ce conseil de la sagesse divine: «que tes yeux regardent droit en
avant, et que tes paupières se dirigent droit devant toi». (Prov. 4:25). La
sagesse divine nous conduit toujours à regarder en haut et en avant. Il y a du
mal en nous, et nous ne sommes pas sur le vrai terrain du service pour Dieu,
soyons-en sûrs, quand nous regardons autour de nous, soit pour éviter le regard
courroucé d’un mortel, soit pour rencontrer le sourire de son approbation: nous
n’avons pas l’assurance que notre mission est d’autorité divine, et que nous
jouissons de la présence de Dieu, choses qui, toutes deux, sont absolument
nécessaires à tout serviteur de Dieu. Un grand nombre de personnes, il est vrai,
soit par une profonde ignorance, soit par une confiance excessive en
elles-mêmes, entrent dans une sphère d’activité à laquelle Dieu ne les destinait
point, et pour laquelle, par conséquent, il ne les avait point qualifiées: et,
de plus, ces personnes montrent un sang-froid, une possession d’elles-mêmes,
étonnants pour ceux qui sont en état de juger avec impartialité de leurs dons et
de leurs mérites. Mais toute cette belle apparence fait place bien vite à la
réalité, et ne peut porter la moindre atteinte au principe, que rien ne peut
réellement délivrer un homme de la tendance à regarder «çà et là,» si ce n’est
la conscience d’une mission de Dieu et de la présence de Dieu. Celui qui possède
ces deux choses est entièrement délivré des influences humaines; il est
indépendant des hommes. Et nul n’est en état de servir les autres, qui n’est pas
entièrement indépendant d’eux; mais celui qui connaît sa vraie place peut
s’abaisser pour laver les pieds de ses frères.
Si nous détournons nos regards de l’homme, et que nous les portions sur le seul
fidèle et parfait Serviteur, nous ne le voyons pas «regarder çà et là», par la
raison bien simple que ses yeux n’étaient jamais arrêtés sur les hommes, mais
toujours sur Dieu. Jésus ne craignait pas la colère de l’homme, ni ne
recherchait sa faveur. Il n’ouvrit jamais la bouche pour obtenir les
applaudissements des hommes; il ne se tut jamais pour éviter leur blâme: c’est
pourquoi toutes ses paroles et toutes ses actions étaient empreintes d’élévation
et de sainte fermeté. Il est le seul dont on ait pu dire avec vérité: «Sa
feuille ne se flétrit point; et tout ce qu’il fait prospère». (Ps. 1:3). Tout ce
qu’il faisait tournait à profit, parce qu’il faisait toutes choses pour Dieu.
Tous ses actes, toutes ses paroles, tous ses mouvements, ses regards, ses
pensées ressemblaient à un beau bouquet de fruits, fait pour réjouir le cœur de
Dieu et dont le parfum montait vers Lui. Il n’avait jamais aucune crainte quant
au résultat de son œuvre, parce qu’il agissait toujours avec Dieu et pour Dieu,
et dans une pleine intelligence de ses pensées. Jamais sa propre volonté,
quelque divinement parfaite qu’elle fût, ne se mêla à quoi que ce soit de ce
qu’il fit comme homme, sur la terre. Il a pu dire: «Je suis descendu du ciel,
non pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé». (Jean
6:38). C’est pourquoi il rendait son fruit «en
sa saison».
Il faisait
toujours
les choses qui plaisaient au Père (Jean 8:29), et, par conséquent, n’avait
jamais rien à «craindre», jamais besoin de «se repentir» ou de «regarder çà et
là».
Or, à cet égard, comme à tout autre, le bienheureux Maître forme un contraste
frappant avec les plus distingués et les plus éminents de ses serviteurs. Moïse
même «eut peur», et Paul «eut du regret» (vers. 14, et 2 Cor. 7:8) le Seigneur
Jésus ne fit jamais ni l’un ni l’autre il n’eut jamais à revenir sur ses pas, ni
à retirer une parole, ni à rectifier sa pensée. Tout en lui était parfait d’une
manière absolue; tout était «du fruit en sa saison». Le courant de sa vie sainte
et céleste coulait en avant sans trouble, ni déviations. Sa volonté était
parfaitement soumise. Les hommes les meilleurs et les plus dévoués commettent
des erreurs, mais il est certain que plus nous pourrons, par la grâce, mortifier
notre propre volonté, moins nous en commettrons. C’est un bonheur, quand, en
somme, notre sentier est réellement un sentier de foi et de sincère dévouement à
Christ.
