Livre du Prophète Amos
Chapitre 5 (v. 1-17)
Le premier avertissement: «Écoutez
cette parole» — était adressé à «la famille entière» d’Israël, à qui le Seigneur
avait envoyé ses prophètes; mais ils ne les avaient pas écoutés. Alors ces
derniers avaient été appelés à assembler contre eux, et tout d’abord contre
Samarie, la Philistie et l’Égypte, puis à rendre témoignage contre leur
mondanité et leur idolâtrie (3:13-15).
Le second avertissement: «Écoutez
cette parole» ne s’adressait plus qu’à la montagne de Samarie, à sa recherche
insatiable de prospérité matérielle et au mélange odieux du culte de l’Éternel
avec celui des faux dieux. Tous les appels avaient été vains; le jour allait
venir où ils rencontreraient Dieu face à face.
Mais Dieu ne se lasse pas; Il dit
une troisième fois: «Écoutez cette parole» (v. 1). Trois est le nombre divin;
ici la perfection dans l’avertissement. Qu’il
récompense, juge ou avertisse, Dieu le fait selon la perfection de son
caractère.
Cette parole est une
complainte sur la maison d’Israël qui n’est pas
revenue, après tant d’avertissements divers. Il ne reste pour elle que la guerre
et ses défaites (v. 1-3); et combien cette parole est appropriée aux jours que
nous traversons! La vierge d’Israël «est tombée, elle ne se relèvera pas... elle
est étendue sur sa terre, il n’y a personne qui la relève» (v. 2). Elle a perdu
presque tous ses guerriers et ne peut plus se défendre contre ses ennemis: «La
ville qui allait en campagne avec mille, en aura cent de reste; et celle qui
allait en campagne avec cent, en aura dix de reste, pour la maison d’Israël» (v.
3). «Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel»: son sort est fixé désormais.
Au v. 4, cette parole de
l’Éternel: «Ainsi dit l’Éternel» (comp. chap. 1 et 2), vient à Israël
une dernière fois. Comme tout cela est à la fois
solennel et touchant! C’est une dernière porte ouverte sur la vie et sur le
salut: «Ainsi dit l’Éternel à la maison d’Israël: Cherchez-moi, et vous vivrez».
«Cherchez l’Éternel, et vous vivrez!» (v. 4, 6). La sentence de mort est déjà
prononcée, mais il suffit que vous me cherchiez, après avoir si obstinément
refusé de revenir à moi, pour que l’exécution de la sentence soit ajournée. Ne
cherchez pas Béthel, ni Guilgal, ni Beër-Sheba, car toute cette fausse religion
sera réduite à rien: Béthel deviendra Beth-Aven. Ce
n’est pas d’une religion que vous avez besoin, mais
de Dieu: «L’Éternel est son nom» (v. 8). Le sort
d’Israël est arrêté pour sa ruine, mais le sort de celui qui cherche l’Éternel
au milieu de la ruine est aussi arrêté pour la vie éternelle. Donc, il n’est pas
trop tard, mais c’est la dernière heure; prenez-y garde! L’ombre de la mort peut
être changée en matin sur un seul signe de l’Éternel; mais aussi un seul signe
de Lui peut transformer le jour en ténèbres de la nuit. En un instant aussi il
peut produire un bouleversement tel que la mer se déverse sur la face de la
terre (v. 8). Ces choses auront lieu subitement, comme, deux ans après, eut lieu
le tremblement de terre.
Ont-ils écouté? Ont-ils cherché
Dieu? (v. 10-12.) Hélas! tous leurs caractères sont énumérés dans les quelques
versets qui suivent: leur haine pour celui qui les
reprend à la porte, lieu où la justice est rendue et proclamée publiquement
devant les anciens; leur abomination de celui qui
dit la vérité avec une bonne conscience et un cœur pur; leur
oppression du pauvre et les tributs qu’ils lui
réclament; leur promptitude à se laisser corrompre
pour faire fléchir, devant les juges, le droit du pauvre: tout cela en vue de
nourrir leur luxe et de satisfaire leurs convoitises. Quelle parole que
celle-ci: «Ils oppriment le juste!» Le monde n’a-t-il pas inventé cette affreuse
maxime: La force prime le droit? «Ils oppriment le juste!» N’ont-ils pas agi de
même envers Jésus?
