Livre du Prophète Abdias
Édom, son passé, son présent
et son avenir
«Ésaü c’est Édom.» Ainsi s’exprime à trois reprises le chapitre 36 de la Genèse.
Le caractère de cette nation lui a été transmis par son père en traits
ineffaçables. Voyons en quoi il consiste.
Ésaü n’a pas acquis le nom d’Édom à sa naissance. Dieu voulait illustrer par
lui, comme premier-né des jumeaux de Rebecca, l’un des grands principes de son
gouvernement. Ce principe était celui du libre choix de Dieu selon l’élection de
grâce. C’est pourquoi Dieu ne donne pas le droit d’aînesse à Ésaü, le
premier-né, mais le confère à Jacob de par son propos arrêté et son arbitre
souverain. Cette révélation du choix de Dieu n’était faite ni à Jacob, ni à
Ésaü, ni même à Isaac leur père, mais à Rebecca qui, avant la naissance de ses
fils, était allée consulter l’Éternel (Gen. 25:22). C’est alors que Dieu lui
dit: «Le plus grand sera asservi au plus petit.» Dans cette sentence il n’est
question, en aucune manière, d’une malédiction prononcée contre Ésaü, car, avant
qu’ils fussent nés, ni l’un ni l’autre de ces enfants n’avait «rien fait de bon
ou de mauvais» (Rom. 9:11); mais Dieu revendiquait ainsi son droit de choisir
les héritiers de la promesse. La malédiction ne fut prononcée contre Ésaü que
lorsque, au cours de sa longue histoire, Édom eut rejeté tous les appels de la
grâce (Mal. 1:3). Au début, Dieu n’ôtait à Ésaü que l’autorité sur son frère et
le droit à l’héritage; il ne lui enlevait pas, même après son acte profane, des
bénédictions accessoires. C’est pourquoi Isaac, tout en conservant, contre ses
désirs et sa volonté, la prérogative du premier-né à Jacob, bénit aussi Ésaü,
son frère.
«Par la foi
Isaac bénit Jacob et Ésaü à l’égard des choses à venir» (Héb. 11:20). Il
restait à Ésaü une bénédiction réelle, quoique de beaucoup moindre valeur que
celle de son frère: «Son habitation devait être en la graisse de la terre, et en
la rosée des cieux d’en haut. Il devait vivre de son épée et servir son frère»,
car ce qui était promis à Jacob: «Sois le maître de tes frères» ne pouvait être
révoqué. Seulement le patriarche ajoute: «Quand tu seras devenu nomade tu
briseras son joug de dessus ton cou» (Gen. 27:39, 40).
Cette prophétie d’Isaac s’est accomplie. Toujours l’épée a dominé dans
l’histoire d’Édom. C’est par l’épée qu’il s’empare de la montagne de Séhir et en
extermine les Horiens qui l’habitaient avant lui (Gen. 36:21); il bataille
continuellement avec les fils d’Israël et même avec ses voisins immédiats, tels
que Moab. Par l’épée il brise finalement le joug de Juda et s’en affranchit
«jusqu’à ce jour» (2 Rois 8:20-22); par l’épée il pille plus tard Jérusalem et
s’empare des captifs de Juda (Ps. 137:7; Amos 1:11); par l’épée enfin il étend
son territoire aux dépens de Juda et de Siméon, car à la longue, mû par sa haine
et son ambition, il veut «s’attribuer le pays de l’Éternel comme une possession»
(Ézéch. 36:5). De là le nom d’Idumée, contrée qui s’étend bien au-delà de la
montagne de Séhir (Marc 3:7).
Ésaü est donc Édom, mais non pas au premier chapitre de son histoire. Il
acquiert ce nom quand il se montre
profane
au sujet de son droit d’aînesse (Héb. 12:16) qu’il croyait lui appartenir (car,
je le répète, la sentence de Dieu n’avait été révélée qu’à Rébecca) et qui ne
lui avait pas encore été enlevé par la ruse de Jacob. «Pour un seul mets» il
vendit ce droit, méprisa le don de Dieu et lui préféra la satisfaction
momentanée d’un besoin charnel. C’est ainsi qu’il se priva de la bénédiction et
fut
rejeté,
non par le fait de sa naissance, mais par son mépris des dons divins (Héb. 12:17); et ce fut
alors
qu’il reçut le nom d’Édom, allusion à cette parole: «Laisse-moi avaler de ce
roux-là»
(Gen. 25:30).