Ainsi marchait Moïse. Il était un homme de foi, un homme qui s’abreuvait et se
pénétrait de l’esprit de son Maître, et marchait sur ses traces avec une fermeté
et une constance merveilleuses. Il anticipa, il est vrai, de quarante années, le
temps fixé par Dieu pour le jugement de l’Égypte et la délivrance d’Israël;
cependant, nous ne voyons pas qu’il soit fait mention de ce fait dans le
commentaire inspiré que nous trouvons au chapitre 11 aux Hébreux, où il n’est
question que du principe divin sur lequel, en somme, sa marche était fondée.
«Par la foi, Moïse, étant devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du
Pharaon, choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que
de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un
plus grand trésor que les richesses de l’Égypte; car il regardait à la
rémunération. Par la foi, il quitta l’Égypte, ne craignant pas la colère du roi,
car il tint ferme, comme voyant celui qui est invisible». (Héb. 11:24-27).
Ce passage nous présente la conduite de Moïse d’une manière pleine de grâce.
C’est toujours ainsi que le Saint Esprit traite l’histoire des saints de
l’Ancien Testament. Quand il
écrit
l’histoire d’un homme, il nous montre cet homme tel qu’il est avec toutes ses
fautes et toutes ses imperfections; mais quand, dans le Nouveau Testament, il
commente
cette même histoire, il se borne à faire connaître le vrai principe et le
résultat général de la vie de cet homme. Ainsi, bien qu’il soit rapporté dans
l’Exode que «Moïse regarda çà et là», qu’«il eut peur et dit: Certainement le
fait est connu», et enfin que «Moïse s’enfuit de devant Pharaon», nous lisons
dans l’épître aux Hébreux que ce que Moïse fit, il le fit «par la foi», «qu’il
ne craignit pas la colère du roi», qu’«il tint ferme comme voyant celui qui est
invisible».
Il en sera bientôt de même, quand le Seigneur viendra, «qui mettra en lumière
les choses cachées des ténèbres, et manifestera
les conseils des cœurs;
alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu». (1 Cor. 4:5). C’est là une
vérité bien consolante et bien précieuse pour toute âme droite et pour tout cœur
fidèle. Le
cœur
peut former plus d’un dessein, que, pour diverses raisons, la
main
est incapable d’exécuter; tous ces desseins seront «manifestés» quand «le
Seigneur viendra». Bénie soit la grâce qui nous en a donné l’assurance! Les
conseils d’amour d’un cœur qui lui est attaché sont bien plus précieux à Christ
que les œuvres extérieures les plus parfaites. Celles-ci pourront briller aux
yeux des hommes, et faire l’objet de leurs discours; les premiers ne sont
destinés que pour le cœur de Jésus, et ils seront manifestés devant Dieu et les
saints anges. Puissent les cœurs de tous les serviteurs de Christ être
exclusivement occupés de sa personne; puissent leurs yeux être fermement arrêtés
sur son retour!
En étudiant la vie de Moïse, nous voyons que la foi lui fit suivre une route
tout opposée au cours ordinaire de la nature, portant Moïse non seulement à
mépriser tous les plaisirs, toutes les séductions et tous les honneurs de la
cour de Pharaon, mais encore à abandonner un champ d’activité utile, en
apparence très étendu. Les raisonnements des hommes l’auraient conduit dans une
voie toute contraire; ils l’auraient porté à user de son influence en faveur du
peuple de Dieu et à agir en faveur de ce peuple, plutôt qu’à souffrir
avec
lui. Selon le jugement de l’homme, la Providence semblait avoir ouvert à Moïse
un champ de travail étendu et très important; et, en effet, si jamais la main de
Dieu a manifestement placé quelqu’un dans une position toute particulière, c’est
bien le cas pour Moïse. Ce fut par une intervention merveilleuse et par un
enchaînement incompréhensible de circonstances, dont chacune révélait la main du
Tout-Puissant et que nulle prévoyance humaine n’eût pu combiner, que la fille de
Pharaon devint l’instrument par lequel Moïse fut retiré des eaux, nourri et
élevé jusqu’à ce que «il fût parvenu à l’âge de quarante ans». (Actes 7:23). En
de pareilles circonstances, l’abandon de sa haute position et de l’influence
qu’elle lui permettait d’exercer ne pouvait être envisagé chez Moïse que comme
le résultat d’un zèle malentendu.
