Livre du Prophète Ésaïe
Chapitre 14 (v. 1-27)
v. 1, 2. De même, ici, le retour
de Juda de la captivité de Babylone est le type historique (encore prophétique
sous Ésaïe) du retour futur du peuple tout entier, Jacob, ou Israël, de la
dispersion. Ces deux versets placent devant nous la plénitude des délivrances et
des bénédictions du peuple de Dieu (sept).
v. 3-11. Israël est appelé à
prononcer un «cantique sentencieux» sur la chute du roi de Babylone, quand, à la
suite de la victoire de Christ, «toute la terre» délivrée sera «en repos et
tranquille». Le retour de la captivité d’autrefois n’a été qu’une très
incomplète image de cela. Nous avons ici le pouvoir impérial de la fin, la
quatrième bête de Daniel, mais qui, comme nous l’avons vu plus haut, peut, de
par son alliance avec le pouvoir religieux (c’est sur elle qu’est assise la
grande prostituée d’Apoc. 17), être appelée Babylone; il ne faut pas oublier que
le pouvoir impérial confié aux Gentils est aussi comparé à une statue dont
Babylone est la tête d’or, mais qui forme un tout, debout dans son ensemble et
brisé dans son ensemble.
v. 12-20. La confusion
intentionnelle continue ici. L’on peut dire que toutes les puissances de la fin
qui entrent en conflit avec le Messie, le vrai Roi, sont ici mêlées et
confondues, sous le titre «l’oracle touchant Babylone» (13:1). Nous en avons
déjà signalé le motif. Ce temps futur est comme considéré de loin, les détails
qui le différencient sont vus comme ensemble. Un de ses éléments est
l’Antichrist, qui appartient à cette scène. Son alliance avec la Bête romaine
lui donne une place dans cet ensemble. Il est «l’astre brillant, fils de
l’aurore», comme le roi de Tyr en Ézéchiel 28. Il est confondu en partie avec la
Bête, confondu de même avec Babylone, car c’est d’elle qu’il est dit: «Est-ce
ici l’homme qui faisait trembler la terre?... Ses prisonniers, il ne les
renvoyait pas chez eux» (v. 16, 17). Ce roi s’arroge ici tous les caractères et
les prérogatives de Christ (v. 13, 14). C’est bien le faux Messie.
v. 21-23. On revient à la Babylone
historique et à sa destruction finale et définitive.
v. 24-27. Exemple nouveau de la
confusion voulue que nous trouvons dans ces deux chapitres. Il s’agit ici de
l’Assyrien, du grand ennemi d’Israël dans le prophète Ésaïe. Le tableau de la
confusion (Babel, Babylone) de la fin ne serait pas complet sans lui. C’est la
destruction de l’Assyrien prophétique, non pas dans son pays comme le roi
d’Assyrie au temps d’Ézéchias, mais sur les montagnes d’Israël, lorsque le
peuple de l’Éternel aura été complètement délivré. Maintenant la main de
l’Éternel n’est plus étendue contre Israël (voyez 10:4, etc.), mais
contre toutes les nations (14:26, 27). De là ce
tableau, où toutes les puissances de la fin sont pour ainsi dire réunies sous un
même nom: Babylone, et confondues dans une subversion commune.
Deuxième série — Chapitres 14
(v. 28) à 17
Il s’agit des nations
immédiatement voisines d’Israël.
Chapitre 14 (v. 28-32)
Annonce du jugement sur la
Philistie, prophétie qui devait être réalisée prochainement, sous Ézéchias, fils
d’Achaz (2 Rois 18:8), après que sous Achaz les Philistins avaient pillé Juda (2
Chroniques 28:18-20). Mais c’est aussi une prophétie future, qui sera accomplie
quand l’Éternel aura fondé Sion et que les pauvres de son peuple y trouveront
refuge.