Dès ce moment l’attitude profane d’Ésaü caractérise la nation qui descend de
lui, nation qui méprise les fils d’Israël et le Dieu qui en a fait les objets de
ses promesses. Un autre trait vient s’ajouter au premier. La
colère
d’Ésaü s’enflamme contre Jacob dont la ruse a su profiter de son indifférence
pour le don de Dieu. Cette colère dégénère en une
haine
meurtrière. «Et Ésaü eut Jacob en haine, à cause de la bénédiction dont son père
l’avait béni. Et Ésaü dit en son cœur: Les jours du deuil de mon père
approchent, et je
tuerai
Jacob, mon frère» (Gen. 27:41). Ces desseins homicides, rappelant ceux de Caïn
à l’égard d’Abel, furent rendus vains par la prolongation des jours d’Isaac,
dont la mort était, aux yeux d’Ésaü, la limite jusqu’à laquelle il voulait
reculer sa vengeance. Cela explique aussi que la haine d’Ésaü ne se soit pas
donné carrière quand les deux frères se rencontrèrent après le passage du gué de
Jabbok, et qu’il l’ait même voilée sous des dehors généreux, malgré la présence
inquiétante de ses quatre cents hommes de guerre et son offre ambiguë d’en
laisser une partie avec son frère (Gen. 32:6; 33:15). Les deux frères avaient
cent vingt ans quand ils ensevelirent Isaac âgé de cent quatre-vingts ans (Gen.
35:27-29). Dès lors, ne pouvant vivre ensemble à cause de leurs nombreux
troupeaux, — nouvelle preuve de la bonne providence de Dieu qui délivrait ainsi
Jacob d’une menace perpétuelle, — il fallut qu’Ésaü se rendît dans le pays de
Séhir, loin de Jacob son frère (Gen. 36:8). Toutefois, il habitait déjà avant
cette époque une partie du pays plat qui débordait de divers côtés dans la
plaine (Gen. 14:6), et était appelé «le pays de Séhir, la campagne d’Édom»
(Gen. 32:3; 33:1). Les fils d’Ésaü s’emparèrent alors de la
montagne
de Séhir, dont ils exterminèrent ou asservirent le peuple primitif, les Horiens
(Gen. 36:20; 14:6). Ce peuple, dont le nom vient, comme on le sait, de Hor,
caverne, était troglodyte. Édom, qui lui succéda, s’accommoda de ces demeures
creusées dans le roc, qui subsistent encore aujourd’hui (Jér. 49:16; Abd. 3).
La montagne de Séhir, appelée aussi en Abdias «la montagne d’Ésaü» (Abd. 8, 9,
19, 21), située entre Élath, sur la langue orientale de la mer Rouge, et la
pointe méridionale de la mer Morte, devint ainsi le domaine principal et comme
la patrie d’Édom.
La jalousie, la haine d’Ésaü et sa soif de vengeance se transmirent à sa
postérité. Amalek était un descendant direct d’Ésaü dont il était le petit-fils
par Éliphaz (Gen. 36:12). Son hostilité sans merci contre Israël éclata
aussitôt que ce peuple quitta l’Égypte pour entrer en Canaan. Amalek est le type
effrayant de la haine de Satan contre le peuple de Dieu, aussi l’Éternel déclare
qu’il aura la guerre de génération en génération contre lui (Ex. 17:16). Au
moment de sa première attaque, Amalek occupait une partie des déserts de Paran
et de Shur qui ferment l’accès de la Palestine au midi. Israël ayant pris
possession de son héritage, l’Éternel attendit le moment où Saül serait oint
comme roi pour lui ordonner la destruction d’Amalek; mais Saül épargna Agag et
le meilleur du menu et du gros bétail et Dieu lui fit dire par Samuel: «Parce
que tu as rejeté la parole de l’Éternel, il t’a aussi rejeté comme roi» (1 Sam.
15:9, 23). David, en revanche, avant même de revêtir la royauté, combat Amalek
et l’extermine (1 Sam. 27:8-12; 30:1-20). Ce peuple fut anéanti; au temps
d’Ézéchias, son territoire fut, ainsi qu’une partie de la montagne de Séhir,
occupé par la tribu de Siméon (1 Chron. 4:42); mais plus tard, repris par Édom,
il fut compris dans l’Idumée sous le joug romain (Marc 3:7). Dans le livre
d’Esther, nous assistons, chez Haman, l’ennemi implacable des Juifs, au dernier
effort d’Amalek pour détruire le peuple de Dieu. Ce livre est un type de
l’histoire prophétique d’Israël à la fin des temps 1. Aussi
voyons-nous reparaître Amalek dans la confédération finale des peuples qui se
liguent contre Israël (Ps. 83:7).
1
Voyez «Méditations sur le livre d’Esther», par H. R.
Les Édomites avaient des chefs; ils eurent aussi des rois qui «régnèrent dans le
pays d’Édom avant qu’un roi régnât sur les fils d’Israël» (Gen. 36:31-39). Ce
fut un roi d’Édom qui refusa le passage au peuple de Dieu (Juges 11:17).
