Second
Livre des Rois
Chapitres 22 à 23 (v.30) — Josias
Chapitre
22
Josias
et le second réveil
Arrivés dans ce chapitre, au
second grand réveil qui eut lieu aux derniers jours de Juda, nous allons y
trouver ample matière à instruction pour nous-mêmes. Nous l’avons dit, à propos
d’Ézéchias, les réveils de la fin sont caractérisés par la rupture avec les
traditions, quelque consacrées par l’usage que soient plusieurs d’entre elles,
et par le retour aux choses qui avaient été établies au commencement. Il va sans
dire, qu’en dehors de cette action spéciale et puissante du Saint Esprit, on
rencontre des temps où la piété individuelle prédomine et tranche sur
l’idolâtrie courante, comme chez Joas, Amatsia et Azaria. Ceux qui agissent avec
Dieu peuvent exercer, de ce fait, dans tous les temps, une action bénie autour
d’eux; mais une chose remarquable dans les voies de Dieu, c’est qu’à mesure que
le mal augmente et entraîne le monde au jugement final, la vérité de Dieu brille
d’un éclat plus vif, et répand autour d’elle une influence plus générale pour
réveiller les âmes.
Sous Josias, comme sous Ézéchias,
il y a rupture résolue et complète avec le mal ancien, toléré ou établi en Juda.
La fidélité de Josias, sous ce rapport, telle qu’elle nous est rapportée dans
les Rois, est tout à fait remarquable.
Josias commence à régner étant
petit garçon, et par conséquent, sous les soins de sa mère, Jedida, fille d’Adaïa,
de Botskath, qui était une femme de Juda (Jos. 15:39). Il marcha, comme
Ézéchias, «dans toute la voie de David, son père, et ne s’en écarta ni à droite
ni à gauche» (v. 2). La première chose qui nous soit dite ici 1
de lui, c’est qu’il commença par prendre soin de la maison de l’Éternel, pour
réparer ses brèches, comptant sur «la fidélité» de ceux qui étaient chargés de
ce travail. C’est là l’un des signes distinctifs d’un réveil aux derniers temps.
La maison de Dieu acquiert pour les croyants une importance toute nouvelle, et
son état de ruine attire leur sollicitude. Il doit en être ainsi dans les jours
que la chrétienté traverse actuellement. La voix des fidèles doit se faire
entendre pour attirer l’attention du peuple de Dieu sur Sa maison, sur
l’Assemblée du Dieu vivant, comme étant l’objet le plus cher au cœur de Christ.
Il ne s’agit nullement de reconstruire à neuf le temple ruiné, mais d’en réparer
les brèches, d’y apporter fidèlement les matériaux nécessaires, d’ajouter à cet
édifice le bois de cèdre et les pierres de taille, agréables au Dieu qui a bâti
la maison. De même, en ces temps de la fin, le chrétien conscient de son appel,
au lieu d’ajouter à la maison du bois, du foin, du chaume, y apportera ce qui
convient à la maison de Dieu, des pierres vivantes, taillées par le Saint Esprit
dans la carrière du monde, façonnées par le Maître, et capables de faire partie,
d’une manière définitive, de l’édifice de Dieu. Le réveil de nos temps a compris
cela. Pour lui, l’Assemblée de Dieu existe, quoique cette assemblée soit en
ruines, tandis qu’il ne tient aucun compte des édifices appelés par les hommes
leurs églises, et entretenus par eux. Ce n’est pas à ces édifices que les
fidèles témoins de Christ apporteront des matériaux, mais à l’Église du Dieu
vivant, et chacun est responsable envers Lui seul du travail qui lui a été
confié. «Qu’on ne compte pas avec eux», dit Josias, «l’argent remis entre leurs
mains, car ils agissent avec fidélité» (v. 7).
1
L’ordre est différent dans les Chroniques où Josias commence par la purification
du pays et s’occupe ensuite du temple. Ce même livre nous montre Ézéchias
commençant par le temple et purifiant le pays ensuite. Ce dernier acte est dans
le livre des Rois le premier d’Ézéchias.
Ce zèle pour la maison de Dieu a
un résultat immédiat et des plus importants: Le livre de la loi est retrouvé
«dans la maison de l’Éternel» (v.8). Si Josias n’avait pas eu à cœur la
restauration du temple, le livre de la loi, qui y était conservé (2 Chron.