Ainsi raisonne notre pauvre nature aveugle mais la foi pensait autrement: car la
nature et la foi sont toujours en opposition l’une avec l’autre. Elles ne
peuvent s’accorder sur un seul point; et peut-être n’est-il rien sur quoi elles
diffèrent davantage que sur ce qu’on appelle généralement «des directions
providentielles». La nature envisagera toujours ces directions comme des
autorisations pour se laisser aller à ses propres penchants, tandis que la foi
les considérera comme autant d’occasions de renoncement à soi-même. Jonas aurait
pu voir, dans la rencontre d’un vaisseau allant à Tarsis, une direction bien
remarquable de la Providence; tandis que, de fait, ce fut une porte par laquelle
il se détourna dit chemin de l’obéissance.
Sans doute, c’est le privilège du chrétien de voir la main et d’entendre la voix
de son Père en toutes circonstances. Le chrétien, qui se laisse conduire par
elles, ressemble à un vaisseau en mer, sans boussole et sans gouvernail; il est
exposé à la merci des vagues et des vents. La promesse de Dieu à son enfant est:
«Je te conseillerai, ayant mon œil sur toi» (Ps. 328); et sa parole
d’avertissement: «Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet qui n’ont pas
d’intelligence, dont l’ornement est la bride et le mors pour les refréner quand
ils ne veulent pas s’approcher de toi». (Ps. 32:9). Or il vaut mieux être guidé
par l’œil de notre Père que par le mors et le frein des circonstances; et nous
savons que, dans l’acception ordinaire de l’expression, «la Providence» n’est
qu’un autre terme pour exprimer l’action des circonstances.
Or la puissance de la foi se montre constamment dans le refus et l’abandon de
ces prétendues directions providentielles. Il en fut ainsi dans le cas de Moïse.
«Par la foi, il refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon», et «par la
foi, il quitta l’Égypte». S’il eût jugé sur la vue de ses yeux, il eût saisi la
dignité qui lui était offerte comme un don manifeste de la Providence et il fût
resté à la cour de Pharaon, où en apparence la main de Dieu lui avait préparé un
vaste champ de travail. Mais comme il marchait par la foi, et non sur la vue de
ses yeux, il abandonna tout! Quel noble exemple à suivre!
Et remarquez que ce que Moïse estima «un plus grand trésor que les richesses de
l’Égypte», c’était non pas seulement l’opprobre
pour
Christ, mais «l’opprobre de Christ». «Les outrages de ceux qui t’outragent sont
tombés sur moi». (Ps. 69:9). Le Seigneur Jésus s’identifia en parfaite grâce
avec son peuple. Quittant le sein du Père et déposant toute la gloire dont il
était revêtu, il descendit du ciel; il se mit à la place de son peuple; il
confessa les péchés des siens et porta leur jugement sur le bois maudit. Tel fut
son dévouement volontaire; il ne se borna pas à agir
pour
nous, mais il se fit un
avec
nous, nous délivrant ainsi de tout ce qui pouvait être contre nous.
Nous voyons de cette manière à quel degré Moïse, dans ses sympathies, entrait
dans les pensées et les sentiments de Christ à l’égard du peuple de Dieu. Placé,
comme il l’était, au milieu de tout le bien-être, de la pompe et de la gloire de
la maison de Pharaon, là où les «délices du péché» et «les richesses de
l’Égypte» abondaient, il eût pu vivre et mourir dans l’opulence, et traverser un
chemin éclairé, du commencement à la fin, par le soleil de la faveur royale;
mais ce n’eût pas été «la foi», ce n’eût pas été conforme à Christ. De la
position élevée qu’il occupait, Moïse vit ses frères courbés sous le poids des
pesants fardeaux qu’on avait mis sur eux; et, par la foi, il comprit que sa
place était
avec
eux. Oui, avec eux, dans leur opprobre, dans leur servitude, dans leur
affliction et leur avilissement. S’il n’eût été mû que par un sentiment de
bienveillance, de philanthropie ou de patriotisme, il eût pu faire valoir son
influence personnelle en faveur de ses frères — il fût parvenu, peut-être, à
engager Pharaon à diminuer le fardeau sous lequel il les accablait et à leur
rendre la vie plus douce par des concessions royales qu’il leur eût fait
accorder; mais une voie pareille ne sera jamais celle d’un cœur quelque peu en
communion avec le cœur de Christ, et ne le satisfera jamais. Or tel était, par
la grâce, le cœur de Moïse. C’est pourquoi, avec toute l’énergie et toutes les
affections de ce cœur, il se jeta, corps, âme et esprit, au milieu même de ses
frères opprimés, «choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de
Dieu». Et, de plus, c’est «par la foi» qu’il agit ainsi.