L’humeur batailleuse d’Édom, jointe à sa haine invétérée, le mit en conflit
continuel avec Israël, et les victoires de ce dernier sur lui ne firent
qu’exalter sa soif de vengeance et de meurtre. Cette méchanceté perpétuelle
trouva sa rétribution. Saül défit Édom (1 Sam. 14:47); David le battit dans la
vallée du sel (1 Rois 11:15, 16; 2 Sam. 8:13, 14) et mit des garnisons dans
son pays. Une seule fois Édom s’allia avec Israël et Juda, sous Joram et
Josaphat, pour faire la guerre à Moab, alliance contre nature qui certes ne
profita pas à Israël. Ce même Édom (les Maonites de la montagne de Séhir), allié
à Moab et à Ammon, s’éleva plus tard contre Juda, son ancien allié, et fut
détruit par l’Éternel, dans la vallée de Beraca devant Josaphat et son peuple (2
Chron. 20:1, 10, 22). Sous le règne de Joram, les Édomites sont battus par ce
roi, mais se révoltent de dessous sa main et se choisissent de nouveau un roi (2
Rois 8:20). Ils gardent un demi-siècle leur indépendance (2 Chron. 21:8); sont
battus par le fidèle Amatsia (2 Rois 14:7; 2 Chron. 25:11, 12); se soulèvent
contre Juda, sous l’impie Achaz et sont la verge de Dieu contre lui (2 Chron.
28:17).
Enfin, mettant le comble à leur haine incessante, ils s’allient avec Babylone et
les ennemis des Juifs, aux jours de la calamité de Juda et de Jérusalem (Jér.
49; Ézéch. 25:35; Ps. 137:7). À la suite de cette dernière transgression, les
prophètes prononcent une malédiction sur Édom (Ésaïe 34:9-11, 63:1-6; Jér. 49; Lam. 4:21; Ézéch. 25:12-14; Amos 1) qui devient, à son tour, la proie de
Nebucadnetsar, le dévastateur babylonien (Jér. 49:22; cf. 48:8, 32, 40). Telle
est, selon l’Écriture, l’histoire d’Édom dans le passé.
Dans le
présent
cette histoire se résume en deux mots. Édom
a disparu
de la scène et on n’en retrouve plus aucune trace. Il a été remplacé, au dire
des historiens, par les Nabatéens que quelques-uns estiment être les Nebaioth,
descendants d’Ismaël et apparentés à Édom (Gen. 25:13; 36:3). Malgré toutes
les recherches et dissertations des savants, «peu de points des annales antiques
de l’Orient restent, selon Lenormant, enveloppés d’aussi épaisses ténèbres».
Nous mentionnons cette parole pour faire ressortir l’incertitude de la science
historique tant vantée, en regard des certitudes absolues que les récits
bibliques nous présentent. Quand il plaît à Dieu de se taire, la sagesse de
l’homme erre. L’histoire des temps qui précédèrent la création de l’homme en est
une des mille preuves; l’histoire d’Édom, dans son cadre si restreint qu’il
semble facile de l’embrasser d’un coup d’œil, en est une autre. N’ayant aucune
compétence pour aborder ces questions, quelque intérêt qu’elles puissent
présenter à la curiosité de l’homme, et notre seul but étant d’édifier les
enfants de Dieu sur la toute-suffisance des Écritures, nous nous bornons à
constater cette lacune. La Parole nous apprend que, dans le passé, une tourmente
a mis fin, à diverses époques, d’abord à l’existence des dix tribus, puis à
celle de tous les peuples qui enserraient les frontières de la Palestine, tels
qu’Édom, les Amalékites, Moab, Ammon, les Philistins. De ces nations, les trois
dernières, détruites autrefois par Nebucadnetsar, ont été et semblent encore de
nos jours, occupées par les «fils de l’Orient», les Beni-Kedem, Arabes issus
d’Ismaël (Ézéch. 25:1-11; Gen. 29:1; Job 1:3; Juges 6:3, 33; 7:12; 8:10)
que Nebucadnetsar avait aussi conquis autrefois (Jér. 49:28). Tous les peuples
que nous avons mentionnés n’occupent plus la scène du monde, mais la parole de
Dieu va nous apprendre que, plongés dans le sommeil et le silence, ils attendent
le jour de leur résurrection nationale et celui de leur jugement définitif. Ce
jour se lèvera, et, pour nous le prouver, nous allons voir succéder à la disette
présente de renseignements, des documents
authentiques, parce qu’ils
sont divins,
concernant l’histoire d’Édom au temps de la fin, histoire qui nous occupera dans
l’étude du prophète Abdias.
Nous venons de voir que le croyant possède, sur le passé d’Édom, un document
certain, le livre de Dieu; et que, Dieu gardant à dessein le silence sur le
présent de ce peuple, l’on se trouve réduit à son égard à l’incertitude de la
science humaine. Aussi le simple croyant en conclura que la sagesse consiste
pour lui non pas à s’occuper du présent, au sujet duquel Dieu ne nous a rien
révélé, mais à chercher dans la Parole ce qu’elle nous révèle au sujet de
l’avenir. Quel est donc, selon l’Écriture, l’avenir d’Édom?