34:15) n’aurait pas été remis en lumière. C’est le caractère spécial du réveil
de Josias. Ézéchias avait montré plus spécialement la confiance en l’Éternel,
accompagnée, cela va sans dire, d’une réelle soumission à la parole de Dieu,
dont Ésaïe, le prophète, était le porteur, mais nous trouvons sous Josias comme
une révélation toute nouvelle de la parole écrite,
et, dans le cas particulier, des livres de Moïse. Dans ce réveil, les Saintes
Écritures, négligées et comme oubliées sous les règnes précédents, reprennent
tout à coup leur importance. Ce fut la grande bénédiction attachée au réveil
appelé la Réformation. La Bible, sortie de l’ombre par des voies
providentielles, et présentée à tous, brilla aussitôt du plus vif éclat.
Cependant, l’on est douloureusement affecté de voir que la Réformation ne
commença pas, comme Josias, par le zèle pour la maison de Dieu, mais, sans
doute, l’importance de l’Assemblée de Christ était réservée pour un temps
postérieur et n’avait pas encore été manifestée.
Quand le zèle pour la maison et
l’obéissance aux Écritures vont ensemble, ces dernières deviennent comme une
révélation toute nouvelle. Les choses connues auparavant comme étant de Dieu, ne
perdent certes pas leur importance, mais une lumière surgit, qui non seulement
étonne et frappe comme totalement inconnue jusque-là, mais atteint aussi
profondément la conscience. «Et il arriva que, quand le roi entendit les paroles
du livre de la loi, il déchira ses vêtements» (v. 11). Est-il possible que la
parole de Dieu ait pu être violée d’une telle manière par son peuple! Y a-t-il
rien d’étonnant si sa ruine en est la conséquence?
Et maintenant, qui nous
interprétera cette parole? Comment «consulter l’Éternel» au sujet de ce que nous
avons à faire, sachant que, selon cette Parole, nous avons encouru son
déplaisir? Le prophète seul, représentant de l’Esprit de Christ (1 Pierre 1:11),
peut nous l’interpréter. Josias ne s’adresse pas pour cela à Shaphan, le scribe,
ni même à Hilkija, le grand sacrificateur; il veut se mettre directement en
rapport avec la Parole. Il y avait beaucoup de prophètes au temps de l’impie
Manassé (2 Rois 21:10). Au temps de Josias, en ces jours de réveil, mais de
profonde faiblesse, on trouve une prophétesse à
Jérusalem. Non pas que les prophètes manquent en Juda (23:2), mais l’activité
confiée à une femme caractérise le déclin, comme celle de Debora, dans le livre
des Juges. Pareille à Debora, Hulda, servante de l’Éternel, ne cherche pas à
exercer un ministère public, comme les fausses prophétesses de nos jours; elle
emploie son don dans la sphère qui lui est assignée. Les serviteurs de Josias se
rendent auprès d’elle, «et elle habitait à Jérusalem dans le second quartier de
la ville» (v. 14). Ici, nous sommes loin d’un Ésaïe, dont le ministère
embrassait toute la prophétie et dont la présence caractérisait le réveil
d’Ézéchias; mais l’Esprit de Christ parle par cette femme, pour confirmer
«toutes les paroles du livre qu’a lu le roi de Juda» (v. 16), et, en même temps,
pour rassurer Josias sur son propre avenir. Dieu avait égard à la profonde
humiliation du roi: «Parce que ton cœur a été sensible, et que tu t’es humilié
devant l’Éternel quand tu as entendu ce que j’ai prononcé contre ce lieu et
contre ses habitants, savoir qu’ils seraient livrés à la destruction et à la
malédiction, et parce que tu as déchiré tes vêtements et que tu as pleuré devant
moi, moi aussi j’ai entendu, dit l’Éternel» (v. 19). S’humilier était, de fait,
la seule chose nécessaire. Elle caractérisait Josias et marque de tout temps le
Résidu fidèle au milieu du mal (Ézéch. 9:4), aux jours de la ruine de l’Église,
et parmi tous ceux qui professent connaître le nom de l’Éternel. On peut
reconnaître aujourd’hui le cœur du fidèle à l’humiliation qu’il ressent de cet
état de choses. Celui de Josias y est sensible; il déchire ses vêtements et
pleure; mais (v. 20), il devait être «recueilli de devant le mal», comme dit
Ésaïe (57:1).