Livre de
la Genèse
Chapitres 20 et 21
Nous trouvons ici le sujet de l’héritier et le sentier de la foi sous un autre
point de vue. Mais Abraham renie son union avec sa femme; il est repris par le
monde qui sait mieux que lui ce que cette union devrait être. Toutefois, Dieu
garde ses promesses dans sa fidélité, et juge ceux qui ont osé toucher à
l’épouse de celui auquel les promesses appartiennent. L’héritier de la promesse
est né; et l’héritier charnel ou selon la chair, fils de l’esclave ou de la loi,
est entièrement rejeté. Maintenant Abraham reprend les puissants du monde,
auprès desquels il avait renié son union avec sa femme.
Mais ces deux chapitres demandent de plus amples développements. Comme lors de
la descente d’Abraham en Égypte, nous voyons chez lui l’incrédulité agissant par
rapport à l’action spéciale de la foi à laquelle il avait été appelé par grâce,
et qui devait se montrer, comme elle le fait toujours, en marchant dans
l’intimité de la relation dans laquelle Dieu l’avait placé, relation dont la
femme est l’expression. Ici, Sara est la mère de l’héritier du monde, la femme
d’Abraham selon la promesse, et, pour ce qui regardait Abraham, sa femme selon
l’espérance de l’Église, comme nous l’avons vu (quoique Israël fût selon la
chair le vase de l’un et de l’autre). C’est cette position qu’Abraham renie.
Sara est de nouveau sa sœur; c’était plus mauvais que précédemment, car elle
est, pour la foi, la mère de l’héritier du monde. Abimélec avait tort et
agissait pour plaire à sa chair, quoique sans conscience de ce qu’il faisait,
mais Abraham, devant Dieu, était dans une plus fausse position. Dieu avertit
Abimélec, et préserve par sa propre puissance Sara, que le manque de foi
d’Abraham avait mise en rapport avec le monde; Abimélec la renvoie avec ce
poignant reproche pour l’Église, qu’elle aurait au moins dû connaître son union
avec Christ. À tout prendre, cependant, Abraham était dans une position de foi
et de bénédiction et, comme un des prophètes de Dieu auxquels personne ne devait
nuire, il intercède pour le coupable Abimélec, car ici tout est grâce.
Maintenant l’héritier est né, l’héritier de la promesse. Cela a pour effet que,
non seulement la différence est connue de la foi, mais que l’héritier de la
servante est chassé et entièrement exclu de l’héritage. De fait, il est conservé
conformément à la promesse de Dieu, figure en cela d’Israël sous la loi; mais,
en ce qui concerne une part quelconque à l’héritage, il est totalement rejeté.
En outre, désormais Abraham ne craint plus en présence du prince de ce monde,
mais il le reprend, maintenant que l’héritier est venu; il a le monde aussi bien
que la communion céleste, et le monde reconnaît que Dieu est avec lui en toutes
choses. Aussi, le Puits du serment où le fils de la servante avait trouvé l’eau
de la délivrance, est à la fois le témoin des droits d’Abraham dans le monde et
de la confession, par Abimélec, que Dieu est là avec Abraham. Là, selon le
serment et selon ses droits reconnus par le monde, il plante un tamarisc
(bosquet), c’est-à-dire il prend, en figure, possession de la terre, et adore
Dieu en l’invoquant sous le nom du Dieu d’éternité. Il anticipe la pleine
révélation de Celui qui, ayant fait des promesses à Israël, n’abandonnera jamais
son propre dessein en faveur de ce peuple, et venait en figure d’accomplir sur
la terre ce dont sa bouche avait parlé. Ce n’est pas, il est vrai, un privilège
aussi béni que les relations célestes et la possession de la foi; mais c’est une
preuve de l’immuable fidélité du Dieu qui a fait les promesses. C’est là, où la
puissance du monde avait été, qu’Abraham, accomplissant toujours en figure ces
mêmes conseils de Dieu, demeure.