Détail remarquable: tous les événements prophétiques des derniers jours se
rattachent à une
résurrection nationale
des peuples et des empires, si bien que l’on pourrait presque dire à ce sujet,
comme Paul: «Pourquoi, parmi vous, juge-t-on incroyable que Dieu ressuscite des
morts?» Ce retour à la vie préparera le jugement définitif de ces nations, en
vue de l’établissement du royaume de Christ sur la terre, seul royaume qui ne
sera jamais ébranlé. La prophétie a toujours en vue ce royaume terrestre; le
royaume céleste, dans lequel seront introduits les saints glorifiés et l’Église,
n’est pas proprement du domaine prophétique, sans en être absolument exclu
(voyez Apoc. 4:5; 19 à 21); car les deux sphères du royaume, la céleste et la
terrestre, seront en communication habituelle l’une avec l’autre.
Nous rencontrons donc, dans le domaine terrestre de la prophétie, une
résurrection de l’empire romain, jadis blessé à mort (Apoc. 13:3; 17:8); une
résurrection nationale d’Israël (Ézéch. 37); une résurrection de l’Assyrien
(Daniel 11:40-45 et tout Ésaïe); une résurrection de
toutes
les nations, aujourd’hui éteintes, et leur jugement final dans la vallée de
Josaphat (Ps. 83; Joël 3).
Édom
est du nombre de ces dernières (Joël 3:19).
Beaucoup de commentateurs estiment que l’idée d’une résurrection nationale est
une erreur découlant du «littéralisme d’une certaine école», dont ils méprisent
les vues prophétiques comme contredisant le sens commun. De fait, leur
opposition découle de la manière même dont ils considèrent la Bible. Elle est,
disent-ils, une «série de documents» soumis à la critique comme une «science
historique»; dangereuse affirmation qui ruine d’avance l’autorité absolue et
divine des Écritures. Si «toute Écriture est divinement inspirée» et fait partie
de la «parole de Dieu» qui est «la vérité», la vérité ne se trouvera jamais du
côté de ceux qui se permettent de critiquer cette inspiration. Pour le simple
croyant toute la question qui nous occupe se résout à ceci: Que dit l’Écriture?
Parle-t-elle clairement de l’avenir du monde et des nations? S’il en est ainsi,
le chrétien se soumet à son autorité. Mais cette autorité ne suffit pas à la
théologie actuelle qui sent le besoin de la contrôler par
l’autorité de la science,
érigeant ainsi cette dernière en juge des pensées de Dieu. Devant une aussi
monstrueuse prétention, le croyant qui a trouvé la vie éternelle dans la parole
de Dieu, et dont la vie est entretenue journellement par cette même Parole, le
croyant, dis-je, ne tient aucun compte des doutes et des négations de cette
science faussement ainsi nommée et se contente de puiser la vérité dans la
parole de Dieu.
La réapparition des nations aux derniers jours est intimement liée à celle des
dix tribus d’Israël,
dont la restauration semble tout aussi, sinon plus impossible que celle d’Édom.
Quant à la tribu de Juda, multitude immense qui porte aujourd’hui les caractères
indélébiles de sa race parmi toutes les nations du globe, d’innombrables
passages des écrits prophétiques nous montrent qu’elle rentrera dans son pays.
Mais que sont devenues les dix tribus depuis leur transportation par
Shalmanéser, roi d’Assyrie? (A.-C. 721). Disparues! Où donc? Dans quels pays?
Parmi quels peuples de la terre? Obscurité complète! Les recherches à ce sujet
n’ont cependant pas manqué: que de fois on les crut près d’aboutir... ces
espérances ont été déçues. Pas plus en Chine que dans aucun des pays dont Dieu
déclare qu’il les ramènera, on n’en a trouvé la moindre trace. Mais
Dieu
sait où elles sont cachées; Il les voit et les retrouvera. Cela nous suffit.
Cette restauration des dix tribus, rentrant à la fin des jours dans leur
héritage, nous est présentée dans une foule de passages des Écritures dont nous
nous bornerons à citer quelques-uns.
Parlant des dix tribus, appelées constamment
Éphraïm
et
Israël,
le prophète Jérémie dit (chap. 31): «Tu planteras encore des vignes sur les
montagnes de
Samarie...
car il y a un jour auquel les gardes crieront sur la montagne
d’Éphraïm:
Levez-vous, et nous monterons à Sion, vers l’Éternel, notre Dieu» (v. 5, 6).
«Éternel, sauve ton peuple, le
reste d’Israël.
Voici, je les fais venir du pays du Nord, et je les rassemble des extrémités de
la terre... tous ensemble, une grande congrégation: ils retourneront ici. Ils
viendront avec des larmes, et je les conduirai avec des supplications; je les
ferai marcher vers des torrents d’eaux par un chemin droit; ils n’y trébucheront
pas; car je serai pour père à Israël, et
Éphraïm
sera mon premier-né» (v. 8, 9). «Il y a espoir pour ta fin, dit l’Éternel» (à
Rachel, mère de Joseph) «et tes fils reviendront dans leurs confins» (v. 17).