Pesez bien ceci, cher lecteur: nous ne devons pas nous contenter de désirer le
bien du peuple de Dieu, de nous employer pour lui, ou de parler avec
bienveillance en sa faveur; nous devons nous identifier pleinement
avec
lui, quelque méprisé et persécuté qu’il puisse être. Un esprit généreux et
bienveillant peut trouver une certaine jouissance à patronner le christianisme;
mais c’est quelque chose de tout à fait différent de s’identifier avec les
chrétiens et de souffrir avec Christ. C’est une chose que d’être un
protecteur,
c’est tout une autre chose d’être un
martyr;
ces deux choses sont distinguées l’une de l’autre d’un bout à l’autre de
l’Écriture. Abdias prit soin des témoins de Dieu (1 Rois 18:3, 4), mais Élie fut
un témoin pour Dieu. Darius était si fort attaché à Daniel que, à cause de lui,
il passa une nuit sans sommeil; mais Daniel passa cette même nuit dans la fosse
aux lions, comme témoin de la vérité. (Dan. 6:18). Nicodème hasarda une parole
pour
Christ, mais une plus mûre connaissance du Maître l’aurait porté à s’identifier
avec
Lui.
Ces considérations sont éminemment pratiques. Le Seigneur Jésus n’a pas besoin
de protecteurs; il veut des compagnons. La vérité qui le concerne nous est
révélée, non pas pour que nous prenions la défense de sa cause sur la terre,
mais pour que nous ayons communion avec sa personne dans les cieux. Il s’est
identifié avec nous au prix immense de tout ce que l’amour pouvait donner. Il
n’y était point obligé; il eût pu garder sa place éternelle «dans le sein du
Père»; mais alors comment le puissant fleuve d’amour qui était retenu dans son
cœur eût-il pu descendre jusqu’à nous, pécheurs coupables et dignes de l’enfer?
Entre Lui et nous il ne pouvait y avoir d’unité qu’à des conditions qui
exigeaient de sa part l’abandon de toutes choses. Mais béni soit, à jamais, son
Nom adorable! il s’y est volontairement soumis: «Il s’est donné lui-même pour
nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité et qu’il purifiât
pour
lui-même
un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres». (Tite 2:14). Il n’a pas voulu
jouir tout seul de sa gloire, il a voulu satisfaire son cœur aimant en
s’associant «plusieurs fils» dans cette gloire, «Père,» dit-il, «je veux, quant
à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi
avec moi,
afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée; car tu m’as aimé avant la
fondation dit monde». (Jean 16:24). Telles étaient les pensées de Christ à
l’égard de son peuple; et nous pouvons juger combien le cœur de Moïse
sympathisait avec ces pensées bénies. Sans contredit, il participait à un haut
degré de l’esprit de son Maître, et montra cet esprit en sacrifiant, de son
plein gré, toute considération personnelle et en s’associant, sans réserve, au
peuple de Dieu.
Dans le chapitre suivant, nous aurons à considérer de nouveau le caractère
personnel et les actes de ce grand serviteur de Dieu; nous nous bornons à le
considérer ici comme type du Seigneur Jésus. D’après ce que nous lisons, Deut.
