Premier
Livre de Samuel
Chapitres 6 v. 14 à 7 v. 1
Les voies publiques de Dieu
peuvent être en jugement, comme nous venons de le voir, mais ses voies secrètes
le ramènent toujours en grâce au milieu de son peuple. L’arche est remontée à
Beth-Shémesh sans qu’Israël en ait senti le besoin ou exprimé le désir.
Chose merveilleuse que cette arche
de l’Éternel! L’arche est d’abord le trône de Dieu, sa présence en gouvernement
au milieu de son peuple. Elle est ensuite caractérisée par le
propitiatoire, symbole de l’œuvre de Christ, lieu
d’approche pour un pécheur reçu en grâce et justifié. Elle est enfin, dans son
ensemble et ses détails, l’image de la personne de
Christ lui-même. De même que l’arche renfermait les tables de la loi, de même
Christ dit: «Ta loi est au dedans de mes entrailles». Comme l’arche du
témoignage, le Seigneur était, ici-bas, le témoin et l’expression de toutes les
pensées de Dieu. Comme dans la cruche d’or qui contenait la manne, on trouve en
Lui l’union de l’humanité parfaite, du pain descendu du ciel dans le désert,
avec la gloire divine. Il était le propitiatoire vers lequel se tournaient pour
le contempler les faces des chérubins de gloire, l’ombrageant de leurs ailes.
L’arche était donc avant tout, l’image de Christ lui-même, Fils de Dieu et fils
de l’homme en une seule personne.
Les gens de Beth-Shémesh «se
réjouirent en voyant l’arche» (v. 13). Comment n’y aurait-il pas de la joie,
quand, après avoir longtemps perdu de vue ses perfections, on se trouve de
nouveau en contact avec Celui dont la présence apporte la sécurité, le salut, le
sentiment de la présence de Dieu, une beauté morale devant laquelle
s’agenouillent les anges pour l’admirer! Aussi l’arche à peine arrivée,
l’holocauste recommence, les Lévites reprennent leur service. Les princes des
Philistins assistent à cette scène et s’en retournent; un tel spectacle les
intéresse, sans cependant toucher leur cœur et leur conscience.
Mais la joie provoquée par la
contemplation de la grâce n’est pas tout. Elle s’allie au respect et à la
crainte, si l’on a la conscience de se trouver en présence de Dieu. Le Dieu de
grâce juge selon l’œuvre de chacun; le Dieu de grâce
est saint. C’est ce que les gens de Beth-Shémesh avaient oublié. «Ils
regardèrent dans l’arche de l’Éternel» (v. 19). Ils abusent de l’intimité dans
laquelle Dieu veut bien, en grâce, se présenter à eux. Cela est important à
noter. Parce que Jésus est descendu jusqu’à nous, notre esprit charnel est tenté
de le traiter en compagnon dont nous disposons à notre gré. On se vante
aujourd’hui de la familiarité avec Jésus, et l’on
écrit des livres pour montrer que la spiritualité consiste en cela. Nous n’avons
pas le droit de l’appeler notre frère, mais Lui, n’a pas honte de
nous appeler ses frères. Cela marque bien la
différence. Quels seront mes sentiments, si un personnage haut placé condescend
à m’associer à Lui, moi, homme de rien, et n’a pas honte de moi en public quand
il serait en droit de me mépriser! Si je comprends cette condescendance, mes
sentiments seront ceux d’une profonde et humble reconnaissance, d’un
attachement, d’un dévouement sans bornes, d’un respect infini pour Celui qui n’a
pas craint de compromettre sa dignité en m’élevant à son niveau.
Cette absence de respect et de
crainte induisit les gens de Beth-Shémesh à regarder dans l’arche. Peu de choses
caractérisent davantage le temps actuel que cet esprit profane. On se croit en
mesure de distinguer ce qui appartient à la nature humaine et à la nature divine
du Sauveur et d’en sonder le mystère. C’est regarder dans l’arche qui renferme
un secret connu de Dieu seul, car «personne ne connaît le Fils, si ce n’est le
Père». Cela conduit fatalement à rabaisser son humanité au niveau de l’humanité
pécheresse. On discute sur l’éducation de Jésus enfant, sur les écoles qui
étaient à sa portée pour apprendre les Écritures, sur son éducation scientifique
et ses opinions plus ou moins conformes à celles de son temps, sur la réalité de
sa tentation et sa capacité de pécher, etc. Souvenez-vous, chrétiens profanes,
que l’Éternel frappa le peuple de Beth-Shémesh. Si
vous n’avez pas souci de la gloire du Seigneur, Dieu en aura soin et ne
permettra pas qu’on touche impunément à son arche. Bientôt, au lieu des
bénédictions de sa présence, vous devrez apprendre, sous le coup de ses
jugements, qu’il ne peut tolérer quiconque ne se déchausse pas pour s’approcher
de Lui.
Les hommes de Beth-Shémesh dirent:
«Qui peut tenir, devant l’Éternel, ce Dieu saint!» (v. 20). Ils connurent à
leurs dépens cette sainteté qu’ils avaient méprisée. Hélas! au lieu de
s’humilier, ils n’eurent que la pensée, formulée précédemment par les
Philistins, d’éloigner cet hôte gênant: «Vers qui montera-t-il de chez nous?»
«Descendez», dirent-ils aux habitants de Kiriath-Jéarim, «faites-la monter vers
vous» (v. 21); ils perdirent ainsi toutes les bénédictions attachées à la
présence du Seigneur. D’autres en profitèrent et comprirent qu’il fallait se
sanctifier pour veiller sur l’arche: «Les hommes de Kiriath-Jéarim...
sanctifièrent Éléazar, fils d’Abinadab, pour garder
l’arche de l’Éternel» (7:1). Ce dépôt fut fidèlement conservé aux «champs de
Jaar» (Ps. 132:6). Puissions-nous être tous les fidèles gardiens de l’arche de
notre Dieu!