«J’ai très bien entendu
Éphraïm
se lamentant: tu m’as corrigé et j’ai été corrigé comme un veau indompté;
convertis-moi et je serai converti, car tu es l’Éternel, mon Dieu» (v. 18). Les
versets 21 à 26 de ce même chapitre montrent le rétablissement des captifs de
Juda; puis la réunion de la maison d’Israël avec la maison de Juda
et la nouvelle alliance établie avec le peuple
tout entier.
En És. 49, l’Éternel dit au Messie: «C’est peu de chose que tu me sois serviteur
pour rétablir les
tribus de Jacob
et pour
ramener les préservés
d’Israël.»
Puis vient la description touchante de leur rentrée dans le pays de leur
héritage: «Voici, ceux-ci viendront de loin; et voici, ceux-là du Nord et de
l’Ouest, et ceux-ci du pays de Sinim» (v. 6-13; 22-26).
Ézéch. 20:34-38 décrit le retour des dix tribus, tout différent de celui de
Juda qui sera jugé
dans son pays,
tandis que les
rebelles
d’Israël seront jugés
en chemin,
comme jadis le peuple sorti d’Égypte dans le désert, et «n’entreront point dans
la terre d’Israël».
Ézéch. 37 nous parle, par une image frappante, de la résurrection nationale
future du peuple de Dieu. «Ces os sont
toute
la maison d’Israël» (v. 11), donc aussi les dix tribus, c’est-à-dire Éphraïm,
que l’Éternel rassemble de toutes parts et fait entrer dans leur terre, pour que
«Juda
et
Joseph»
ne fassent plus «qu’une seule nation» (v. 16, 17, 21, 22).
Zach. 10 dit: «Je rendrai forte la maison de
Juda,
et je sauverai la maison de
Joseph,
et je les ramènerai... et ceux d’Éphraïm
seront comme un homme fort... Je les sifflerai et je les rassemblerai... et je
les ramènerai du pays d’Égypte, et je les rassemblerai de l’Assyrie, et je les
ferai venir au pays de Galaad et au Liban, et il ne sera pas trouvé assez de
place pour eux» (v. 6-12).
Terminons ces quelques citations par le remarquable passage d’Ésaïe 11 qui nous
servira de transition pour la réapparition d’Édom aux jours de la fin sur la
scène prophétique. Dans les versets 1 à 10 de ce chapitre, nous trouvons le
portrait du Messie, venant dans la plénitude de l’Esprit de Dieu et introduisant
ici-bas son règne de paix millénaire. «Et il arrivera,
en ce
jour-là,
que le Seigneur mettra sa main encore une seconde fois pour acquérir le résidu
de son peuple, qui sera demeuré de reste, de l’Assyrie, et de l’Égypte, et de
Pathros, et de Cush, et d’Élam, et de Shinhar, et de Hamath, et des îles de la
mer. Et il élèvera un étendard devant les nations, et rassemblera
les
exilés d’Israël,
et réunira
les dispersés de Juda
des quatre bouts de la terre» (v. 11, 12). Alors les deux nations seront réunies
comme au début de leur histoire:
«Éphraïm
ne sera pas rempli d’envie contre
Juda,
et Juda ne sera pas l’adversaire d’Éphraïm» (v. 13). C’est donc une scène
entièrement future. Mais voici qu’avec le réveil de Juda et des dix tribus, et
leur formation en unité, leurs adversaires d’autrefois se sont aussi réveillés:
«Ils voleront sur l’épaule des
Philistins
vers l’ouest, ils pilleront ensemble les
fils de l’Orient: Édom
et
Moab
seront la proie de leurs mains, et les
fils d’Ammon
leur obéiront» (v. 14).
Ce passage nous amène donc à la réapparition d’Édom aux derniers jours. Citons,
au sujet de cette dernière, les passages suivants:
Nomb. 24:17, 18. — Balaam annonce que, dans un temps futur, «une étoile surgira
de Jacob, et un sceptre s’élèvera d’Israël». Cette prophétie aurait été
accomplie selon Matt. 2:2, 7-10, si le peuple n’avait pas crucifié son Messie.
Elle s’accomplira plus tard, quand le Christ, jadis rejeté, reprendra ses
relations avec Israël et établira son règne sur la terre. Alors se réalisera ce
qui nous est dit ensuite: «Il transpercera les coins de Moab, et détruira les
fils de tumulte. Et
Édom
sera une possession, et
Séhir
sera une possession... eux, ses ennemis; et Israël agira avec puissance.» Rien
de pareil n’a eu lieu jusqu’à ce jour. Le sceptre de Christ ne s’est pas encore
élevé; Israël n’a pas encore agi avec puissance et ne s’est pas encore emparé
d’Édom. Cet Édom, disparu aujourd’hui, devra donc renaître pour devenir «la
proie des mains d’Israël».