18:15: «L’Éternel, ton Dieu, le suscitera un prophète comme moi, du milieu de
toi, d’entre tes frères; vous l’écouterez» (comp. Actes 6:37), il est évident
que Moïse était un type de Christ. Nous ne nous livrons donc pas à des pensées
d’homme en considérant Moïse comme un type, mais nous suivons l’enseignement
clair et exprès de l’Écriture, qui, dans les derniers versets du chap. 2 de
l’Exode nous présente ce même type sous un double aspect: d’abord (vers. 14 et
Actes 7:27, 28), dans sa rejection par Israël; ensuite dans son union avec une
étrangère du pays de Madian. (v. 21, 22). Nous avons déjà développé ces deux
points, en quelque mesure, dans l’histoire de Joseph, qui, rejeté par ses frères
selon la chair, s’unit à une femme égyptienne. La rejection de Christ par
Israël, et son union avec l’Église sont représentées en figure dans l’histoire
de Joseph comme dans celle de Moïse; mais sous des aspects différents. Dans
l’histoire de Joseph, on voit la manifestation de l’inimitié positive contre sa
personne;
dans celle de Moïse, il s’agit plutôt de la rejection de sa
mission.
De Joseph il est écrit: «Ils le haïssaient, et ne pouvaient lui parler
paisiblement». À Moïse, ils dirent: «Qui
t’a établi chef et juge sur nous?»
En un mot, le premier fut personnellement haï; le dernier, publiquement rejeté.
Il en est de même quant à la manière dont le grand mystère de l’Église est
présenté dans l’histoire de ces deux saints de l’Ancien Testament. Asnath
représente une phase de l’Église toute différente de celle qui est représentée
par Séphora. Asnath fut unie à Joseph pendant le temps de son exaltation;
Séphora fut la compagne de Moïse pendant le temps de sa vie obscure au désert. (Comp.
Gen. 41:41-45 avec Exo. 2:15; 3:1). Joseph et Moïse étaient, tous deux, rejetés
par leurs frères à l’époque de leur union avec une étrangère; mais le premier
était gouverneur sur tout le pays d’Égypte, tandis que le dernier paissait un
troupeau «derrière le désert».
Soit donc que nous contemplions Christ manifesté en gloire, ou caché à la vue du
monde, l’Église Lui est intimement associée. Et, de même que le monde ne le voit
pas maintenant, il ne peut pas non plus prendre connaissance de ce corps qui est
un
avec Lui. «Le monde ne nous connaît pas, parce qu’il ne l’a pas connu». (1 Jean
3:1). Bientôt, Christ apparaîtra dans sa gloire, et l’Église apparaîtra
avec
Lui. «Quand le Christ, qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi, vous
serez manifestés avec lui en gloire» (Col. 3:4), et encore: «La gloire que tu
m’as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous, nous
sommes un; moi en eux, et toi en moi; afin qu’ils soient consommés en un, et que
le monde connaisse que toi tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as
aimé». (Jean 17:22, 23 1).
1
Il est question de deux unités distinctes ou différentes dans Jean 17:21-23. La
première était cette unité, dont le maintien était placé sous la responsabilité
de l’Église, qui y a complètement manqué; la seconde est cette unité que Dieu
accomplira immanquablement et qu’il manifestera dans la gloire. Si le lecteur
relit avec soin ce passage, il se convaincra aisément de cette différence, soit
quant au caractère, soit quant au résultat de ces unités.
Telle est la haute et sainte position de l’Église. Elle est
une
avec Celui qui est rejeté du monde, mais qui occupe le trône de la Majesté dans
les cieux. Le Seigneur Jésus s’est rendu responsable pour elle sur la croix,
afin qu’elle partageât sa rejection présente et sa gloire à venir. Plût à Dieu,
que tous ceux qui font partie d’un corps aussi glorieusement privilégié fussent
plus profondément pénétrés du sentiment intelligent de la marche qui leur
convient et du caractère qu’ils doivent revêtir ici-bas! Alors, assurément, les
enfants de Dieu devraient répondre tous, plus pleinement et plus nettement, à
cet amour dont il les a aimés, à ce salut qu’il leur a donné, et à cette dignité
dont il les a revêtus. La marche du chrétien devrait toujours être le résultat
naturel d’un privilège compris et réalisé, non le résultat forcé de promesses et
de résolutions légales; le fruit naturel d’une position connue et dont on jouit
par la foi, non le fruit des propres efforts de l’homme pour arriver à une
position «par des œuvres de loi». Tous les vrais croyants
sont
une partie de l’Épouse de Christ; ils doivent donc à Christ les affections qui
conviennent à cette relation. On n’entre pas dans la relation à cause des
affections, mais les affections découlent de la relation. Qu’il en soit ainsi,
Seigneur, de tout ton peuple bien-aimé que tu as racheté au prix de ton sang!