«C’est pourquoi, en ce temps-ci,
le sage gardera le silence, car c’est un temps mauvais» (v. 13). Cette vérité
est importante pour le jour actuel. Il ne s’agit pas pour le sage, pour celui
qui connaît les pensées de Dieu, de s’opposer au mal: il est si grand dans le
monde que le jugement seul peut y répondre. Le courant est trop fort pour le
rompre, ou l’endiguer. Le sage garde le silence, et
se réfugie dans le sanctuaire, loin de toute l’agitation qui l’entoure; il ne
proteste pas, n’élève pas la voix, garde ses lèvres closes, se fiant à Dieu pour
qu’il intervienne, ne sachant souvent ce qu’il faut demander comme il convient,
et se bornant aux soupirs inexprimables de l’Esprit au-dedans de lui. Il attend
le moment où il pourra de nouveau ouvrir la bouche pour célébrer le triomphe, en
justice, du seul Seigneur auquel appartienne la victoire.
Si l’invitation à écouter s’est
répétée trois fois (3:1; 4:1; 5:1), celle à «chercher l’Éternel» pour vivre
se répète trois fois aussi (v. 4, 6, 14). Quelle sollicitude de la part de Dieu!
Ce chiffre divin exprime bien son ardent désir de voir l’homme échapper à la
mort. L’Éternel lui rend le chemin facile! Un seul désir du cœur vers Lui et le
pécheur trouve la vie: «Cherchez-moi», «Cherchez l’Éternel». «Recherchez le
bien, et non le mal, afin que vous viviez.» Vous me trouverez en le cherchant;
vous le rechercherez en me trouvant! La connaissance de Dieu fait toujours
désirer le bien et nous rend
capables de le faire, car, en cherchant le Seigneur nous trouvons la vie,
une vie capable de haïr le mal et d’aimer le bien (v. 15). Le silence du juste
n’est nullement l’indifférence au mal, qu’il doit haïr, mais il lui faut avant
tout rechercher une sphère d’amour qui élève sa tête par-dessus les ennemis qui
l’entourent (Ps. 27:5, 6).
Ah! si le monde pouvait écouter!
«Peut-être», est-il dit, «l’Éternel, le Dieu des
armées, usera-t-il de grâce envers le reste de Joseph» (v. 15). Hélas! hélas!
son état est sans remède! Cependant il y a un reste de
Joseph: les opprimés que le Seigneur chérit et dont il prend la cause; un
petit Résidu, car l’ensemble de la nation est irrémédiablement perdu.
Remarquez encore trois: «Ainsi dit
l’Éternel» dans ce chapitre (v. 3, 4, 16); de nouveau le nombre de la perfection
divine. Ce même mot se répétait huit fois (2 X 4) dans les deux premiers
chapitres, en rapport avec le gouvernement de la terre; ici trois fois, en
rapport avec le peuple de Dieu. À la troisième fois le jugement est prononcé
définitivement et sans appel: «Je passerai au milieu de
toi, dit l’Éternel». Nous verrons aux chap. 7:8 et 8:2 qu’il n’y a plus
pour ce peuple de délivrance par l’agneau pascal, nous voyons ici qu’il ne reste
plus pour Israël que le jugement mémorable exécuté contre l’Égypte, la nuit où
l’agneau pascal fut égorgé: «Je sortirai au milieu de
l’Égypte», avait dit l’Éternel; et encore: «Je
passerai par le pays d’Égypte cette nuit-là» (Ex. 11:4; 12:12).