Ps. 108:7-11. — Dans ce chant de triomphe qui peut être aussi bien placé dans
la bouche du Messie, que dans celle d’Israël restauré, le peuple étant de
nouveau entièrement réuni (v. 8), le Psalmiste s’écrie: «Moab est le bassin où
je me lave; sur
Édom
j’ai jeté ma sandale; sur la Philistie je pousserai des cris de triomphe... qui
me mènera jusqu’en
Édom?»
La réponse est que ce sera
Dieu,
qui avait rejeté le peuple et n’était pas sorti avec ses armées. Donc, lors de
la restauration d’Israël, après sa longue réjection qui dure encore,
Édom,
ainsi que toutes les nations voisines, sera conquis par le peuple de Dieu.
Ps. 83:6-8. — Ce Psaume est évidemment prophétique, comme du reste tous les
Psaumes. Jamais la confédération des peuples dont il est question ici, et dont
Édom a pris la direction, n’a eu lieu 1. C’est Édom, en effet,
qui est placé à la tête de cette coalition dont le but est de «prendre
possession des habitations de Dieu». Assur se joint à eux plus qu’il ne les
dirige, car cet Assyrien de la fin ne semble pas conduire en personne la
première attaque contre Jérusalem, le premier siège futur de cette ville; il se
réserve pour l’invasion définitive, à son retour d’Égypte, et c’est alors qu’il
«viendra à sa fin» (Dan. 11:45). Rien de pareil à ce premier siège ne s’est
encore passé dans l’histoire. Nous nous en sommes expliqué autre part 2.
Ce que nous retenons ici, c’est qu’Édom reparaît à la fin des temps en compagnie
de nations, aujourd’hui détruites comme lui, et qui chercheront à s’emparer de
Jérusalem, car, sauf la présence d’Édom, la prise de Jérusalem par Nebucadnetsar
n’a aucun rapport quelconque avec ce qui nous est présenté ici.
1
Pour donner une idée des difficultés dans lesquelles se débattent des
commentateurs pieux, pour avoir méconnu le caractère prophétique des Psaumes, je
cite l’un d’eux, à propos de ce passage. «Quand une coalition aussi universelle
s’est-elle produite? On peut hésiter entre deux époques, celle de Josaphat (2
Chron. 20) et celle des Macchabées (1 Macc. 5). Sous Judas Macchabée, les Juifs
eurent en effet à lutter contre tous les peuples qui les entouraient, y compris
les Tyriens, qui sans cela ne sont jamais nommés comme étant en état d’hostilité
ouverte contre Israël (?). Mais, d’autre part, à cette époque, les Amalékites
étaient détruits depuis longtemps (1 Chron. 4:42, 43). Moab n’existait pas
comme nation, enfin la mention de l’Assyrie serait étonnante à ce moment-là,
puisque l’empire de Ninive était dès longtemps tombé, et si l’on voulait essayer
de prendre le nom d’Assur comme une désignation du royaume de Syrie, on ne
comprendrait pas qu’il fût placé en dernier lieu (v. 9) comme l’un des moins
importants. Nous pensons donc plutôt qu’il s’agit de la formidable invasion
racontée en 2 Chron. 20. Ce récit ne parle, il est vrai, que des Moabites et des
Ammonites, auxquels s’était joint Édom. Ce sont ces peuples qui, dans notre
Psaume, semblent être les promoteurs de la levée de boucliers (v. 9). Il
faudrait admettre que leur armée comprenait des détachements de nomades
ismaélites et amalékites, et que les Philistins et Tyr, sans avoir encore pris
les armes, se disposaient à se joindre à la coalition.» Cette phrase nous semble
être suffisante pour condamner tout un système d’interprétation qui méconnaît la
portée de la prophétie, cherche à l’adapter à des événements passés et en oublie
le but final, l’établissement en puissance du règne de Christ par les jugements.
2
L’histoire prophétique des derniers jours et les Cantiques des degrés, par H. R.
(p. 31).
És. 34:1-8. — «La colère de l’Éternel est sur toutes les nations et sa fureur
sur toutes leurs armées.» C’est la fin des temps, le jugement qui précède le
règne de Christ (comp. v. 4 avec Apoc. 6:13, 14). C’est en particulier l’épée
descendant sur Édom, et «le sacrifice de Botsra», la destruction en Édom des
armées de la grande confédération occidentale, une subversion comme celle du
premier chapitre de la Genèse (comp. v. 11 avec Gen. 1:2).
És. 63:1. — «Qui est celui-ci qui vient d’Édom, de Botsra, avec des habits
teints en rouge, celui-ci, qui est magnifique dans ses vêtements, qui marche
dans la grandeur de sa force? C’est moi, qui parle en justice, puissant pour
sauver.» Le Messie paraît ici, venant d’Édom,
de Botsra. C’est Lui qui exerce la vengeance et «d’entre
les
peuples,
pas un homme n’a été avec Lui» (remarquez qu’Israël seul est excepté ici). Ce
passage peut-il être assimilé en quoi que ce soit à l’histoire passée d’Édom?
Les jugements de cette nation ont toujours été exécutés par «les peuples»; ils
le sont ici par le Seigneur lui-même. L’essai de spiritualiser une telle scène
ne fait que prouver l’incapacité de recevoir simplement l’enseignement de la
Parole. Édom se retrouvera donc à la fin des temps, au moment où le Seigneur
exercera le jugement terrible qui placera entre Ses mains les rênes du royaume.
Jér. 49:7. — Au chap. 48, «les captifs de Moab sont rétablis par l’Éternel à la
fin des jours». De même au chap. 49:6, les fils d’Ammon. En revanche Édom n’aura
point de grappillages, car, comme nous le verrons en Abdias, il n’y aura «pas de
reste de la maison d’Ésaü». Donc ces trois peuples existeront à la fin des jours
pour être jugés, mais les deux premiers ne seront pas totalement anéantis,
tandis qu’Édom le sera.
Lam. 4:21, 22. — La fille d’Édom boira la coupe et son iniquité sera visitée
quand l’iniquité de la fille de Sion aura pris fin. Ces deux faits sont
contemporains et il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’il s’agit ici d’un
temps futur, et que Jérusalem porte encore aujourd’hui son iniquité et est
foulée aux pieds des nations.
Ézéch. 25:12-24. — Tandis qu’Ammon et Moab sont livrés aux fils de l’Orient
(c’est, comme nous l’avons vu, leur histoire passée), Édom, qui s’est vengé
cruellement de la maison de Juda et s’est rendu fort coupable à son égard,
tombera sous la vengeance de l’Éternel exercée par la main de son peuple Israël.
Dans l’impossibilité d’adapter ce passage à l’histoire, les commentateurs
admettent que cette prophétie «atteint jusqu’aux derniers temps. On verra alors
la puissance du paganisme, représentée par Édom, crouler devant le règne de
Christ sorti de Juda». (!) Une telle manière de commenter l’Écriture porte en
elle-même sa condamnation. Comme le Seigneur est vu, en Ésaïe 34 et 63, exerçant
la vengeance sur les armées rassemblées en Édom, sans aucun secours de la part
des nations, par conséquent d’une manière entièrement différente de ce qu’il a
fait dans le passé, ainsi il se servira d’Israël pour exercer la vengeance sur
Édom lui-même.
Ézéch. 35 est d’un intérêt tout particulier pour le sujet qui nous occupe, la
réapparition d’Édom aux derniers jours. Il s’agit ici du «temps de l’iniquité de
la fin» où les fils d’Israël seront livrés à «la puissance de l’épée, au temps
de leur calamité» (v. 5). Or toute la prophétie nous fait connaître l’apostasie
des Juifs rentrés dans leur pays aux derniers temps, pour y tomber sous le joug
de l’Antichrist. Dans ce temps-là, Édom, comme nous l’avons vu au Ps. 83, se met
à la tête de la confédération des peuples qui, favorisés par l’Assyrien futur,
veulent «prendre possession des habitations de Dieu» (v. 12). Édom dit: «Les
deux nations et les deux pays seront
à moi,
et nous les posséderons» (Ézéch. 35:10). «Elles sont désolées; elles nous sont
données pour les dévorer» (v. 12.). Nous savons aussi qu’au moment de ce dernier
effort des ennemis d’Israël, le Seigneur manifeste sa gloire aux yeux du faible
Résidu de Jérusalem, comme un avant-goût du règne qu’il va établir (Zach. 14:4), ce qui fait dire par le prophète Ézéchiel à Édom: «Tu as dit: Les deux
nations seront à moi... et
l’Éternel y était!»
(v. 10). Cela rend Édom doublement coupable de son «inimitié perpétuelle», aussi
est-il retranché à toujours: «Quand toute la terre se réjouira, je te réduirai
en désolation» (v. 14).
Dan. 11:41. — Quand le roi du Nord, l’Assyrien de la fin, entrant en conflit
avec l’Égypte (le roi du midi) envahit la terre d’Israël, «Édom,
Moab et les principaux des fils d’Ammon échappent de sa main». Cette prophétie
ne se rattache en rien à des événements présents. Il nous suffit de la citer
ici, sans de plus amples explications, pour montrer ce que nous désirons
prouver, c’est que ces nations subsisteront lors de la destruction de
l’Assyrien, dernier acte qui précédera l’établissement du royaume de Christ (v.
45). Tout cela est appliqué, par les théologiens qui ne voient dans la prophétie
que l’accomplissement d’événements historiques, à une expédition problématique
d’Antiochus contre Ptolémée Philométor!
Joël, dont la prophétie ne traite que du «jour de l’Éternel» 1,
c’est-à-dire du jour de la fin, dit:
«Édom
sera un désert désolé, à cause de sa violence contre les fils de Juda, parce
qu’ils ont répandu du sang innocent dans leur pays. Mais Juda sera habité à
toujours, et Jérusalem de génération en génération» (3:19, 20). Vision
entièrement prophétique, concernant l’établissement du règne, à la suite du
jugement national des peuples dans la vallée de Josaphat.
1
Voyez «Le livre du prophète Joël», par H. R.
Mal. 1:3-5. — Nous touchons ici à la fin de l’histoire d’Édom. Quand toutes les
tentatives de l’Éternel pour le ramener n’ont fait qu’attiser sa haine, Dieu
dit: «J’ai haï Ésaü.» Alors Dieu le juge
définitivement.
Édom, dans sa rébellion perpétuelle, s’écrie: «Nous sommes détruits, mais nous
rebâtirons ce qui est ruiné.» Alors, la patience de Dieu étant arrivée à son
terme, Dieu dit, par le dernier prophète: «Ils
bâtiront, mais moi je
renverserai!»
Toutes les citations que nous venons de faire et qui ont peut-être lassé la
patience de nos lecteurs, étaient
nécessaires
pour prouver, sans hésitation possible, la résurrection d’Édom dans l’avenir.
Les événements prophétiques sont liés à ce principe de la réapparition, au temps
de la fin, de nations dès longtemps disparues. Puissent ces explications suffire
pour réduire à néant tout un système d’interprétation prophétique qui fausse la
parole de Dieu, en méconnaît l’autorité, ôte toute portée aux événements de la
fin, et détourne finalement les yeux de Christ et de ses gloires, pour les
reporter vers des événements passés sans portée morale pour le cœur et pour la
conscience.
En adressant ces lignes à mes frères en Christ sur lesquels ce système exerce
son influence, car je ne parle pas aux savants rationalistes et incrédules, je
les supplie de désapprendre ce qu’ils ont appris à cette école et de revenir à
la simplicité de la foi en l’autorité absolue des Écritures. S’ils voient clair,
en un point d’apparence aussi secondaire que celui dont nous venons de nous
occuper, ils auront les yeux ouverts sur d’autres points plus importants et
pourront mesurer le danger d’appliquer à l’étude de la parole de Dieu les
procédés de critique de l’homme. Hélas! déjà les plus respectables d’entre eux
ne craignent pas de se féliciter que la doctrine de «l’inspiration littérale
soit morte de sa belle mort dans les milieux théologiques». Nous répondons à ces
frères qu’ayant abandonné
l’inspiration absolue
des Écritures (car le mot «littéral» n’est qu’un trompe-l’œil) leur piété n’est
plus capable de résister efficacement aux assauts de l’incrédulité moderne. Ils
en gémissent, mais ayant laissé s’ébrécher la lame de leur glaive qui est la
parole de Dieu, ils n’ont plus qu’une arme inutile quand il leur faudrait une
épée à deux tranchants.
Ce très long préambule nous permet d’aborder la prophétie d’Abdias. Elle va nous
faire le tableau, proportionné à son cadre, du sort d’Édom aux derniers jours,
et s’il nous a fallu, dans notre Avant-propos, anticiper largement sur ce que
nous avons encore à dire, les quelques versets d’Abdias nous offriront de quoi
contrôler, à bien des égards, ce que nous venons de présenter.
Les
jugements
d’Édom et des nations, tel est le sujet d’Abdias. N’oublions pas que les
jugements ont une immense importance pour l’avenir d’Israël. Si l’Église est
sauvée aujourd’hui par grâce, Israël, dans l’avenir, sera délivré par les
jugements. C’est pourquoi le Résidu fidèle dans les Psaumes en fait si souvent
le sujet de ses supplications. Les analogies continuelles évoquées par les
prophètes entre les jugements passés et les jugements à venir, font mieux
comprendre le caractère de ces derniers. À leur tour, les jugements futurs
dirigent nos regards vers la personne du Juge. Le Résidu d’Israël reconnaîtra en
Lui l’homme débonnaire qu’il avait rejeté jadis, l’Agneau de Dieu qui avait été
livré pour le péché de son peuple. Avec quel ravissement les fidèles verront
alors, réunies dans cette personne auguste, la majesté et la grâce, la
débonnaireté et la justice. «Tu es plus beau», diront-ils, «que les fils des
hommes; la
grâce
est répandue sur tes lèvres; c’est pourquoi Dieu t’a béni à toujours. Ceins ton
épée sur ton côté, homme vaillant, dans ta
majesté
et ta
magnificence;
et, prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton char, à cause de la
vérité,
et de la
débonnaireté
et de la
justice;
et ta droite t’enseignera des choses terribles. Tes flèches sont aiguës — les
peuples tomberont sous toi, — dans le cœur des ennemis du Roi!» (Ps. 45:2-5.)